...Blog à ne pas lire...

17/01/2013

17/01/13 - 11:00

Nous



J'ai passé la journée plongé dans le boulot pour éviter de penser à l'engagement que j'avais pris. A 17h30, en sortant la tête de ma to do list, je prends conscience que je dois quitter le bureau d'ici une demi-heure si je ne veux pas être en retard.

L'angoisse me saute à la gorge. J'ai l'impression d'être dans les coulisses d'un spectacle et que je vais bientôt monter sur scène, face à un public qui ne m'est pas conquis. Pendant vingt minutes, je change d'avis tout le temps, prétextant que je ne suis pas prêt, qu'il fait trop froid et que je ne suis pas habillé assez chaudement pour rester dehors, qu'il y a déjà quinze personnes en plus de moi et donc qu'on n'a pas besoin de moi.

Je décide d'envoyer un texto à une amie engagée et plutôt compréhensive, pensant, à juste titre, qu'elle aura les mots pour me faire prendre la bonne décision. Grâce à elle, j'ai surpassé mes craintes et mes angoisses pour aller distribuer les tracts informant de la manifestation en faveur du mariage pour tous.

Je me souviens alors que j'ai déjà distribué des flyers en 2012, pour mon travail, lors d'un événement important, et que même si je ne m'étais pas senti à ma place, je m'en étais sorti sans trop de difficultés.

Je suis donc bien moins stressé lorsque je retrouve mon copain et un groupe d'inconnus place d'Italie. Je m'attendais à un brief sur ce qu'il faut dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire, à une organisation militaire pour cadrer le quartier. Pas du tout : chacun y va de sa bonne volonté et de sa bonne humeur et nous nous répartissons les bouches de métro et les points stratégiques.

Mon copain et moi nous occupons de la sortie face au KFC, boulevard Vincent Auriol. Je me souviens de l'angoisse de devoir aborder les gens, puis l'oublie aussi sec : j'assène les passants avec des "bonsoirs !" que je tente joyeux et souriants tout en allongeant mon bras. A ma grande surprise, bien que beaucoup soient indifférents face à ces énièmes distributeurs de prospectus (comme je le suis au quotidien), de nombreuses personnes tendent la main et cueillent nos informations. Je suis étonné par le nombre de "merci" que je reçois : nous avons vraiment été éduqués à dire merci lorsqu'on reçoit un objet de la main de quelqu'un d'autre.

Très vite, des messages très positifs me reviennent : "Bien sûr, je viendrai !". Le premier qui m'a vraiment marqué, c'est un homme qui était en pleine discussion ; il a pris mon papier distraitement, a fait quelques pas en jetant vaguement un regard sur le prospectus, puis s'est retourné pour me regarder tout en continuant sa marche. Il m'a souri, a secoué son poing en l'air et m'a dit : "C'est super, je serai là !". J'ai levé mon pouce, avec un grand sourire, en lui criant "merci !".

J'ai continué ma distribution jusqu'à ce qu'un garçon se poste devant moi.
— T'es de l'inter-LGBT ?
— Euh en fait non...
Je m'attendais à ce qu'il commence à argumenter sur le droit de l'enfant, l'institution sacrée du mariage ou les perversions homosexuelles.
— Euh parce que j'aimerais bien distribuer des tracts moi aussi.
— Ah OK bah faut aller devant le centre commercial, y a un mec avec un carton et plein de tracts, il t'expliquera tout !

Ou comment notre présence peut en aider d'autres à s'engager.

Après quelques minutes, mon copain m'alerte que ça ne va pas : il est à peine couvert, n'a pas de gants, ses mains sont gelées, il ne les sent plus, il tremble. Nous nous réfugions dans le centre commercial pour nous réchauffer quelques minutes. Lorsque nous en ressortons, nous faisons le tour de la place en réalisant que tous les points de passage sont pris par les militants du jour et que les températures négatives sont particulièrement rudes et contraignantes ; j'ai peur qu'il se rende malade en s'oubliant au profit de la cause. Je crois pendant quelques minutes qu'on va laisser tomber.

Lorsque nous repassons devant "notre" bouche de métro, le garçon qui voulait justement faire comme nous a complètement pris notre place. Plein de fougue, Chéri le rejoint pour lui apporter des renforts. Je sens bien vite que je suis de trop (“j’l’ai déjà, vot’ papier !”) alors je me rends à une autre sortie, submergée d'inconnus.

Il y a là un garçon hyper à l'aise, qui harangue carrément la foule à coups de "Manifestation pour l'égalité des droits et la tolérance le 27 janvier, venez, ça nous concerne tous !". Ma façon d'aborder me paraît alors bien inutile face à son agitation, mais qu'importe, je ne suis pas là pour faire mon show et chacun sa méthode, après tout. Je remarque que lorsque j'ai en face de moi quelqu'un qui ne veut pas reconnaître ma présence, il me suffit parfois d'ajouter "madame" ou "monsieur" à mon "bonsoir" pour que les gens lèvent les yeux sur mon précieux papier et le prennent.

Alors que j'avais trouvé mon rythme, je croise une copine qui vient me taper la bise et la discute. Ça me fait plaisir mais je suis mal à l'aise de ne pas pouvoir continuer ma mission pendant ces quelques minutes. Elle m'assure de son soutien, ce qui me fait chaud au cœur.

Une femme semble un peu perdue.
— Ah, une manifestation, très bien ! C'est la manif pour tous, comme celle de dimanche ?
— Non, c’est l’inverse, pour l'égalité des droits, madame.
Elle regarde mieux le tract.
— Ah bah non, alors.
Elle me le rend puis s'en va. J’aurais peut-être dû la laisser dans l’erreur. L’idée m’amuse.

Après elle, je croiserai dix personnes qui me regarderont en souriant, en me disant que c'est génial d'organiser une manifestation pour le mariage pour tous.

J'alpague deux jeunes reubeus avec mon paquet de papiers verts. L'un d'eux prend le flyer en souriant, le regarde, puis me demande : "Ah mais c'est pour le mariage homo ? Mais je suis contre…". Il est presque touchant, avec son sourire gêné. "Lisez au moins l'argumentaire au dos du papier pour voir ce que vous en pensez" est le conseil que je lui donne. Je ne sais pas pourquoi, mais sa bienveillance du moment me laisse penser que son avis pourrait évoluer. Il acquiesce et repart avec son pote.

Encore de nombreux soutiens pour l'égalité, avant de croiser une femme qui n'a pas l'air du tout contente de me voir là. Elle tente de s'éloigner le plus vite possible, ne veut pas de mon papier, mais elle entend mon collègue du soir et du coup me prend le prospectus des mains : "Ah mais c'est POUR le mariage pour tous ? Ah c'est formidable, j'ai cru que vous étiez ceux de dimanche !".

Et là j'ai compris. Si moi je baigne dans un réseau de gens qui sont soit homosexuels soit homo-friendly, si je suis bien informé via les réseaux sociaux, le commun des mortels ne voit pas ces informations. C'était tellement évident que je n'y avais même pas pensé : les gens ne savent pas que nous agissons, ils ne savent pas que l'armée de Dumbledore se dressera contre Voldemort le 27 janvier. Plus que jamais, il nous faut parler, avec nos amis, avec nos parents (ma mère n'était pas au courant), avec notre famille, il faut discuter à table, au travail, dans la rue, et tant pis pour les anti auxquels nous pouvons nous confronter. Notre arme, malgré nos moyens financiers moins élevés, c'est de communiquer, nous aussi, et que tout le monde sache que nous irons dans la rue pour nous révolter contre le discours homophobe envahissant depuis plusieurs mois.

Mon copain m'a rejoint pour finir de distribuer ses prospectus, la morve au nez (il était trop chou), tremblant de froid. J'ai fini mon tas le premier, alors je l'ai aidé avec le sien. Il était 20h lorsque nous avons terminé. Rarement une heure et demi n'était passée aussi vite, et rarement je ne me suis senti autant à ma place que durant cette mission. Depuis le temps que je voulais faire quelque chose d'utile, que je voulais agir pour une cause plus grande que moi, ça y est, j'étais engagé, j'étais dans la rue.

Sur la place d'Italie, alors que les derniers clients sortaient du centre commercial en masse après avoir profité des soldes, j'ai pris mon copain dans les bras, j'ai tenté de le réchauffer, puis je l'ai embrassé, les yeux fermés, le monde alentour se taisant quelques instants, nous laissant profiter l'un de l'autre pendant de trop courtes secondes d'éternité.

Du bon côté de mon cœur, du bon côté de l'Histoire.

08/11/2012

08/11/12 - 21:26

Apocalypse 3.0

Je n'accorde aucune importance à la célébration annuelle de la naissance des humains — alors que je suis marqué par de nombreux autres anniversaires. Le fait que tout le monde ait une date d'anniversaire, que, par essence, ça ait lieu tous les ans, rend l'événement vain, répétitif et ennuyeux.

Cette année, ça me gave encore plus puisque j'ai de nombreux amis qui sont nés à la même période que moi, la même année, rendant l'ignorance de cet âge fatidique plus difficile encore.

Car depuis quelques semaines, l'angoisse est là, de plus en plus présente, réveillant d'anciennes névroses et me donnant une nouvelle occasion de faire une crise existentielle : ça y est, j'ai 30 ans.

A 30 ans je suis professionnellement bien établi (depuis peu), dans un travail proche de chez moi, où l'on me laisse assez de libertés, où l'on me fait assez confiance et où l'on m'apporte assez d'écoute pour que, en théorie, je sois comme un poisson dans l'eau. J'ai un appartement idéalement situé à Paris dont je ne voudrais me séparer pour rien au monde. J'ai des amis qui me témoignent régulièrement leur attachement (ce qui est très loin d'être mon cas, même si je le fais à ma manière, parfois) et j'ai des parents qui, malgré leurs nombreux défauts, sont toujours prêts à me soutenir quoiqu'il arrive. Financièrement, j'ai pile poil le salaire que je voulais, donc sans être dépensier je vis sans jamais mettre d'argent de côté (j'ai réalisé l'autre jour que je ne m'étais pas enrichi depuis 2008, je n'ai fait qu'endiguer la fuite de mes économies en me remettant à travailler). La santé est bonne depuis deux ans : fin 2010 j'ai résolu les problèmes de sommeil qui m'empêchaient de vivre depuis toujours. Quant aux garçons… Ils vont et viennent dans ma bouche sans que je les laisse trop s'attarder dans ma vie pour ne pas me noyer à nouveau.

Sur le papier, j'ai, à peu de choses près, la vie parfaite, et l'écrire ici est important pour que j'en prenne encore plus conscience et que je sois encore plus reconnaissant de la chance que j'ai. Non seulement je ne suis pas né au Rwanda mais en plus je fais partie des privilégiés français, je pense. J'ai même réussi à garder les cheveux que la nature voulait me dérober depuis 2007 !

Pourtant, dans la nuit de dimanche à lundi, en me rendant compte que je n'avais presque plus de Lexomil, j'ai été pris d'une telle angoisse que je n'ai pas pu dormir avant 4h du matin. J'ai envoyé un message à ma responsable pour lui indiquer que ça n'allait pas, que mes symptômes dépressifs étaient de retour, que je ne viendrais pas travailler. J'ai passé mon lundi dans un état neurasthénique, perdu entre quelques larmes, du sommeil, beaucoup de fatigue et c'est les yeux humides que j'ai expliqué mon état au médecin, qui m'a arrêté pour la semaine, sans paraître plus inquiet que ça.

Mais putain qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête de merde Jona ?

Je ne veux plus aller travailler. Aussi "plaisant" soit le travail sur le papier, ça n'a juste aucun sens de se lever tous les jours, de lutter contre le sommeil pour des causes qui ne sont pas nobles. Un mode de vie qui oblige l'ensemble de la population à se shooter au café plusieurs fois par jour pour tenir est profondément malsain. Une aliénation que je ne supporte plus.

Je crois que, plus généralement, j'ai perdu la foi. J'ai perdu la foi en l'amitié parce que je ne me sens pas assez compris, j'ai perdu la foi en l'amour (l'ai-je déjà eue ?) parce que j'ai été trop souvent trahi par des mecs incohérents, j'ai perdu la foi en la société parce que je vois de la corruption, de la manipulation et des mensonges dans tous les organismes où je passe. J'ai perdu la foi en moi-même depuis que j'ai entaché mon intégrité par des actions peu avouables et que j'ai l'impression de régresser.

Voilà pourquoi je suis devenu accro au sport, je crois. C'est le seul domaine qui ne dépendait plus que de moi, qui me procurait un plaisir fort et immédiat, sans autre conséquence que des bénéfices physiques et mentaux.

Il est peut-être temps que je mette en œuvre ce qui me fait envie. L'humanité n'a pas besoin de gens qui vont se plaindre sur leur blog quand ça ne va pas mais de personnes qui embrassent leur désir pour suivre la destinée qu'ils se sont créée.
Le problème c'est que je ne sais pas ce que je veux vraiment. J'ai la sensation que mes envies sont fluctuantes et que, de six mois en six mois, je veux tout et son contraire. Aujourd'hui je veux absolument m'arrêter de travailler, me reposer, me ressourcer, mais demain je me dirai que vivre à nouveau sans revenus est quand même bien contraignant. Cet été j'avais envie de tout plaquer pour commencer à faire le tour du monde par étapes, en allant trois mois aux Etats-Unis, mais une fois là-bas, est-ce que le casanier que je suis n'aura plus qu'une envie : rentrer bien sagement à Paris ? Comment faire des choix aussi radicaux que quitter l'entreprise et le logement idéaux si c'est pour se rendre compte deux semaines après qu'en fait ce n'était qu'un fantasme ? Comment savoir si mon envie de me tourner vers des activités liées à la psychologie et au développement personnel sont faites pour moi ? Comment identifier ses vrais désirs ?

J'ai peur des années qui viennent. J'ai peur de vieillir. J'ai peur d'être encore plus déçu que je ne le suis par le monde.

A 20 ans, j'avais la vie devant moi. A 30 ans, c'est probablement toujours le cas, mais j'ai du mal à m'en rendre compte, embourbé que je suis dans mes peurs. On m'a dit, avec beaucoup de justesse, que la trentaine était une belle décennie, à cheval entre la jeunesse et la maturité. Pour le moment, 30 ans représente l'âge où je dois me confronter à mes échecs passés et où il me faut envisager de nouveaux projets. C'est l'âge où je dois cesser de me considérer comme un enfant dans un monde d'adultes sans compassion.

La vingtaine, ça a été la liberté pour moi : la liberté de faire des études, de quitter mes parents, et de choisir de travailler.
La vingtaine, c'était la jouissance, celle de la découverte de mon corps et de celui des autres, des couples longue durée et des surprises provoquées par les garçons avec lesquels je ne pensais pas un jour coucher.
La vingtaine, ça a été le coming out total et l'acceptation sans condition de qui j'étais, après des années et des années de complexes et de haine de soi.

De la vingtaine, je voudrais ne garder que le meilleur. La trentaine, je voudrais qu'elle me permette d'accéder à la sérénité et à la réalisation de soi.

Alors faites-moi boire (?), faites-moi taire (!) et faites-moi jouir : du rire, de l'écoute et un cul sur ma bite — mon bonheur ne dépend que de choses simples.

10/08/2012

10/08/12 - 00:10

Au nom du corps

J'ai investi dans des chaussures de sport Nike, noires, simples, légères. Un short et un jogging blancs, Puma. Un nombre incalculable de débardeurs Uniqlo. Des bracelets éponge de tennisman. Un gros sac rouge Kappa. Des élastiques, quelques poids, des serviettes blanches.

Depuis plusieurs années, je suis fasciné par les sportifs, leur rythme de vie, leurs exploits, leurs compétences. Je disais d'ailleurs, lorsque j'établissais mon mode de vie idéal, que toute journée devrait commencer par une séance de sport. Moi qui ai si peu été sportif dans ma vie, c'était étonnant, et pourtant, je sentais que c'était en moi. Mes deux ans de Club Med Gym dans ma jeunesse suivis de quelques séances de Gym Direct régulières m'ont permis de toucher cet idéal, de très loin.

Après ma réinscription en février, je me suis rendu à la salle de sport deux à trois fois par semaine, avant de basculer en avril sur un rythme quotidien. Musculation, step, low impact aerobic, hi low impact aerobic, body pump et même, pour tester, hip hop, danse classique, jump fit, cx worx… Le sport est devenu mon quotidien, ma raison de vivre, mon moment à moi, mon instant présent. Jusqu'à plus de sept heures de pratique hebdomadaire, six jours consécutifs par semaine, je développe mon souffle, ma mémoire, ma coordination et ma carrure.

Le midi ou le soir, parfois les deux, je me retrouve au milieu de ces autres pratiquants que j'ai bien du mal à voir en peinture. Les cours collectifs du Club Med Gym grouillent de tapettes et de FAP, en cyclistes, qui lèvent les bras au ciel à chaque saut et hurlent comme des louves en chaleur pour exprimer leur excitation sur chaque pas de la chorégraphie. Au sport comme au lit, je suis trop concentré pour crier.
Cela a beau être le moment où j'oublie le monde extérieur, parfois même jusqu'aux gens qui sont avec moi dans la salle, il persiste des signes de mon malaise à être là, grand dégingandé. Je replace mes lunettes le plus près possible de mes yeux, passe ma main dans mes cheveux, lisse mon débardeur ; je me donne une contenance car je ne sais que faire de ces bras.
Mes bras qui sont en revanche pleinement sollicités sur les machines de musculation. Bien que j'y aille depuis plusieurs mois, je ne suis toujours pas sûr de faire les bons mouvements. Les machines s'apparentent plus à des outils extraterrestres qu'à des extensions de mon être. Si j'apprécie le face-à-face qu'elles m'obligent à avoir avec moi-même, je déplore la présence de tous ces autres mecs, qui font trois fois ma taille. Muscles hypertrophiés, fierté, discussions sur le dernier match ou l'état catastrophique de la France (les étrangers, l'immigration), je me sens à mille lieues de ces hommes qui viennent ici depuis des années, sans un sourire, dans les souffles de leurs efforts et des poids toujours plus lourds que la fois précédente. Quel est leur but, à ces hommes ? Montrer, une fois nus, dans les vestiaires, leur corps parfait ? Se rendre compte qu'en plus d'une grosse bite, ils sont mieux gaulés que les autres ?

Et moi, moi qui m'étais inscrit uniquement pour les cours collectifs, quel est mon but ? N'est-il pas de contrer l'angoisse de la vieillesse en développant mon narcissisme, de remplir de sens l'inutilité de ma vie ?

Mon image a changé. On commence à me faire remarquer que j'ai de plus gros pectoraux, que mon torse est taillé en V, que mon cul est joli, que mes abdos sont dessinés. Je ne le vois pas vraiment. En fait, je ne l'entraperçois que juste après une séance, lorsque mes muscles sont tendus et gonflés ; là, je suis en pleine admiration de cet autre qui semble être moi mais qui ne l'est pas. Dès le lendemain, je me sens flasque et adipeux, l'éternelle crevette, le gringalet vieillissant.
Je veux profiter des années de jeunesse qu'il me reste pour devenir ce que j'ai toujours rêvé d'être. Mais je ne suis pas sûr de ce que c'est.

Le sport est devenu ma soupape de sécurité, ma raison de vivre. Quand je n'en fais pas, je suis déprimé ; la moindre séance me rend en forme et de bonne humeur. C'est mon antidépresseur naturel et j'en suis complètement accro. Mais pourquoi ai-je besoin d'un tel médicament ? Qu'est-ce que je cherche à compenser, à combler ?
L'absurdité du monde professionnel. Les déceptions à répétition de mes relations. Les crises existentielles de mon esprit. Je ne me sens plus à ma place nulle part, je n'ai plus confiance en personne parce que je sais qu'à un moment ou à un autre, même la plus proche émettra un jugement ou n'essaiera pas de me comprendre.
Etre compris, c'est probablement la qualité principale dont j'ai besoin pour m'épanouir dans une relation, quelle qu'elle soit. De là en découle la capacité à communiquer vraiment, pleinement, sincèrement et donc de vivre des moments de qualité. Moments qui se font de plus en plus rares, car je ne sais plus quand je suis vrai, je ne me sens plus à ma place que lorsque j'investis pleinement mon corps et que je cesse de penser.

A bientôt 30 ans, c'est une révolution. J'éteins mon esprit torturé et me concentre sur ce nouvel amant. Après avoir passé tant d'années dans le corps des autres, il était temps que je m'occupe du mien.

24/05/2012

24/05/12 - 23:27

Fuck me

Jusqu'au bout j'ai nié. Je suis très bien tout seul. Je n'ai pas envie de rompre mon équilibre. J'ai pas envie qu'on m'envahisse, de partager mon intimité, de devoir composer avec un énième connard.

Ceux qui semblent gentils me tournent autour sans que je ne me laisse toucher. Je les observe, les écoute, les analyse, mais jamais ne succombe.
Lui ne me regardait pas. Il a refusé de répondre à toutes mes questions.

Il a tout de même réclamé mon amitié virtuelle ; je me suis débrouillé pour laisser traîner des informations (regarde, on a des choses en commun !) afin qu'il s'intéresse un peu plus à moi.
Ca a formidablement marché. Viens donc me manger dans la main. En quelques semaines, nous nous sommes rapprochés. Nous avons passé de plus en plus de temps ensemble.

A chaque fois, je ressortais de nos rendez-vous en me disant que merde, lui, il a un truc. Puis après quelques heures, je revenais à la réalité : non, je suis bien tout seul, je n'ai pas envie de rompre mon équilibre, qu'on m'envahisse. De toute façon, s'il me plaît autant, c'est que c'est un connard.

A chaque fois que je le voyais, les mêmes symptômes se faisaient connaître : l'impression d'être moche et nul à côté de lui, l'appétit coupé, l'attitude de greluche qui sourit bêtement à chacune de ses paroles.

Mais lui, lui, qu'est-ce qu'il veut ? Pourquoi est-il si tactile avec moi ? Pourquoi recherche-t-il tant ma présence ?

Cette nuit-là était probablement l'apogée de notre début de relation. Des centaines entassées dans la musique de pouffiasse, il me semblait que nous étions seuls au monde. Il se collait à moi, je caressais son corps, je sentais souvent son sexe contre moi, au point que le mien se gorge d'un désir inédit. Une dizaine de fois, ses lèvres ont frôlé les miennes dans un souffle alcoolisé, sans jamais, jamais, jamais putain ! les baiser.

Il a disparu de la circulation. Est sorti avec un garçon. L'a quitté.
J'ai laissé tomber. Je pourrais m'accrocher, tenter de le séduire, mais s'il en a choisi un autre plutôt que moi, même pour quelques jours seulement, c'est qu'il ne me veut pas vraiment. Je refuse d'être le lot de consolation. Je garderai son regard flou et ses mystères au fond du cœur sans plus rien espérer.

Tu es sain d'esprit et gentil ? Passe ton chemin. Tu es un mystérieux allumeur connard ? Je vais te kiffer. Fuck me.

Je ne suis pas mal tout seul. Ma vie est rangée et équilibrée. Ne m'envahissez pas, ne touchez pas à mon intimité, laissez-moi vivre en paix.

06/02/2012

06/02/12 - 23:10

Si tu mens

De nombreux changements ces derniers mois. Appartement, travail : une nouvelle vie, plus épanouissante sur bien des aspects. Et pourtant, je
suis éteint. Atteint.

J'ai le cœur en berne. Tout a commencé à cause de ma rupture en août. Elle est le point de départ d'un long chemin de croix. D'une part, il m'a fallu accepter que l'autre ne me rendait pas heureux. S'il est cliché de dire que l'amour fait souffrir, c'est surtout vrai (trop vrai) pour moi : aimer me blesse. Dans l'essence même du sentiment se niche la graine d'un désespoir quotidien. Comment alors accepter cet état s'il provoque tant d'inconfort ?
D'autre part, cela a représenté un énorme échec doublé d'une blessure narcissique profonde : j'ai tout fait pour que cette relation fonctionne, j'ai tout accepté, tout concédé. Au point que l'autre ne trouve rien de concret à me reprocher mais me balance au détour d'un texto : "J'en avais marre d'être hypocrite et de faire semblant." Cette rupture souhaitée par nous deux aurait dû se faire dans la douceur. À cause de cette phrase (en partie) je garde un goût de mensonge au fond du cœur : comment, alors que je ne souhaite qu'honnêteté, il a pu être aussi faux ? Comment accepter de ne pas avoir vraiment été aimé quand j'y ai engagé toute mon intégrité ?

L'adversité possède cette vertu qu'elle me pousse vers des expériences que je n'osais pas tenter jusqu'alors. Celle du trouple, marginale, originale, excitante, a été une ressource profonde. Être rempli d'amour est le meilleur remède à une blessure du cœur. Malgré tout, endosser nécessairement le rôle de l'ingrédient supplémentaire, si cela me laisse une liberté nécessaire, me prive d'une position dont j'ai besoin également : celle d'être le numéro un de quelqu'un.

Quand enfin j'ai la sensation de devenir quasiment le plus important, ça ne me va toujours pas. Paul m'a pris sous son aile comme personne ne l'avait fait auparavant. J'étais une colombe arrêtée en plein vol, blessée, incapable de m'envoler à nouveau. Je n'avais rien à lui offrir. Et pourtant il a voulu être près de moi. Il a passé plusieurs nuits par semaine avec moi pendant deux mois, s'est adapté sans rechigner à tous mes besoins, aussi farfelus soient-ils. Disponible, aimant, à l'écoute : il a joué le rôle du petit copain parfait, jusqu'à consoler des larmes que personne n'avait été capable de vraiment écouter jusqu'alors. Et pourtant. Je n'ai jamais voulu lui accorder une place officielle autre que celle d'ami. Cette relation secrète était ressourçante mais injuste pour lui. Et quelque part incompréhensible pour moi : comment est-il possible que le Prince Charmant ne me permette pas de vibrer ?

Probablement parce que je ne Crois pas. Je ne crois plus. Je ne veux plus donner mon cœur comme en 2011. Je veux plus être gentil comme en 2010. Je ne veux plus accorder la meilleure place dans ma vie à quelqu'un qui me trahira comme en 2009.

J'ai la sensation d'avoir évolué, d'être devenu une meilleure personne d'année en année et pourtant ma vie amoureuse est de moins en moins satisfaisante. J'étais plus choyé quand j'étais chiant, bourré de névroses ingérables et incompréhensibles. Les mecs n'aiment pas la gentillesse et la communication. Ils me préfèrent quand je fais des crises.

Alors j'ai basculé dans les excès en tous genres. Dans la quête d'expériences je me suis tourné vers tout ce que je n'avais encore jamais osé faire. Et ça ne me satisfait pas non plus. Car chaque action possède moins d'enjeu et provoque moins de sentiments.

Le sexe est devenu banal. Les relations sont des parties de pouvoir. Je ne veux pas de ça.

Je voulais simplement de l'authenticité, de l'écoute, de la communication. Et une étincelle. En espérant que la prochaine fois qu'elle s'allumera — si elle se rallume un jour —, ce ne soit pas pour un mec faux et hypocrite.

De l'authenticité, les mecs.

Rechercher cette valeur à tout prix n'est pas la voie la plus simple, mais c'est la seule qui ait vraiment du sens. À défaut de sensations, j'ai au moins une direction, la même depuis toujours. La vérité, rien que la vérité.

02/11/2011

02/11/11 - 21:43

Sunshine

Je me réveille avec sa main sur le ventre. Mon corps se réchauffe petit à petit, mes pensées s'ébrouent, je me tourne, sa main tombe lourdement sur le côté.

Je me lève et en trouve un autre au pied du lit. Un corps parfait. Mais un visage écrasé, une cervelle jutée comme si on avait balancé un pot de confiture Bonne Maman sur le sol.

Il me faut dépasser tous les autres qui s'entassent dans le couloir, ces cadavres en décomposition à la chair putréfiée et aux yeux grands ouverts. "Vivre" avec ce charnier peuplé de vers grouillants qui se délectent de mes morts.

La salle de bain. Enfin seul, ou presque. Il est là, il m'y attend et je me rends à lui. Il n'y a pas à lutter. Il m'observe même dans mes plus grands moments d'intimité. Lui seul sait.

24/10/2011

24/10/11 - 20:42

Ils

Ils deviennent lui, ils deviennent eux, ils deviennent ceux qui, tous ceux qui ont compté, tous ceux qui m'ont bafoué.

Un goût de tabac et de menthe. La douceur de ses lèvres, le piquant de sa barbe. Ses yeux qui partent dans le vague du plaisir. Ses gémissements au gré de mes coups de bassin.

Ils sont tous les deux dans mes bras. Tous les deux excités. Leurs bosses de pantalon, comme des fruits mûrs, m'affament. Les libérer de leur jean. Goûter à tous les plaisirs que leur corps a à m'offrir.

Il a le même slip Aussiebum que moi, mais pas de la même couleur. Il trouve le sien plus joli. Je proteste. Il voit ma photo d'allumeuse, en maillot de bain. Il me dit que je ne suis pas très poilu. Je rétorque l'être plus en vrai. Je soulève mon T-shirt pour lui montrer. Il se jette sur moi, s'assoie sur moi et m'embrasse.

Ils m'emmènent dans la chambre. Ils m'ouvrent leur confiance, me dévoilent leur intimité, m'invitent dans les plis de leur affection. Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à les embrasser. J'ai l'âme dans du coton, je suis bouleversé de partager ce moment avec eux. Aux frontières de l'amitié, je ne sais plus si je touche leur cœur ou leur prostate.

Ca fait des heures que nous parlons. Je mets ma tête sur ses genoux. Il me caresse le bras. A peine. Tout doucement. Impossible de savoir ce qu'il veut. Impossible de savoir ce que je peux. On bascule, on bascule pas ? Il me montre son joli ventre, je ne résiste pas à l'envie de l'embrasser. On bascule. Je l'encule.

Ils m'ont fait boire. Je suis dans ses bras. Tellement bien. Ca sonne juste. A ma place. Il est tard. Tu veux dormir ici ? C'est ce que j'avais prévu… Il est surpris que je sois si à l'aise en tant qu'actif. Il ne me connaissait pas ce regard, lui qui pourtant me perçoit si bien. Il me dira plus tard qu'il a réalisé un rêve avec moi ce soir-là.

Un dans ma bouche, un derrière moi. Un qui m'embrasse, l'autre qui me suce. Un dans chaque main. Ils pourraient jouir d'une seconde à l'autre. J'ai juste à le décider. Juste à amplifier le mouvement. Si j'approche mes lèvres, ils viennent. Sensation de pouvoir.

Ma bite qui se contracte avec force et expulse toute sa vie en eux. Sa bouche qui me contente tant que je lui jouis sur le visage. Il fronce les sourcils, émet un cri, se cambre. Tout s'étale sur son ventre. J'ai du sperme dans la main. Mes draps sont célébrés.

10/10/2011

10/10/11 - 19:52

Trouple

Eviter de penser. Juste apprécier le moment présent. Me laisser gagner par la joie d'être proche de deux garçons formidables. J'y suis parvenu quelques jours. Avant d'être rattrapé par mon naturel et ses interminables questions.

Nous sommes quoi, tous les trois ? Et on fait quoi, là ? L'idée du trouple me séduisait depuis des années, mais là c'est en train de se faire vraiment. Je leur fais la bise ou je les smacke pour leur dire bonjour ? J'ai envie de quoi ? Si nous sommes deux à avoir envie de sexe mais que le troisième ne veut pas, on fait quoi ? Et si je me rapproche trop de l'un des deux, je ne risque pas de mettre en péril la fondation même de ce trouple ?

Peut-on réellement parler de trouple lorsque c'est un couple, pacsé, qui en est à l'origine ? Etre en trouple ne devrait-il pas être basé sur une relation égalitaire entre tous les membres ? Dans quelle mesure un tel triangle est-il viable ?

Je n'ai pas la réponse à ces questions. Nous en avons parlé avec Drew et Tardis, avons tenté de définir ce qu'il se passait, sans trop y parvenir. C'est qu'il n'existe pas de modèle pour nous guider — que ce soit pour s'en inspirer ou pour s'en détacher. Ce que l'on vit n'est pas censé exister selon les standards. Nous ne rentrons pas dans les cases.

Les choses se font naturellement. Ils restent le couple officiel et réel, avec leur organisation, leur vie en commun. Je reste l'indépendant, le célibataire, mais je sais que j'ai deux princes charmants. Ce n'est pas que sexuel. C'est basé sur l'affection.

C'est tellement étrange de pénétrer de plus en plus leur intimité. De passer de statut d'ami à celui de… Il n'y a même pas de mot. D'ami privilégié ? De troisième ? Au fur et à mesure des semaines, nos relations évoluent. Parfois j'ai l'impression de sentir la jalousie de l'un parce que je câline trop l'autre, ou de m'immiscer un peu trop dans leur vie. D'un côté je sais qu'avoir laissé ma brosse à dents dans leur salle de bain les amuse, de l'autre je sens qu'il leur faut encore être une entité duale ; tout comme j'ai besoin de mon indépendance. Mais certains signes ne trompent pas : nous voguons vers un type de relation qui ressemble à celui d'un couple, mais à trois. Je me suis surpris à dire des mots que je ne prononce qu'en couple ; en apparence anodins, ils ont révélé l'un des schémas que je mets en place quand je suis impliqué dans une relation amoureuse.

Lorsque je ne les vois pas, ils me manquent, et quand je les vois je me nourris de leur affection. C'est probablement l'une des situations les plus singulières que j'aie pu vivre jusqu'à présent, tout en restant dans une configuration qui me semble, certes borderline, complètement saine, grâce à notre volonté à tous les trois de communiquer.

Une situation d'autant plus facile à vivre que je n'ai pas de limites : pourquoi rester cantonné à un seul garçon couple ?

01/10/2011

01/10/11 - 23:43

One Two Three

Lorsque je suis rentré chez moi après une semaine de vacances, mes premiers jours sans larmes depuis la rupture, j'ai ressenti un vide énorme. A peine avais-je mis les pieds dans ce studio qui avait recueilli tant de fluides que j'ai décidé de le fuir.

J'ai foncé chez Drew et Tardis, couple d'amis dont je m'étais beaucoup rapproché ces derniers mois. J'étais conscient de leur désir pour moi et de cette réciprocité, mais là n'était pas la question. Ces garçons étaient les seuls qui semblaient me comprendre pleinement et qui savaient me redonner le sourire. Comme d'habitude, nous avons beaucoup parlé, comme souvent, nous avons fait des jeux, et pour la première fois j'ai accepté de dormir chez eux. Je ne voulais plus être seul. Ca suffit, la drama queen, maintenant tu te reprends en main !

Je ne pensais vraiment pas que nous allions coucher ensemble : j'avais dormi 4 heures la nuit précédente, je n'avais pas de libido, j'avais pris mon Lexomil… Autant de raisons de rester sage. Mais lorsqu'il m'ont pris dans leur bras, qu'ils m'ont enlacé pour me dire bonne nuit, j'ai senti la bite de Drew devenir plus dure contre moi… Son sang a réveillé mon désir en quelques secondes, j'ai eu envie d'eux comme jamais.

C'était un très beau moment. Je manquais tant d'affection ; ils m'en ont donné plus que je n'espérais. Je me suis senti aimé, désiré, comme si j'étais la 8e Merveille du Monde. Pour la première fois depuis plus de neuf mois je touchais non pas un, mais deux corps, et cet amas de peau m'a enveloppé comme une caresse. Ce soir là, dans leurs bras, j'ai compris que ce moment se répéterait, qu'ils n'étaient pas n'importe qui, que j'avais envie de construire, tout au moins d'avancer avec eux.

21/09/2011

21/09/11 - 23:30

Construire

Moi qui ai fièrement arboré un mode de vie aléatoire, libre des contraintes sociales ces dernières années, j'ai développé des sentiments nouveaux depuis quelques mois.

La première pierre de ce changement a été provoquée par le fait de dormir. Après des années de lutte pour que Morphée daigne m'enlacer, un énième traitement, auquel je ne croyais pas, a résolu le problème qui me pourrissait la vie. Il s'est avéré, pour résumer, que je n'étais pas insomniaque (puisque j'ai besoin de 8 à 10 heures de sommeil et que je les trouve si on ne me réveille pas), mais que j'étais probablement atteint d'un syndrome rarissime au nom barbare (il toucherait 40 personnes en France), qui consiste à me décaler chaque jour de plusieurs heures. En d'autres termes, mon rythme biologique fonctionne sur plus de 24 heures, ce qui expliquerait mes heures quotidiennes d'attente du marchand de sable.
Aujourd'hui, tout n'est pas parfait, mais j'ai un rythme de vie qui me permet de m'endormir bien plus facilement qu'avant.

Ce changement physique puissant m'a donc ouvert une nouvelle voie : si je suis capable d'avoir un rythme de vie classique, alors je peux supporter un travail, comme tout le monde ? Depuis quelque temps, à la fois par besoin financier et désir de me réinsérer dans un moule, au moins quelques mois, j'ai décidé de jouer au mec normal. J'ai quitté mon temps partiel sans rien avoir trouvé derrière et, en cinq semaines seulement, j'ai retrouvé du travail dans un domaine concurrentiel.

J'ai repris confiance en moi et je suis devenu un cadre comme les autres. Ou presque. Si les premières semaines étaient excitantes (la nouveauté, l'acquisition de nouvelles compétences, la position d'ethnologue si vitale), du moment où mon CDI a été confirmé, ce qui ne me dérangeait pas m'est devenu insupportable. J'ai mis le doigt sur une première défaillance de l'entreprise, puis j'ai fisté des problèmes hallucinants avant de me retrouver pris au piège d'une structure cancéreuse.

Je crois qu'il n'y a rien de plus laid que les ruptures amoureuses et l'enchaînement au monde du travail (damn, j'suis en plein dedans). Après avoir fait le jour sur les injustices, les incompétences, les trahisons qui ont eu lieu au sein de ma boîte, j'ai eu envie de fuir. J'ai toujours envie de fuir. Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que malgré mon salaire de misère (ouais je fais ma pauvresse, j'aime bien), le stress quotidien (ma collègue et moi sommes obligés de nous shooter de produits pour tenir), il y a des milliers de mecs qui aimeraient être à ma place, pour faire ce que je fais, et que j'ai quand même la chance de bénéficier des avantages d'une grosse structure avec (heureusement) des gens chouettes parmi les enculés. Aucun taf n'est parfait, me rétorque-t-on souvent. Je suis d'accord ; m'enfin je vous garantis que ce que je vis au quotidien, vous êtes loin de vous l'imaginer…

Alors j'en suis où, moi, dans tout ça ? Eh bien déjà j'ai découvert que j'avais une capacité de résistance à la pression qui force le respect. Quand mes collègues fondent en larmes, je prends le relais et j'avance. Et pour un mec qui se considère comme angoissé et hypersensible, c'est une victoire en soi.

Mais ai-je envie de continuer cette vie ? Non. Je reste sur ce que je disais il y a quelques années : nous vivons dans un monde malade, fou de productivité, rempli de gâchis, qui met en avant le profit avant l'épanouissement de l'individu et, même, de l'ensemble.

Que faire, donc ? Me casser, toucher le chômage quelques mois ? Ouais, j'en ai envie. Mais être oisif en permanence ne m'intéresse pas non plus (de toute façon ce n'est pas une option, sauf si un vieux riche célibataire veut me léguer sa fortune). Alors je réfléchis à ce que je vais faire de ma vie, à ce que je veux faire vraiment.

D'une part, je sais qu'un jour je ferai le tour du monde. Pas à la roots, hein, je ne suis pas #MissQuinzième #BientôtMissCinquième pour rien ! J'ai beau être casanier, je veux découvrir un maximum de choses de cette terre, car je reste persuadé que cela fait partie des plus belles émotions que l'on puisse vivre. Et je veux connaître ça avec un chéri. Seul, je doute d'en profiter.

D'autre part, je pense que j'ai fait le tour de l'entreprise et de ses coups-bas et qu'il va me falloir trouver "ma voie". Est-ce que ça existe vraiment ? Est-ce que ce n'est pas un Graal qu'on agite comme une carotte devant un âne comme une bite devant un pédé pour faire patienter alors qu'on est juste coincé, pour toujours, dans un système qui nous tue ? Je ne sais pas, mais quoiqu'il en soit, je ne suis pas encore prêt à renoncer. Et depuis tout petit, j'ai cette envie d'être psy, cette capacité d'écouter et de comprendre les autres (sauf les garçons dont je tombe amoureux --> le cordonnier, tout ça…) et que je sais faire du bien aux gens (et pas que sexuellement, promis). Alors ce ne sera pas forcément psy, je pense qu'il y a plein d'autres méthodes de bien-être qui pourraient aussi être intéressantes… Mais il va falloir trouver quoi exactement, puis le mettre en place, le financer (point critique) et trouver le moyen de rendre ça lucratif (point encore plus critique). Je me laisse quelques mois pour préparer ça sereinement.

Construire : en soi, c'est un beau projet, aussi flou soit-il. Et même ça, je me demande dans quelle mesure j'en ai envie… Est-ce qu'une vie dissolue, sans contraintes, sans engagement n'est pas plus épanouissante ? Quelles barrières suis-je prêt à accepter ? La marge ne serait-elle pas ma norme ?

Peu importe, en fait. Est-ce que la vraie question ne serait pas : avec qui ? De qui ai-je envie d'être accompagné ? Suis-je capable de construire, ou du moins d'avancer, avec un mec ? Et pourquoi pas plusieurs ?

19/09/2011

19/09/11 - 21:43

Morceaux

Ce que je craignais est arrivé. De la façon que j'avais prévue, avec le timing que j'avais imaginé. Incroyable comme parfois je peux sentir les choses venir.

Je pensais que je m'y étais bien préparé ; de mon côté, j'ai beaucoup vécu ces derniers temps, une intensité que je n'avais pas connue depuis un an. Pour autant, ça ne m'empêche pas d'en souffrir, sans que je comprenne vraiment pourquoi.

Parce que, dans le fond, je m'en fous de ce qu'il fait de sa vie. Il a beau me rester de la tristesse au coin des lèvres, je suis passé à autre chose et j'ai vécu des moments magiques suite à cette séparation. Pourtant, un événement qui ne me concerne pas, qui n'a pas d'incidence sur ma vie, a le don de me faire plier plus fort que tous les problèmes que j'ai pu avoir ces derniers temps (et Dieu sait qu'il y en a eu). Le paradoxe du bonheur et du malheur réunis, de la larme de tristesse autant que de joie.

Je pense qu'il y a deux raisons à ma faiblesse sentimentale. D'une part, j'ai été traumatisé par mes précédentes relations, les trahisons qui ont jalonné ma vie amoureuse depuis ses débuts. Je ne sais pas de quelle rupture je n'ai pas réussi à me remettre pour que je vive aussi mal toutes les suivantes. Probablement que c'est ma peur originelle de l'abandon que je rejoue.
D'autre part, j'ai la sensation que la rupture avec lui a été particulièrement laide. Et il ne s'en rend pas compte. Il n'a pas conscience du comportement méprisant qu'il a arboré et des horreurs qu'il a exprimées, au détriment des petites choses que j'attendais de lui, de tout ce qu'il n'a pas dit. Sentir aujourd'hui qu'il ne comprend pas, qu'il ne comprend rien, me rend fou.

J'en reviens toujours à cette notion : j'ai un besoin vital de tout comprendre et d'être pleinement compris.

Il ne me reste plus qu'à ramasser les parts éparpillées de moi-même que j'ai laissées un peu partout ces dernières semaines pour, peut-être, tenter de construire. Mais quoi ?

18/08/2011

18/08/11 - 21:38

En mauvais termes

Désir.
Rapprochement.
Intensité.

Puis distance.
Tout va bien ?
Oui.

Distance.
T'es sûr que tout va bien ?
Oui oui.

Tu vas me quitter ?
Non.

Distance.
Silence.

Lassitude.
Dénigrement.
Exclusion.

Amélioration.
Désir.
Espoir.

Distance.
Egoïsme.
Dénigrement.
Exclusion.

Décision.
Séparation.
Incompréhension.
Incohérences.
Souffrance.
Mépris.
Colère.

31/07/2011

31/07/11 - 22:47

Le sens du sang au jour le jour

Vivre le moment présent. J'ai l'impression que c'est ce que l'on m'enseigne depuis tout petit, que ce soit en philo, en littérature, en soirée ou chez le psy. Vivre sans penser au lendemain, dans l'insouciance de l'instant.
Mais à trop s'interdire de réfléchir, à refuser de s'appesantir sur le passé autant que d'envisager l'avenir, ne passe-t-on pas à côté de quelque chose ?

Où sont passés les rêves ? Où sont enterrés les souvenirs ? Je veux exhiber mes racines, les sortir de terre pour qu'elles soient inondées de lumière. Je veux prendre leur force pour construire quelque chose de beau, éventuellement quelque chose de neuf. Boire le sang du passé. Jouir un avenir qui a du sens.

Vivre le moment présent. S'enivrer du quotidien. Accepter l'absurdité. Mais moi je veux du sens. Je veux construire. Je voudrais que ma vie n'ait pas été vaine, oublier toutes les déceptions.
Je voudrais croire.

06/07/2011

06/07/11 - 21:26

Le roux tourne

La journée, au travail, je tenais bien. Le week-end et le soir, au contraire, je m'écroulais de tristesse, dans mon bain habituel de larmes de drama queen dépressive. Bouhhhh qu'il me manque. Ouiiiiin je suis tout seul. J'ai poussé le vice jusqu'à m'effondrer dans les bras de nombreux amis, faisant un spectacle live de mon désespoir.

Certains soirs, je suis rentré chez moi en espérant le retrouver. J'actionnais la poignée le cœur battant pour ne trouver que le vide et le noir de mon appartement. Jamais un Prince Charmant ne me fera la surprise de me reconquérir. Croâ.

Un soir, j'ai trouvé la lumière allumée. La pièce était pourtant vide. J'avais simplement oublié d'éteindre l'une de mes lampes en partant. Merci, Freud.

Et puis, j'ai fini par aller mieux, au bout de quelques jours seulement. Mes larmes n'ont pas coulé une seule fois en trois jours. J'ai envisagé l'avenir avec plus de sérénité, satisfait de retrouver mon indépendance, libéré du joug imposé par l'emploi du temps de l'autre à gérer. Je fais ce que je veux avec qui je veux.

Il a fallu que nous nous revoyions pour qu'il récupère ses affaires et qu'il me rende mes clefs. Ce soir-là, il n'était plus ni un écureuil, ni un crapaud, mais un garçon meurtri comme jamais encore je ne l'avais vu.

Nous avons longuement pleuré. Nous avons beaucoup parlé. Et une chose en entraînant une autre… Nous n'avons pas couché tout de suite ensemble, malgré le désir apparent chez l'un comme chez l'autre. Il fallait qu'on vide notre sac une bonne fois pour toutes et qu'on fasse le point.

Difficile de savoir dans quelle mesure nous nous aimons, moi parce qu'il m'a trop blessé, lui parce qu'il est incohérent. Nous n'arrivons pas à envisager d'avenir ensemble ; j'en avais envie, pourtant, tellement envie. J'écoute mon corps : son odeur me séduit encore, sa peau me fait toujours vibrer, et mon slip s'humidifie comme le tampon d'une femme fontaine dès qu'il pose sa main sur moi.

Alors nous sommes repartis sept mois en arrière et nous avons recommencé, comme si rien ne s'était passé. Presque : il faut à présent digérer les blessures infligées sans être certains d'y parvenir.

De nouveau ensemble, mais pas vraiment, mais en fait si, et puis tiens, tu veux partir avec moi en vacances, mais attends, depuis quand tu envisages des vacances avec moi, je ne te vois que comme un ami avec qui je couche, tu es celui qui en sait le plus sur moi, j'ai peur que tu me vampirises, j'ai peur que tu m'étouffes, je t'aime un peu quand même, je t'aime trop, je ne sais plus.

On dort ensemble ce soir ?

19/06/2011

19/06/11 - 10:38

Dernières fois

Les matins de week-end sont presque devenus routiniers dans notre vie de couple. Toujours à la même heure, celle de son horloge biologique, il commence par poser sa main sur mon torse. Partagé entre la douleur d'un réveil trop matinal et le bonheur de le sentir près de moi, je lui rends sa caresse. Il lui faut parfois insister pour que mon corps, à cette heure-ci, ait envie de le rejoindre. D'abord tout en douceur, puis avec de plus en plus d'ardeur, nous nous unissons pour célébrer la vie de la façon qui me semble la plus adéquate.
Alors qu'il se dirige vers la douche, je me mets de son côté du lit et finis ma nuit, repu de lui. Lorsque je me réveille, je le trouve absorbé dans des sites pour lesquels je n'ai jamais trouvé d'intérêt et il m'annonce que nous allons bruncher avec nos amis. Parfois, c'est lui qui vient me réveiller au dernier moment pour que j'aille faire ma Miss' Quinzième et que je me prépare sans trop nous mettre en retard.

La semaine dernière, c'était notre dernier week-end ensemble. Quelques journées exceptionnelles, loin de Paris, à profiter d'une piscine chauffée sous la pluie, à mettre en place des repas pour sept personnes, à se défoncer à Just Dance, à se câliner tous les uns et les autres. Le matin, lui et moi avions notre moment à nous, notre union habituelle, nos retrouvailles après la séparation imposée par le sommeil. Sauf le tout dernier jour, où, alors que j'étais réveillé, je l'ai regardé s'habiller sans une caresse pour moi, sans comprendre son soudain manque de désir.

Il y a deux semaines débutait un week-end prolongé. Le mercredi soir, il allait au cinéma pendant que je passais une soirée avec mes amis sur les quais. Comme à notre habitude, il était rentré avant moi, s'était déjà couché. Le temps de me préparer à la nuit, je me suis glissé sous la couette, me suis collé à son dos alors qu'il poussait un petit gémissement. Cette nuit et la journée qui ont suivi ont été radieux entre nous. Il s'est beaucoup confié à moi, nous nous sommes câlinés comme de jeunes amoureux au détriment des hétéros qui nous accompagnaient au parc de Bercy. Ce jour-là, il m'a serré fort dans ses bras et m'a dit que ce n'était pas par égoïsme qu'il le faisait, mais parce qu'il m'aimait.

Puis, un matin, je me suis levé en faisant le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller. Je suis allé pisser et ce n'est qu'en retournant me coucher que j'ai réalisé que le lit était vide. Je ne l'avais pas vu partir, ni entendu la porte claquer. Il m'avait fui pendant la nuit, sans m'avertir. Nous avions eu une crise la veille avant de nous coucher — il était d'une humeur exécrable, limite agressif, incapable de communiquer. J'avais espéré que le lendemain nous pourrions en reparler. Malheureusement, il ne m'avait laissé aucun mot, aucun texto, juste l'angoisse de ne pas savoir où il était et s'il était sain et sauf (l'imaginer déprimé en pleine nuit à moto n'était pas pour me rassurer).

Nous ne nous sommes jamais remis de cette crise. J'ai été profondément déçu par son attitude, son abandon, son refus d'échanger. Je ne voulais pas jeter sept mois de relation à cause d'un tel moment, aussi blessant soit-il, parce qu'il méritait mieux qu'une mauvaise passe ; nous nous devions plus que des silences et des non-dits.
Mais il a complètement basculé dans le côté obscur et il s'est rendu compte que, finalement, il ne m'aimait pas assez, que je n'étais qu'un ami avec qui il couchait et qu'il était incapable d'envisager un futur avec moi. C'est ainsi que notre quotidien, qui nous semblait quasiment parfait, a été interrompu. Une fin brutale, sept mois jetés au cachot en deux semaines de crise. N'étant pas du tout impulsif, j'ai un mal fou à accepter cette notion de temps. J'essaie de comprendre, sans pleinement y parvenir, et je me dis que les relations ne sont peut-être pas faites pour avoir du sens. On s'aime puis on se détruit selon le bon vouloir du destin.

Ce matin, je me suis réveillé à l'heure où, habituellement, sa chaleur me sortait du sommeil. J'ai constaté qu'il y avait beaucoup de mouchoirs au pied du lit, comme d'habitude, mais qu'ils ne contenaient pas le même fluide que lorsque nous étions ensemble. J'ai déjà rassemblé le peu d'affaires qu'il avait laissé chez moi pour qu'il puisse venir les prendre en mon absence, et me déposer le double des clefs. Si peu d'objets, comme pour ne pas avoir à trop s'imposer, lui qui avait si peur de s'engager avec moi.

La feuille de papier de notre histoire, sur laquelle nous rédigions notre vie en commun, a été déchirée. Le deuil est entamé. Je repense à chaque souvenir en pleurant, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus aucun. Je veux tout effacer, tout oublier, et ne plus jamais tomber amoureux.
Me revient juste en mémoire, régulièrement, une phrase qu'il avait écrite lorsque nous nous sommes mis ensemble : il avait "la puissante euphorie d'une intuition". Je n'ai jamais osé lui demander ce qu'il voulait exactement dire par là. Aujourd'hui, il ne nous reste plus que le puissant carnage d'une relation.

Il a arrêté les colombes en plein vol. Seul, au ras du sol.

30/05/2011

30/05/11 - 20:52

Pandoroux

Cette boîte de Pandore, sans parvenir à la définir, se situe, j'en suis sûr, dans nos différences. Est-ce son côté hétéro, qui me fascine tant, qui m'excite et provoque une irrémédiable attirance pour lui, mais qui m'exaspère également tant il ne correspond pas à mes critères ? Un mec quasi dépourvu de tout signe homosexuel, avec des goûts de mec beauf de base (l'industrie, les voitures et les motos), une vie calme et rangée incroyablement angoissante à mes yeux. Je fais quoi moi avec ma ribambelle de chanteuses pétasses ou à voix, mon cœur bleu turquoise, mon esprit violet, mon mode de vie rose et instable, un peu artiste pauvre ?

A moins que ce ne soit son passé, sa relation avec son ex, son deuil pas encore terminé. Comment rivaliser face à un couple de cinq ans auquel il pense encore souvent avec nostalgie ? A chaque fois qu'il m'en parle, il s'excuse car il ne trouve pas ça correct vis-à-vis de moi. Je trouve normal de mettre du temps à guérir de son ex, moins qu'il se sente coupable de m'en parler. S'il le fait, c'est peut-être qu'il a des raisons de se sentir coupable ? Un jour, il me fait comprendre que je ne suis que de passage… Si je suis le premier à n'envisager la relation "que" comme un bout de chemin qu'on fait ensemble, je ne souhaite pas pour autant mettre de barrières à mon copain actuel : si ça avance, tant mieux, sinon, j'avancerai seul ou avec un autre. Visiblement, il me raye avant même que je m'installe dans sa vie.

Est-ce le manque d'intimité partagée, son trop plein de pudeur, ses mystères idiots qui m'exaspèrent ? Moi qui ai tant besoin d'échanger en permanence avec mon copain, qui ai besoin de le connaître au maximum, de tendre vers la fusion, comment puis-je accepter qu'il ne réponde pas à mes questions, qu'il se ferme comme une huître et devienne aussi chaleureux qu'un Mister Freeze dès que j'aborde un sujet qui le gêne un tant soit peu ? Comment accepter le fossé entre nous, moi qui suis capable de tout lui dire, de lui offrir mes tripes alors que lui ne m'accorde que des murmures trimestriels et des caresses aux yeux fermés ? Comment accepter d'aimer un inconnu ?

Est-ce dans cette possession qu'il exprime à mon égard ? Dès que je m'éloigne un peu, il fait tout pour me récupérer. Ca me flatte, me touche, me comble ; j'ai parfois l'impression qu'il n'agit pas par amour, mais par égo. Quand il me veut en lui, j'ai l'impression d'être un sex toy, un plug qui comble ses ardeurs. Quand il me veut contre lui pour s'endormir je me sens love toy, une peluche, un doudou qu'il serre trop fort, il m'empêche d'atteindre le sommeil, j'ai trop chaud, je suis mal installé pendant que lui profite de ma présence en refusant systématiquement d'envisager un avenir. Je comble un vide, mais pour combien de temps ?

La boîte de Pandore, ne serait-il pas possible qu'elle soit en moi, finalement ? Je cherche en lui ce qui nous sépare, mais ne suis-je pas le seul à m'interroger de la sorte, à me focaliser sur ce qu'il me prend plus que sur ce qu'il m'apporte ? A le vouloir pour moi tout en conservant mon indépendance ? Ne serait-ce pas mon propre passé que je lui reproche ? Ma folie ? Mon instabilité ?

Je ne sais pas ce qu'est la boîte de Pandore. Ou alors je sais précisément ce qu'elle est, mais je le cache tant sa vérité est intenable. Quoiqu'il en soit, elle est là, sous mes yeux, entre les lignes de ces mails que nous échangeons parfois, au détour de quelques révélations, où je sens un abîme se creuser entre nous alors même que nos peaux semblent fusionner lorsque nous sommes tous les deux. Parfois si proches que j'en brûle de clichés.

Notre boîte de Pandore est ouverte, je le regrette déjà, mais jamais je n'aurais pu vivre en la regardant comme un simple objet décoratif. J'adore les boîtes, mais j'ai besoin qu'elles contiennent quelque chose de précieux, des biens qu'il me faut connaître absolument. Même au détriment de ma santé mentale.

26/05/2011

26/05/11 - 23:46

Rêves rouges

Ma vie n'est pas un film. J'ai beau tenter de tout raconter comme si j'étais dans une série, je n'y parviens pas. J'ai eu ma part de rebondissements, de garçons qui ont sonné à ma porte par surprise, de "Je t'aime" avec les larmes aux yeux, le monde qui tourne au ralenti et les violons qui s'activent. Je voudrais rêver encore plus... Mais il est temps de revenir à la réalité. Les princes charmants n'existent plus, seuls subsistent des hommes bourrés de défauts qui nous font tourner la tête et nous possèdent comme des objets. No happy ending.

...

Il ne m'aime pas. Je le ressens au plus profond de mon être : ce manque, ce gouffre. Il a beau me l'avoir écrit quelques fois, je n'arrive pas à percevoir son amour. Je vois de l'affection, de la tendresse, de l'attraction dans ses yeux — mais pas de l'amour. La façon qu'il a d'en désirer d'autres, sa facilité à passer à autre chose, de penser à autre chose qu'à moi.

...

Il doute régulièrement, me l'a avoué. Il est honnête et lucide, mais ça me fait flipper. Je vois bien qu'il n'est plus "amoureux" comme il prétendait l'être au début. Il n'a pas réagi à mon "Je t'aime". Il ne me le dit plus. Il est bien avec moi, il m'a dit qu'il était heureux, mais je vois bien qu'il n'est pas amoureux. Pourquoi on ne peut jamais l'être en même temps ?

...

Etre amoureux et en couple m'affaiblit, me coupe les ailes. J'ai soudainement besoin d'être protégé et rassuré sans cesse. Je n'ose plus rien alors que j'étais dans un mouvement de nouveauté permanente. Je gérais les risques et m'y confrontais avec confiance là où maintenant je fuis toute situation potentiellement pas optimale. J'ai appris à être heureux seul, le serai-je à deux ? J'ai du mal à distinguer l'amour du masochisme.

...

And suddenly my boyfriend becomes an enemy. Tout paraissait si beau, si pur, si neuf. Puis un conflit, un désaccord, des déceptions, des désillusions. D'une relation amoureuse on passe à une bataille. Des blessés, pas de vainqueur. Tout le monde y est forcément perdant. Lorsque vient l'armistice, il faut constater l'ampleur des dégâts. Difficile d'établir si notre vase souffre d'une simple brèche ou s'il a volé aux éclats. Dans le noir de l'amour, on ne sait plus rien.

...

Vouloir que nos peaux soient liées, chaque nuit me fondre en lui, lui donner mon sperme, absorber le sien, puis me coller à lui et m'endormir, après avoir essuyé la sueur de mon front, le lubrifiant de sa raie, avec un peu d'amertume salée au fond de la gorge. Nous ne serons jamais un, il ne comprendra jamais certains traits de ma personnalité, je ne partagerai jamais ses goûts étranges, je ne saurai jamais d'où lui vient ce regard triste qu'il arbore parfois, il gardera toujours un petit air mystérieux qui m'énervera un peu plus chaque jour parce que je ne supporte pas qu'il m'échappe. Tomber du nuage.

...

Lire l'intégralité de son blog me fait mal, car j'y découvre une vie que j'aurais aimé qu'il me raconte, qu'il se confie à moi. Là j'ai l'impression de fouiller dans son passé. Et ça me fait prendre conscience à quel point il est loin de moi, à quel point il ne se dévoile pas à moi... Je le lis pour tout savoir de lui, pour partager un maximum de choses, mais je vois bien que malgré cette lecture exhaustive je n'y parviendrai pas. Je ne pourrai pas rattraper tout ce qu'il a vécu sans moi, je ne pourrai jamais rivaliser avec les cinq ans passés avec son ex. Je crois que la boîte de Pandore se situe là, entre eux, et que s'immiscer dans cette intimité passée m'est forcément douloureux et pas nécessaire. Et pourtant, j'y accède parfois à cette boîte, sa boîte mail, consultée en secret, où sa vie a défilé sous mes yeux pendant des heures, me traversant le cœur. Non, nous ne pourrons pas tout partager, non je ne pourrai jamais lui suffire, non il ne sera jamais complètement heureux avec moi.

...

J'ai beau le toucher, le lécher, rester coller des heures contre lui, y introduire mes doigts, le pénétrer de mon sexe, j'ai toujours la sensation que son cul reste loin. Il se donne pourtant tout entier à moi mais ce n'est pas par là que je parviens à fusionner. Seuls les moments où il gémit de plaisir par ma seule volonté me donnent enfin l'impression de le posséder. Le cœur se situerait-il au niveau de la prostate ?

...

Je vois bien qu'il doute. Moi aussi. Je suis blessé par une tension, perturbé par une phrase de trop, jaloux de ses conneries. Mais on se respecte et on s'aime, je crois. Je sais qu'il est là pour moi et j'espère l'être pour lui. Après des débuts rapides, on y va plus doucement. A chaque étape sa vitesse. Et même s'il prend toute la place dans le lit la nuit et que je me venge en ronflant comme un cochon, on ne sort jamais dans la rue sans se prendre par la main, pour avancer ensemble quel que soit le chemin. Deux inconnus qui font semblant de se connaître par ce lien.

23/05/2011

23/05/11 - 21:47

Premières fois

La première fois qu'il m'a embrassé à Paris, je ne m'y attendais pas. Il l'a fait en cachette dans une cuisine, pour me dire bonjour, alors que nos amis étaient réunis dans la pièce d'à côté. Tout le monde ne savait pas ce qu'il se passait entre nous, moi-même je n'en savais rien. D'ailleurs, je ne comptais pas l'embrasser ce jour-là, mais il l'a fait, et je n'étais pas sûr d'aimer ça, je me sentais forcé, il ne m'a pas laissé le choix, je suis à lui.

La première fois qu'il dort chez moi, j'ai terriblement envie de lui. Tellement envie que j'en ai mal. Envie de ses fesses si joliment dessinées, envie et peur de partager tant d'intimité. L'autoriser à passer une nuit chez moi, n'est-ce pas lui accorder un peu plus de territoire sur une vie dont je souhaite rester le maître ? Elle se déroulera si bien que je lui proposerai de rester la suivante. Par la suite il n'a plus jamais demandé l'autorisation.

La première fois que nous sommes un couple aux yeux des autres, c'est, à ma grande surprise, très naturel. Moi qui d'habitude déteste les effusions publiques, je me délecte de ses mains qui me touchent sans cesse. Des attentions qu'il m'accorde, des regards coquins et satisfaits qu'il m'adresse. Dans ses bras je suis le roi du monde. Et je retrouve le plaisir de partager un groupe d'amis avec l'objet de mon affection.

— C'est qui lui ?
— C'est le garçon que j'encule actuellement.
La première fois que je le présente à ma meilleure amie, je suis incapable de définir notre relation. Je ne veux pas être en couple mais je tiens à sa présence ; la seule façon pour moi de l'introduire est alors de le réduire à sa fonction sexuelle.

— Dépêche-toi, chéri, on va être en retard.
C'est sorti tout seul, pour la première fois, sans que je l'aie prémédité. Il m'arrive d'appeler les gens "chéri" mais ce jour-là, lui comme moi sentons que ce n'est pas un "chéri" amical. C'est le lapsus qui signifie que je commence enfin à l'intégrer dans ma vie, à l'accepter en tant que petit copain.
C'est que j'aime sa douceur, la façon qu'il a de fondre de tendresse. Ses épaules auxquelles je m'accroche comme à un roc deviennent le plus plaisant des oreillers.

Lorsqu'il vient s'installer à Paris fin décembre, j'ai à la fois le plaisir de le côtoyer, de l'aimer, et l'étouffement d'être tout le temps avec lui, ensemble étriqués dans un lieu de vie que je trouve déjà trop petit pour moi. La difficulté de dormir avec lui juste à côté, sa chaleur qui me brûle.
Et le "Je t'aime" que je lui dis pour la toute première fois, au matin du 31 décembre ; j'ai senti que je n'aurais pas dû, que ce n'était pas le bon moment, que du coup il sonnait faux. Que ce n'était pas comme un sentiment qui gicle hors de ma bouche tellement il a été titillé, mais hors de mon cerveau tellement j'y ai pensé, tellement je me suis demandé quand j'allais lui dire. C'était finalement le témoignage de la confiance que je lui accordais, mais pas l'éruption du sentiment — pourtant bien présent.

— J'peux pas.
— Bah si, tu peux. Concrètement, tu PEUX.
Il est en train de poser son assiette dans l'évier. Et conclue la conversation, avec un soupir : "T'as raison. Je n'VEUX pas."
Alors que je regarde son dos avec surprise, je me rends compte que, ça y est, on a atteint ce moment dans le couple où l'on a cessé de se séduire, où l'on ne cherche plus à montrer le meilleur de nous-mêmes mais où, au contraire, on dévoile peu à peu les arcanes les plus sombres de notre personnalité. Pointent alors les petits agacements en même temps que les premiers regards méprisants, ceux qui permettent d'appréhender l'autre dans toutes ses différences, autant d'aspérités sur lesquelles les cœurs en fusion se blessent.

Une semaine de vacances pour moi, au ski, où mes contacts avec lui sont forcément limités. C'est presque un test, je veux savoir comment je vais vivre sans lui, si je me sens mieux ou moins bien. Je ne ressens pas spécialement de manque mais un amour profond et sain. C'est la première fois que je suis amoureux, bouleversé d'émotions, et que ça me rend heureux. Je suis dingue de lui, admiratif de sa stabilité, intrigué par ses ténèbres. Il m'émeut, me rassure et m'inquiète à la fois tant je sens qu'il ne m'est pas acquis, que je peux le perdre du jour au lendemain.

19/05/2011

19/05/11 - 21:40

Va-et-vient

Il arrive chez moi au début du week-end, pose ses affaires, m'embrasse.
Je le prends, encore et encore et encore et encore et encore.
Je le raccompagne à la gare, on s'enlace sur le quai, le cœur embué.


Je ne veux pas être en couple. Je suis heureux célibataire, dans le tourbillon de la vie sociale, dans les ambiguïtés excitantes et sans cesse renouvelées. Mais il me fait croire à la lune. Il semble avoir à la fois les pieds sur terre, une flamme au c… cœur et les yeux rivés sur les étoiles. Alors, moi aussi, je me mets à regarder le ciel en me disant "Pourquoi pas ?".

Il arrive chez moi au début du week-end, pose ses affaires, m'embrasse.
Je le prends, encore et encore et encore et encore et encore.
Je le raccompagne à la gare, on s'enlace sur le quai, le cœur embué.


Je me déverrouille petit à petit. M'ouvre à lui. Je commence à accrocher mes veines à son corps. A accepter l'idée d'être un peu entravé par sa présence et sa chaleur. Tout plaisir ne vient pas sans une part de contraintes il faut croire. Et alors qu'il m'a eu, il se détache un peu. Me montre un peu moins d'intérêt. Me parle de son ex. M'apprend des aspects de sa vie, de ses envies, que je ne soupçonnais pas et qui m'effraient. Je doute, complètement.

Il arrive chez moi au début du week-end, pose ses affaires, m'embrasse.
Je le prends, encore et encore et encore et encore et encore.
Je le raccompagne à la gare, on s'enlace sur le quai, le cœur embué.


Je pense à lui. Je tombe. Dans ses filets, dans mes souvenirs, dans l'envie d'avenir. Dans la peur d'être deux. C'est quoi le mieux ? Dès que j'aime, je me torture, j'ai besoin d'être rassuré, et je deviens chiant, intransigeant, fermé. Célibataire, je m'ouvre au monde, accepte tout, goûte à tout. Dois-je pour autant renoncer à une vraie relation sous prétexte qu'aucune ne me rend jamais heureux ? Moi qui voulais tant devenir une slut, maintenant que je peux l'être, dois-je finir comme tous ces pédés clichés ? N'avaient-ils pas raison depuis le début en profitant de leur jeunesse ?

Il me montre les étoiles. Et je me demande s'il sait, au fond, que ce ne sont que des cailloux ou s'il croit vraiment que ce sont des bijoux.

16/05/2011

16/05/11 - 22:45

Cristal (5) : Prisme Lunaire

Embrasser deux garçons différents sur un quai de gare, c'est ultraromantique ou ultratraînée ?

A peine suis-je monté dans le train qui me ramène à Paris que je me sens nostalgique de ce moment vécu avec eux. Nostalgique et épanoui. Je me lance dans l'écriture de réponses à mes souhaits d'anniversaire. Paul, qui ne prenait pas le même train que moi, m'envoie des messages étranges. "Ce que je craignais est arrivé."

Gare Montparnasse, dimanche de novembre. Ces quatre derniers mois ont été particulièrement forts et je sens que, ce soir, ils marquent la fin de ma transformation. Retrouver Paul après ce week-end surréaliste, dans ce lieu empreint de beaucoup d'émotions pour moi…

Je sais déjà ce qu'il va me dire, je l'ai compris lors de ce week-end. Passer deux jours avec lui, coucher avec lui, m'a permis de mieux interpréter certains de ses comportements. Tout s'est mis à faire sens : sa gêne lorsqu'on évoque Rudy, les mystères autour de ses précédentes conquêtes, son regard qui semblait toujours en dire long…

— Tu sais, Paul, si t'as couché avec Rudy, c'est pas grave, je ne t'en veux pas.
— …
— Si t'as couché avec Rudy alors que j'étais encore avec lui, c'est pas grave non plus, c'est de l'histoire ancienne, on ne se connaissait pas toi et moi.
— Je suis désolé.

C'est ainsi que, plusieurs mois après notre rupture, j'ai enfin appris la vérité sur mon ex. Non seulement il m'avait effectivement trompé trois jours avant de rompre (et avec la personne que je soupçonnais), mais en plus il m'avait trompé avec Paul. Et avec d'autres, encore. Plein d'autres. Si Twitter était devenu pour moi un moyen de me faire de nouveaux amis, pour Rudy, c'était une aire de jeux sexuelle. Lui qui était si jaloux, qui me faisait des crises sous prétexte que d'autres avaient partagé ma couche avant lui (!), qui m'engueulait parce que des mecs avaient maté mon cul dans le métro (!!), il était en réalité le seul coupable dans notre relation, le seul à s'être mal comporté. J'étais si patient, je supportais ses injustices, je le consolais quand il débarquait en pleurant pour des raisons mystérieuses (la culpabilité adultérine ?), et j'ai été récompensé comment ? J'ai ainsi compris pourquoi il avait une si mauvaise réputation sur Twitter, pourquoi les gens semblaient gênés dès qu'on parlait de lui. J'étais le cocu du site.

Contre toute attente, ça m'a fait rire. J'ai trouvé cette situation tellement grotesque. Je me suis senti soulagé de ne pas être resté plus de temps avec lui. Et en même temps, je me suis demandé comment je pourrais à nouveau faire confiance après ça…

Paul a autre chose à m'avouer. Ses sentiments pour moi. Le week-end lui a donné envie de tenter quelque chose avec moi, d'être un peu plus un couple lui et moi. Ca, je ne l'avais pas vu venir, j'étais une fois de plus persuadé qu'il était plus intéressé par Rouge Cerise que par moi. Forcément, il a senti que le roux et moi nous rapprochions et qu'on allait commencer à sortir ensemble, alors il est blessé.

— Paul, je pense qu'on ressent la même chose l'un pour l'autre. Y a un truc de fou entre toi et moi, on se comprend et on s'écoute, on dirait presque des âmes-soeurs ! Nous sommes à la limite entre amour et amitié, c'est d'ailleurs pareil avec Rouge Cerise en ce qui me concerne. Mais toi tu es un tout petit plus dans la zone amicale et lui un tout petit plus dans la zone amoureuse… Et vu que je kiffe toujours des mecs avec qui je ne peux pas être ami, c'est probablement parce qu'on se ressemble beaucoup toi et moi, parce que nous sommes trop amis, que j'ai du mal à vraiment t'envisager comme petit copain. C'est cliché, mais j'aurais peur de gâcher notre relation. Je ne crois pas en l'amour, toutes les histoires finissent mal. Je pense que ce serait une erreur de se lancer dans une relation amoureuse toi et moi.

Il acquiesce. Maintenant que je sais tout sur Rudy, que nos cœurs sont ouverts, on parle de Rouge Cerise.

— Vous irez très bien ensemble, me dit-il.

Oui, il me trouble et me séduit. Mais je sens qu'il y a en lui quelque chose qui ne me convient pas. Ce n'est pas son goût prononcé pour la moto et ces trucs d'hétéros, ça ne semble pas être sa relation précédente… Il a un côté mystérieux dans lequel je décèle… quoi ? Un trait de caractère ? Un événement dans sa vie ? Je ne sais pas quoi exactement, mais j'y perçois une étincelle noire que je sens en profond désaccord avec moi. Et quand je l'aurai identifiée, cela sonnera le glas d'un potentiel bonheur avec lui. C'est tout de même étrange de douter d'une relation, avant même qu'elle ne commence, pour une hypothétique boîte de Pandore.

En m'écoutant parler, Paul a les yeux qui brillent et arbore un léger sourire, mi-extatique, mi-effrayé.
— On va se battre pour les mêmes garçons, me dit-il. Je ressens exactement la même chose.
Décidément, Paul est incroyable ; mon jumeau. Et si je ne suis pas le seul à avoir perçu son côté sombre, alors c'est qu'il existe vraiment. Si Rouge Cerise me prend dans ses filets, je suis perdu.


Fin de l'histoire telle que conçue initialement. La suite renoue avec mon style habituel et non "feuilleton" en reprenant quelques jalons des six mois (!) qui se sont écoulés depuis.

 

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Jonathan, 30 ans.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.