...Blog à ne pas lire...

09/02/2010

09/02/10 - 04:41

L'épée de la nuit

Je ne me sentais pas trop mal, dans mon mode de vie décalé, mais depuis une ou deux semaines, c'est la catastrophe : je ne dors plus que le jour. Si je parviens à m'endormir "tôt" (entre 1h et 3h du mat' quoi), je me réveille après maximum quatre heures de sommeil, impossible de rejoindre les bras de Morphée (enculé).

Vivre décalé quelque temps ne me gêne pas, j'y trouve mon compte. Mais cette situation devient de plus en plus pesante. Je vois à peine la lumière du jour (à mon coucher, entre 9h et midi) et, comme lorsque j'avais un rythme 4h - midi (celui de ma vie entière, en fait), je suis épuisé sur mes heures d'éveil. De plus, cela compromet toute tentative d'une vie épanouissante : la nuit, je ne peux pas sortir et avoir des activités, je ne peux même pas aller me promener. C'est frustrant, car même quand je finis par prendre une décision d'avenir, quand je commence à échafauder des projets, tout s'écroule parce qu'une fois de plus je suis rattrapé par la maladie.

J'ai l'impression d'avoir tout essayé, toutes les méthodes. Je me suis même remis aux somnifères et anxiolytiques alors que j'avais arrêté depuis trois mois (drogué !). Je rêve qu'on découvre enfin LA cause, qu'on comprenne mon mal et qu'on me propose une solution, une vraie, une efficace, celle qui me changerait la vie, qui me guérirait. A défaut, faites de moi votre cobaye, mettez-moi dans une cage, analysez tout ce que vous pouvez, charcutez-moi, droguez moi, tuez-moi, je m'en fous, pourvu que ça change.

Comment concevoir une vie sociale, amicale, professionnelle, amoureuse dans ces conditions ? Tout me fatigue, tout est douloureux. J'ai l'impression que ma vie est gâchée, que mes mains sont liées et que je me bats contre un monstre invincible. Quel est l'intérêt de vivre dans ces conditions ? A défaut de dormir, saurais-je mourir ?

27/01/2010

27/01/10 - 03:30

De l'amour à l'amitié

Avant, j'attendais tout de mon couple. Je voulais que mon mec soit mon amant, mon meilleur ami, mon parent. A force d'expériences, je me suis rendu compte qu'en réalité, j'attendais le Prince Charmant, le mec parfait, celui qui saurait me combler en tous points.

L'année dernière, j'ai appris à enfin accepter l'autre tel qu'il est. J'ai compris que je souhaitais être moi-même, pleinement moi-même, et que je ne voulais pas dépendre d'une tierce personne pour ça. L'autre n'est alors devenu qu'un plus dans ma vie, quelqu'un qui vient l'enrichir et pas la nourrir à la base. Adieu la fusion, bonjour à l'union.

J'ai décidé de regarder l'autre avec attention, de le découvrir dans les moindres détails et de rapidement décider, en fonction de ce qu'il pouvait m'apporter, mais surtout par rapport à ses défauts, si oui ou non je voulais m'engager avec lui. Et cette vision de l'amour m'a fait gagner une bonne dose de sérénité : plutôt que de vouloir le changer au prix d'une insatisfaction permanente, je prends ce qui m'intéresse en lui et en jouis.

Je me suis ainsi rendu compte que certains de mes désirs étaient quasiment inaccessibles en couple ; notamment, celui d'être compris, puisque par essence je suis attiré par des garçons qui n'ont pas du tout le même système de pensée que moi. Pour me comprendre, il faut être une fille, particulièrement empathique et à l'écoute. Or mes mecs sont plus du genre à agir qu'à écouter. Et avec mes qualités psychologiques, c'est souvent moi (pour ne pas dire toujours) qui joue le rôle du confident plus que l'inverse.

Ca a été un peu douloureux, au début. Et puis je m'y suis fait. J'ai la chance d'avoir des amies, très proches, qui sont capables de me comprendre pleinement. Si j'ai déjà autant de gens qui peuvent accomplir cette tâche, pourquoi la chercher en plus chez mon mec ?

En acceptant de ne pas être accepté, je me suis tourné vers d'autres sources de plaisir dans le couple. J'ai découvert, depuis deux ans, à quel point j'avais un besoin tactile. J'avais nié ce sens au détriment des autres sans vraiment savoir pourquoi. En redevenant célibataire, je me suis mis à toucher de plus en plus mes amies, à avoir besoin de câlins - mais sans jamais être pleinement satisfait. Car si le toucher apporte une dimension supplémentaire et affective à l'amitié (qui est par essence, pour moi, très cérébrale) il prend tout son sens dans la relation amoureuse.

C'est pourquoi, depuis quelques mois, c'est tout ce que j'attends. De la sensualité, du sensoriel, du sexe enrobé de sentiments et d'amour. Et quand amour et cul s'équilibrent, se soutiennent, s'interpénètrent, c'est l'extase.

Mais que faire des relations nées dans la séduction et le contact physique lorsqu'on n'y a plus droit ? En clair : quelle suite donner aux ex ? Depuis l'année dernière, je me retrouve confronté à des garçons qui ne m'aveuglent plus de sentiments et avec lesquels je ne sais plus quels échanges avoir. Puisqu'il n'y a plus ni amour, ni câlins, il faut tout reprendre à zéro. Une relation amicale dépourvue de sens. Mais c'est là que le bât blesse : sans sentiments, je perçois avec acuité les défauts qui ne sont, alors, plus compensés par l'échange physique. Je n'y trouve plus mon compte. Je ne suis plus satisfait.

J'ai toujours eu la volonté d'être ami avec mes ex. Mais est-ce réellement possible ? Ou faut-il attendre plusieurs années pour ça ?

23/01/2010

23/01/10 - 18:28

Travailler moins pour vivre mieux

Depuis à peine plus d'un an, j'ai changé de vie professionnelle. Si mon boulot au sein de La Ruche me plaisait sur plusieurs aspects (extrême polyvalence, responsabilités, milieu culturel…) il m'a fait prendre conscience qu'une fois de plus je ne rentrais pas dans le moule. D'une part parce que je suis victime d'insomnies terribles qui me plongent dans une fatigue quasi permanente, d'autre part parce que je ne supporte pas le monde de l'entreprise, rempli de règles stupides, de hiérarchies capitalistes et d'hypocrisie.

Il m'a été difficile de partir vu à quel point j'avais investi d'émotion ce travail. Je ne conçois pas de côtoyer des gens quotidiennement et de ne pas m'attacher à eux, je suis trop sensible pour ça. Et quand je bosse dans un lieu avec des personnes qui ne me plaisent pas, je dépéris.

Ce nouveau départ a été consacré à la création de mon entreprise. Fort de mon expérience, je me suis senti capable de me mettre à mon compte. Quoi de mieux que bosser où je veux, quand je veux et de pouvoir proposer des services si divers pour contrer l'ennui qui me guette toujours ? Rédaction, correction, communication, secrétariat… Je me sentais capable de tout. J'ai très vite décroché quelques clients, sans même les chercher. Et je me suis rendu compte qu'en gagnant très peu d'argent je pouvais vivre.

En fait, ce n'est pas le monde de l'entreprise que je rejette (qui, au demeurant, me fascine tant que je n'y suis pas emprisonné). C'est le modèle social qu'on nous impose qui me fait horreur. Je ne vois pas, mais alors, vraiment pas, ce qui peut valoir que je me lève tôt cinq jours par semaine, que je prenne les transports en commun en même temps que tous les travailleurs (ma compassion va le plus pour les utilisateurs du RER), que je passe mes journées à enrichir une entreprise pour ensuite rentrer chez moi, sur les rotules, avec à peine le temps de manger, regarder une série et me branler pour ensuite devoir dormir et recommencer, encore et encore, jusqu'à la mort.

On me rétorque que c'est le lot commun. Nous devons tous trouver un boulot, gagner de l'argent et payer notre croûte. Je ne suis pas d'accord. On a beau ne pas gagner assez d'argent pour faire tout ce qu'on voudrait, je me rends compte que, sur certains aspects, on n'a pas besoin d'en avoir autant.

J'ai travaillé pendant un an au sein de La Ruche, année pendant laquelle j'ai perçu un salaire. J'ai gagné plus d'argent que jamais je n'en avais eu. Ce n'était pas énorme, j'ai passé mon temps à me battre pour en avoir plus (dans la culture, c'est connu, on est mal payés). Et puis, je me suis rendu compte que même après avoir réglé mon loyer (qui était relativement bas, à l'époque), ma bouffe, mes charges diverses et variées, il me restait plein d'argent (il faut dire aussi que je suis naturellement économe). Alors, après quelques mois, j'ai commencé à dépenser un peu plus. Devant des fringues, j'ai moins tergiversé qu'avant. Au resto, je prenais une boisson et un dessert, même si je n'avais plus faim. Je suivais plus facilement mes amis dans bon nombre de sorties. Et je me suis rendu compte que je développais de nouvelles envies. Tiens, si je partais à tel endroit ? Tiens, si j'achetais ça ?

J'ai vite compris le lien. Je m'aliène au travail, qui me rapporte de l'argent. N'ayant plus de temps, puisque c'est ce temps, en plus de mes compétences, que je vends à l'entreprise, j'utilise ce que je gagne pour compenser cette perte. Et comme il faut que je me sente vivre, j'achète. Car que serait une vie passée à travailler, gagner de l'argent, et ne pas en profiter ? Le travail mène à une consommation à outrance, dépourvue de vrais besoins. Travailler, c'est se créer de faux désirs.

J'en suis donc venu à la conclusion que je ne voulais pas de cette vie capitaliste : je gagne de l'argent, je consomme, je n'ai pas de temps pour moi. A fortiori quand mon temps perso est pollué par au moins deux heures quotidiennes passées allongé sur mon lit à attendre le sommeil. Inacceptable. N'ayant donc pas besoin d'autant d'argent que les autres pour vivre, j'ai adopté comme leitmotiv : Travailler moins pour vivre mieux. Réduire ses dépenses, avoir du temps pour soi. Bien sûr, cela n'est valable que lorsqu'on n'a pas de famille à élever, j'ai bien conscience que philosopher ainsi sur le travail et la vie quotidienne n'a d'existence que pour un individu sans enfants et dans un pays développé.

Je n'ai donc pas cherché de nouveaux clients. Le peu d'argent que je gagne me suffit, malgré mon loyer excessivement cher aujourd'hui (heureusement que les APL existent !) et aussi parce que j'ai eu la chance de pouvoir faire des économies en vivant chez mes parents. J'ai toujours fait attention à mon argent, sans avoir pour autant l'impression de me priver. Mais au final, entre les nombreuses bourses que j'ai perçues, les jobs, les stages que j'ai effectués, j'ai fini par mettre de côté un petit pécule, dans lequel je plonge régulièrement, mais qui me permet de garder le même mode de vie.

Résultat, je m'amuse de voir des gens de mon entourage, qui gagnent parfois 3000 euros nets par mois, se retrouver dans le rouge à la fin du mois, alors que moi, en tant que "travailleur pauvre", je m'en sors bien. Je suis un excellent gestionnaire, je crois, et je ne suis pas un gros consommateur (je n'ai pas de carte de ciné, mon forfait de téléphone est l'un des moins chers, je ne bois pas d'alcool, je n'achète pas de produits high-tech ni ne pars en vacances tous les quatre matins…).

Je me retrouve donc dans la position de quelqu'un qui peut, à peu de choses près, faire ce qu'il veut. Le boulot que j'ai à faire me prend très peu de temps ; que faire du restant (à assumer que je ne sombre pas dans la dépression et que je ne sois pas complètement esclave de mes insomnies, évidemment - ce qui n'arrive pas souvent, en fait) ?

Car il faut bien dire que j'ai beau cracher dessus allègrement, les contacts humains du monde professionnel me manquent. Et bien qu'ayant des économies, je n'aime pas les voir s'amenuiser de mois en mois. Ca ne pourra pas durer ad vitam eternam. Alors ces derniers temps, j'ai envie de retravailler. Certainement pas à temps plein, je ne tiendrais pas physiquement vu mon handicap de toute façon, mais quelques heures par semaine, pourquoi pas. Sauf que je ne me bouge pas plus que ça. Je vois des annonces qui me plaisent ; très rarement, je postule. Je suis embourbé dans ma vie passive, victime de ma fatigue et de mes humeurs, souvent incapable de me bouger le cul.

Etre seul à la maison, c'est bien, dans un premier temps. Ca permet de se retrouver, d'être à l'écoute de soi ; je pense que beaucoup de gens sont bien incapables de ça, de nos jours, emprisonnés qu'ils sont dans leur carrière. Mais au final, je suis prisonnier de moi-même et je comprends en quoi le travail peut être la santé. Il permet de s'oublier, de penser aux autres, de s'investir dans des projets qui sont plus grands que nous.

Mais voilà, moi, je n'arrive pas à trouver un projet qui me booste assez pour que je sorte de moi-même. Et c'est idiot, cette histoire de travail, car dans le fond, là maintenant tout de suite, je peux vivre ma vie rêvée : m'inscrire à différents cours (chant, piano, sport...) et m'investir quelques jours par semaine dans une association. Mais je reste bloqué par cette idée que financièrement je vais finir par crever et qu'il va me falloir retourner sur les rails. Ainsi, plutôt que de mettre en œuvre ce qui me fait le plus envie, je regarde tous les jours les annonces du Pôle Emploi, parce que la plupart des gens ont une activité professionnelle, eux. Pendant que je me masturbe intellectuellement à hésiter entre trouver un mi-temps, développer ma clientèle ou profiter de mon temps libre, les autres avancent sur leurs projets professionnels. Je croyais valoir mieux qu'eux parce que je faisais le choix de suivre ma vie. Mais en réalité je fais exactement pareil, entraîné par le quotidien.

Il va falloir que je me lance. Peu importe la direction, il va falloir que je me décide. Tenter ma vie rêvée tant qu'il en est encore temps, ou gagner un peu d'argent avant de trouver ce que je veux faire professionnellement. Mais j'ai tellement d'idées et d'envies contradictoires, et toujours cette barrière physique avec les insomnies… Depuis des mois je suis obsédé par l'idée d'exercer un métier altruiste, où l'on aide concrètement les autres, mais dans le fond c'est juste parce que je sens que vivre est absurde et que je tente d'y trouver un sens. Travailler pour le bien-être des moins bien lotis serait aussi une aliénation si ce que je fais ne m'amuse pas. Et c'est ça qui est difficile : je n'imagine pas une seule activité (même un loisir) qui soit assez intéressant pour que j'y consacre plusieurs heures par jour. Même les séries télé, même le sexe, même jouer… Tout me lasse. Un peu, c'est plaisir, beaucoup c'est déplaisir. Que faire ?

Parfois, j'envie cette masse de gens qui ne se posent aucune question et qui suivent les rails. En même temps je sais que cette hyperconscience de moi-même (et des autres) est ma singularité et ma force.

D'où viens-je ? Je sais. Qui suis-je ? Je crois savoir. Où vais-je ? Aucune idée.

13/01/2010

13/01/10 - 21:03

Modes de vie

Idéalement, je me lèverais à 10h. Je ferais une heure de sport (Gym Direct), quelques minutes de sophrologie, douche, et hop, vers midi, je serais opérationnel pour la suite. D'abord du solfège puis du piano. A 13h, je pourrais déjeuner et ainsi avoir l'après-midi pour me consacrer à d'autres activités (travailler, par exemple).

Poussons plus loin : dans le monde rêvé du Jona, je n'aurais pas à travailler, mais je ne ferais pas rien pour autant. Quatre après-midis par semaine, je serais bénévole dans une association. La journée restante serait consacrée aux activités ménagères (courses, ménage), administratives ou médicales.

Mais dans un monde parfait, je ne serais pas insomniaque, je ne resterais pas éveillé jusqu'aux premières heures du matin. Et je ne serais pas fatigué quotidiennement.

Dans le monde réel, je me lève entre midi et 15h (16h dans le pire des cas). Je prends une bonne heure pour mon petit déjeuner devant mes mails, Facebook et autres réseaux sociaux chronophages. Je me lave péniblement dans l'après-midi, en me stressant parce qu'il faut que je fasse-ci ou ça. Je ne fais ni solfège ni piano, la sophro et le sport sont oubliés depuis longtemps - parce qu'il faut que je travaille. Mais en réalité, je passe mon temps à rafraîchir ma page Facebook, à jouer avec mon iPhone, à regarder de loin le travail que j'ai à faire et qui m'angoisse.

Je ne fais rien de passionnant mais j'ai la sensation d'en faire des tonnes. Je suis fatigué en permanence, sauf si j'ai réussi à dormir dix heures : ces rares fois-là, je pourrais déplacer des montagnes.
Le plus étrange, c'est que cette vie imparfaite que je mène actuellement, je l'aime. Elle me correspond, elle se rapproche vraiment du mode de vie que je souhaite. Sans les insomnies et les handicaps sociaux, j'aurais une vie de rêve. Pour l'instant, je ne m'en sors, malgré tout, pas trop mal. C'est juste que j'hiberne ma vie en attendant le réveil.

10/01/2010

10/01/10 - 19:54

Through the Broken Glass

Cliquer ici pour lire la première partie de l'histoire.

J'ai lu l'intégralité du blog de Bradshaw en une semaine. Après avoir été intime avec lui, j'avais besoin d'en savoir plus sur lui ; et comme en plus il a, semble-t-il, tout lu de moi, cela me permet de rééquilibrer la balance.

Je découvre ainsi que nous semblons animés par la même faiblesse dépressive, la même empathie, le même sentiment de marginalité avec difficulté d'insertion dans le monde. Nous portons une faille similaire, sauf qu'elle semble bien plus profonde chez lui et que nous y réagissons complètement différemment. Je me bats avec mon psychisme, tente de tout comprendre, de tout analyser, de tout contrôler, au point de trouver difficilement le sommeil. A l'inverse, Brad fuit cette douleur en faisant tout, absolument tout, pour l'oublier : il sort, boit, fume, se drogue et dort à outrance (en tout cas, c'est l'impression que son blog donne).

Son univers me fait flipper et m'intrigue. Je découvre le milieu de la nuit que je pensais pourtant connaître un peu. Je me rends compte à quel point c'est un monde parallèle, avec d'autres règles, d'autres modes de fonctionnement. A chaque fois qu'il parle de drogues, notamment, cela paraît tellement simple ; à croire que tout le monde prend de la coke en boîte. Comme quoi, on voit ce dont on a envie en chaque lieu. On ne m'a quasiment jamais rien proposé d'illicite, j'avais donc naïvement pensé que, de nos jours, on ne se droguait pas tant que ça en boîte ; sur le blog de Bradshaw, les nuits hallucinatoires semblent anodines.

Alors je fais quoi, moi, de tout ça ? Je me sens attaché à un mec dépressif dont le mode de vie est à l'opposé de mien. Il y a de fortes chances que vu mon état, on se tire vers le bas. Mais qu'importe, j'aime vivre les choses et ai envie de le découvrir quand même.

Sauf qu'il n'y a pas tellement de répondant de son côté. J'ai du mal à le comprendre. Il me contacte régulièrement, on s'échange des messages tous les jours, mais la plupart du temps ce qu'il m'écrit est vide de séduction. J'essaie, dans un premier temps, de jouer son jeu - celui de la stratégie, de ne pas paraître intéressé pour le laisser venir à moi. Ca fonctionne pas trop mal : à chaque fois que je suis distant, il vient vers moi. Mais je n'aime pas les relations calculées, c'est naze, j'ai juste envie de me laisser aller à ce que je ressens, de partager des moments, d'échanger. Avec Bradshaw, il faut jouer aux échecs. Alors je finis par m'ouvrir à lui. Je lui avoue que j'avais envie d'un deuxième soir (il semble surpris : il ne me connaît pas tant que ça, alors). Je lui arrache une discussion dans laquelle il me fait comprendre qu'il ne sait pas ce qu'il veut avec moi. Je lui envoie un mail pour lui dire clairement que j'aimerais bien le revoir et voir où ça peut nous mener ; jamais il n'y répondra.

Il me donne l'impression d'être dans une tour d'ivoire, avec le besoin de tout contrôler. Et c'est seulement quand je lui tourne le dos qu'il se rapproche. Si je vais vers lui, il regarde ailleurs. Ce qui me gêne le plus, c'est de ne jamais parvenir à vraiment communiquer avec lui. Quel que soit le support (mail, Facebook, texto, de visu), il garde le mystère sur ce qu'il pense et ressent. Le véritable échange s'avère impossible.

C'est lorsque je découvre un nouvel article sur son blog que je comprends mieux. Il n'a pas que moi en tête (m'y a-t-il eu, d'ailleurs ?), je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres, une énième groupie. Et je déteste ça. Je ne l'accepte pas. Je veux vivre une vraie relation, pas un jeu de séduction stérile.

Alors, sans rancœur, j'ai laissé tomber et suis tout de suite passé à autre chose.

Je suis content de ce que j'ai vécu avec lui. Déçu que ça n'ait été qu'une aventure d'une nuit, une fois de plus (l'histoire se répète), car je ne trouve pas ça épanouissant, mais satisfait tout de même par ce que ça m'a apporté. Cette fin-là n'aura au moins pas été tragique et m'aura permis de reprendre espoir : même au plus mal, noyé dans le noir, on peut vivre de belles choses.

Et moi, j'ai repris mes bonnes vieilles méthodes qui ont toujours fait leur preuve : ne pas coucher dès le premier soir. Enfin, presque...

02/01/2010

02/01/10 - 00:37

Une année de statuts Facebook

Janvier

a gobé !

TrashyLose

Surf sur raie

La Veillée des abysses

donne son code Mario Kart Wii pour faire des tournois de ouf

en a marre des voisines bruyantes trop présentes et de l'ANPE injoignable.

hiberne complètement

va à la Nouvelle Star aujourd'hui

J'ai demandé à la luuuuuuuuneuh

est contre la Trashynauté !

n'a pas envie de dormir tout seul

a dormi quatre heures, quel bonheur !

a dormi deux heures de plus, c'est déjà mieux.

Luma

sort pour la première fois depuis trois jours

J'ai rêvé que Fabio écrasait du fromage sur moi

se ferait bien une soirée bi-love avec François-David et Romuald

envisage de mettre des collants sous ses jeans. Ca existe des collants pour homme ?

tourne en rond, tout seul, à la maison, et en a marre

Plus long, plus doux, ouvert en corolle

n'est rien. Le statut d'auto-entrepreneur n'est pas encore ouvert à mon métier. Et je fais quoi, moi, en attendant ? La pute ?

est agité et tendu comme un string en boîte de nuit.

est un "artiste non-salarié" qui ne comprend rien aux démarches administratives. Mais alors, rien.

part se les GELER tout le week-end avec une bande de FOUS dans la forêt de BROCELIANDE

Quelqu'un veut du pain ?

Twatless

est vraiment en décalage avec le reste du monde

Harmonie

prend à cœur sa mission de papa

n'a ni mutuelle, ni sécu, PUTAIN DE MERDE !!!

n'a pas de sécu au téléphone mais en a une en se déplaçant à la CPAM. Etrange.

Outcast

ne met pas la rate au court-bouillon

Lost in Time

veut faire des bisous partout partout partout à Aurélien Wiik

Séries lyriques

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime et si je t'aime, prends garde à toi !

"Votre candidature à une session intensive en espagnol est retenue en fonction des résultats à un test de niveau." Yeah !

a été touché par le camp ennemi : j'ai envie d'un mac.

En 2008 : un iPod. En 2009 : un mac et un iPhone ?

Déconnexion d'une semaine pour cause de neige et de moi qui tente de glisser dessus.

Février

sait skier !

se sent comme une boule de neige déco dont les flocons sont tombés depuis plusieurs jours

Empereur

feels like cuddling

Butterfly

TOUPIE LA PUTE !

garde deux petites souris pendant une semaine ! :)

boit un bon bol de pipi bien chaud bien fumant et en rit, vulve ouverte.

en formation d'espagnol

Devis accepté par le client : reste plus qu'à m'y mettre ! :)

Time to get serious

a perdu tous ses textos, tous ceux précieusement conservés depuis des années...

Poulpe

chie des balais

12 euros le ciné, purée c'est cher quand même

est Susan Mayers

Winslet is on the Revolutionary Road

Sirop d'orgie

Un chat, un chien et un rongeur : c'est la recette du bonheur

Examen de espanol

Les séismes ont-ils une fin ?

Mars

partirait bien en mer avec Brad Pitt

La solitude du dimanche noir

corrige un site Internet

Sauvage

est le meilleur de sa classe en solfège, fait des croches régulières mais appuie trop sur la main gauche !

La saison 2 de Clara Sheller est mille fois meilleure que la première !

enrhumé pour la 3e fois cet hiver

est coincé dans un appartement fermé, et n'a pas les clefs

est une Dreamgirl libérée !

est une femme fontaine

Twat Night Only

se sent lesbienne après avoir regardé quatre épisodes de The L Word à la suite

Il ne faut jamais dire à une femme fontaine qu'on ne boira pas de son eau

veut avoir le cœur en érection

va se marier avec les Fox.

L'Aurélia d'oratorio

a corrigé les erreurs typo du supplément Salon du livre de Télérama pour le plaisir cette nuit et a fait une grasse mat' jusqu'à 14h

partirait bien en vacances là, maintenant, tout de suite.

a envie d'un croissant aux amandes orgasmique

a enfin dépassé les 7000 points à Mario Kart !

a l'impression de ne pas être dans son propre corps

Does the winner take it all?

a été rediffusé...

visite le jardin de Versailles sous un soleil royal

La peau gorgée de soleil, la chair de mélancolie

a trouvé un remède contre les insomnies : marcher quatre heures sous le soleil de Versailles. Ca va pas être pratique à faire tous les jours.

Buffet de R.

revient du salon 'Vivre autrement' et y a piétiné pendant quatre heures. Pour dormir autrement ?

Air des clochettes

4

Secret revealed

Régénération ?

se mettrait bien au yoga

Semaine décisive ?

TrashyWeek-end à Orléans

n'aime pas le passage à l'heure d'été

est officiellement un travailleur indépendant qui peut facturer ses clients !

Avril

La rosée du plaisir

n'a rien de prévu pour le week-end...

découvre iTunes dans la douleur.

Plaies mobiles, en avant les histoires !

Vendredi, c'était chouette, dimanche, ce sera sympa, mais mon samedi, il est tout pourri.

attend le kairos.

Et si je revendais mon iPod pour m'acheter un iPhone ?

est dépucelé du brunch

Un de trouvé, dix de perdus ?

necesita vacaciones... ahora !

aurait bien fait un truc ressourçant ce week-end, genre une thalasso ou un stage de bien-être, pour compenser ses humeurs de femme enceinte !

Record battu : 822 textos envoyés en mars.

Vodka barbapapa

Soleil en fleurs

s'est fait chier dessus par un pigeon. Bah la merde de pigeon, ça ressemble à du houmous, sauf que c'est vert.

Ta mère elle est vieille !

To see a World in a Grain of Sand And a Heaven in a Wild Flower, Hold Infinity in the palm of your hand And Eternity in an hour.

est à deux doigts, ou plutôt deux clics, de craquer pour un MacBook. Vais-je tenir deux heures, deux jours, deux semaines ou deux mois ?

a craqué et a commandé son Mac. Sauf que ma carte bleue, pour une raison inconnue, ne passe pas, et que comme c'est Pâques, il va falloir attendre deux jours pour appeler la banque.

est bourré de Lexomil. C'est le moment de m'annoncer les mauvaises nouvelles, je peux tout supporter dans cet état.

Mollusque.

MacBook commandé !

So what? I'm still a rockstar!

If you want me you're gonna have to catch me if you wanna touch my whoahoahoa

Bar à putes.

A brunch of girls.

apprend à se servir de Safari.

Clavier illuminé.

Aujourd'hui, j'ai appelé Los Angeles et j'ai interviewé la mère d'un acteur très connu.

Glandeur de l'après-midi = travailleur de la nuit.

Depuis le début de la semaine, je pensais qu'il allait faire extrêmement chaud parce que mon Mac m'indiquait la météo de Paris, aux Etats-Unis au lieu de Paris, en France.

PEKIN EXPRESS !

a mal aux ovaires.

a commandé un bon frottis.

s'est vu proposer un avenir prometteur : un ménage à trois.

The never-ending sleep : j'ai dormi 12 heures, et je me suis fait violence pour me lever !

Imperméable.

On ne va nulle part en pompant des bâtards.

Mai

Nu.

a passé sa première nuit au Tango et se repose à la campagne.

a dormi, sans le savoir, avec une araignée au-dessus de la tête.

Je rêve à l'apocalypse de ta peau d'épice.

est un peu malade. J'espère que ce n'est pas la grippe au moins ?!

a juste une toute petite angine en fait...

a envie d'être hétéro et alcoolique ce soir.

Verrouillé.

n'entend plus les gazouillis de la vie.

Come what may.

Ma voisine du dessus s'envoie en l'air. Salope.

Le temps détruit tout.

a un Diabolito.

Euphorisé.

au concert de Jay Brannan ce soir.

is totally in love with Jay Brannan...

est plus blanc que blanc.

Ah, tiens, encore un mouvement de va-et-vient dans la chambre du dessus. Ah, il a déjà joui. C'est con, hein ?

est cynique, misanthrope, obsédé, pervers et fleur bleu.

est courbaturé d'avoir repris le sport après trois mois d'abstinence.

Après le manche à balai, je fais du sport avec des bouteilles d'eau.

sensuel et sexuel.

Quand je baise, ma voisine n'est pas là. Deux heures après, elle rentre, elle fait bouger son lit comme une demeurée, et je ne peux plus me venger vu que j'ai déjà joui. VDM

est lisse.

utiliserait bien ses ailes pour aller à la mer, là.

wants to fly away.

est le roi du monde.

...ren.....oin.....wa.

100 % naturel : savon d'Alep, huile de jojoba et beurre de karité.

Glee.

Without Love.

wants a thrill.

is in London until Monday.

Spring Awakening

Juin

already misses speaking English.

hésite pour septembre : prendre une nouvelle coloc, emménager seul ou partir à l'étranger ?

a trouvé la solution pour septembre : prendre un mari.

préfère épouser Lilly et prendre un amant.

Apprendre à cultiver le soleil.

Soirée Spaghetti & Sodomie.

veut : prendre des cours de chant, de danse, de yoga, d'arts plastique, de psycho en plus du piano mais aussi faire le tour du monde en évitant les insectes dégueulasses.

Sur le pont d'Avignon...

déteste la technologie.

a hâte d'être déguisé lors de la soirée 'Saut dans le vide'. J'ai plein d'idées !

en a marre de rester chez lui.

a moins de poils.

Sexy, yet empty.

Down.

s'est révélé plus sportif qu'intellectuel. Comme quoi, tout change.

Vacances en Espagne (Madrid/Saragosse) en juillet réservées ! Qui veut se joindre à nous ? :)

sera au Festival d'Avignon.

misses a part of himself.

La liberté a un goût de solitude.

Secret Story et Pékin Express le même soir, quel dilemme !

sautera dans le vide sans gober.

a l'impression de s'être rétamé la gueule sur le trottoir après un saut dans le vide.

wants to stop the beat.

en a marre d'écrire sur la maternité.

est à fond dans la rééducation périnéale.

s'enfile des glaces.

a rêvé qu'il couchait avec l'un de ses amis Facebook...

iPhone commandé grâce à Angelounet.

réalise qu'il n'a jamais harcelé sexuellement qui que ce soit.

se marie ce soir.

est un jeune marié qui s'est fait emballer par trois filles différentes, plus un mec, qui s'est fait peloter par encore un autre et qui a fini le week-end dans une école primaire. Normal.

est mi-suisse, mi-râleur.

découvre les joies et les frustrations de la technologie.

Haunted.

Juillet

dort encore plus mal quand il fait chaud...

Quelqu'un veut acheter des places pour la nuit Wajdi Mouawad mercredi prochain à Avignon ?

Prolongations.

hésite encore et a deux mois pour se décider : trouver une nouvelle coloc, chercher un nouvel appart' ou s'expatrier ?

Foune en coton.

Pouilleux.

Allez, on se fait tous une bonne bise ?

va rouler toute la nuit jusqu'à Avignon.

Réveil pas du tout matinal au son des cigales dans une zone industrielle.

a bu le sang des promesses.

Mouchoir.

With or without you.

Naughty.

Amour & haine.

se demande s'il se remettra de la fatigue accumulée ces dix derniers jours.

Un peu de Stilnox, beaucoup de Lexomil, et la vie est moins moche.

La tendresse du survivant.

doit s'abandonner.

ne fait plus de sport et se sent gras comme un loukoum.

peut tout dire, mais pas tout faire.

part en Espagne jusqu'au 27 juillet.

s'est entaillé le doigt, s'est fait draguer dans des chiottes, a vu un temple égyptien, a mangé "américain", a vu le concert de Madonna, a raté son car et a failli rater son avion, est finalement rentré sauf mais pas forcément sain.

Pèlerinages.

Jeudisney.

se recentre et renoue le contact avec lui-même.

Août

clito aigre à Cheverny.

Canoë des fleurs brisées.

aimerait s'enthousiasmer pour de nouvelles constructions plutôt que de pleurer sur des vestiges.

Insertion du matin.

6.

Effet minet.

Fat Gourg Day : j'ai rêvé que j'emballais Britney Spears lors de son concert, et que j'aimais ça.

a repris goût aux lentilles de contact.

veut revoir Sailor Moon !

Rêver que je masse mon homonyme de Secret Story, c'est vachement plus excitant que d'embrasser Britney Spears.

est censé chercher un deux pièces pour fin septembre sur Paris, mais n'a pas encore commencé sa prospection... Quelqu'un a un bon plan pour m'éviter de dormir dans la rue ?

a la chatte qui colle au palais.

se prépare aux vacances en lisant l'intégralité du guide du routard. Départ en Thaïlande dans deux semaines, et rien n'est prévu.

embrasse les incertitudes.

Et si, au lieu de prendre un appartement trop cher sur Paris, je faisais un tour complet des Etats-Unis ?

Raie panée.

Je n'ai jamais été à découvert de ma vie, j'ai toujours été un excellent payeur, j'ai pas mal d'économies, et pourtant, la banque ne veut être garante que si j'ai un CDI. Fuck.

Et en plus, impossible de faire des photocopies à part chez Monoprix à 10 centimes l'exemplaire. Ca fait cher le dossier de location. C'est officiellement la journée de la lose.

La banque ne veut pas être garante ? Eh bien c'est l'Etat qui s'y colle.

J'ai trouvé ce que je voudrai faire quand je serai grand : je serai Julien F.

Problème de photocopies résolu grâce à France 2 et à Fox ! Dossier location complet, F2 parisiens, me voilà !

Farandole de folles, baïzer baïzer, fromage de gland et couscous de fesses.

Epis, têtes et attributs.

C'est dépaysant de sortir de chez soi après deux jours enfermé.

Pourquoi les agences ne répondent JAMAIS au téléphone ? Y a que des fausses annonces sur seloger.com ou quoi ?!

PAP, c'est la foire d'empoigne : annonce passée à 17h30, appel à 17h45, messagerie vocale déjà saturée.

Une agence m'a appelé, UNE AGENCE M'A APPELÉ ! Pour un appart' qui a l'air trop bien en plus, mais je dormais PUTAIN !!! Pitié, laissez-moi le visiteeeeeeeeeeeeeeer !

a une visite ce soir ! Mais une visite collective, alors j'crois que j'vais pas y aller, si c'est pour être avec 50 autres paumés et n'avoir aucune chance...

a fait une visite à 4 ! Et est le seul à avoir déposé un dossier. N'est pas emballé à fond par l'appart mais bon... Je le prends comme un entrainement !

revend des places de concert de Mylène Farmer le 12/09 à Paris au prix d'achat. Qui n'en veut ?

n'a pas été retenu pour l'appartement... Soi-disant je ne gagne pas assez alors que j'ai falsifié mes revenus ! Et ils ont peur des contrats d'auteur les propriétaires. Ca va être pratique, je le sens.

ne mérite pas d'abréviation.

part en voyage de noces en Thaïlande avec sa femme, son ex, une folle et de la pisse de chat. Déconnexion jusqu'au 14 septembre.

Septembre

est moite mais ne takes it pas in the ass.

Après Bangkok et Koh Pa Ngan (petite île paradisiaque), départ demain à l'aube pour Kao Sok, parc naturel probablement inondé et plein de... bêtes. Priez pour moi.

a passé une nuit dans un arbre plein de bêtes et de pluie, est tombé malade, a trekké dans la boue, a dormi douze heures dans un train couchette, a visité des ruines et des bouddhas et attend son dernier avion a Abu Dhabi.

est surexcité d'être à Paris et à fond sur le déménagement dans 10 jours alors que je n'ai pas d'appartement !

est une machine de guerre.

"Bonjour M. Diabolito, la visite de l'appart' trop cool à Duroc est annulée car la locataire, ne trouvant rien d'autre, préfère rester finalement."

est grave blasé. Sent qu'il va aller vivre dans le salon de ses parents vite fait.

Décalage horaire : nouveau réveil bien matinal.

se rabat sur les studios en banlieue et est de plus en plus désespéré.

a, contre toute attente, bien apprécié le studio super cher de Daumesnil. Et est l'unique candidat pour le moment, donc reprend espoir !

a croisé un charmant Grenoblois lors d'une visite et était à deux doigts de lui donner son numéro...

est amoureux. Le seul problème c'est qu'il est hétéro et qu'il est descendu du métro.

Après avoir perdu 2 kilos en Thaïlande, les 9 visites effectuées en 3 jours vont m'en faire perdre des supplémentaires.

est prêt à gagner les Olympiades cette année encore !

n'est arrivé que 2e aux Olympiades, mais a eu de nombreuses pénalités injustes... :p

a enfin reçu une bonne nouvelle : une allocation de logement complémentaire qui va m'aider à payer mon futur chez moi. Reste plus qu'à le trouver.

a été accepté pour un studio dans le 15e depuis la semaine dernière, mais ne l'avait pas compris !!!

recherche des volontaires pour déménager samedi... :-/

La prochaine fois, j'emménage en couple.

perd une coloc, un appart', une femme, un fantasme, des kilos et des cheveux.

est obsédé. Quand la sophrologue me demande de me remémorer trois souvenirs positifs, je pense à trois souvenirs sexuels.

Bail signé, cartons en cours, camion pas vraiment trouvé, déménagement dans 48 heures, mais non mais non, je ne suis pas du tout stressé...

n'aime pas les putes.

n'a pas du tout envie de déménager.

irait bien randonner dans les bois.

se sent bien dans son studio. Merci à tous pour votre aide et votre soutien !

a déjà presque tout rangé, a sympathisé avec le restaurant d'à côté et a croisé des pédés dans son immeuble !

a envie de prendre des cours de chant, mais a peur de gêner ses voisins.

est inscrit à la chorale !

One, two, three, not only you and me !

Octobre

Le problème de passer tous les jours devant Mc Do', KFC, Subway, chinois, sandwicherie et pizzeria, c'est qu'en 5 jours je ne me suis pas fait une seule fois à manger. J'inaugure la cuisinière dès maintenant avec des pâtes.

n'aime pas du tout Franprix.

J'adorais Ikea quand je vivais chez mes parents, que je fantasmais sur mon futur logement. Maintenant que j'en ai un, je trouve ça moins palpitant, je ne peux pas vraiment choisir mes meubles, c'est plutôt le studio qui les choisit pour moi vu le peu de place qu'il offre. Je ne serai vraiment bien que le jour où je serai propriétaire je crois...

songe à revendre tous ses livres pour gagner de la place et de l'argent. Mais "une pièce sans livres, c'est comme un corps sans âme".

est un pouffiaud surdoué.

Salon zen.

se fait une nuit blanche d'intérieur pleine d'anxiolytiques et de somnifères.

est une nouvelle fois bouleversé par la fin de la saison 5 de Buffy.

traduit une interview où l'on parle de ver solitaire et en est absolument ravi.

revient de la chorale, est le seul mec, est donc relégué en basse.

a envie de passer quelques jours hors de Paris.

L'insomnie du matin, ça pue du vagin.

veut s'engager dans une association !

en a fucking marre de se coucher à minuit et de s'endormir à 5h.

Ne pas recoucher avec son ex, ne pas recoucher avec son ex, ne pas recoucher avec son ex.

a embrassé une petite fille sur la bouche.

est un RAT (réponse à tout).

est prêt pour sa première partouze chez lui. Si le voisin mignon qui écoute de la techno s'ennuie, il est le bienvenu.

a passé la nuit au Tango. Quitte à ne pas dormir avant 5h, autant faire la chatte.

s'est endormi à 7h. Tout va bien. Je vais juste me frapper la tête contre le mur.

est passé ténor !

a été enlevé par des extraterrestres.

préfère regarder Gossip Girl à danser le rock.

Incendie chez mes parents, rien de grave, mais les pompiers m'ont donné chaud !

Les Justes.

a les couilles rétrécies par le froid mais l'âme dilatée par la saison.

L'émotion au bord des lèvres, la pensée aux frontières de l'infini.

Soit je mets mon réveil "tôt" et je suis crevé donc je ne profite pas de la journée, soit je me réveille en forme à 15h mais il n'y a plus de journée dont il faut profiter.

Apple a encore beaucoup de progrès à faire.

a envie de danser. Et de faire un petit séjour hors de Paris. Tout ça.

s'est levé à l'aube. 13h, c'est toujours l'aube, hein ?

is a fucking vampire not accepting his fucking fate thus having fucking nightmarish nights.

"Vous risquez d'avoir des perturbations émotionnelles et comportementales." Tu m'étonnes, sortir de chez moi à 3h du mat' pour me promener, je l'avais encore jamais faite celle-là.

Ca marche avec des piles, un téléphone fixe ? C'est pas censé être relié à une prise de courant ? Je crois que je me suis fait avoir.

ne sait pas si son téléphone à 5 euros fonctionne ou pas. Ou alors faut faire un truc particulier avec Free ? Quelqu'un a un fixe à donner ?

se sent encore lobotomisé des dix épisodes d'affilée qu'il a regardés hier soir.

a envie d'aller se promener. Mais il est minuit et il pleut.

misses having a cat.

avait envie de faire des maths, cette nuit, à 3h du mat'. Y a vraiment une couille dans la matrice, là.

cherche un travail de nuit à temps partiel puisque de toute façon je ne dors pas. Et si devenais pute ?

commençait à s'endormir, sans aucun somnifère, avant minuit, mais a été réveillé par du bruit dehors. VDM.

ne répond pas au téléphone lorsqu'il ne connaît pas le numéro. Merci de laisser un message.

Ah bah en fait, non, y avait pas la place pour mettre le piano...

is fed up with being a freak.

a vu sa vie défiler aujourd'hui.

vient de se réveiller. Non non, ce n'est pas du tout de pire en pire.

découvre que travailler toute la nuit, ça détend. Mais que sans somnifère, il est vraiment impossible de dormir.

wants more True Blood.

est allé voir le lever du soleil. Mais les nuages l'ont complètement occulté.

n'a pas aimé les mois de juillet et août (incertitudes), de septembre (déménagement express), d'octobre (insomnies douloureuses), et n'aime pas non plus les mois de novembre et décembre (rituels annuels débiles). Vivement 2010 !

Novembre

a ENFIN réussi à faire une vraie nuit de sommeil. Ou plutôt, journée, avec réveil à 23h.

est déçu par le bois de Boulogne.

Mais y a des PUTES en plein jour ?! Elle m'a appelé "chéri" !

serait bien allé au bois de Meudon à pied ce matin mais... il pleut.

est en forme et ça fait du bien !

Première nuit normale : je suis de nouveau synchrone avec la France !

kiffe se prendre pour Valérie Damidot en peignant des meubles.

Ah bah en fait, non, je ne dors pas mieux.

prévoit de dormir non-stop durant les cinq prochains jours. Merci de ne pas déranger.

"Aujourd'hui... Rien."

est de retour dans la vie sociale et en est bien content !

misses The L Word.

fête sa première semaine sans aucun somnifère ni anxiolytique !

Quelqu'un m'en veut si, pendant que vous travaillez ou vous vous battez avec la RATP, je reste au lit, je lis, je regarde des séries ?

En plein questionnement existentiel. Qui suis-je ? Je sais. D'où viens-je ? Je sais. Où vais-je ? Aucune idée.

I want my life to stop being a joke and start being a game.

Salon Marjolaine.

Difficultés d'endormissement même à 3h, réveil difficile et fatigué à midi, mon rythme est redevenu complètement normal.

Recherche fille ou tapette qui connaît bien le maquillage pour m'aider à trouver un fond de teint qui cacherait efficacement mes cernes permanents.

aimerait bien devenir nègre. Comment qu'on fait ?

n'aime pas les gens.

Bonjour la haine sale !

a des papillons dans les yeux et des étoiles dans le ventre.

n'a toujours pas envie de manger.

Bad romance ?

a vécu les dernières 48 heures avec amusement, joie, colère, délires, angoisses, satisfaction, frustration, fatigue, larmes, sérénité... Une parenthèse, un concentré de vie, un battement d'aile et de cœur provoquant un typhon malgré lui.

a du mal à retrouver l'appétit.

se sent limite anorexique. Moi qui avais peur de grossir ces derniers temps, ça tombe bien.

Normal que je ne mange pas. Il faut d'abord que je digère ma vie.

L'appétit revient, mais le sommeil se barre. Toujours un pet de travers !

se sort les doigts du cul et se sent plus fort, impertinent, plus énergique malgré la fatigue. Et affamé.

est gaga de la lady.

Et hop, c'est reparti pour les marches nocturnes !

a survécu à cette aigre nuit et a résisté avec grande difficulté à la tentation de l'apaisement médicamenteux.

Chaque jour apporte son lot de mauvaises surprises.

Va se remettre à chercher du travail. Juste pour avoir l'obligation de sortir de chez moi et pouvoir ainsi penser à autre chose.

Les nuits passent mais ne se ressemblent pas : fête, amour, drame, folie, chant... Chaque nuit de la semaine a apporté sa bonne ou mauvaise surprise. Cette nuit, c'est écriture : 5 heures de rédaction non-stop.

songe sérieusement à se casser en Espagne dans les jours qui viennent et regarde les billets d'avion.

hésite entre partir ce mercredi pour 200 euros ou attendre la semaine prochaine pour 120 euros...

part à Valence du jeudi 3 au mardi 8 décembre ! :) J'ai bien fait de prendre le moins cher parce qu'ils te rajoutent toujours des frais au dernier moment ("ah bon, vous voulez des bagages ? Ah bah faut payer !").

"T'as vraiment une belle voix", me dit l'une de celles qui chantent faux à la chorale, "elle porte loin". Et là je me revois chantant comme un goret sur 'Baby One More Time' de Britney Spears.

En quête de sens.

a perdu son petit carnet dans lequel il note tout... C'est le nouveau, il est vierge, je suis frustré de ne pas l'avoir. Anyone ?

est jaune devant, violet derrière.

Pourquoi je ne suis pas censé prendre de médicaments pour dormir déjà ? Nan parce que quand ça fait plusieurs semaines que je n'ai pas pu goûter aux joies d'une bonne nuit et que c'est la Xe nuit d'affilée que j'attends DES HEURES avant de trouver le sommeil, je me dis qu'une pilule magique, ça ne peut pas être pire...

C'est normal des gouttes d'eau sur la paroi du fond du frigo ? Mes boîtes de cordons bleus sont humides du coup... Et la paroi a fini par geler.

...

est une sous-merde.

vient de passer les quatre dernières heures à ne rien faire, les yeux dans le vague. Ca passe vite, en fait, une matinée.

"Souhaitez-vous vraiment supprimer votre connexion ?"

"If this is the last chance before we say goodbye, at least it's the first day of the rest of my life, I can't be afraid 'cause it's my turn to be brave."

is having second thoughts...

a au moins la chance d'avoir les meilleurs amis du monde. Merci !

La chorale a des effets thérapeutiques incroyables ! Il faut que je chante tous les jours.

Game over.

has decided to stop the beat.

Décembre

a mal au ventre, la vie va trop vite.

a fait son coming out à ses parents aujourd'hui. Un truc positif a enfin émergé de cette sordide histoire !

a perdu 4 kilos depuis cet été. Dont 2 les 2 dernières semaines.

aura espéré une action concrète et miraculeuse de lui jusqu'au dernier moment...

Aujourd'hui, j'encaisse 2000 euros et je me casse à Valencia. J'ai connu pire. :)

Textos, photos et numéro supprimés. He definitely is out of my life.

Purgatorio en Valencia : "Celui qui perd de l'argent perd beaucoup ; celui qui perd un ami perd beaucoup plus ; celui qui perd foi, perd tout".

aime la raie.

vient d'atterrir à Paris et fonce droit dans le mur.

a plus parlé espagnol en deux heures d'avion grâce à ses jeunes voisins qu'en cinq jours dans le pays !

a craqué et l'a revu...

a passé sa première vraie nuit ressourçante après sa première vraie journée de sérénité sans aucune larme depuis plus de trois semaines.

a envie de se réinscrire au Club Med Gym ! Mais est-ce bien raisonnable ?

Clitoris frétillant.

n'a pas pleuré depuis deux jours : la guérison semble en bonne voie.

Unbreak my heart.

encule le Père Noël.

8

Sweet dreams.

Il y a pile poil un mois, ma vie a pris un nouveau tournant.

Je m'endors quelques heures et plusieurs de mes contacts mentionnent le season finale de Dexter saison 4. Bon, je vais peut-être télécharger la saison 2 et m'y remettre, alors.

Slips de bain commandés sur Vente Privée, maintenant je n'ai plus de raison de ne pas aller à la piscine. Ah si : le froid, le chlore et les gens.

Endormi vers 1h, réveillé à 4h, rendormi à 10h30 dans le bain, réveillé à 14h dans mon lit. Quand je vous dis que je ne peux pas travailler !

sait qu'il ne sait pas, et c'est déjà vachement mieux que de ne rien savoir du tout.

Réaliser son potentiel.

"Soit vous répétez les mêmes doctrines conformistes qu'on entend partout, soit vous dites la vérité, et on vous prendra pour un extraterrestre." Noam Chomsky

a envie de se rouler dans la neige.

is a control freak.

n'aurait pas dû lui reparler.

is breaking through, not breaking down.

n'aime pas s'empêcher de voir ses amis.

n'est plus qu'une ombre.

a trop (bien) dormi.

aurait bien besoin de sensations fortes.

is haunted.

n'aime pas les occasions manquées.

est un Gremlins.

I wish I were stronger.

Dormir de 20h30 à 23h30, est-ce finir la nuit précédente ou commencer la suivante ? J'ai peur.

a perdu sa vie.

a fait plein de rêves humides et pénétrants.

Chaque jour, j'ai l'espoir d'aller mieux. Chaque nuit, je me tords de douleur comme la première nuit. Je n'oublierai jamais.

a envie de voir la Trashy.

Sextos.

a rêvé de lui. Je fais comment pour l'oublier si j'y pense même quand je dors ?

Personne ne peut obtenir des réductions sur un abonnement Club Med Gym ?

a hâte que le jour se lève !

n'a pas vu la lumière du jour mais a tout de même touché le soleil.

Sunshine.

est parti se faire affilier en tant qu'auteur en écoutant Lady Gaga et en parlant d'éjac faciale.

se sent trop lu...

a eu l'immense honneur d'être le premier bénéficiaire du Trashy Calendrier 2010. Merci Thomas ! :)

Oops, I dit it again !

Pourquoi croquer dans la pomme à pleines dents quand on peut d'abord la décortiquer dans tous les sens pour mieux en apprécier les diverses saveurs ?

Nuits secrètes.

Going back to life.

30/12/2009

30/12/09 - 23:55

Surprises de fin d'année

L'idée me trottait dans la tête depuis quelque temps. Et si je me rendais, par surprise, à la soirée organisée par Angelounet et nos amis communs que je n'ai pas vus depuis la "crise" ?

J'ai dû couper les ponts pour me préserver, pour ne pas être confronté à cette relation qui me fait si mal. Mais en y réfléchissant, je me suis dit que je n'avais pas à me sacrifier, que je n'avais rien fait de mal, que je devais me battre pour mes amis. C'est déjà bien assez douloureux de perdre celui qui était central…

Sur le chemin, j'avais les larmes aux yeux et mal au ventre. Quand je suis arrivé et qu'ils ont manifesté autant de plaisir à me voir, j'ai eu envie de pleurer en les prenant dans mes bras. Mais je ne voulais pas qu'ils l'interprètent comme de la tristesse alors j'ai contenu ma fontaine quotidienne et j'ai pris sur moi.

J'ai évité certaines pièces, certains sujets, afin que tout se déroule au mieux et que je n'aie pas accès à une information douloureuse. On a quand même dû se rendre dans la chambre d'Angelounet. C'était le lieu à éviter pour moi - trop de souvenirs et de projections. Mais je ne pouvais pas y échapper. Tous devant l'ordinateur, nous avons (enfin, ils ont, moi j'ai juste fait de la figuration) enregistré un message pour les absents. Sauf que nous avons eu ainsi accès à d'autres fichiers. J'avais bien remarqué qu'il y avait des vidéos sur lesquelles je croyais reconnaître Monsieur D (j'ai l'œil pour ce genre de choses malheureusement). Mais je ne m'attendais pas à ce que l'une d'elle se lance et qu'on voie l'ancien objet de mon affection en gros plan. Gros malaise, personne ne bronche. Angelounet change de vidéo comme il peut. Mais le mal est fait.

Je prends sur moi. Il y a quelques jours, je crois que j'aurais fondu en larmes automatiquement et que je serais parti sur le champ. Là, j'ai continué à faire acte de présence. Mais le cœur n'y était plus.

Quand j'ai imaginé me rendre à cette soirée il y a trois semaines, j'avais un plan en tête. Je voulais rester après le départ des invités et parler à Angelounet. Lui dire tout ce que je ressens, lui ouvrir mon cœur, lui laisser une dernière chance de recoller les morceaux entre nous. Je voulais qu'il parte passer le Nouvel An à Londres en pensant à moi. Après tout, c'est dans cette ville qu'il a découvert mon blog, c'est dans cette ville que nous nous sommes connus, à l'époque où j'y vivais. Je voulais qu'il fasse un choix : Monsieur D ou moi. Si tu me veux dans ta vie, je suis prêt à tout faire pour que ça se passe bien, mais ce sera sans lui. Si vraiment je suis le plus important, choisis moi. Je voulais qu'aux douze coups de minuit, je sois le premier auquel il pense. Le seul auquel il pense. Qu'il se rende compte de ce qu'il perd et qu'il comprenne que privilégier un mec à notre relation est une erreur.

Mais tout ça, je ne le lui ai pas dit ce soir. Parce que je le lui ai avoué il y a plusieurs semaines (je ne sais pas garder mes pensées et émotions très longtemps). Et qu'il a tout de même choisi de rester avec Monsieur D.

De toute façon, le coup de la vidéo surprise sur l'écran avec Monsieur D en gros plan m'a prouvé quelque chose : même s'il était plein de bonnes intentions, Angelounet ne sait pas me préserver. Il n'est pas aussi maniaque et prévoyant que moi, il ne peut donc pas me maintenir hors de la douleur. Avec lui, je suis condamné à souffrir. C'est le sort indélébile de notre relation.

Ca m'a confirmé ce que je pensais : même si je refais ma vie, même si je la reconstruis et que je grappille un peu plus de bonheur chaque jour, il doit en sortir, pour de bon. Je garde mes amis, mais il m'a perdu.

Je préfère me consacrer aux nouvelles personnes qui ont fait une apparition dans ma vie. Encore des surprises et des rebondissements, jusqu'au dernier moment de cette année, mais qui apportent du plaisir cette fois.

Et moi, aux douze coups de minuit, je sais à qui je penserai.

27/12/2009

27/12/09 - 18:41

Malheur en boucle

"J'aurais bien aimé recoucher avec toi"
"Si ça n'avait pas autant blessé Angelounet, on se serait revus"
"Je suis désolé de te causer tout ce tracas"
"Je tiens trop à toi"
"Il ne se passera rien entre Monsieur D et moi"
"Tu es la personne la plus importante de ma vie"
"J'aurais tué le mec qui te fait autant souffrir, ça me tue de me dire que ce mec, c'est moi"
"Je ne conçois pas ma vie sans toi"
"Tu es mon âme sœur"
"Un jour on vivra ensemble"
"Je n'ai que des pensées à t'offrir"

Coup de foudre pour Monsieur D. Je le ramène chez moi. Ca détruit Angelounet. Je me sacrifie pour qu'il ne souffre pas. Monsieur D continue de me chauffer. Je résiste pour ne pas faire souffrir Angelounet. Ils dorment ensemble. Ils me le cachent. Angelounet me promet qu'il ne se passera rien entre eux. Il sort avec Monsieur D le lendemain de sa promesse et me le cache plusieurs jours. Il me l'avoue sans aucune culpabilité, aucun regret.

Ils sortent ensemble. Ils rient ensemble. Ils regardent des séries ensemble. Ils voient nos amis ensemble. Ils font les promenades dont je rêve ensemble. Ils mangent ensemble. Ils dorment ensemble. Ils couchent ensemble. Ils se caressent. Ils s'embrassent, avec la langue, sans la langue, partout. Ils se branlent mutuellement. Ils se sucent mutuellement. Ils s'enculent l'un l'autre. Ils jouissent ensemble. Ils en foutent plein les draps. Ils s'essuient. Ils se prennent dans les bras pour s'endormir. Ils respirent au même rythme. Ils s'aiment. Ils vivent. Ils sont heureux.

26/12/2009

26/12/09 - 01:45

Rest in peace ?

Les temps sont durs mais heureusement pour ma santé mentale, j'ai le droit à quelques accalmies. J'ai beau avoir du mal à imaginer un avenir serein, je sais ce qu'il faut que je fasse pour trouver un peu la paix.

Voir des gens, des amis, de nouvelles personnes… Même si ça n'est pas une formule miracle, ça me permet de ne pas broyer du noir tout seul, de trouver le réconfort et la compréhension qui me manquent. A chaque fois, c'est comme si on prenait un peu de ma peine. Mes parents me demandent sans arrêt comment je vais, je n'ose pas leur dire la vérité sur mon état, que je pleure chaque nuit en me tordant de douleur dans mon lit parce que je les imagine ensemble et que c'est intolérable. Mon père voulait même que je contacte mon cousin gay, comme s'il avait la solution aux peines de cœur.

Je découvre surtout à travers cette histoire à quel point je peux être entouré. Mes amis se manifestent tous d'une manière ou d'une autre, m'offrent de simples pensées lorsque nous ne sommes pas très proches, me proposant des contacts concrets lorsque c'est possible. Et même ce blog, sur lequel j'aime tant m'épancher, est une source d'apaisement. Depuis que j'ai plongé dans la "déprime" (on va continuer à appeler ça comme ça pour le moment), je reçois des dizaines de messages bienveillants à mon égard, de lecteurs qui prennent la parole pour la première fois… Et ça me fait vraiment du bien de savoir que mon histoire si banale, si absurde et si injuste à la fois suscite autant de messages d'amitié. Quelle ironie du sort de voir de parfaits inconnus capables d'en faire plus pour moi que celui qui prétendait être le plus important.

Mes barrières sautent. J'ai moins de morale, moins d'inhibitions, je cherche en ce moment la moindre source de plaisir possible. Tout, sauf la douleur. J'ai envie de changement, de nouveauté. Je réfléchis à de nouvelles pistes professionnelles (même si bon…), j'ai envie de changer de look et de me remettre intensivement au sport. Et à voir qu'il y a plusieurs garçons qui me tournent autour et qui m'attirent (youhou) alors que j'ai juste la gueule ravagée du mec qui vient de se faire broyer le cœur sans aucun respect, je me dis que je ne suis peut-être pas encore périmé et qu'on peut encore faire quelque chose de moi.

Malheureusement je sais que ces moments d'enthousiasme ne durent que quelques heures et que je me transforme bien vite en fontaine. Je songe sérieusement à reprendre des antidépresseurs dès janvier, parce que je doute d'être assez fort pour dépasser ce traumatisme tout seul. Je sens qu'il va y avoir encore beaucoup d'articles de dépressif ici ! Mais des médicaments, en compagnie des bonnes personnes, m'aideront à pleurer un peu moins chaque jour, jusqu'à ce que j'oublie les connards qui m'ont plongé dans la merde.

Merci à toutes celles et ceux qui me comprennent.

I will survive, I hope.

25/12/2009

25/12/09 - 01:39

Merry fucking life

Je pensais avoir touché le fond dans mon enfance. Avoir peur de s'endormir en laissant sa mère suicidaire sans surveillance, pleurer devant les flics qui mettent des menottes à mon père, me réveiller avec des pompiers qui viennent d'éteindre la tentative désespérée de ma mère…

Eh bien non, aussi traumatisants soient ces événements, il n'y a rien de pire, finalement, que d'avoir été abandonné et trahi par quelqu'un qu'on aimait vraiment. J'étais déjà pas le mec le plus joyeux de la terre ; il a réussi à m'ôter toute confiance en l'humanité.

Ca fait plus d'un mois et je suis toujours aussi inconsolable.

22/12/2009

22/12/09 - 01:55

Game over ?



Je n'aime pas les week-ends, les jours fériés et les vacances. Depuis tout petit, ces jours spéciaux me mettent mal à l'aise, c'est comme si la ville bougeait plus lentement avant de s'éteindre complètement. A ce titre, les vacances de Noël et les vacances d'été sont les pires : beaucoup de Parisiens fuient leur quotidien et laissent les autres dans le marasme. Pourtant, on ne peut pas nier qu'il y ait une agitation frénétique autour de Noël ; mais c'est un mouvement purement consumériste, vain, épuisant. Je ne m'y retrouve pas.

La ville meurt donc, à mes yeux, et moi je suis encore vaguement en vie. Je sens depuis quelque temps que je bascule, lentement mais sûrement, dans une nouvelle conception de la vie, mais je n'arrive pas à savoir si c'est pour le pire ou le meilleur.

Certains aspects sont positifs et me permettent de faire sauter mes barrières. J'essaie de voir la vie comme un jeu, de prendre tout (dans la mesure du possible) avec un peu de recul, de me servir de ma capacité à être spectateur pour mieux appréhender the big picture.

Mais quand on est hypersensible et/ou quand le corps nous rattrape, cela devient difficile. Quand les émotions sont trop fortes, les traumatismes des handicaps, les blessures des douleurs indélébiles, comment avancer, comment y croire encore ?

Je devais avoir 16 ans lorsque j'ai eu mon unique pensée suicidaire. Je ne supportais pas d'être homo et de le cacher, je n'en pouvais plus du moule scolaire, je souffrais de voir ma mère hurler et boire à longueur de temps. A force de larmes et de détresse, l'idée a naturellement émergé. Et si j'en finissais ? Et si le seul moyen de ne plus souffrir était finalement de s'éteindre ?
J'ai regardé cette pensée droit dans les yeux et je lui ai donné un grand coup de pied. Non, rien ne peut justifier, dans mon cas, que je mette fin à mes jours. J'ai toujours considéré qu'on pouvait toujours recommencer ailleurs, qu'on pouvait toujours améliorer sa situation. Il n'y a que les personnes dans une détresse matérielle ou physique gravissimes qui devraient avoir le droit d'y songer sérieusement.

Ces derniers mois, j'ai vécu des expériences quasi mystiques. J'ai vu un magnétiseur, sans savoir si je devais y croire ou pas, pour lutter contre mes insomnies. Je suis prêt à tout tenter. Ca a été impressionnant, car après chaque séance, il s'est produit exactement les changements qu'il avait prévus. Je me suis ainsi retrouvé avec, dans un premier temps, un sommeil complètement aléatoire et des éveils particulièrement douloureux. Fin octobre, je vivais sur le créneau horaire du Japon, je dormais quelques heures l'après-midi, quelques heures dans la soirée, sans atteindre un quota satisfaisant, et malgré l'épuisement je ne parvenais plus à dormir la nuit et le matin (alors que le matin est d'habitude le moment où je récupère le plus). Incapable de faire quoi que ce soit, ou de voir des gens, je me suis alors mis à marcher dans Paris. J'adore l'automne, quand il commence à faire frais, que les feuilles changent de couleur et que le soleil daigne encore poindre un bout de rayon. De Convention, j'ai donc traversé la ville jusqu'au bois de Boulogne, je me suis fait un lever du jour à la Tour Eiffel à 7h du matin, j'ai marché sous la pluie jusqu'à République… La marche est devenue ma raison de vivre à cette époque, je me sentais particulièrement seul à ne pas vivre au même tempo que les autres.

Un jour, en me laissant guider par le hasard, je me suis retrouvé au cimetière de Montparnasse. En y arrivant, je me suis tout de suite senti à ma place, comme s'il fallait que je sois là. Le moment juste. Il y avait beaucoup de monde. Je me suis alors souvenu que c'était la Toussaint et j'ai été surpris de cette coïncidence.
Je n'ai jamais vraiment connu la mort de près. Aucun de mes proches, à part un grand-père quand j'étais petit, ne m'a quitté. Je sens que c'est pour bientôt vu l'âge et la décrépitude de mon père, mais pour le moment j'en ai été bien préservé. Pour autant, à marcher entre les tombes, à lire les témoignages des proches ou imaginer la vie de ceux qui résident dans des sépultures nues, j'ai été pris de crises de larmes incompréhensibles. J'avais l'impression d'être une porte émotionnelle, de capter tout ce qui se jouait ici. Comme si mon âme était complètement dilatée et que ce jour était précisément un alignement entre passé, présent et futur ; le temps ne compte plus, seule l'émotion est tangible.

Après plusieurs jours de marches mystiques, la pensée est venue, très nette, très forte. J'étais dans mon lit, j'attendais le sommeil depuis environ six heures, le jour était bien levé. A quoi bon vivre cette vie ? Pourquoi s'obstiner à lutter ? Je suis malade, je ne pourrai jamais vivre une journée sans souffrir de la fatigue et je n'en peux plus. La pensée suicidaire était bel et bien là.

J'ai réussi à sortir la tête de l'eau par la suite, vaguement. Et puis le destin m'a rattrapé au rythme de battements de cœur qui se sont vite transformés en geysers de sang. C'est dans des sables mouvants que je suis en train de me noyer. Lorsque j'ai pris l'avion pour aller et revenir d'Espagne, la pensée était encore bien présente. Si je m'écrase, je m'en fous. Moi qui ai longtemps eu peur de ce mode de transport, il devenait soudainement mon allié. Je n'ai plus rien à perdre, j'ai vécu assez de choses, si je meurs aujourd'hui, tant pis. Tant mieux ?

Je ne passerai jamais à l'acte. J'ai trop le contrôle permanent sur moi-même et je ne prends aucune substance désinhibante. De plus, avoir vu ma mère faire plusieurs tentatives de suicide dans ma jeunesse me permet de garder les pieds sur terre aujourd'hui. Mais je ne peux pas nier que l'idée est toujours là, dans un coin de ma tête. Et si j'arrêtais de jouer ? Bien que par moments j'arrive à m'enthousiasmer face à ma nouvelle vie, je ris quelques fois avec mes amis, je prends du plaisir à échanger et découvrir… Mais tout, absolument tout, est recouvert d'un voile sombre me maintenant à l'écart de la vie. Les plaisirs les plus forts comme les plus simples sont atténués, et le vide des jours saints m'oblige à regarder en face ma solitude. Je n'arrive pas à me remettre des pertes subies ces dernières semaines… Je n'arrive pas à accepter que ma vie change autant, accepter le manque, la douleur, l'injustice. Et en même temps je m'en veux parce que je ne vis pas en Ouganda, je ne suis pas Anne Frank, je ne suis pas clochard… A part ces insomnies qui m'empêchent de vivre comme tout le monde et mon hypersensibilité, j'ai un bon jeu dans la main à la base. Cela n'empêche malheureusement pas aux cristaux de tristesse de rester fixés à l'âme.

J'ai envie de poser les cartes. Envie de tout éteindre. Envie de reprendre les produits qui m'ont accompagné depuis des années, envie d'en tester de nouveaux, envie d'oublier. Juste ça : oublier, oublier, oublier… Ne plus souffrir de trop penser et trop ressentir. J'ai longtemps cru que je m'empêchais de vivre à ne pas faire comme tout le monde ; en fait, le poids émotionnel de chaque événement est si fort que je crois au contraire vivre bien plus que les autres.

J'aimerais juste fermer les yeux et ne plus être. Provoquez-moi un coma artificiel de quelques semaines, laissez-moi recharger mes batteries en m'accordant le sommeil que je n'arrive pas à atteindre. Je n'ai vraiment pas la force de me reconstruire.

21/12/2009

21/12/09 - 01:10

My old friend

La viande m'écœure vite, le chocolat manque de goût, le pain n'est pas aussi bon que dans mes souvenirs, la madeleine me donne envie de vomir.

Le voile est jeté. Je reconnais trop bien ce sentiment, lorsque tout paraît si fade, en demi-teinte. Par moments j'ai comme des vertiges tellement ce que je vois semble irréel. Je ne me force même plus à rire, j'esquisse un sourire de politesse de temps en temps. Le ménage n'a pas été fait depuis bientôt un mois, le piano est vierge, le solfège aux oubliettes, le travail très en retard.

Ni les séries, ni les gens n'arrivent à me changer les idées. J'ai juste envie de rester enfermé dans mon bunker, sous la couette. Même les émotions fortes, nouvelles, qui me donnaient l'impression d'exister, paraissent vaines.

La valse des larmes quotidiennes a repris et bien sûr, avec les vacances, il devient de plus en plus difficile de prévoir des choses pour se sentir un peu moins mal. La dernière fois que j'ai vu mon psy, il m'a dit de ne pas hésiter à l'appeler pour prévoir un rendez-vous en urgence, chose que je n'ai pas osé faire les semaines précédentes alors que j'en mourrais de besoin. Mais là, il est en vacances, le magnétiseur est en vacances, la sophrologue est en vacances… Et mon amie D., elle, a bien l'intention de s'installer chez moi.

19/12/2009

19/12/09 - 00:16

Through the Looking Glass

Je suis fatigué et je me sens bien moche. Je me suis réveillé à 14h, je suis mélancolique, j'ai peur de ma nouvelle vie sans eux, sans lui. J'ai cessé de pleurer depuis quelques jours, après trois semaines complètes. Une vidange lacrymale comme je n'en avais jamais connu auparavant (et pourtant, ce blog en témoigne, je n'étais pas en reste). Je reste fragile mais je sais qu'il me faut reprendre ma vie en main, et avancer. Ce n'est pas parce que je risque de rechuter que je dois m'interdire tout mouvement.

Je suis invité à une soirée pleine de pédés. Je crois que l'hôte m'aime bien, il me dragouille gentiment depuis quelque temps. Moi je ne sais pas trop, j'ai peur qu'il ne soit qu'un rebound guy et je n'ai pas envie d'utiliser un autre être humain comme instrument de guérison. Je pourrais lui faire du mal.

Putain, j'ai pas envie d'y aller, je ne connais personne à part lui, alors j'incruste ma meilleure amie. Au pire, on délirera tous les deux. Mais les soirées où il n'y a que des mecs sont orientées sur l'idée d'une rencontre, et là, tout de suite, même si évidemment ça me ferait du bien, je n'ai pas envie de m'embrouiller encore plus l'esprit avec un nouveau garçon. De toute façon, je ne rencontre jamais personne en soirée, et la dernière fois ça s'est très mal fini, donc c'est bon, je vais me faire moine, me couper la bite et prier jusqu'à atteindre l'orgasme spirituel.

Je choisis mes vêtements sans grande conviction, je m'en fous de toute façon, tout est trop grand vu les kilos que j'ai perdus depuis quelques mois. J'hésite à mettre mon slip Calvin Klein préféré ou un caleçon vert bien usé. Pour suivre le dress code imposé, j'opte pour le caleçon vieilli, de toute façon je ne risque pas de le montrer, what the fuck. Et je mets un bracelet rouge à la con, trouvé je ne sais où, une fois de plus pour coller au thème Noël. C'est le genre de bracelet en caoutchouc qui est censé apporter ce qui est écrit dessus à celui qui le porte. Le mien aurait le pouvoir d'éveiller de la "passion", muhahaha.

Je ne suis même pas stressé en arrivant sur les lieux de la fête. Je ne prends plus de Lexomil depuis un mois et demi et pourtant je n'ai pas de bouffée angoissante. Je suis anesthésié par le chagrin, je crois. Pour autant, je ne suis pas hyper à l'aise lorsqu'il s'agit de faire la bise à une quinzaine d'inconnus. Tout de suite, voyant que je ne sais pas quoi faire de mes quatre pattes, l'un d'eux pousse les mecs à côté de lui afin que je prenne leur place sur le canapé. Je le vois venir, il ne me plaît pas du tout, mais what the fuck. On discute, il est sympa, il m'aime bien et me le fait sentir, ou alors c'est moi qui suis tellement sensible que je perçois encore plus le désir des garçons, ou tout simplement j'ai cessé d'être naïf et de penser qu'ils sont gentils gratuitement, ils veulent me baiser et me laisser tomber après.

La pièce se remplit, deux garçons mignons arrivent. L'un d'eux, au moment de me faire la bise, me dit : "Diabolito ?". Putain, un mec me reconnait, ça faisait des années que ça ne m'était pas arrivé. Il est pas mal, joli teint (je le soupçonne d'avoir mis du fond de teint), yeux clairs, regard triste et timide, blond. Il me fait un peu trop penser à celui qui vient de quitter ma vie, mais bon, faudra que j'essaie de lui parler quand même. Juste comme ça. What the fuck.

Il commence à y avoir limite un peu trop de monde pour moi, c'est de plus en plus bruyant, et je ne sais pas quoi faire de mon voisin, toujours très sympa, mais toujours pas attirant à mes yeux. De nouveaux mecs débarquent, un groupe de reubeus a priori. Parmi eux, un brun mal rasé me fixe longuement. Euh, qu'est-ce que j'ai ? Pourquoi il me regarde comme ça celui-là ? Il a les yeux brillants, on dirait qu'il porte des lentilles de couleur pour les éclaircir. Il a vraiment un regard impressionnant. Mais surtout pourquoi il ne regarde que moi à peine rentré dans la pièce ?

- Jonathan ?
- Euh… Oui. On se connaît ?
- Oui, enfin, moi je te connais, je lis ton blog depuis des années.

Et hop, un deuxième, c'est quoi cette soirée ? Il reconnaît même ma meilleure amie, qui hallucine devant ma popularité. Je me lève tout de suite pour lui faire la bise, j'ai l'impression d'être en terrain connu avec lui, alors que je ne vois pas du tout qui c'est. Je me serais souvenu d'un mec comme lui si je l'avais déjà vu.

- Et euh, t'es qui ?
- Bradshaw, mais tu ne me lis pas.

Plusieurs images me reviennent. Bien sûr que je le connais, je vois très bien qui c'est. Il a commenté mon blog il y a peu, j'ai ainsi découvert qu'il était toujours présent sur la blogosphère que j'ai cessé de lire depuis des années de toute façon. Je l'avais lu à une époque, quand j'étais à Londres je crois. Je me souviens d'un mec dépressif, qui couche avec tout le monde, qui passe son temps à sortir et à consommer toutes les substances interdites possibles. Et surtout, je me souviens parfaitement bien de ses photos, où son visage est morcelé.

- Je t'ai reconnu tout de suite, me dit-il.
- Bah moi je t'imaginais pas comme ça. Je te voyais plus… grand.

En fait, ce que je pensais, c'était "plus moche". Parce qu'il disait sur son blog qu'il était pas top, qu'il ne s'aimait pas, et comme il n'avait mis que des photos de son corps bien musclé, j'avais conclu qu'il faisait partie de cette catégorie de mecs au visage ingrat qui compense cette injustice de la nature en se musclant à outrance. En réalité, ce mec est sublime, je reconnais sa bouche si célèbre, et je n'arrive pas à croire qu'il puisse se trouver moche. Il a des yeux marron clair comme je les aime, un regard bienveillant et intelligent (ça me change des poissons vides), un sourire diabolique, et il semble être toujours gaulé comme un dieu sous ses vêtements moulants (c'est pas un critère à la base, mais c'est un plus). Il possède même certaines caractéristiques considérées par certains comme des défauts et qui sont pour moi des détails qui me font fondre à coup sûr. C'est comme si le Père Noël m'avait envoyé le garçon parfait avant l'heure.
Il doit percevoir mon émoi puisqu'il me dit : "Ah mais en plus je porte la barbe !". Putain, il me connaît vraiment, il sait qu'il est exactement mon type physique. Fouettez-moi de me confier autant !

- Et ça va mieux ?

C'est tellement étrange de me retrouver face à un garçon inconnu qui me connaît. Je me sens en confiance, je lui raconte la suite non officielle de mes aventures, comme à un ami que je n'aurais pas vu depuis une ou deux semaines. Il s'avère compréhensif et à l'écoute. Un mec avec ces qualités, comment est-ce possible ?

On s'assoit sur le canapé, et on continue de parler. Je lui pose des questions sur sa vie, j'apprends qu'il va mieux parce qu'il l'a décidé, ça me rappelle des conseils qu'on m'a prodigués. Il a l'air effectivement bien, il ne ressemble tellement pas à l'image que j'avais de lui par son blog… Sa façon de s'exprimer me plaît, il a l'air vraiment intelligent. C'est tellement familier de parler avec lui alors que nous n'avions jamais discuté. Il m'appelle même Jona, surnom que seuls mes amis les plus vieux me donnent encore.

On finit par s'éloigner, il va fumer sa clope (merde, il fume) avec un verre bien tassé à la main (merde, il boit), et moi je reste sur mon canapé, à ne pas trop comprendre ce qu'il vient de se passer. Un secret santa a été organisé, chacun apporte un cadeau et en reçoit un. Bradshaw a offert un guide 'Où s'embrasser à Paris ?' (ah, il est romantique ?) et reçoit des dés sexuels. Forcément, l'assistance s'en empare et commence à jouer avec. Les garçons, parfois excités, parfois gênés, entre deux éclats de rire, se lancent des défis. Ca se lèche l'oreille, s'embrasse dans le cou, se touche par-ci par-là. Un grand blond à lunettes noires, précieux, s'assoit à côté de moi et commence à me taper la discute. Il s'empare des dés et décide de faire de moi l'objet de son jeu. Je ne sais plus du tout sur quoi il est tombé, parce que juste après, on donne les dés à Brad en lui demandant à qui il veut faire un truc. Il me désigne du doigt et lance les dés : "kiss" + "boobs".

Il s'approche de moi et s'exécute. Je ne sais plus où me mettre, je ne sais pas quoi penser. On n'en a pas du tout parlé avec Manu, et en fait je n'ose pas car je ne voudrais pas qu'on nous entende. Mais putain, ce mec, je sens que je l'aime bien. C'est pas possible, pas maintenant, il ne peut pas m'arriver un truc pareil là tout de suite alors que je n'avais même pas envie de venir. Mais il est tellement beau, j'ai jamais vu ça… Il a voulu jouer aux dés avec moi, mais je ne peux pas croire qu'il m'aime bien. On n'est clairement pas dans la même catégorie, il est magnifique, j'ai l'air d'une crevette sans goût à côté de lui. S'il me parle, c'est juste parce qu'il m'aime bien moralement, mais physiquement je suis sûr qu'il s'en fout.

On se croise plusieurs fois dans les minutes qui viennent. A un moment où je me sers une boisson non-alcoolisée, il arrive avec son iPhone à la main et, sans me regarder, crée un nouveau contact et écrit "Diabolito". Je souris, je tape mon numéro, puis je sors mon appareil et prends le sien.

Voilà, ça, c'est fait, je peux passer à autre chose. Je ne vais pas le coller toute la soirée non plus, ça ne servirait à rien, maintenant qu'il a mon numéro, il pourra me contacter si ça lui dit, ne pressons pas les choses.

Je discute avec Manu et quelques garçons, dont le grand blond aux lunettes noires qui semble bien m'aimer aussi (mais vous avez quoi les mecs ce soir à me draguer, je suis loin d'être sex là !). Il tente d'être drôle, d'attirer mon attention, je ris par politesse mais je prends bien soin de ne pas lui laisser croire que je suis intéressé. La vérité, c'est que je ne le regarde même pas, je m'en contrefous, je suis complètement ailleurs. Je regarde Brad à l'autre bout de la pièce. Ca ne devrait pas être autorisé d'être aussi beau. Il discute avec un mec hyper musclé, il doit le kiffer, il est forcément plus intéressant que moi avec tous ses muscles. Je me sens naze, et moche, et con avec mes histoires de cœur de merde. Ca doit lui paraître tellement puéril du haut de ses trente et un ans. Je ne devrais pas le mater comme ça, mais je ne peux pas m'en empêcher, je le bouffe du regard. Parfois, ce qui doit arriver arrive, je croise son regard, j'ai l'impression d'être une cruchasse de seize ans, je lui souris bêtement et je me réfugie vite fait dans mon verre et dans la discussion à laquelle je fais semblant de participer depuis un moment.

Manu et moi nous retrouvons seuls quelques secondes. Elle me fait signe de me pencher vers elle afin qu'elle puisse atteindre mon oreille et me glisse : "Putain il est trop beau !!! Jona si tu sors avec je suis trop jalouse, il est tellement sex !!!". Nous avons les mêmes goûts.

Brad nous rejoint. L'alcool commence un peu à lui monter à la tête. Il me fait boire un premier verre de vodka, je lui explique que j'ai déjà bu dans ma vie quand même, que j'ai réessayé la semaine précédente en Espagne et que j'étais limite bourré, mais que ce n'est vraiment pas une sensation que j'apprécie. Je n'ai pas besoin d'alcool pour être ivre, de toute façon avec deux parents alcooliques j'ai ça dans le sang en permanence. Au moment où je lui dis ça, je sens son regard devenir triste, comme s'il pouvait imaginer en quelques secondes tout ce que j'ai vécu. Serait-il, en plus, empathique ? J'ai trouvé mon jumeau moral ou quoi ?

On continue de discuter. Il glisse subrepticement son doigt dans la sangle de mon pantalon. En un flash j'ai le souvenir d'une soirée en Espagne il y a cinq ans où Esteban, dans un mouvement quasi similaire, avait commencé à me caresser la cuisse alors que nous venions de nous rencontrer. Je regarde Brad, surpris, lui dit d'un regard "hé tu fais quoi là ?" mais avec un sourire qui signifie "ouiiiiiiii". Je me sens becasse comme jamais. Il retire son doigt, on continue de discuter, Manu me demande si je veux un bout de gâteau, non merci, moi j'en veux je vais m'en chercher, d'accord, à peine Manu a-t-elle le dos tourné que Brad se rapproche de moi et m'embrasse.

Purée, c'est un rapide ! Le monde cesse de tourner, nos langues prennent le relais. Ca fonctionne tout de suite. Il y a des garçons avec lesquels il faut du temps pour que le baiser soit agréable, entre ceux qui mettent trop la langue, ceux qui ne la mettent pas assez, ceux qui sont mécaniques, qui le font parce qu'il le faut bien. Brad et moi semblons sur la même longueur d'onde, on embrasse de la même façon j'ai l'impression, c'est doux, c'est sensuel, sexuel, chaud, mais pas trop, juste ce qu'il faut. "Mais c'est que t'embrasses bien !", me dit-il. Nous sommes collés l'un à l'autre, je sens sa bite durcir contre moi, moi aussi il m'excite grave, c'est délicieux.

Je sens qu'il y a du monde autour de moi, que bientôt quelqu'un va faire une remarque. J'ai un peu honte, je n'ai jamais fait ça, embrasser un mec en soirée, alors que je ne connais personne. J'ai l'impression d'être une traînée, je suis un peu mal à l'aise face à l'hôte, j'espère qu'il ne va pas m'en vouloir. Et en même temps… What the fuck. Manu met plusieurs minutes avant de s'apercevoir de notre rapprochement, elle nous tourne le dos et délire avec des pédés, jusqu'au moment où je l'entends s'écrier : "Ah ça y est, mon meilleur ami a pécho le plus beau mec de la soirée !".

C'est non seulement le plus beau mec de la soirée, mais le plus beau mec avec lequel je suis sorti, et pourtant j'en ai vraiment eu des canons. On finit par se décoller, vaguement, il nous ressert un verre chacun en me disant qu'il n'y a pas d'alcool, tu parles on dirait qu'il veut me déboucher l'œsophage ! Manu lui dit qu'il n'y a pas besoin de me faire boire pour coucher avec moi, son regard scintille, j'ai envie de confirmer, c'est vrai, à partir du moment où j'embrasse, je couche (slut !) mais comme je n'embrasse pas souvent… Les minutes défilent, il est de plus en plus fait. On finit par s'isoler dans la chambre, j'ai peur que ça dérive, là pour le coup ça ne le ferait vraiment pas pour les autres. Cette intimité permet de découvrir un peu plus le corps de l'autre, il n'y va pas de main morte : il la plonge dans mon caleçon. Je l'en empêche parce que je ne bande pas et que trouver un sexe mou n'est pas forcément ce qu'il souhaite alors que lui est bien dur. Il me touche alors le cul, me dit qu'il aime mes fesses (obsession sur les fesses ? Actif à tous les coups), je touche les siennes et j'ai envie de lui dire qu'il se fout de ma gueule. Il a un cul bombé et une cambrure de rêve, rien à voir avec mon cul flasque et plat qui n'a pas fait de sport depuis des mois (et là je le regrette !). Le reste de son corps semble tout aussi lovely, mais je ne vais pas trop loin, il ne faut pas gâcher la surprise pour la suite, car je ne conçois pas de ne pas coucher avec lui un jour.

- … s… kiou…
Il me parle en anglais. Je ne comprends pas ce qu'il me dit.
- Quoi ? "Fuck you" ?
- You're so cute.

Il me répète ça plusieurs fois. Je ne comprends pas pourquoi il me parle en anglais. Pourquoi les gens bourrés basculent dans une autre langue ? Il est chaud, il est beau… mais je ne bande pas. Putain mais qu'est-ce qui se passe en bas ? D'habitude je suis le premier à dégainer, et là rien, je suis sage comme une image. Est-ce à cause de mon récent traumatisme amoureux ? A cause de mon traitement (qui a effectivement réduit ma libido, m'enfin quand même) ? Tout à coup je crois comprendre : il est bourré, c'est ça qui me calme. Je fuis toujours comme la peste les gens qui boivent parce qu'ils me mettent profondément mal à l'aise. Que je sois capable de l'embrasser et de me sentir proche de lui malgré tout prouve à quel point ce garçon est exceptionnel à mes yeux. Je veux l'accepter tel qu'il est, malgré nos différences.

Le mec musclé rentre dans la pièce.
- Ne vous gênez pas pour moi, j'ai juste besoin d'un tout petit peu d'intimité là.

Et il sort une fiole que j'imagine être du poppers. Je m'interroge.

- Mais pourquoi tu prends du poppers ? T'as besoin d'être dilaté là ?
- Non, mais ça me fait du bien, la dilatation c'est autre chose.

Il se bouche une narine, colle son nez au-dessus de la fiole et aspire.

- Ah si, putain, ça dilate, dit-il un peu hilare.

Il tend la fiole à Brad qui la prend bien volontiers et exécute le même geste avec un naturel déconcertant. Il ne se pose pas une seule question, je sens qu'il a dû faire ça des milliers de fois. Bon, ce n'est "que" du poppers… What the fuck.
Musclor s'en va, Brad m'embrasse, mais il sent complètement différemment maintenant, j'ai l'impression qu'il sort tout juste d'un bac de formol. Lui qui est obsédé par les mauvaises odeurs au point d'avoir un chewing-gum en bouche même quand il emballe un mec me surprend par ce détail.

L'heure des derniers métros approche, il faut que je m'en aille. J'aurais bien aimé passer la nuit avec lui, mais vu son état, je préfère remettre ça à plus tard, et il part au Tango avec ses amis de toute façon. Sera-t-il attiré par moi s'il n'est pas sous l'emprise des paradis artificiels ? Je suis sûr que s'il m'aime bien, c'est juste parce que je suis flou.
Il essaie de me retenir, me dit qu'il n'y a déjà plus de métro, que je n'ai plus le choix, je dois rester avec lui… Ca me tente bien, mais bon, je ne me vois pas aller au Tango à 2h (où il va encore boire et je ne sais quoi d'autre) pour galocher un mec quand on pourrait être dans l'intimité d'une chambre à coucher. On continue de s'embrasser malgré tout, l'un de ses amis le prend par le bras et le tire, il passe la porte de l'appartement et je me retrouve sans lui.

Je rassemble mes affaires, je dis rapidement au revoir aux derniers rescapés et je retrouve Manu.

Sur le trajet, nous le croisons avec ses amis, ils s'apprêtent à rentrer dans une voiture on dirait. En passant, je lui caresse les fesses (arg) et je file vers le métro. Il en reste encore, tant mieux. Je balance des textos à tout va pour raconter cette histoire à mes amies. Et là se produit encore un drôle d'événement. Un garçon est assis en face de moi, je n'y avais pas fait attention. Lorsqu'il se lève pour descendre à sa station, je croise son regard, et il me parle.

- Diabolito ?

Il est différent. Différent des autres, il ne s'exprime pas de la même façon. Je reconnais ça… Et je comprends très vite. Il est sourd. Je fais en sorte qu'il voie bien mes lèvres pour me comprendre.

- Oui oui, c'est moi.

J'hallucine qu'en une soirée je croise trois mecs différents qui me connaissent. Je devrais mettre mes lentilles plus souvent. On tente de communiquer un peu ce garçon et moi, il me dit que je n'écris plus, je lui explique que j'ai repris, il va aller lire ça, alors. Je suis terriblement frustré de ne pouvoir m'exprimer pleinement avec lui. Moi qui songe à apprendre la langue des signes depuis des années et qui en parlais encore quelques jours auparavant, je me dis que c'est un signe, justement.

Brad m'envoie des textos. Il veut que je vienne au Tango. Trop tard mec, je suis presque chez moi. C'est pas l'envie qui manque de passer du temps avec toi pourtant… Quelques minutes passent, il me demande où j'habite et si je veux qu'il me rejoigne. Je n'en reviens pas, je ne peux pas croire qu'il veuille de moi à ce point. Il est prêt à laisser tomber ses potes et sa soirée pour la finir avec moi. J'accepte sans hésiter.

Je suis trop content, cette histoire arrive à point nommé, un beau garçon à l'intérieur comme à l'extérieur, quelqu'un qui en vaut vraiment la peine, c'est la fête. En attendant qu'il arrive, je consulte son blog rapidement. Il semble être actif (fuck) mais il explique qu'il a envie d'une vraie relation (ça tombe bien, moi aussi !).

Il est déjà 3h du mat' lorsqu'il est devant ma porte. Il a l'air encore plus atteint que lorsque je l'ai quitté. Je ne sais pas ce qu'il a pris, mais ça m'étonnerait que ce soit "juste" de l'alcool. Au point où j'en suis, what the fuck. Il est là, il me plaît, c'est l'essentiel. On ne sait pas trop comment se comporter l'un envers l'autre. Comme si on devenait soudainement timides. Il me dit que c'est vachement mignon chez moi (genre, garde tes compliments chéri). Il a un peu les yeux hallucinés lorsqu'on s'assoit sur mon canapé. Ils sont grands ouverts, il a définitivement pris un truc pas clair. Je n'ai pas envie de lui sauter dessus sans vergogne, et je ne sais pas trop quoi lui dire vu la situation. Alors je prends sa main et je la caresse. On reste un bon moment comme ça, à saisir l'instant, à se découvrir un peu plus en se caressant les mains. Si on m'avait un jour dit que je vivrais un moment aussi romantique avec un mec shooté, je ne l'aurais jamais cru !

Puis on s'embrasse, son odeur a encore changé sans que je perçoive en quoi exactement. On se déshabille et on se met sur mon lit. Non seulement son corps est conforme à ce que j'imaginais (épaules larges, torse parfait avec pecs joliment dessinés) mais en plus je découvre avec amusement qu'il porte le même slip Calvin Klein que moi, enfin, que celui que j'avais songé à porter ce soir-là. Heureusement que je ne l'ai pas fait, finalement, la comparaison entre nous deux n'aurait vraiment pas été à mon avantage.

J'aime tout de suite sa bite. (…) J'aime sa manière de faire l'amour, il est tendre et chaud, volontaire. J'ai l'impression qu'il fait un peu l'amour comme moi, il se préoccupe vraiment du désir de l'autre, ne rechigne pas à être au-dessus, à agir. (…) On s'arrête plusieurs fois, on discute, se câline, puis on recommence. C'est comme un dialogue qu'on partage entre mots et caresses. (…) Il finit par me demander : "Actif ? Passif ? Non-pratiquant ?". J'adore le terme. La sodomie : une religion. (…) A un moment où il est assis au pied de mon lit, et alors que je me dirige vers lui, il me regarde avec des yeux de gros coquin, m'adresse un petit sourire en coin et, sans un mot, me fait signe de me retourner avec sa main. Ouh là, nous y voilà. Je m'exécute. Il se colle contre moi, m'embrasse le haut du dos. Puis il descend, petit à petit, de coup de langue en baiser, jusqu'à atteindre la source qui l'excite le plus. (…)

Toute la nuit, entre les parties de sexe, on parle, de tout, de nous, de nos vies, de nos ex. Il se confie à moi, vraiment, je le sens très présent, très honnête. Il me parle de son récent drame, la mort de son père, il y a quelques semaines à peine. Il a l'impression de ne pas souffrir assez, qu'il a du mal à pleurer. Je me souviens de gens qui avaient perdu un membre de leur entourage et qui m'avaient dit exactement la même chose. Ca me parait normal. Puis je vois son si beau regard devenir humide, et des larmes couler en silence sur ses joues, nos visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre, il ne se cache pas, le spectacle est bouleversant, je pleure avec lui, le laisse changer de sujet lorsqu'il en a besoin. J'ai le cœur qui s'emballe.
Je le charrie de temps en temps, sans le vouloir d'ailleurs. Je lui fais des remarques sur ce que j'aime chez lui et qu'il n'aime pas, je lui dis qu'il me rappelle des gens de mon passé, je réalise tout à coup qu'il ressemble à Léo de Secret Story ("oh putain on m'a dit ça tout l'été !"). A chaque fois qu'il se vexe il me tourne le dos et se met de l'autre côté du lit, je le trouve trop mignon, je me colle à lui, à ses fesses divines ("ça devrait être interdit d'avoir un aussi beau cul si on ne s'en sert pas !"), j'embrasse sa peau incroyablement douce.

On doit s'endormir vers 5h30. (…) Normalement, les gens ronflent plus ou moins, en tout cas respirent différemment. Lui, non, il est capable d'ouvrir les yeux et de discuter comme si de rien n'était et de se rendormir aussi simplement. Moi, je dors très bien avec lui. Nous passons ces quelques heures à jouer la chorégraphie des couples enlacés. C'est tellement bon. Sa peau m'apaise.

On se réveille vers 14h. Je me sens particulièrement laid et sale. Lui est chou malgré son mal de crâne. Je me demande quelle va être la suite, mais je comprends à son comportement que je ne suis, malheureusement, qu'un plan cul. Il a beau être câlin et rater son sport pour rester avec moi, il me fait quelques remarques qui laissent croire que je ne suis pas plus. Il me conseille de récupérer mon ex, par exemple. Et quand je lui explique que j'avais peur qu'il m'oublie et s'en tape un autre en allant au Tango, il me répond : "Ce qui t'a sauvé, c'est qu'il y avait de la queue et qu'il faisait froid". Ah, j'ai été sauvé, donc. Il avait juste envie de s'en taper un, et comme j'étais open (et puis Diabolito qui plus est, l'inaccessible blogueur), il a saisi l'occasion. Bon. Pas grave. Enfin si, ça me fait chier, je pensais qu'il me connaissait, qu'il savait que je ne faisais pas dans le plan cul, que je ne crois pas aux relations d'un soir, que je ne m'épanouis qu'en essayant la relation, même quelques jours (exactement ce que j'écrivais récemment), que je ne suis pas à l'aise la première fois, qu'il me faut un peu de temps pour… Enfin bref, j'aurais au moins eu le plaisir d'avoir un aussi bel homme dans mes bras.

Il me dit qu'il ne fait rien de spécial aujourd'hui, moi non plus. Pour autant, lorsque je lui propose de manger avec moi, il s'échappe bien vite. Je suis perplexe. J'ai envie de passer du temps avec lui, en même temps j'ai peur de trop d'intimité tout de suite, et puis une part de moi a envie de réfléchir posément à tout ça ; tout est allé, une fois de plus, si vite.

On s'habille, et alors que je vois ses vêtements faire le chemin inverse de notre nuit, je ne me sens pas à ma place. Il est trop beau pour moi. Je ne suis pas du tout son genre physique, un mec aussi bien gaulé doit exiger la même chose en face, quelqu'un qui prend soin de son corps aussi, qui est sculpté comme un dieu grec. Moi je ne suis qu'un gamin vieillissant.

Il est sur le point de partir. Il a mis ses lunettes de star, je le charrie. On se fait des petits bisous pour se dire au revoir. Je le sens bancal, il ne sait pas comment se comporter avec moi. J'ai envie de lui demander : "et après ?". On se revoit ? Tu cherches quoi ? Je suis quoi, moi, pour toi ? Mais je n'ai pas envie de le saouler alors qu'il est sobre, de faire ma pauvresse abandonnée. Il doit avoir besoin de réfléchir à tout ça, lui aussi, et puis je ne sais même pas exactement ce que je veux moi-même. Un nouvel acteur inattendu a fait son apparition dans ma vie. Mais quel va être son rôle ?

Je le regarde partir, je range, je me fais à manger, je me lave. Et très vite, je sens qu'il me manque et que j'ai envie de le revoir.
Je m'attelle donc à la lecture intégrale de son blog afin de comprendre un peu mieux à qui j'ai affaire. Et je ne suis pas au bout de mes surprises.

To be continued…

11/12/2009

11/12/09 - 01:05

Trash

Il touche mon cœur avec son doigt. Je le sens battre contre sa peau, le sang qui gicle sur lui, mes poils coincés dans la poitrine.

Deux doigts pour me pénétrer, puis la main, puis deux mains. Mes entrailles s'ouvrent avec fracas, mes os éclatent, mes boyaux pendent. Il arrache tout avec ses doigts, ne laisse que quelques organes et filaments frémissants de chaleur.

L'autre enfonce une lame dans mon dos. Elle brille du même éclat que ses yeux à l'insertion, pleure en ressortant comme des larmes de sang coulent sur son visage. Il pèle chacun de mes muscles comme un fruit tendre et juteux. Il aiguise son arme contre mes omoplates et me coupe les bras.

Je ne suis qu'une tête posée sur une colonne vertébrale branlante. Ma bite et mes couilles se balancent à la vue de tous. Tout le monde rit de voir cet être fragile dégingandé offrant le peu d'intimité qui lui reste sur la scène. Je ne suis qu'un déchet dont plus personne ne veut.

Je suis un chien sur la route des vacances. Je souffre de la chaleur, le transport me donne la nausée. Mes maîtres me sortent pour un petit pipi. On me fait des câlins, me caresse, me donne des bisous. Je t'aimerai toujours.
Je me dégourdis les pattes, la voiture démarre et s'éloigne, sans moi. Pendant qu'ils sont à la plage, qu'ils s'amusent et dorment paisiblement, moi je lutte sur la route.

Jusqu'à ce qu'on me recueille dans un refuge où il y en a des milliers d'autres comme moi. La banalité de l'abandon estival.
Je ne suis ni le plus jeune, ni le plus beau et j'ai été blessé par mon chemin sur l'autoroute ; je finis mon périple après une injection de sommeil éternel. Ce n'est pas le vétérinaire que je vois pour la dernière fois, ni les instruments de torture métallisés. Je repense à mes maîtres, à ceux que j'ai aimés, jusqu'à cette dernière seconde embrumée.

Leur image hante encore mon cerveau de chien mort alors qu'ils vivent pleinement et que mon corps sec et froid chute lourdement au fond de la poubelle.

"Je t'aimerai toujours."

03/12/2009

03/12/09 - 03:51

Out

Rien de tel que changer de tête pour faire en sorte de se sentir mieux dans sa peau. Un rendez-vous chez ma coiffeuse s'impose naturellement après les événements éprouvants que je viens de vivre.

Je n'en ai pas tant envie que ça parce qu'il va falloir discuter et que je ne parle pas ouvertement à ma coiffeuse de mes histoires de cœur. Ma mère se fait coiffer par la même personne, je ne voudrais pas que celle-ci gaffe et apprenne à ma génitrice que j'aime les bites !

Alors je tais mon désarroi lorsqu'elle me fait remarquer que j'ai une petite mine, et dérive sur mon problème chronique d'insomnies. Je lui fais tellement pitié qu'elle me fait 20 % de réduction : se plaindre a du bon !

N'étant pas loin de chez moi, j'en profite pour passer voir ma mère. Elle est dans ses papiers, ne fait pas spécialement attention à moi. Parfait, ça va m'éviter de devoir trop cacher ma tristesse. Mais elle se détache de son activité en entendant que je dors particulièrement mal ces derniers temps. Elle s'inquiète de mon sort.

N'ayant pas de balance chez moi, j'en profite pour me peser. Mon jean est devenu bien trop grand, je ne suis donc pas surpris de voir que j'ai encore perdu deux kilos. Je dis à ma mère que c'est normal, je ne mange plus beaucoup depuis deux semaines. J'en profite pour prendre un bout de cette baguette qui me fait tant envie.

- Mais t'es pas déprimé, quand même ?
- Non…

Et là, avec le morceau de pain dans la bouche, je fonds en larmes devant ma mère pour la première fois depuis onze ans.

Je tente de lui tourner le dos pour qu'elle ne remarque pas ma peine, mais c'est trop tard.

Elle se précipite vers moi en pleurant, me prend dans ses bras. La dernière fois que j'ai eu un contact physique de cette ampleur avec ma mère devait être à mes douze ans. Les seuls que nous entretenons d'habitude sont les traditionnelles bises de salut.

- Qu'est-ce que t'as ? Pourquoi tu déprimes ? Qu'est-ce qui va pas ? Jonathan, DIS-MOI CE QUI NE VA PAS !

Je ne l'ai jamais entendue comme ça, avec de tels sanglots dans la voix. J'ai encore ma bouchée de pain à moitié mâchée dans la bouche, je n'arrive pas à la finir et je me sens incapable de la cracher non plus. Je m'étouffe dans mes propres larmes et sentiments. J'ai peur qu'elle s'imagine un truc grave, du genre une maladie.

- Mais c'est pas grave…, je parviens à articuler.
- Dis-moi, Jonathan !

Je me sens redevenir un enfant alors que je suis bien plus grand qu'elle.

Je n'ai plus le choix. Il me faut lui dire ce qu'il m'arrive, ne serait-ce que pour faire honneur à ce moment de vérité, ce moment où nos masques sociaux tombent et où nous devenons la famille que jamais nous n'avons été.
J'aspire un peu d'air et je saute du haut de la falaise que j'ai passé ma vie à construire.

- En fait, Angelounet et moi, bah on n'était pas qu'amis…
- Bah je sais ça, mais ça fait longtemps que c'est fini entre vous !

J'ai beau être en train de pleurer et de faire mon coming out en même temps, je suis abasourdi. En quelques mots, ma mère me fait comprendre que non seulement elle sait que je suis pédé, mais en plus elle sait que j'ai été en couple avec Angelounet et que c'est fini depuis longtemps ! Les mères savent vraiment tout.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- J'ai rencontré un garçoooooon, dont je suis tombé amoureeeeeeeeeux, et Angelounet me l'a volééééééééé…

Je me confie à ma mère pour la première fois. Elle est très vite rassurée.

- Oh il est pas gentil Angelounet… Mais c'est rien ça, c'est juste un chagrin d'amour !
- Bah non, c'est un DOUBLE chagrin d'amour, parce qu'Angelounet je l'aime encooooooooooore…
- Oh bah t'en connaitras d'autres tu sais ! Moi aussi j'ai souffert, rien qu'avec ton père, il m'a trompé avec ma sœur et avec ta nounou.

Et hop, ou comment au détour d'une conversation j'apprends enfin pourquoi mes parents se sont séparés quand j'étais tout petit. Mon père, ce queutard.

Je suis toujours inconsolable, ma mère enchaîne.

- Et pourquoi tu m'en as pas parlé, Jonathan ? Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais homosexuel ?

Le mot est lâché. Il y a quelque chose de terriblement solennel dans la façon dont elle articule, légèrement, chaque syllabe. Comme si elle enseignait ce nouveau mot à un étranger. Je ne m'y reconnais pas. Je suis homosexuel. Et Maman le sait.

- Tu pensais que j'allais te rejeter ? Bah je vais te dire une chose. Ca ne change absolument rien pour moi. Tu es mon fils et tu seras toujours mon fils.
- Mais euh… Quand j'étais ado, un jour tu m'as dit : "J'espère que mon fils ne finira pas avec un homosexuel" alors j'osais pas te le dire…
- Mais on change et on accepte. Ca fait six ans que je le sais ! Je te défends même régulièrement devant mon copain.

Il est effectivement homophobe, raciste et intolérant.

- Je lui ai dit que tu passerais toujours avant lui, que tu serais toujours mon fils, et que l'important, c'est que tu sois heureux. Bon, là t'es pas "heureux", mais tu vois… Et je vais te dire une chose, ta cousine, Carine, que je te dis d'appeler depuis six mois… Bah elle est homosexuelle elle aussi, elle et sa mère se sont coupé de la famille pendant sept ans à cause de ça. C'est pour ça que je te disais de reprendre contact avec elle, pour que vous puissiez en parler. Elle est enceinte et sa copine est adorable.

Mais où est passée ma mère ? Où est passée la femme acariâtre, dépressive et alcoolique que j'ai connue jusqu'à mes dix-huit ans ? J'étais persuadé que le jour où elle saurait que je suis pédé, elle serait tentée de replonger… Qu'il faudrait que je lui parle beaucoup pour qu'elle comprenne que ce n'est pas un choix, que je vivrai toujours dans une sorte de marginalité, mais que ce n'était pas une tare et qu'au final je me sentais plus riche que tous ces hétéros banals… Ma mère a tout compris, toute seule, sans aucune intervention de ma part.

Les larmes sèchent, je reprends du pain et nous parlons. Je lui explique que j'ai eu envie de lui dire des centaines de fois, surtout depuis quelques années où nos rapports sont bons, mais que je n'osais pas le faire tant que je vivais chez eux. Parce qu'on ne sait jamais comment les parents peuvent réagir et qu'il vaut mieux être indépendant, juste au cas où. Quand j'ai déménagé, étant célibataire, je n'ai pas eu la force de lui dire. Je n'avais pas envie d'avoir à le "dire". Je voulais que ce soit naturel, comme on raconte qu'on préfère la vanille au chocolat. Et je voulais que ce soit au travers d'un garçon, que ce soit au travers d'une histoire d'amour, pas juste un concept sexuel un peu flou.

J'hallucine qu'elle le sache depuis six ans et qu'on n'en ait jamais parlé. Elle avait peur de me brusquer, voulait me laisser faire la démarche, mais moi j'attendais qu'elle la fasse. Elle craignait de mourir sans que jamais l'un de nous ne fasse le premier pas. Elle a failli m'écrire plusieurs fois, lorsque j'étais à Londres notamment. Elle se doutait de ma préférence sexuelle parce qu'à chaque fois que je regardais la télé avec elle et que le sujet de l'homosexualité passait sur l'écran, je changeais de pièce. Et, surtout, elle est un jour tombée sur un site sur lequel j'avais rempli un profil qui commençait par ces mots : "Jeune homme gay".

- Et comme tu ne fais pas de faute d'orthographe, je savais que ce n'était pas une erreur.

Mon père arrive à l'appartement.

- C'est quoi ces têtes d'enterrement ?
- Jonathan déprime. Et moi j'aime pas quand il déprime...

Ma mère se remet à pleurer en disant ça, et moi avec elle.
Mon père prend une voix douce et moins enjouée.

- Moi non plus j'aime pas quand il déprime… Qu'est-ce que t'arrive mon grand ? C'est ton studio ? Tu veux déménager ? On va te trouver autre chose.
- Non, c'est pas ça, intervient ma mère. Dis-lui, Jonathan.

Je me cache les lunettes sous la main posée sur mon front, geste que je fais plusieurs fois par jour depuis le 16 novembre, comme pour tenter de me protéger. Je prends une grande inspiration et ressors le même discours à mon père.

- Bah en fait, Angelounet et moi, on n'était pas que amis… Et je suis tombé amoureux d'un garçon, et maintenant il sont ensemble...
- Oh, mais c'est rien ça, j'ai vécu bien pire !
- Bah euh de ton côté, ça ne peut pas être aussi compliqué, tu ne peux pas coucher avec deux femmes qui ensuite se mettent ensemble.
- Ah mais si, justement !

C'est aussi naturel que ça. Mon père et moi débattons de ma vie amoureuse alors que je viens de lui avouer qui j'étais vraiment.

- T'aurais dû rester avec Angelounet, il est gentil ce gamin à la base, et c'est vraiment un beau garçon.
- Il s'est embelli après notre rupture, ce con, il s'est laissé pousser la barbe.
- Ah non, pas la barbe, beurk !
- Ah moi j'adore les mecs mal rasés.
- Ah bon ?

Et voilà, je raconte mes préférences en matière de garçon à mes parents. Je n'aurais jamais imaginé ça.

Mon père en profite tout de même pour glisser qu'il a couché avec plus de deux cents femmes dans sa vie, et qu'il a même arrêté de compter parce qu'il n'arrivait plus à faire les comptes. Et puis il passe à tout autre chose lorsque je caresse la chatte pendant de longues minutes. Il parle de bouffe, de ses vacances à Marseille… Que je sois pédé est juste naturel. Normal.

En partant, ma mère me donne des conseils. Elle m'incite à ne pas rester tout seul, à sortir, elle me dit de ne pas hésiter à l'appeler si ça ne va pas, je peux venir dormir à la maison si je veux…

Elle est finalement devenue la mère que j'ai toujours rêvé d'avoir, celle qui me faisait cruellement défaut quand elle ne prenait pas mes bobos au sérieux. Il aura fallu vingt-sept ans, mais elle s'occupe enfin de moi.

En sortant, je me sens libéré. Plus libre que je ne l'ai jamais été. Mes parents savent réellement qui je suis.
Je n'hésite pas une seule seconde sur la première personne que je dois prévenir. J'appelle Manu, ma meilleure amie, celle qui a été la première à connaître mon secret lorsque j'avais seize ans. Mon dernier coming out a eu lieu, la boucle est bouclée. Je peux enfin être moi-même dans tous les aspects de ma vie.

J'ai envie de partager ça avec… lui. Mais ce n'est plus possible. Nous ne sommes plus ni amants, ni amis. C'est vraiment le début d'une nouvelle vie. Avec enfin un élément positif qui a émergé de cette sordide histoire.

Aujourd'hui, je suis passé voir ma mère à son boulot, qui est juste à côté de chez moi. C'était la première fois que je lui disais bonjour en tant que vrai moi. La première fois que je la regardais, souriante qui plus est, en sachant qu'elle savait. Elle me donne mon courrier, me prête une valise et me tend des cookies.

- Il faut que tu manges.

Je me sens penaud, j'ai l'impression d'être un petit garçon.

- Ca va mieux ? T'as des nouvelles d'Angelounet ?
- On a échangé des textos, il m'a proposé qu'on se voie, mais je lui ai dit non.
- T'as bien raison, préserve-toi.

Je me confie à ma mère comme à n'importe quelle copine. C'est le monde à l'envers. Je me souviens qu'il y avait un de ses collègues que je trouvais pas mal, je vais pouvoir lui en parler un de ces quatre.

Je pars avec ma valise et mes cookies, prêt à prendre l'avion pour l'Espagne où j'ai bien l'intention d'oublier ma douleur et ceux qui l'ont provoquée. J'ai perdu des amis, j'ai perdu un pilier, mais je me rends compte qu'à travers cette souffrance, j'ai gagné une mère.

02/12/2009

02/12/09 - 01:44

Le battement de cœur de la chenille (partie 8) : sans queue ni tête

Articles précédents
Partie 1 : des bites et des bises
Partie 2 : Prince Charming ?
Partie 3 : the end ?
Partie 4 : bad romance
Partie 5 : les ailes brûlées
Partie 6 : les feux de l'amour
Partie 7 : la solitude du papillon

Il a retiré ses doigts de mes entrailles, laissant une plaie purulente et infectée. J'ai envie d'arracher mes boyaux. Vider tout ce qu'il y a en moi, faire gicler mon sang, ne plus être constitué de tout ce qui me rend vivant. Qu'on me fasse ensuite beau, qu'on referme toutes mes plaies, qu'on camoufle mes cicatrices. Je veux être une belle poupée, froide et parfaite, pour l'éternité.

...

Je tente d'oublier Monsieur D, il me faut passer à autre chose. En même temps, j'ai pitié d'Angelounet. Je le sens peu présent, il ne sait pas trop comment se comporter avec moi, il me fait mal au cœur. Je me dis que le pauvre souffre beaucoup dans cette histoire.

Jeudi après-midi, il me téléphone.

- "T'as pas répondu à mon texto ?" me dit-il. "C'est le genre de texto qu'il faut avoir."

Je n'avais rien reçu. Il me le renvoie : "Je me suis beaucoup rapproché de Monsieur D…" y écrit-il.

C'est QUOI cette MERDE ?! Ca veut dire quoi ? Il m'avait dit qu'il ne ferait rien, qu'il garderait ses distances, par égard pour ce que je ressens, pour me préserver de la même manière que j'ai tenté de le préserver quand j'ai su qu'il le kiffait, et lui en profite pour lui sauter dessus ?

Je suis hors de moi. Il ne veut pas me dire ce qu'il s'est passé exactement au téléphone. Je me revois même en train de lui dire : "Tant que t'y es, couche avec lui avant que je finisse le récit de cette histoire sur mon blog, ça fera une fin parfaite !".

On se voit à Montparnasse, jeudi soir. Il pleut et il fait froid, nous atterrissons dans la gare où il m'avoue tout.

Le jour même où Monsieur D a cessé de me contacter, soit le lendemain des dernières ambiguïtés qu'il avait manifestées à mon égard, lors de la soirée qu'ils ont passée ensemble, lorsque je sentais quelque chose de louche, ils ont dormi ensemble. Direct. Sans vergogne. J'avais eu des contacts avec Angelounet cette nuit-là, et je l'avais trouvé particulièrement peu loquace par rapport à d'habitude. Mais j'avais mis ça sur le compte de la fatigue. Non, c'était parce qu'il était dans les bras de l'autre. Mais "rien" ne s'est passé cette nuit-là, soi-disant. Mon cul oui, prenez-moi pour un con aussi.

C'est quelques jours après, alors qu'Angelounet m'avait promis de ne pas donner suite à l'ambiguïté qu'il y avait entre eux, le dimanche, alors que j'étais dévasté par tout ça et qu'il le savait, alors que je pensais le voir et qu'il ne me contactait pas, qu'ils sont sortis ensemble. Comme si c'était la chose à faire.

Ils ont ainsi entamé leur relation amoureuse, ont couché ensemble, ont mis au courant nos amis communs… Et moi, pendant ce temps-là, j'essayais de me remettre d'une histoire qui n'était pas finie. Je sentais que quelque chose se tramait, mais j'ai fait l'autruche devant l'improbabilité de cette situation. Comment pouvais-je croire qu'Angelounet allait me trahir ? Il me disait que j'étais la personne "la plus importante de sa vie", il venait de se sentir trahi parce que j'avais couché avec le mec qu'il kiffait : je ne pouvais pas imaginer une seule seconde qu'il me rende la monnaie de ma pièce.

Je tente de pardonner. J'avais souffert de ne pas pouvoir vivre mon histoire avec Monsieur D alors je me dis que s'ils s'aiment, ils ne peuvent pas renoncer à ça juste pour moi. Si deux peuvent être heureux sur les trois…

Je pardonne, parce qu'Angelounet semble aussi dévasté que moi. A la gare, au moment de se dire au revoir, je tente de contenir mes larmes pour qu'on se quitte sur une autre image. Mais lorsque je lève les yeux vers lui, je vois qu'il pleure aussi. Ce mec, toujours si fort, que j'ai dû voir pleurer deux fois en cinq ans, est en larmes devant moi. Je m'écroule dans ses bras. Je me rends compte que je pleure et que je bande en même temps, que j'ai encore envie de lui.

Nous n'avons jamais réussi à être vraiment amis. Depuis notre rupture en février 2008, nous avons continué à coucher ensemble régulièrement, j'ai souvent envisagé de retourner avec lui, alors qu'il s'est petit à petit détaché de moi. Ce soir-là, je suis perdu. Je me rends compte que les deux mecs que je kiffe, les deux seuls avec qui j'ai couché dans mon studio, sont à présent ensemble. Qu'ils se sont choisis mutuellement et qu'il m'ont laissé sur le côté.

Et puis je m'aperçois qu'ils n'ont pas été respectueux envers moi, ni l'un ni l'autre. Monsieur D s'est précipité pour mettre fin à notre relation lorsque ça a blessé Angelounet, mais me blesser moi, il n'en a rien à foutre. Quant à Angelounet, il a beau me dire que je suis la "personne la plus importante de sa vie", ça ne le gêne pas plus que ça de me mentir, de se venger et de me faire souffrir comme jamais je n'avais souffert. Il s'est passé quatre jours entre mon histoire avec Monsieur D et la première nuit qu'ils ont passée ensemble. Quatre jours seulement durant lesquels Monsieur D a entretenu une ambiguïté avec moi. Ils auraient pu attendre, juste attendre que je n'aie plus le goût de son sperme dans mon cœur. Je suis le dindon de la farce.

Je suis plus mal que je ne l'ai jamais été, plus mal que lorsque B. m'avait trompé, et pourtant je pensais à cette époque avoir touché le fond. Jamais je n'aurais cru qu'Angelounet me ferait un jour aussi mal.
Je ne peux même pas vivre ma peine tranquillement car je me regarde la vivre, étudie les réactions étranges de mon corps. Je me vois éclater en sanglots, pousser des cris incontrôlables, être pris de convulsions, baver, et malgré toute la douleur, une part de moi se demande pourquoi mon visage ne peut plus rien contenir. Je suis ridicule, une loque, une sous-merde de l'humanité. Je me sens aussi pathétique qu'une tragédienne.
Je regarde la quantité de mouchoirs au pied de mon lit et me souviens que la dernière fois qu'il y en avait autant ils n'étaient pas pleins de morve et que c'était Monsieur D qui les avait remplis.

J'ai tellement mal que je ne sais plus pourquoi j'ai mal à force. Je ne sais plus si c'est parce que Monsieur D sort avec Angelounet ou si c'est parce qu'Angelounet sort avec Monsieur D que je souffre. Le mec qui représentait mon futur a rencontré mon passé et a fait exploser mon présent. Je suis blessé par la personne que j'ai le plus envie de voir quand ça va mal ; mon médicament est devenu un poison.

J'essaie de tout envisager. Si je reste ami avec Angelounet, je vais être confronté à sa nouvelle relation, je ne pourrai jamais m'en remettre. Mais lui et moi sommes incapables d'être amis, on ne peut pas l'être lorsqu'on a encore du désir et qu'on est jaloux dès que l'autre rencontre un autre garçon. Je suis contraint d'avouer que j'ai encore et toujours des sentiments pour lui. J'ai envie qu'il passe toutes ses nuits avec moi, qu'il me guérisse de mes larmes nocturnes infernales, qu'il prenne mon cœur entre ses mains pour lui insuffler une nouvelle vie. Mais c'est impossible, ce serait malsain et égoïste de ma part. Il ne me reste donc plus qu'à couper les ponts.

Je vois Angelounet une ultime fois. Il refuse que je le quitte définitivement. Pour autant, il ne fait rien de concret pour me retenir. Et, surtout, je me rends compte qu'il ne souffre pas tant que ça. Pendant que moi je déprime comme jamais, lui prend du bon temps avec Monsieur D. "Ce que je vis avec lui, c'est génial", m'assène-t-il sans se rendre compte de la cruauté de ses paroles. Je suis en train de crever, et tout ce qu'il trouve à dire c'est à quel point ce qui me rend malheureux lui fait du bien. Je comprends alors qu'Angelounet est égoïste, incohérent et insensible. Ils vont vraiment bien ensemble, mes deux "amours", les deux mecs pour qui soi-disant je compte.

Je me suis fait enculer le cœur à sec et je ne bande plus du tout. Je pleure quasi non-stop depuis des jours et mes amies avec moi. L'aspect positif de cette histoire est de réaliser à quel point elles sont présentes et à mon écoute. Elles se sentent impuissantes face à ma peine et pourtant elles sont la seule chose qui me fait du bien. Les voir discuter de ça, s'emballer, me prendre dans leurs bras, pleurer avec moi, passer plusieurs nuits en ma compagnie afin que je ne reste pas seul… Jamais je n'aurais dû accorder autant d'importance à Angelounet quand je vois à quel point j'ai des gens qui m'aiment vraiment, qui font vraiment tout ce qu'ils peuvent pour me soutenir, eux.

Mais dans la bataille il y a des blessés innocents. Les amis d'Angelounet, qui sont devenus mes amis au cours du temps, se retrouvent victimes eux aussi. Je suis contraint de mettre fin à la relation que j'entretenais avec eux également parce que je ne pourrais pas supporter d'avoir des nouvelles d'Angelounet, de les voir vivre tous ensemble alors que je reste seul. Ca me tue de les faire souffrir alors qu'ils ne devraient pas pâtir de ce qui ne concerne que nous deux. Je n'ai vraiment pas envie de me séparer d'eux, je souhaiterais trouver un moyen pour que nos corps frémissent tous ensemble à minuit, mais je ne sais pas quelle autre solution envisager.

J'ai l'impression que Monsieur D a volé ma vie. Il a pris l'un de mes piliers, il sympathise avec les amis que je suis obligé de quitter par sa faute… Il a bien mené tout le monde en bateau avec son air de ne pas y toucher.

Quand j'ai passé la nuit avec Monsieur D, je pensais juste intégrer une nouvelle personne à mon existence. Deux semaines après, j'en perds plus de dix.

Il me faut reprendre ma vie en main. Ne plus être une victime. Ne plus me laisser bouffer par les sentiments des autres ; devenir plus égoïste. J'ai été le plus honnête dans cette histoire, le seul à être authentique, à reconnaître mes erreurs, à faire en sorte que les blessures de chacun soit minimes. Je suis au final celui qui perd le plus et qui morfle le plus.

Quand j'ai commencé à écrire ces textes sur mon blog, je pensais que ce serait l'histoire de ma relation avec Monsieur D. Je ne savais pas encore qu'elle finirait sur la mort de plusieurs relations et qu'elle tournerait autour de celui qui a tant compté pour moi, Angelounet. Bientôt j'aurai supprimé tous ses textos, rangé tous ses souvenirs, détruit tout ce qui vient de lui. J'espère qu'avec le temps je guérirai et que je ne conserverai en mémoire que les bons moments de notre vie commune.

C'est la fin de mon histoire avec Monsieur D, vingt-quatre heures de bonheur, deux semaines de douleur ; et c'est surtout la fin de mon histoire avec Angelounet, cinq ans de relation, des milliers de baisers, de larmes, de rires, de prises de tête, d'engueulades, de ronflements, d'insomnies, de dépannages informatiques, de précisions orthographiques, de frustrations, d'incompréhensions, de soutien, de chorégraphies, de sorties à Disney, de séries partagées, de nuits coquines, de débats endiablés, de moments d'amour et d'amitié.

La fin d'un temps qui détruit tout.


"I've been running in your direction
For too long now
I've lost my own reflection
And I can't look down
If you're not there to catch me when I fall.

If this is the moment I stand here on my own
If this is my rite of passage that somehow leads me home
I might be afraid
But it's my turn to be brave.
If this is the last chance before we say goodbye
At least it's the first day of the rest of my life
I can't be afraid
Cause it's my turn to be brave."

(Idina Menzel - Brave)

29/11/2009

29/11/09 - 04:11

Le battement de cœur de la chenille (partie 7) : la solitude du papillon

Articles précédents
Partie 1 : des bites et des bises
Partie 2 : Prince Charming ?
Partie 3 : the end ?
Partie 4 : bad romance
Partie 5 : les ailes brûlées
Partie 6 : les feux de l'amour

Monsieur D va bien. Plus de peur que de mal après une très mauvaise chute dans un très mauvais endroit. On se voyait déjà débarquer tous les deux à l'hôpital, Angelounet et moi, dans un grand moment glauque, pour réconforter notre amour commun.

Je remarque qu'ils s'échangent beaucoup de messages et que je n'ai rien... A peine si Monsieur D daigne répondre à mes textos. Je me montre disponible (ce qui est un exploit), prêt à l'aider. J'ai vraiment envie d'être présent pour lui, en souvenir de ce que nous avons vécu quelques jours auparavant. Mais il ne donne pas suite.

Je me suis alors souvenu de notre dernière conversation, dans laquelle il me disait à quel point il était difficile à vivre en couple (exactement le genre de chose que je raconte, soit dit en passant). Il me parlait de la distance qu'il prenait parfois, du jour au lendemain, sans prévenir, avec ses mecs. Il avait besoin de solitude et ne souhaitait plus les voir, et il ne les avertissait même pas.

Mais je pensais qu'il parlait des mecs avec qui il était officiellement en couple, pas ceux avec qui c'était justement fini. Alors voilà, c'est ainsi que je comprends être l'homme à fuir, celui qui ne représente plus qu'un mauvais souvenir pour lui. Il continue à voir mon ex et moi je n'existe malheureusement plus.

Je tente de mettre de côté mon désir de le revoir jouir, de sentir ses bisous presque enfantins, de me complaire dans son affection retenue. Il conserve un effet sur moi, ma peau semble se dessécher sans son contact. Je voudrais l'oublier, m'intéresser à d'autres garçons, mais il est le seul auquel je pense... Tout ça parce que notre histoire n'a pas eu la fin qu'elle méritait.

Je suis amer et profondément blessé. J'ai du mal à m'expliquer sa différence de comportement et de mots face à Angelounet et moi. J'ai du mal à comprendre sa disparition soudaine de ma vie. J'ai du mal à comprendre la destruction du lien qu'il avait lui-même reconnu.

Après plusieurs heures de torture mentale, je décide d'en finir en lui écrivant un mail de mise au point. J'ai besoin qu'il sache ce que je ressens et je lui fais savoir que son comportement n'est pas des plus corrects. Surprise, il me répond, se confond en excuses. Il ne me fuit pas, loin de là, c'est juste un mauvais concours de circonstances. Il me dit qu'il tient beaucoup à moi mais qu'il ne croit pas en une quelconque histoire entre nous.
Paradoxalement, nous sommes incroyablement sur la même longueur d'ondes là-dessus ; moi non plus je n'y crois pas. Mais j'avais envie de dépasser les incompatibilités, les critères classiques de choix d'un partenaire pour me laisser aller à ce que je ressentais. Faire taire le mental au profit de l'intuition.

Plus de nouvelles pendant plusieurs jours à nouveau... Il fuit le vrai dialogue. Jusqu'à quelques textos où Monsieur D est particulièrement agréable. En creusant, je me rends compte qu'il s'ennuie. Je ne suis pas dispo ce jour-là, je tente de relancer la discussion le lendemain. Il me répond à peine. Je ne suis vraiment qu'un lot de consolation pour lui et commence à croire toutes les théories élaborées auparavant.

C'est la première fois que je suis rejeté par un garçon. Bien sûr, mes sentiments ne trouvent pas toujours de réciprocité avant qu'il se passe quelque chose, mais après avoir couché, on ne m'a jamais tourné le dos. A fortiori quand ça s'est bien passé. Ne suis-je plus assez bien ?

En quelques jours, tout est déjà loin. La douleur reste vive, mais les événements appartiennent déjà à un autre temps. Quand je repense à cet "amour", je le vois comme un film dont je n'étais pas l'acteur. J'ai vraiment oublié la saveur de son corps et les contours de ses traits. Je le redécouvre à chacune de ses photos et c'est bien ce qui blesse.

Je ne couche jamais une seule fois avec un garçon. Ca ne me satisfait pas. Si je me sens bien physiquement, si sexuellement ça me plaît, j'ai un engagement moral et sentimental incontrôlable. A partir du moment où le désir est en moi, ce n'est que le début. L'histoire peut durer dix jours ou trois ans, peu importe ; j'ai besoin d'écrire ma vie au rythme de mes émotions, de mes choix, de mes erreurs. J'ai au contraire bien du mal à digérer les événements extérieurs, ceux qui bouleversent mon quotidien. J'ai déjà bien assez de barrières internes pour ne pas en plus subir celles du reste du monde. Je ne cherche pas de plan cul, et pourtant je me retrouve à en faire un. J'aurais tellement voulu pénétrer plus l'esprit de Monsieur D et en extraire la substantifique moelle.

Etrangement, j'ai la sensation de ne pas avoir assez pleuré, de ne pas avoir assez souffert. Il me reste quelque chose à purger. Comme si la blessure avait été refermée trop tôt, sans avoir le temps de pleinement cicatriser. A présent je vis dans l'attente d'un nouveau coup et crains la douloureuse réouverture de ma plaie.

J'aurais voulu revoir Monsieur D comme je l'ai vu ces 24 heures. Il a été le septième garçon avec qui j'ai couché. 7 étant mon chiffre préféré, j'étais persuadé que celui qui l'endosserait serait pérenne dans ma vie. Ah il a une importance indéniable, mais la douleur a fini par dépasser le bonheur qu'il m'a procuré ce week-end-là.

Mon cœur me porte toujours vers les garçons les moins fiables. C'est peut-être mon super-pouvoir, après tout : j'embrasse des princes, ils se transforment en crapauds.
J'aurais voulu qu'il me revienne, qu'il me surprenne. Comme dans une fiction romantique, le retrouver devant chez moi. Qu'il me regarde avec émotion, me saute dans les bras, me donne un magnifique baiser de cinéma.
Violons, fondu au noir, générique. Les gens quittent la salle, repus de leur dose d'émotion. Et moi je reste seul, dans mon fauteuil, face à l'écran de mes frustrations.

A suivre...

27/11/2009

27/11/09 - 08:07

Le battement de cœur de la chenille (partie 6) : les feux de l'amour

Articles précédents
Partie 1 : des bites et des bises
Partie 2 : Prince Charming ?
Partie 3 : the end ?
Partie 4 : bad romance
Partie 5 : les ailes brûlées

Le lendemain de cette douloureuse nuit, j'avoue à Angelounet mes sentiments pour Monsieur D. Il n'avait effectivement pas conscience de ce que je vivais, il pensait que je ne m'étais pas emballé, que c'était juste l'affaire d'une nuit. Et malheureusement pour nous, Angelounet me confie à son tour avoir toujours des sentiments pour Monsieur D...

Le comble : tous les deux amoureux du même mec. Qu'est-ce qu'il nous a fait pour nous envoûter de la sorte ? Deux amours impossibles par peur de faire souffrir l'autre, et parce que le pauvre Monsieur D est dans une situation particulièrement délicate. Mon ex et moi essayons d'avancer mais on se retrouve face au même mec, face au même mur. Ou presque.

J'avais l'impression de me sacrifier, de renoncer à une relation pour préserver Angelounet, et je me rends compte, en en parlant avec lui, qu'il a exactement la même sensation. Mais, dans la mesure où Monsieur D n'est pas intéressé par lui à la base, comment est-ce possible ?

Et mon ex de m'avouer que Monsieur D a opéré une rapprochement ambigu et coupable envers lui... Au moment même où il a cessé de me contacter, d'ailleurs.
Mon monde s'écroule, mes croyances semblent vaines. Quid de l'ambiguïté qu'il y avait entre nous, quid de ses mots ? C'était du vent ? C'était de la pitié ?

Tout devient si irréel que j'ai de plus en plus de mal à me souvenir des belles choses de cette histoire. J'oublie son visage, sa voix et son odeur et quand ils me reviennent en mémoire je suis frappé par sa grâce. Je souhaite trouver du sens là où je ne rencontre qu'incohérence. Il me manque un élément important. Il s'est passé quelque chose - une prise de conscience, un événement - et je n'ai pas été mis au courant. Il va me falloir trouver la paix même sans cette clef.

Monsieur D m'avait avoué être un garçon hypocrite... Serait-ce vrai ? Il pourrait être hypocrite même avec moi qui souhaite tellement l'authenticité dans les relations ? En tout cas il n'a pas été honnête en ne me parlant pas de ses potentiels sentiments pour Angelounet. Je me sens floué, abusé.
Peut-être s'est-il trompé sur mon compte ? Après tout, quand on y pense, il m'a rencontré un soir où j'emballais tout le monde et où je touchais toutes les bites que je pouvais... Ne sachant rien d'autre de moi, il a pu me prendre pour un garçon plus facile que sensible. Il voulait une rencontre sexuelle quand j'en cherchais une amoureuse ? Pourtant, lors de notre date, j'ai mis les choses au clair direct, je lui ai dit qui j'étais, que je ne couchais pas en claquant des doigts, que j'avais besoin de vibrer. Il aurait pu faire demi-tour si ça ne lui convenait pas. Mais les actes de la veille devaient probablement avoir plus de résonance que de simples mots.

Malgré le choc de ce revirement, je ne me vois pas empêcher Angelounet et Monsieur D d'être ensemble s'ils le souhaitent. J'aurais aimé pouvoir vivre mon histoire, alors si ça peut atténuer la douleur de quelqu'un de se laisser aller à ses sentiments, qu'ils le fassent.

Et alors que je discute de tout ça avec Angelounet, Monsieur D a un accident qui le voit passer à la limite de la mort.

Ma vie bascule dans une mauvaise fiction gay.

A suivre...

26/11/2009

26/11/09 - 21:45

Le battement de cœur de la chenille (partie 5) : les ailes brûlées

Articles précédents
Partie 1 : des bites et des bises
Partie 2 : Prince Charming ?
Partie 3 : the end ?
Partie 4 : bad romance

Me voilà bien, amoureux d'un mec qui ne me correspond pas, frustré de ne pas pouvoir vivre mon histoire simplement avec lui et aller au fond des choses. Surtout si je sens qu'il m'aime bien, vais-je devoir renoncer à lui encore longtemps ?

Jusqu'au jour où je n'ai plus aucune nouvelle de Monsieur D. Alors qu'il était présent, il cesse de me contacter. J'ai d'abord supposé que c'était dû à son boulot. J'attends patiemment jusqu'au soir pour pouvoir tchatter avec lui, comme tous les soirs depuis que nous nous sommes rencontrés. Mais je découvre sur son Facebook, impatient de savoir quand il arriverait, qu'il passe la soirée avec... mon ex.

Horreur et damnation. C'est que, finalement, Angelounet va mieux et repart de plus belle. Mais alors s'il va mieux, pourquoi me priver de mon amour ? Mais pourquoi ils se voient si vite ? Et si longtemps ? Toute une soirée ensemble ? A boire ? Pourtant Monsieur D ne le kiffe pas, il a été très clair là-dessus... Et s'il s'était mis à le kiffer entre temps ? Mais non, il s'est montré ambigu avec moi, il ne peut pas jouer sur les deux tableaux. Nan, ils ne me feraient pas ça, quand même...

La nuit est atroce. Je suis bouffé par la jalousie, bouffi par les larmes, rongé par l'angoisse. J'ai besoin de ma dose de Monsieur D sans parvenir à la satisfaire. Je suis à deux doigts de me jeter sur le Lexomil pour me calmer, mais je ne veux pas foutre en l'air mes trois premières semaines de sevrage.

Je tente de joindre Angelounet mais il ne répond pas. Putain mais qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'ils font ? Je finis par sortir de chez moi, à presque deux heures du matin, pour prendre l'air, me promener, réfléchir. C'est la seule échappatoire que je trouve, le seul apaisement naturel qui me convienne.

Je repense à tout ça. A ce que je ressens de démesuré pour Monsieur D. Je me sens tellement con, parce que c'est l'interdiction qui donne de l'ampleur à mes sentiments. Peut-être que je l'aurais aimé de toute façon, ou peut-être que je me serais lassé de lui. Mais c'est rageant de ne pas savoir.

Monsieur D me fascine parce que je ne le saisis pas parfaitement. Alors que la plupart des gens n'ont, très rapidement, plus aucun secret pour moi, il met mes perceptions en difficulté. Je suis comme une blondasse télépathe incapable de lire les pensées du vampire en face d'elle.
Je pense que ce qui me trouble en lui, comme avec beaucoup de gens d'ailleurs, c'est la faille qu'il cache ; cette part d'ombre, cette douleur refoulée, celle qui provoque des névroses. Il fuit ses ténèbres et prend le masque du garçon drôle et caustique pour maintenir à distance tous ceux qui s'approcheraient de lui. Car il a très peur de lui-même, il craint de savoir qui il est réellement. Rencontrer quelqu'un comme moi est donc dangereux pour lui. Si dans un premier temps pouvoir se confier est un soulagement, il ne doit pas encore être capable de faire face à ses démons. Et se faire psychanalyser par un mec n'est certainement pas sa conception d'une relation. Surtout à 20 ans.

Mais moi, je me retrouve avec quelqu'un qui me bouleverse et me résiste. J'ai envie de le comprendre ; c'est un défi intellectuel et émotionnel. J'ai besoin de savoir concrètement ce qui me plaît tant en lui. Une connexion créée par un baiser doit révéler des étoiles similaires dans le ventre.
Quelque chose m'échappe et c'est ce vide que je cherche à combler avec lui.

Il réveille une part d'enfance en moi... Il révèle une solitude, l'abandon dont j'ai été victime, comme si sa peau pouvait me protéger mieux que mes parents n'ont su le faire. Et puis, dans cette affaire, j'aime avoir enfin fait sauter des barrières - avant qu'elles ne me défoncent la gueule. J'en viens à la conclusion que ce que j'aime chez Monsieur D, finalement, ce n'est peut-être pas lui, mais moi à travers lui. Je suis tombé amoureux du Jonathan que j'ai découvert la nuit où nous nous sommes connus, quelqu'un qui enfin pouvait vivre pleinement le moment présent. En perdant Monsieur D, j'ai peur de perdre ce nouveau moi.

Mais ces pensées ne sont qu'une vue de l'esprit me proposant une accalmie de quelques heures seulement.

A suivre...

25/11/2009

25/11/09 - 17:48

Le battement de cœur de la chenille (partie 4) : bad romance

Articles précédents
Partie 1 : des bites et des bises
Partie 2 : Prince Charming ?
Partie 3 : the end ?

La vie aurait dû reprendre son cours, normalement. Nous aurions dû cicatriser, oublier les douleurs et les rancœurs pour laisser place aux souvenirs. J'aurais dû changer mes draps, qui ont morflé comme mon cœur au passage de Monsieur D. Au lieu de ça, je les conserve par envie de prolonger un peu plus ce que j'ai vécu... Mais des draps sans odeur ne réchauffent pas une peau en manque de sa drogue.

Monsieur D continue à bien communiquer avec moi. Bien plus que je ne l'aurais imaginé. Parallèlement à l'apaisement de la colère partagée par Angelounet et moi, Monsieur D s'avère particulièrement... sympa. Il m'envoie des textos, des mails, on se parle sur Facebook, durant des heures. Jusqu'à 3h du matin, tous les soirs, alors qu'il se lève tôt le lendemain. Il me dit qu'il a vraiment apprécié ce que nous avons vécu, et je le questionne afin d'en savoir un peu plus sur tout ce qu'il s'est passé.

Il a lui aussi ressenti quelque chose la nuit de notre rencontre et savait que j'allais l'ajouter sur Facebook à peine rentré chez moi, c'est bien pour ça qu'il s'était connecté également. Et s'il n'y avait pas eu cette histoire avec Angelounet, il aurait souhaité me revoir.

Ca me fait plaisir de savoir que je ne me suis pas emballé pour rien et qu'il y a, malgré toute la pudeur de ce garçon, un écho à ce que je vis intérieurement. Si on ajoute le désir sexuel qu'il manifeste à mon égard par la suite, le justifiant par l'excitation de l'interdit et l'heure tardive de nos conversations, on comprend aisément que je bascule. Mon cœur et ma bite sont mariés, alors avoir en face de moi un garçon qui m'explique qu'il me désire et qu'il m'aime bien, tout en gardant une réserve non seulement par égard pour le troisième mais aussi parce que j'imagine qu'il ne me kiffe pas tant que ça, ça entretient mes sentiments pour lui. Et je me sens devenir fou.

Tout le monde dans mon entourage me dit que c'est dommage de laisser tomber un mec pour qui je me suis autant emballé, surtout que ça m'arrive tellement rarement... Je me sens mal, tiraillé entre mon désir pour Monsieur D et la souffrance de mon ex. Je ne pourrais pas être heureux avec ce nouveau garçon en sachant que l'autre est en pleine douleur. Pour autant, moi non plus je ne vais pas bien.

Monsieur D a reçu des produits de beauté susceptibles de m'intéresser à son travail. Il propose de m'en donner. Je me fous des flacons mais j'accepte ; j'ai un besoin viscéral de le voir alors je saisis l'occasion. Et je me dis que, quelque part, il doit bien avoir envie de me revoir lui aussi...

Ce "deuxième rendez-vous" se déroule de façon assez similaire au premier, mis à part le fait qu'on sait tous les deux qu'il ne pourra rien se passer. On a du mal à vraiment communiquer, je sens bien que nos points communs sont limités, et pourtant, j'ai envie de lui. J'ai envie de le prendre dans mes bras, j'ai envie de le foutre à poil, je me sens une fois de plus bouleversé par lui. Je reste sage et lui fais une chaste bise en lui disant au revoir, appréciant la main qu'il pose sur mon bras à ce moment-là.

Je repars en pleurant. J'espérais me lasser de lui, me rendre compte que non, finalement, il ne me plaît pas tant que ça... Au contraire. Lorsqu'il me parle de ses précédentes expériences, je vois bien que ce serait complètement la merde et que ce mec me ferait souffrir. Mais il n'y a rien à faire, je suis en kif total.

Il faut que je le revoie, que je le récupère.

A suivre...

 

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Jonathan, 27 ans, consultant éditorial.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.