10/06/2003ProcèsDevant le MacDo, alors que nous attendons que mon père vienne me chercher en voiture, Cindy me demande : "Tu t'entends comment avec ton père ?"
Je ne sais pas trop quoi lui répondre car je ne m'entends ni mal, ni bien avec mon père. On se croise et c'est tout. Je suis extrêmement distant de mes parents. J'ai coupé le cordon il y a des années car j'en avais marre d'être déchiré par leurs engueulades intempestives. Aujourd'hui, je vois bien que mon père en souffre. C'est probablement pour ça, entre autres, qu'il boit. A chaque fois qu'il rentre à la maison il vient voir si je suis là et me demande comment s'est passée ma journée. Tant qu'il n'est pas trop bourré il me téléphone de son bureau pour savoir si je veux qu'il me fasse à manger (il sait que je ne suis pas doué pour ça et il adore cuisiner.) Il essaie, à sa manière, de se rapprocher de moi. Parfois il essaie de me comprendre, me demande ce que je fais sur le Net, avec qui je parle, de quoi on discute... "De tout et de rien." Je ne peux pas lui dire que je parle avec des homos, que je parle avec mon mec, que je parle de bite. "On peut parler de séries télé comme on peut philosopher." Quelque part j'aimerais qu'il sache réellement qui je suis, mais ce n'est pas le moment... Pour un homme de 67 ans, le Net, c'est très intriguant.
Malheureusement pour notre relation, mon père représente ce que je déteste : les mecs hétéros. Il est maladroit et gauche dans l'expression de ses sentiments, il n'arrive ni à parler ni à écouter correctement. Il est lubrique, vulgaire et suffisant. A côté de ça c'est la personne la plus gentille, la plus généreuse et la moins matérialiste que je connaisse.
Aujourd'hui, je me suis engueulé avec mon père. Il a eu la bêtise d'être bourré pour venir me chercher en voiture et l'indécence de diriger vers moi une des phrases qu'il ne faut jamais, ô grand jamais, prononcer devant moi : "T'es con !" Ca m'a fait sortir de mes gonds. Qu'est ce que j'en ai à foutre de savoir où est le nord et où est le sud ??? Je vis en ville, pas à la campagne, merde !
Ce qui me fait chier surtout, c'est avec quelle suffisance il a besoin de se mettre en valeur, de se prouver et surtout de faire croire aux autres qu'il est intelligent : moi, je connais tous les oiseaux, je sais tous les reconnaître, même de loin (ouiiiiiiiiii surtout quand on a de gros problèmes de vue...), moi, je sais m'orienter partout, je ne me perds jamais (oui, surtout quand t'es bourré comme aujourd'hui,) moi, je connais par coeur des poèmes de Musset, de Victor Hugo, d'Alfred de Vigny (c'est super, c'est vrai qu'en ayant retenu trois misérables poèmes de ton enfance ça prouve à quel point t'es cultivé... l'intérêt de la poésie c'est de savoir lire entre les lignes, pas les réciter bêtement...)
Je ne supporte pas la suffisance. Je suis certainement plus cultivé que mes deux parents réunis et pourtant je ne suis pas cultivé. Tous deux se raccrochent au peu qu'ils savent pour entretenir l'illusion. Moi, je sais que je ne sais rien. Même pas si je les aime.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |