31/03/2004StresscendoLa licence : un DST de grammaire que je n’arrive pas à réviser, le thème à rendre que je n’ai pas commencé, le devoir sur la pauvreté en Grande-Bretagne que j’ai à peine entamé, les livres que je n’ai pas fini d’étudier, l’exposé de littérature qui me fait bien…
Erasmus : séminaires à choisir à Paris, matières correspondantes à Londres, profs à rencontrer, infos à glaner, sujet de mémoire à envisager. En dix jours chrono.
Le permis : le mec de l’auto-école que je déteste, la date de l’examen pas encore fixée, les coûteuses heures à reprendre.
Et avec ça, une personne qui m’est très chère ne va pas bien du tout…
Résultat : mauvais dodo.
Destresscendo
Un lexo.
Résultat : dodo.
J’espère. 29/03/2004Biscrimination sexuelleIl y a une chose qui m’a très souvent surpris chez les homos, c’est à quel point ils peuvent, eux aussi, s’avérer être intolérants. Quand j’étais un peu plus jeune et beaucoup plus naïf, je pensais que les homos prônaient l’amour et l’ouverture d’esprit comme règle de vie. En réalité, et je ne porte plus aucun jugement là-dessus, certains érigent le sexe à une place royale. Ce qui donne quelque chose du genre : je peux te baiser, tant mieux, tu es sexuellement inaccessible, adieu.
Ainsi, ils peuvent se cloîtrer dans un monde amical monosexuel, et rejeter, d’une part, les filles, et d’autre part, les hétéros. Je dois tout de même reconnaître que tous, fort heureusement, ne sont pas comme ça. Et puis, moi, de toute façon, avec les hétéros, j’ai un peu (de) mal.
Il y a quelques années, alors que j’avais fait mon coming-out un ou deux mois auparavant, j’ai entamé ma vie homo-amicale-amoureuse. J’ai ainsi fait la connaissance d’un garçon qui n’avait, pour seul défaut, que d’être bisexuel. J’avais toujours eu un peu peur des bis, parce que j’étais persuadé qu’ils ne pouvaient se satisfaire d’un seul sexe. Après tout, quand on n’aime qu’un seul sexe, on peut, en général, faire tout ce que nos désirs nous imposent sans restriction. Mais quand on aime les deux sexes, il y a toujours quelque chose qu’on peut faire avec l’un et non avec l’autre.
Néanmoins, curieux, j’ai discuté avec ce garçon et ai tenté de comprendre. Je me suis alors rendu compte qu’être bi n’était pas plus différent que d’être homo ou hétéro. Ce n’est qu’une orientation sexuelle qui n’impose pas nécessairement un mode de vie ou un autre. Etre bi, c’est juste être attiré par les deux sexes, et ça n’empêche en aucun cas d’être entièrement satisfait par son ou sa partenaire.
Une fois compris tout ceci, je me suis dit que ça devait être génial d’être bi : le potentiel de partenaires possibles est multiplié par deux, on n’a aucune restriction, on peut plus facilement choisir de rentrer dans la « norme » ou pas.
Et c’est là que je me suis heurté à l’intolérance homo pour la toute première fois. L’ex du jeune homme avec qui j’entretenais une relation quelque peu ambiguë, a déclaré : « Entre la viande et le poisson, il faut choisir. » Choisir. Ce mot, dans ce contexte, me répugne. Choisir. Comme si on choisissait son identité, comme si on choisissait d’être attiré par tel ou tel sexe. Quand on est homo, on sait parfaitement qu’on ne s’est pas réveillé un matin en choisissant d’aimer la bite. Ce sont nos goûts qui s’imposent à nous, pas l’inverse. Alors qu’un homo ose dire qu’il faille choisir d’aimer un seul sexe m’a profondément choqué.
Depuis, je me suis rendu compte à quel point la bisexualité pouvait être mal vue, et les bisexuels rejetés. Si les homos sont rejetés par les hétéros, il s’avère que les bis, eux, sont rejetés par tout le monde. Pourquoi ? Tout simplement à cause des préjugés que j’ai cités plus haut et qu’ils ont été incapables de surmonter. Etre bi, aux yeux de certains homos, est presque devenu le dernier virus à la mode qu’il faut à tout prix éviter.
La fidélité n’est pas une question de sexe (« tous les hommes sont infidèles »), ni d’orientation sexuelle (« un couple homo ne peut pas durer », « un bi couche à droite à gauche ») mais de personne. On s’épanouit autant en sortant avec un bi qu’avec un homo comme nous.
Il n’en reste pas moins que, malgré cette réflexion basée sur mon objectivité, j’ai subjectivement tendance à rejeter un peu, moi aussi, les bis. Mais c’est dû à mon expérience personnelle, dû au fait que je me suis amouraché, une deux fois, d’un bi potentiel, et que, du coup, (quand j’étais célibataire,) j’ai décidé de n’envisager de relation amoureuse qu’avec un garçon qui sait ce qu’il veut et qui sait ce qu’il est. J’entends par là qui est certain de son orientation sexuelle, qu’il soit homo, bi, ou hétéro. Et mon bi à moi, y a pas de doute, il est bi.
Il est vrai que sa bisexualité me gêne un peu, car elle crée une distance entre lui et moi. Je pensais que le couple homo était basé sur une attirance commune pour la bite, et le rejet total de la fouffe. Quand on doit gérer les élans hétérosexuels de son petit copain pédé, c’est un peu perturbant. J’ai parfois le droit à « Y a d’la bonnasse » ou aux commentaires machos que nous avons tous eus à subir lorsque des pussy lovers se trouvent dans la même pièce. Mais bon. Ce n’est pas un réel problème non plus, et ce n’est pas parce qu’on est bi qu’on ne peut pas accepter la part d’homosexualité en soi. Si tout le monde acceptait la part de bisexualité qui est en nous, on ferait peut-être moins la guerre, et plus de partouzes ! ;) 28/03/2004Temps et sentimentsJ’ai l’impression que ce que je ressens évolue dans le bon sens. Après la passion, après la distance, quelque chose de plus doux se construit. Mes élans d’affection, (quand mon cœur saute d’un coup dans ma poitrine, juste parce qu’il est là, à côté de moi, provoquant une augmentation de l’humidité lacrymale, un flux de sang dans mon bas-ventre, une terrible envie de sentir sa chaleur contre ma peau,) autrefois si fréquents, recommencent à se faire entendre.
La passion, c’est tellement fort, c’est tellement bon, mais ça fait tellement mal aussi. Au moins, la douceur m’aide à ne pas trop ressentir de négativité lorsque mon connard dit quelques mots de travers en plein dans mon cœur.
De manière générale, mon obsession mortelle s’est nettement moins exprimée cette semaine, nous laissant apprécier l’arrivée du printemps. Mon cœur bourgeonne doucement.
Mais tout n’est pas aussi simple. Avec moi, jamais. Il y a toujours ces petits détails de jardinier, toujours quelques moucherons qui viennent me brouter. Notamment, le temps. J’ai cette impression terrible, depuis toujours, que le temps file entre me doigts sans que je puisse en garder une goutte. Résultat, de devoir attendre constamment que mon connard fasse-ci ou ça, qu’il passe des heures devant son ordinateur me laissant dans la contemplation de l’ennui le plus total, suffit à rafraîchir mon environnement par quelques giboulées. En avril, ne te découvre pas d’un fil. 27/03/2004Money money moneyParce que, comme tous les gens qui travaillent chez Paul, ma mère a osé ramener du pain au lieu de le mettre à la poubelle, elle va bientôt être licenciée. De plus, elle a signé un papier sans savoir ce que c’était (chantage et peur aidant), qui est probablement une déclaration reconnaissant qu’elle a fait une faute grave (ou lourde), ce qui signifie : pas d’indemnités, pas de congés payés. Elle comptait changer de boulot de toute façon, mais cela n’arrive pas au meilleur moment ni de la meilleure manière qui soit…
En effet, mon forfait d’heures de conduite arrive à son terme et il me faut d’autres heures. Plein. Ca coûte très cher.
De plus, je rappelle que je pars à Londres dans six mois. Ce qui signifie que je dois économiser d’ici là, donc que je n’ai pas franchement les moyens de débourser pour la conduite.
Qui plus est, les affaires de mon père ne sont pas au beau fixe non plus. Il n’y a pas de clients en ce moment dans le bâtiment.
Je n’aime pas ce genre de période où, à cause de l’argent, ou plutôt de l’absence d’argent, on est obligé de se priver de choses importantes. On se sent comme emprisonné.
Je me suis très souvent retrouvé dans cette situation, mais heureusement ça ne dure pas nécessairement. Alors espérons que la machine à sous va vite faire tomber les cerises.
Heureusement, ma mère a beaucoup d’économies, et moi pas mal aussi. 26/03/2004Toc toc tocLe petit Jona a entr’ouvert la porte du monde du travail aujourd’hui. En effet, j’ai eu mon premier entretien d’embauche. Ca m’a fait tout bizarre ! Je n’ai pas pu mettre le classique costard cravate parce que 1) Je déteste ça ; 2) Je n’ai pas eu le temps de me faire prêter une chemise et des chaussures. J’ai donc mis ce que j’avais de plus sobre et classique : mes vans grises, un pantalon gris, un pull gris. J’ai troqué les boules de piercing turquoise contre les noires, j’ai mis juste un peu de gel à la Tintin, et hop, je me suis retrouvé devant la DRH.
Elle était super sympa ! J’ai halluciné de me trouver face à quelqu’un de si agréable et humain. J’étais un peu stressé et je n’ai pas du tout essayé de me vendre : vu que ce ne serait que pour un pti job de vacataire dans le secrétariat et l’archivage, il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences particulières. J’ai essayé, néanmoins, de me montrer le plus souriant, poli et agréable possible.
J’avais plutôt l’impression que c’était elle qui essayait de me vendre l’entreprise : « Marquer sur son CV qu’on a travaillé pour nous, ce n’est pas négligeable. » Je ne savais pas que c’était si réputé.
Le salaire : 55 euros par jour, sur la base de 35 heures.
Je pense que ça s’est bien passé. En même temps, je n’ai aucun point de comparaison. Réponse dans quelques semaines.
Dans la foulée, j’ai osé relancer le magazine anglais que j’adorerais intégrer, et, par chance, je suis une fois de plus tombé sur une femme qui était très sympa et qui se souvenait de moi ! Elle m’a demandé si j’étais bilingue, ce à quoi j’ai répondu : « Je n’aurais pas la prétention de me dire bilingue. » Elle m’a alors expliqué qu’elle était la seule française de l’équipe, elle-même bilingue, et qu’il fallait impérativement savoir s’exprimer dans la langue de Britney Spears Shakespeare. Aucun problème, ça fait trois ans que je fais de l’anglais ! ^^;
Finalement, j’ai carrément relancé « Têtu ». Oui, j’ai osé postuler pour ce magazine ! Quitte à être gay, autant que ça me serve. :p
Sinon, j’attends toujours une lettre venant des mairies, mais vu la grosse grève de la Poste qu’il y a dans mon quartier, je dois patienter…
Tout ça alors que ma mère va probablement se remettre à chercher du travail, elle aussi, car elle va très prochainement être licenciée… 25/03/2004Dernier message« Octobre 2003, dernier message que j'ai pu recevoir de votre part, si
j'excepte un mail. Ce dernier message n'était pas un message personnel mais
comme d'habitude un "test". Je pourrais remonter bien plus tôt si je devais
chercher le dernier message qui s'adressait à un individu et non à une
boîte. J'apprécie grandement cette délicate attention, il ne fallait pas en
faire tant. H. je te remercie avec chaleur de ne donner de tes nouvelles
que pour faire la promo de tes spectacles, c'est trop bon. Comme je remercie
tous ceux dont l'existence m'était confirmée par le fait qu'ils envoyaient
encore des "chaînes" de mail avec une liste d'adresse préfabriquée qui
évite de se demander ce que peuvent devenir les gens qui accessoirement
existent derrière les simples adresses e-mails. Je remercie aussi tout
particulièrement certains également qui ont l'occasion de me parler tous les
jours par msn et qui ne prennent pas la peine de donner des nouvelles non
plus. Je remarque et j'apprécie que l'on trouve tout naturel que j'aille
chercher des nouvelles moi-même de ces gens là alors que l'effort ne se fait
que dans un sens. Il est visiblement inutile de rappeler qu'il s'agit
souvent de personnes que j'ai côtoyées assidûment pendant trois ans et dont
le comportement autrefois amical contraste singulièrement avec
l'indifférence la plus totale qui peut avoir cours aujourd'hui. Alors mille
fois merci à tous pour me faire goûter à ce nouveau produit très mode que
sont les amitiés jetables. Ca ne salit pas, on ne les garde pas trop lgtps
et ça ne laisse aucune trace une fois consommé.
Marion (mais peut-être est-ce que ce prénom ne vous dit plus grand chose
après tout, on oublie si vite...) »
J’ai reçu ce drôle de mail hier. Marion, je la connais à peine, c’est une fille que j’aimais bien, mais qui n’a jamais été une amie. C’est une amie de certains membres du groupe d’amis que je fréquente, et, justement, je me demandais pourquoi on ne la voyait plus. Je pensais que c’était parce qu’elle était en prépa. Visiblement, ce n’était pas ça le problème.
Ce qui me surprend, c’est qu’elle a envoyé ce mail à seulement sept personnes. Ce qui veut dire qu’elle estime que ces sept personnes sont concernées par ce mail, donc moi. Or, comme je l’ai dit, je la connaissais à peine. Elle fait peut-être référence au fait que je me connectais souvent et que j’aurais pu lui parler, mais là, manque de pot, j’évite au maximum les chats en direct, car je ne supporte pas d’être obligé de rester devant l’ordinateur.
Néanmoins, elle montre du doigt quelque chose d’important. Est-ce que le net est effectivement un moyen de déshumaniser les relations ou est-ce, au contraire, le moyen de rencontrer de nouvelles personnes et d’entretenir les amitiés ? Tout dépend de l’usage que l’on en fait. 24/03/2004J’avais rendez-vous avec Monsieur Bébé Chanteur aujourd’hui. C’est un prof habilité à diriger des recherches de maîtrise. C’est une des 4L qui l’a surnommé comme ça, parce que quand il fait un cours d’amphi (enfin, quand il lit [trop rapidement] ce qu’il a écrit), sa voix devient encore plus stridente qu’au naturel, et son visage se contorsionne comme sous l’effet d’une poussée fécale particulièrement douloureuse.
Malgré cette approche peu ragoûtante, je ne voulais pas rester sur cette impression, et désirais le rencontrer, d’autant plus que son domaine de recherches m’intéressait.
Je n’ai pas franchement apprécié cet entretien. Il m’a listé tous les auteurs et toutes les périodes qu’il voulait, en me demandant si je connaissais et si ça m’intéressait. Et, bien, sûr, très souvent, je disais que je ne connaissais pas. Il a fini par conclure : « Vous ne connaissez pas grand chose. » Que ça fait plaisir. Bah nan, j’connais pas grand chose, m’enfin faut pas exagérer, j’ai pas eu le temps, dans ma vie, de me consacrer exclusivement à la littérature britannique ! Je ne suis pas prof, je ne suis qu’un petit étudiant de licence, qui, justement, aimerait pouvoir apprendre beaucoup plus de choses en littérature.
Au final, il est clair que je ne choisirai pas son séminaire comme principal. Pour l’instant, je reste sur Coetzee (j’aime de plus en plus Disgrace) et la littérature postcoloniale avec Madame Frimousse, avec qui j’ai eu un très bon feeling. Et, de plus, il semblerait que nous ayons les mêmes méthodes d’approches littéraires.
Parmi les thèmes que Bébé Chanteur m’a proposés, il y en a un qui m’a fait tilt : « Masculinité et homosexualité. » Là, quand même, je me demande s’il ne m’a pas capté ! ^^; 23/03/2004DécouragéJ’en ai marre. Oui, je sais, j’ai déjà commencé plusieurs posts par cette expression, mais j’y peux rien, j’suis un râleur moi ! Bref : J’EN AI MARRE ! Marre, marre, marre.
Il ne me reste plus qu’une heure de conduite, et je ne sais rien faire. Y a des mecs qui au bout de vingt heures se débrouillent pas trop mal, et moi, au bout de trente heures, j’suis toujours aussi nul. Putain mais pourquoi je me suis inscrit ??? C’est trop de pression, j’ai jamais eu autant de choses à régler en même temps. Tain j’aime pas ça. A chaque heure, je suis encore plus stressé que les précédentes, je suis au bord des larmes, et j’suis crispé. Quelle belle connerie, le permis. Là, tout de suite, j’ai envie de tout laisser tomber, d’oublier tout ce qui me stresse, de renoncer à tout, de reprendre une vie plus cool. Putain, mais qu’est ce que je dirai le jour où je bosserai !?
Si au moins j’pouvais conduire avec mon père pour m’entraîner. Mais non. On peut conduire nulle part, sauf dans le parking. Et, franchement, pour faire des progrès, c’est pas ce qu’il y a de mieux.
Et en plus y a toutes ces réformes de merde qui arrivent. Quelle pompe à fric, quelle perte de temps et d’énergie, perte de moral et de courage.
J’en ai marre. J’aurai jamais mon permis. 20/03/2004Etranger dans la lumièreHier, j’ai enfin présenté Bertrand à deux amies que j’affectionne beaucoup : Alexandra et Juliette. Nous avons dîné dans un resto italien moyen rue Montorgueil.
Etrangement, je n’étais pas angoissé par cette rencontre. Durant les quelques minutes que j’ai passées, seul, avec lui, je me suis senti très attiré par mon chéri ! Comme si, sans prévenir, mes chakras s’ouvraient et me poussaient à lui sauter dessus à côté du kiosque à journaux. Les hormones, peut-être.
Par contre, une fois dans le resto, je ne me suis pas senti très bien. Bertrand, lui, était comme un poisson dans l’eau. Plus à l’aise que moi avec mes propres amies. C’est pas possible d’être aussi sociable.
Ce que je n’aime pas quand lui & moi voyons des amis, c’est qu’il y nécessairement un moment où en vient à parler de notre couple et de notre relation, et où l’un de nous deux passe en procès. Que ce soit lui ou moi, je déteste cette situation ; je n’aime pas qu’on organise une conférence sur notre vie amoureuse. C’est bizarre, parce que je n’ai aucun mal à étaler notre vie sur le Net, et à dévoiler notre intimité avec mes amis.
Je ne me suis pas senti à l’aise, donc. Je dirais même que malgré la présence de trois personnes autour de moi, je me sentais seul. Etranger. Etranger à mes amies, étranger à mon copain, étranger à moi-même. Je ne savais pas comment me comporter, j’avais l’impression de ne pas être à ma place. D’être un anachronisme. D’être un tâche sur un drap blanc. J’imagine que je dois me comporter complètement différemment quand je suis avec mes amis de quand je suis avec mon mec, mais je ne pensais pas que ça me bloquerait autant. Je ne savais plus comment me positionner : je n’étais ni le Jona du Juju et du Nenex, ni le Choupinet d’amour de Bertrand. Je n’étais plus moi-même, j’étais devenu un mauvais acteur qui tentait de dissimuler son mal être.
J’ai pris la fin de cette soirée comme un soulagement. Cette incapacité identitaire n’aura duré que deux ou trois heures, mais m’aura laissé une trace. On ne sort pas indemne d’un emprisonnement. Je me suis blotti dans les bras de mon chéri, pour chercher un réconfort, qu’il m’a donné, sans même s’en rendre compte. Enfin à la maison. 18/03/2004AgressionsMes deux heures de conduite se sont mieux passées que la dernière fois. Sauf que...
Vingt minutes avant la fin, mes narines ont été agressées par une odeur nauséabonde qui sentait l’intérieur d’un être humain. Ca arrive assez souvent quand même. Je crois que mon moniteur a tendance à se laisser aller en ma présence.
Au même instant, une douleur s’est formée à gauche de mon ventre. Etrange, je n’ai jamais mal à gauche, toujours à droite (ce qui provoque à chaque fois une crise d’hypocondrie aiguë tant j’ai peur de l’appendicite.) La douleur est restée, sans que j’en comprenne la cause. Elle m’a opprimé, comme si, par mon stress, j’avais coincé un bout de chaipakoi chaipahoù. Au secours, mon corps s’en prend à moi !
Puis, Monsieur le moniteur a changé la station de radio, pour infliger à mes oreilles et à mon cerveau le détail des finances des équipes de foot italiennes. Merveilleux. Je ne comprenais rien du tout ; déjà que j’essayais de survivre à ce que subissaient les autres parties de mon corps.
Je n’avais qu’un envie : me planter dans un arbre pour faire cesser tout ça. 17/03/2004M-6Je suis en plein dans les démarches pour mon départ Erasmus à Londres. C’est la galère, car je dois définir mon sujet de maîtrise, choisir un séminaire principal et un séminaire optionnel, rencontrer les directeurs de recherche, choisir les matières que j’étudierai là-bas en fonction de celles où je serai inscrit ici…
Le problème, c’est que je n’ai rencontré qu’une prof sur les cinq que j’ai sélectionnés et que je ne sais pas quand je dois avoir tout décidé. Il paraît qu’il faut s’y prendre le plus tôt possible, mais les personnes qui travaillent au bureau des relations internationales sont overbookées et ont beaucoup de mal à répondre à nos questions. Ca chie de la bite.
J’ai eu un très bon contact avec la première prof que j’ai rencontrée. Alors que son sujet était, à la base, celui qui m’intéressait le moins, il s’avère qu’après l’entretien que j’ai eu avec elle, il m’attire beaucoup plus. Il concerne la littérature post-coloniale et mon sujet de maîtrise pourrait porter sur Coetzee.
Je suis entré en contact avec une fille qui est actuellement étudiante Erasmus dans ma future fac. Elle est ravie de sa situation et m’en a appris un peu plus sur le sujet. Notamment, sur le logement. C’est très cher, mais c’est super : appartement de huit personnes, chacun ayant sa propre chambre et sa propre salle de bain. Avec, en prime, une femme de ménage qui passe tous les jours ! Le luxe ! Je vais vivre comme dans l’Auberge Espagnole, j’ai trop hâte. :)
Ainsi, en ce moment, je ne pense qu’au Futur, à la vie que je mènerai dans six mois. J’ai presque l’impression de ne pas vraiment profiter du Présent, d’être pris dans une faille spatio-temporelle ; mes considérations concernent le temps, les cours, l’argent, les relations sociales. Mes considérations concernent le temps, les cours, l’argent et les relations sociales que j’aurai l’année prochaine. Je suis dans l’expectative permanente de quelque chose d’autre, de cette nouvelle vie que je vais avoir et que je dois préparer dès maintenant. 16/03/2004Et l'eau ditLes journées coulent, comme un robinet qu’on aurait oublié d’éteindre. En ce moment, le débit est élevé, mais la température, elle, varie. De la glace à la vapeur, il n’y a qu’un bras.
« De l'eau pour noyer chagrins et peines
Oui de l'eau pour éteindre colère et haine
Si tout le monde pouvait verser »
Le week-end avec mon homme s’est bien passé. J’ai rencontré l’une de ses meilleures amies, une fille hilarante qui m’a fait rire aux larmes : c’est un exploit.
Le moment que j’ai préféré a été quand l’eau de la douche a perlé sur nos corps. C’était assez chaud, et, surtout, son frère est venu nous embêter : « Vous avez bientôt fini ? »
« Deux secondes… »
« Tain vous faîtes chier, j’ai des trucs à faire moi ! »
Petit sourire complice entre Bertrand et moi, jusqu’à l’irruption du nectar d’amour.
Mes sentiments négatifs sont toujours plus ou moins présents. Je me laisse voguer sur le courant de notre relation, sans trop savoir si la brume que je perçois est due à l’évaporation de l’eau ou à la froideur de l’air ambiant.
« Dans l'océan, dans le désert
J'apporte ma goutte d'eau
Comme d'autres leur grain de sel
Elle roule, elle coule, elle se dépose
Même si c'est pas grand chose, moi je dis ça s'arrose »
Aujourd’hui, la conduite s’est mal passée. Alors que le dernier cours avait été agréable, ça a été le stress ce matin. Pourtant, le soleil et la chaleur avaient tout pour me mettre de bonne humeur. J’étais mal à l’aise, j’ai accumulé connerie sur connerie. Le fait est que je n’arrive pas à coordonner mes mouvements, à agir rapidement, et, surtout, à voir loin. Et, bien souvent, à voir tout court. Par moments, c’est comme si mon cerveau était incapable d’assimiler la forme de la route ou les éléments qui en font partie. A la fin des deux heures, j’avais limite envie de pleurer. Il ne me reste plus que cinq heures de conduite. Je ne me sens pas prêt à plonger.
Mon prof de littérature a enfin montré la face cachée de l’iceberg. Une fille a fait un exposé. Dès le début, il l’a cherchée. Alors qu’elle lisait une citation, il lui a pris la feuille des mains pour l’empêcher de lire. Ca l’a déstabilisée, et par la suite, son malaise était très perceptible. Son stress n’a fait qu’accroître ; sa voix s’est mise à trembler ; elle a buté sur un mot ; n’a pas retrouvé sa phrase ; une grosse veine est apparue au milieu de son front ; son visage est devenu rouge ; son doigt est venu caresser une larme ; puis elle a lâché les vannes. Silence de mort dans la classe. Moi, je me sentais complètement à sa place, j’avais l’impression de ressentir la même chose qu’elle, à tel point que j’ai eu les larmes aux yeux. On lui a passé des mouchoirs et une bouteille d’eau. Le prof a essayé de détendre l’atmosphère en disant : « Come on, lady, it’s supposed to be a comic text ! » Après quelques tentatives infructueuses, elle a fini par poursuivre, et a même réussi à faire rire la classe, en disant que tel passage la faisait personnellement rire, mais que bon, là, effectivement, ça se voyait pas trop.
« Le long d'une joue une larme
Suffit parfois à faire taire le vacarme
Un silence, un blanc, une pause
Même si c'est pas grand chose, moi je dis ça s'arrose »
La journée s’est terminée par dix minutes de muscu, une demi-heure d’abdo-fessiers (avec, en prime, une chanson des Spice Girls qui m’a excité !) et une heure de step. Je bois très régulièrement pour compenser l’évacuation des litres de sueur, avec laquelle on se vide de toute pensée et préoccupation ; et, le lendemain, on recommence : je bois, pisse, et pleure la vie.
« Un monde lacrymal
N'irait pas si mal
On manque de liquide
Pour moi c'est limpide
Si chacun pouvait verser une larme »
(Elodie Frégé - De l'eau) 12/03/2004Vroum vroum couicJe suis fatigué. Très fatigué. J’ai dormi cinq heures. Alors que mon réveil était réglé sur 6h30, je me suis réveillé, comme une fleur bouseuse, à 5h35. Et impossible de me rendormir. Pourquoi ? Oui, sûrement parce que le Stilnox ne faisait plus effet. Mais aussi parce que je me suis mis à penser à ce satané permis.
Il me reste sept heures de conduite à effectuer. Dans deux semaines, j’aurai fini mon forfait de trente heures. Et ça commence franchement à me stresser, parce que je ne suis pas du tout prêt à passer l’examen. Certains gestes ne sont pas encore mécaniques, je n’arrive pas à regarder loin (c’est flippant, par moments, quand mon cerveau ne comprend pas la route) ; le moniteur n’arrête pas de me dire qu’il faut que j’assouplisse mes bras. Oui, mais comment ? Je suis tendu de nature, alors dans une voiture c’est encore pire ! C’est comme en Seconde, quand j’entendais : « Trouvez-vous une méthode. » Oui, mais COMMENT ??? J’ai besoin de savoir, concrètement, comment on fait !
En juin, le contrat avec l’auto-école arrive à expiration. En septembre, je pars à Londres. Il me faut mon permis d’ici là. 11/03/2004Vroum vroumJe continue sur ma lancée. Bertrand & moi avons passé presque une heure, hier soir, au téléphone, pendant laquelle j’ai eu le droit d’entendre des mots très agréables. Je recommence à y croire. J’essaie de me débloquer sur certains points. Je l’associe de plus en plus à des idées positives et j’ai nettement moins pensé à la rupture aujourd’hui. Si ça continue comme ça, on va ptêtre passer la quatrième. Et, qui sait, un jour, on se mariera à San Francisco ? ;) 10/03/2004VroumJ’ai eu du mal à m’endormir hier soir. Mon cerveau bouillonnait. Je pensais à mon présent, à mon avenir. A ce que j’allais faire de ma vie professionnelle, de ma vie amoureuse. A ce qu’est ma vie mentale.
J’ai repensé à certains de mes blocages. J’ai compris, il y a quelques temps, la raison (pour l’instant inexplicable) de mon blocage en ce qui concerne les bars. En fait, je me suis rendu compte qu’aller au Mac Do, à Columbus Café ou à Pomme de Pain ne me gênait pas du tout (j’adore ça même) alors que je ne supporte pas les cafés et que j’ai un peu de mal avec les restos (enfin ça dépend des fois.) Or, il y a une différence entre ces deux groupes : dans l’un, on paye à la fin une addition et on est servi, dans l’autre, on paye à la caisse au début et on se sert soi-même. Je ne sais pas encore pourquoi, mais je sens que la clef de mon blocage réside là-dedans.
En ce qui concerne Bertrand, apprendre que lui aussi, pour une fois, croit moins en nous, me fait bizarre. Jusqu’à présent, il avait toujours essayé de positiver, et avait répondu à mes craintes par : « j’vois pas en quoi c’est insurmontable. » Ca m’exaspérait car ça ne résolvait rien, mais il avait le mérite d’adopter l’attitude positive que j’aurais aimé avoir. Lors du lever de rideau de ce week-end, il a cette fois adhéré à ma vision des choses en disant : « j’vois pas de solution. » C’est un peu déstabilisant.
J’ai tout de même réalisé quelque chose qui m’a assez surpris. C’est que, malgré mon blindage émotionnel (qui s’en va petit à petit, du fait que je me suis à nouveau ouvert à lui) nos deux derniers week-ends se sont super bien passés ! Certes il y a toujours plein de choses qui me blessent, et souvent plein d’obstacles entre nous ; mais malgré tout, je gère mieux mes émotions et on s’est bien entendus ces derniers temps.
Qu’est ce que c’est compliqué ! 09/03/2004ChiffonsAlors que Vanessa et moi nous amusions à lancer des ptis bouts de papier dans les trousses de nos voisines de devant, je me suis rapproché de ces dernières pour lire le titre du livre qui était posé sur leur table. Elles étaient en train de discuter, et ont, sur le coup, cru que je les écoutais. « Ah bah nan, c’est pas mon genre quand même ! » Et puis, du coup, j’ai écouté ^^;
« Je m’suis mis des rondelles de concombre. »
« Ah bon ? Et c’est efficace ? »
« C’est bon pour la peau il paraît. »
Moi : « Ah bah moi je mets de l’argile ! »
Elles : « Ah bon ? Ca existe ? »
Moi : « Bah oui, ça s’achète chez Monoprix. Mais faut faire attention, y en a de deux sortes différentes : une pour le corps, et une pour le visage. »
Elle : « Ah bah chavais pas qu’ça existait. Et c’est bien ? Ca fait quoi ? »
Moi : « Bah c’est bon pour la peau, ça la rend toute lisse. »
Plus tard, pendant le cours…
Elles : « Tu mettrais du ..oss ? »
Moi : « Du quoi ? »
Elles : « Du gloss. »
Moi : « Euh nan, c’est trop brillant. » (Ca fait des lèvres de pute.)
Elles : « C’est Jean-Paul Gaultier qu’a sorti une gamme de maquillage pour hommes. »
Moi : « Bah moi, déjà, j’mets du cache cernes. »
Elle : « Ah moi aussi ! »
Moi : (Oui, j’avais remarqué, parce que chez toi c’est franchement pas discret. Faut apprendre à l’étaler.) « Mais bon, du gloss, pour les mecs, c’est limite. » (Ca fait une bouche de suceuse.) « Certains peuvent mettre un peu de crayon noir, mais ça dépend des mecs. »
Elles : « Ouais, plutôt les bruns. »
Moi : « Ouais, voilà. » (Moi on m’a dit que ça m’allait bien, mais effectivement, j’suis trop clair et trop tapette pour.)
La semaine prochaine : les strings ! 08/03/2004Journée de la puteLes points positifs de la journée :
1) Mon connard de mec me manque à nouveau. Comme je l’avais imaginé, il a suffi que je m’ouvre à lui pour que le rideau de fer soit détruit. Et ce malgré mon obsession de la Mort (à la fois celle des individus et celle des relations.)
2) J’ai eu mon premier cours intitulé « Approche des réalités professionnelles » et pour l’instant c’est très encourageant. J’ai ainsi appris que je pourrais très facilement faire une licence de communication, de psycho ou de langue si je le souhaitais après ma licence d’anglais. Et nous avons eu quelques tests psychos bateaux, dans lesquels j’ai appris que j’avais un profil à la fois sociable (utile dans l’éducation et en psycho) et méthodique (utile dans l’administration.)
Les désagréments de la journée :
me retrouver assis en amphi à côté de deux filles nauséabondes ; être interrogé en grammaire alors que j’ai fait mes exercices mais que je les ai oubliés chez moi ; tomber sur LE casque qui fonctionne à moitié en phono ; prendre le bus pour aller voir une prof et l’attendre plus d’une demie heure alors qu’elle n’est pas là ; rater ma station de bus en retournant à la fac et me paumer dans Paris ; faire un bout de trajet avec l’une des filles qui pue… 07/03/2004MouchoirsIl faisait froid, et il faisait nuit. Il était dehors ; la neige gelait presque son crâne, la pluie perlait sur ses lunettes. Il ne voyait pas bien la route. Il sortit alors un mouchoir avec lequel il essuya ce qui lui permettait de voir. Sans elles, il voyait flou. Avec, il voyait mal.
Je ne suis pas sorti hier. J’ai attendu mon connard de mec toute la journée. Je me suis occupé comme j’ai pu ; mais je n’ai pas eu envie de faire un peu les poussières avec un mouchoir comme il m’arrive de le faire.
Bertrand est arrivé en fin d’après-midi. Ca s’est bien passé. On a papoté, mangé devant la télé, glandouillé. Et, pour la première fois depuis des semaines un mois, il a renoué avec sa perspicacité. Alors que rien ne le présageait, il m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai souri, et lui ai dit que tout allait bien. Il a insisté. Les semaines précédentes, je m’en suis sorti en lui disant concrètement que telle ou telle chose m’avait blessée, et il n’avait pas cherché à comprendre plus les choses. Là, je n’avais aucun motif, et d’ailleurs je n’ai pas eu de comportement calimérien ; mais je ne sais pas pourquoi, hier, il a senti, et il a voulu savoir.
« Qu’est ce qui va pas ? »
« Rien. »
« Qu’est ce que tu m’caches ? »
« Rien. »
Alors il a essayé de deviner.
« Tu m’as trompé ? »
« Non. »
« Si, tu m’as trompé. »
« Non. »
« Mais tu peux m’le dire si c’est l’cas. J’te pardonne. »
« J’te promets que jt’ai pas trompé. »
« Bah alors qu’est c’qui va pas ? »
« Mais rien. »
« Si, y a kek’chose. Allez, crache. »
« Non. »
« Tu sens qu’tu t’éloignes ? »
…
Et là, je n’ai rien dit. J’ai fermé les yeux comme pour empêcher l’inévitable. Je me suis mis à pleurer.
« Tu prends d’la distance ? »
J’ai hoché la tête. Puis je lui ai tout expliqué.
Il y a un mois de cela, il a été distant pendant une semaine. Je me suis senti un peu délaissé, j’en ai eu marre d’être une princesse abandonnée dans sa tour, alors j’ai décidé qu’il ne me manquerait plus et que, la semaine, je vivrai sans lui. En bref, de prendre de la distance émotionnelle. Seulement voilà, moi, je suis entier. J’aime, ou j’aime pas. Et la distance que j’ai prise nous a bien séparés. Je me suis un peu blindé. Il a cessé de me manquer. J’ai l’impression d’avoir deux vies : le week-end, je suis en couple ; la semaine, je suis célibataire. Certaines discussions et quelques évènements m’ont plongé encore plus dans cette optique. Et comme parallèlement à ça, j’ai décidé de ne plus confier mes états d’âme, j’ai tout gardé pour moi, ce qui n’a rien arrangé. Je n’ai cependant pas entretenu Bertrand dans mes illusions, puisqu’à chaque fois qu’il me disait qu’il appréciait que je ne me prenne plus la tête, je lui rétorquais : « C’est pas que je ne me prends plus la tête, c’est juste que je ne t’en parle plus. »
Je lui ai donc dit tout ce que j’avais sur le cœur. Nous avons ouvertement parlé de notre relation. Nous nous sommes mutuellement avoués qu’être en couple nous faisait parfois ressentir une sorte de frustration du fait que nous n’ayons pas le même mode de vie, les mêmes goûts, les mêmes aspirations. Nous avons parfois l’impression de perdre notre temps ensemble. J’ai parfois l’impression qu’il n’est plus qu’un copain.
Après quelques larmes épongées, nous en sommes arrivés à la conclusion que nous n’avions peut-être pas d’avenir ensemble. Il m’a avoué qu’il n’arrivait pas à penser à un quelconque futur, qu’il n’arrivait pas à faire de projets. De toute façon, faire des projets alors que je pars vivre à Londres dans six mois, ça me paraît difficile.
Je l’ai senti venir. Non, je ne veux pas faire de pause. Non, je ne veux pas casser. Peut-être ne faisons-nous que repousser une échéance inéluctable. J’ai senti que nous étions à la limite de la rupture, mais heureusement, cette fois, il veut que nous prenions la décision ensemble. Et de toute façon, je lui ai « interdit » de rompre aussi abruptement. On ne décide pas, en une soirée, alors que rien ne le présageait de son côté, de mettre fin à ce que nous avons construit en presque un an. Lui est du genre à agir impulsivement, moi pas ; et lorsque nous avons cassé vingt-quatre heures à Noël, je lui ai fait promettre de ne pas recommencer.
Après ça, il était tard, nous nous sommes rapprochés, câlinés… Je me sentais beaucoup mieux, libéré de ce poids, même si nous ne voyons pas de solution pour le moment. Au moins, je ne suis plus rongé par ça. Nous avions très envie l’un de l’autre, et nous avons fait l’amour comme si c’était une première fois. Et, après avoir fini la boite de mouchoirs, je me suis presque endormi dans ses bras.
Aujourd’hui, après avoir regardé la télé, glandé, et réutilisé des mouchoirs (ce qui ne nous a pas empêchés de tâcher les draps), nous sommes allés voir In America. Sur le chemin, nous avons parlé, et comme ça nous arrive peu, ça m’a fait bizarre. Le film était sympa, assez émouvant. Mais je ne voulais pas pleurer, encore. Et c’est là que, à côté de moi, alors que nous nous tenions la main, je me suis rendu compte que Bertrand pleurait, touché par le film. J’ai clairement distingué des larmes couler sur ses joues. C’est la première fois que je le voyais pleurer. Et là, entre le film et lui, je n’ai pas pu arrêter mes larmes une seconde de plus, et je m’y suis mis aussi. A la fin du film, je lui ai donné un mouchoir.
Nous sommes rentrés, chacun chez soi. Ca m’a fait bizarre quand nous nous sommes dit au revoir. Comme s’il y avait quelque chose de différent. Comme s’il était nouveau pour moi. Comme si je venais de rencontrer un mec avec qui c’est ambigu. Comme s’il allait se passer quelque chose entre nous. Mais que nous n’en sommes pas sûrs.
J’ai pris le bus, lui le métro. Je n’avais pas envie de lire, pour une fois. Je suis resté perdu dans mes pensées, à laisser couler les mots, laisser filer les rues. J’ai remonté, seul, la rue qui me mène à mon immeuble. Il faisait froid, mais j’avais ma veste en cuir. Il faisait nuit, mais les lampadaires étaient allumés. Ma rue est assez longue. Autant de pas qui peuvent être déviés par des crottes de chien ou par des gens bizarres. Il se peut, qu’à cause du vent gelé, mon nez ou mes yeux se mettent à couler. Mais j’ai toujours des mouchoirs sur moi. 06/03/2004P.D.Petite Dispute avec Bertrand. En conséquence de laquelle, je n’ai plus envie de rien. Pas envie d’sortir, pas envie d’rester, pas envie d’me taire, pas envie d’parler.
Il suffirait pourtant que je bouge mes fesses de Princesse et que j’aille à l’autre bout de Paris pour faire des choses que je n’ai pas envie de faire.
Le fait est que, maintenant, le problème, c’est que je ne suis pas content. Je boude, je tire la tronche, chuis énervé. Pas envie d’sourire. Pas rigolo, le Jona, dans ces moments-là. Du coup, quand je vais le voir, je ne vais pas être de compagnie très agréable ; et plus on va attendre pour se voir, et plus j’aurais ruminé, et plus ça va être catastrophique.
Qu’est-ce que c’est beau un week-end en amoureux. 05/03/2004MignonAu commencement, il y avait un bouton. Une petite bosse disgracieuse, une poche de pus, une peau fripée par la naissance. Puis, grâce à la chaleur et à la lumière du soleil, ce petit bout se dressa et se transforma en une belle tige ornée de doux pétales. Désormais portant le nom de Jonquille, il chercha une autre fleur, qui serait moins pâle que lui. Il trouva alors une Rose d’un rouge vif. Il était attiré par elle comme un papillon se cognant à l’ampoule d’une lampe. Car, aussi belle soit-elle, la Rose était faite d’épines. D’épines qui firent saigner la Jonquille, l’habillant, lui aussi, d’une robe couleur sang. Mais il ne pouvait pas laisser sa sève couler indéfiniment, et quand il fut vidé de la grande majorité de sa substance, elle retomba, molle, parmi les herbes et les parasites du jardin. Elle trouva tout de même la force de couper les épines de la Rose, et celle-ci, baignant trop dans le soleil, en prit la couleur ironique. 04/03/2004Fat ?Depuis toujours, je suis d’une nature mince. Je tiens ça de ma mère. Etant petite, elle avait des baguettes à la place des jambes, et aujourd’hui, elle est loin d’avoir autant grossi que les autres femmes de 45 ans.
Moi, donc, je suis mince. On a même parfois eu tendance à me dire que j’étais carrément maigre. Mais comme c’est venu de la part de personnes grassouillettes et mal dans leur peau, je me suis dit que c’était plus de la jalousie qu’autre chose.
Depuis quelques années, donc, mon poids oscille entre 56 et 58 kilos. Pour 1m75, c’est pile la limite ! Comme je l’ai toujours dit, je ne suis ni musclé, ni gras.
Seulement voilà, depuis quelques temps, je ne me sens plus aussi mince, et mon connard de mec s’amuse à faire rouler mes bourrelets entre ses doigts. A chaque fois je me dis : « C’est parce que je suis assis que ça fait ça » ou bien « c’est parce que je viens de manger. »
J’ai aussi remarqué que lorsque je mets mes jeans moulants, je me retrouve avec une bosse de graisse sur chaque hanche. Je me suis dit qu’en plus de me mouler les couilles, ça me remontait la peau.
Hier matin, je décide donc, pour la première fois depuis des mois, de me peser. Je viens de me réveiller, je suis en caleçon, je sors la balance, je monte dessus, et là : 61,5 !!! MY GOD ! J’ai enfin passé le seuil des 60 kilos !
Dois-je m’en réjouir ? I don’t know. Ce qui me fait peur, c’est que je fais du sport depuis quelques mois pour la première fois, donc je me serais attendu à prendre du muscle. Mais ce n’est pas franchement le cas, et au lieu de ça, je me transforme en un hamster qui fait ses réserves pour l’hiver ! Du calme, Titus, dans 15 jours, c’est le printemps !
Il est fort probable aussi que j’aie enfin terminé ma croissance, et que, par conséquent, je grossisse. Ce qui a tendance à me faire peur, car quand je vois le bide énorme de mon père que je lui ai toujours connu, je ne veux pas devenir comme ça… Et pourtant j’en fais du sport ! Pourvu que je tienne de ma mère… 03/03/2004Jamais deux sans troisJe suis dans une période de sociabilité intense, qui m’a poussé à rencontrer, aujourd’hui même, le désormais célèbre Ricroël.
Je n’ai pas eu le temps de stresser, tout simplement parce qu’il m’a appelé au dernier moment. Ayant cours, j’avais autre chose à penser qu’à lui, et, du coup, je me suis rendu sur le lieu de notre rencontre le cœur léger et en battant mon record de non-stress.
Je l’ai reconnu de suite : il avait son bonnet super moche, blanc aux rayures bleu marines. Qui, à part lui, oserait mettre ce genre d’horreur ? ^^;
Moins grand que je ne l’imaginais, il est quand même doté d’attributs que j’ai trouvé assez conséquents, notamment, les mains et les pieds (ça promet !)
Au programme : on a marché, fait le tour du XIIIème, de Place d’It, d’Italie 2 (il aurait bien voulu aller dans un café, mais connaissant mon légendaire blocage sur le sujet, on a évité.)
Au programme : plein de bla-blas, car ce futur psy est très bavard et moi aussi. Son accent est moins choquant en vrai. Quelques confidences, quelques vannes, quelques remarques (« T’as un grand nez » m’a-t-il dit…) Pendant ces presque deux heures, j’ai notamment eu l’occasion d’entr’apercevoir deux Ricroël : celui au regard doux, les trois quarts du temps ; et celui au regard pénétrant lorsqu’il rentre dans la peau d’un psy.
Ce qui est pratique, c’est que, tout comme moi, il n’hésite pas à parler de choses peu catholiques alors même que toutes les générations nous entourent… Je n’ose imaginer ce que les mémés ont pu entendre ! :p
Au programme : séance de déshabillage… Bah oui, il a, à un moment, et à ma demande, retiré son bonnet. Et la rumeur était vraie ! Il est roux le garçon !!! Mais comme il a les sourcils bruns, bah ça lui va bien ;)
Mais maintenant c’est terminé hein ! Je ne rencontre plus personne, j’suis pas une pute non plus ^_^ 02/03/2004FightageBien que je sois très studieux en ce moment, je n’hésite pas à m’amuser pendant entre les cours. Ainsi, avec les 4L, depuis quelques mois, nous avons trouvé un moyen simple, mais efficace, de faire mumuse : nous profitons d’un moment d’inattention de l’une d’entre nous pour cacher plein de petites bouts de papiers dans son sac, poches, capuche, trousse… Ca n’a pas l’air comme ça, mais ça engendre des crises de fou rire. Encore plus lorsqu’on met nos saletés dans le sac d’une parfaite inconnue. ^^;
Aujourd’hui, donc, avant le cours d’amphi, j’étais derrière deux filles de mon groupe, alors j’en ai profité pour m’adonner à notre jeu habituel. Vanessa et moi gloussions comme des poules ! Le sac de Stéphanie étant loin de moi, je me suis faufilé sous la table pour m’en rapprocher et y glisser un papier de Kit Kat. ^_^
Mort de rire, je me redresse, me fais griller par Stef qui trouve l’objet du délit : « Bon, j’en ai marre, tu vas arrêter ou j’te frappe à la sortie ! »
Moi : « Muhahahahahahahahahahaha ! »
Stef : « Nan mais j’suis sérieuse, y en a marre maintenant. »
Je réalise alors qu’elle ne plaisante pas du tout. « Mais oui, bien sûr. »
Stef : « Bah oui, ça suffit, on a assez joué. »
Moi : « C’est pas c’que tu disais hier. »
Stef : « Bah maintenant c’est fini, j’te l’ai mis, tu m’l’as mis, c’est bon, on est quittes. »
Moi : « Ah mais non, j’suis pas d’accord, on devrait compter les points pour savoir qui exactement en a mis plus que l’autre au premier semestre ! »
Stef : « Ouais, c’est ça, ça suffit les gamineries. »
J’ai senti la sauce monter, monter, monter… A côté de moi, Vir et Vanessa n’en revenaient pas. J’avais envie de ne pas me laisser faire, de lui répondre : très bien, puisque Mâdâme a décidé que ce n’était plus drôle, alors il faut lui obéir. Mais je me suis abstenu d’en remettre une couche, on ne sait jamais jusqu’où ça peut aller.
Ce qui m’a exaspéré, c’est la condescendance dont elle a fait preuve. D’où elle décrète que notre petit jeu n’est plus assez bien pour elle, et se proclame la maîtresse qui doit remettre les petits dans le droit chemin ? J’en viens donc à me demander : qu’est ce qui définit la puérilité ? Car si se détendre en faisant les cons est faire preuve d’immaturité, alors tous les jeux peuvent être réduits au seul usage des enfants. S’amuser, c’est comme les petits écoliers ? « Ce n’est que pour les enfants » ? Non. Pour moi, jouer, c’est comme Kinder Maxi : « Créé pour les enfants, idéal pour tous. » 01/03/2004Anecdotes du jourRéveil à 7h30. Enfin, c’est ce que je croyais. Car par le plus grand des mystères, il s’avère que l’horloge de ma chaîne retarde de huit minutes. Il fallait donc que je fasse tout ce que j’avais à faire entre 7h38 et 8h. Seulement voilà, déjà, entre 7h38 et 7h45, j’ai bu du jus d’orange, caressé le chat, et répondu à mon père qui me disait : « Bah, t’es déjà levé ? T’as cours ? » Non non, je me lève à 7h et demi 38 juste pour le plaisir de caresser le chat.
Je suis donc parti en retard, et suis arrivé en retard en cours. Dans le petit amphi de l’Institut, je me suis à peine fait remarquer, puisque je suis sorti de la salle pour y rentrer à nouveau en moins de deux minutes, j’ai claqué la porte, je me suis mouché toutes les cinq minutes et j’ai manqué une marche dans les escaliers. A cette occasion, et je ne sais pas comment c’est possible, je me suis fait mal au dos ; résultat, j’avais mal à chaque inspiration et me tortillait dans tous les sens pour tenter de me sentir mieux.
En cours de grammaire, j’ai mis de longues secondes à trouver la nature de « mine. » « M’enfin voyons, vous êtes en licence quand même… » Nia nia nia. Y a des jours où ça vient pas. Je l’avais sur le bout de la langue, mais j’étais pris de cours. Faut toujours que je sois interrogé sur l’exo que j’ai pas fait (et pas par fainéantise, mais par ignorance.)
Après le cours de grammaire, j’ai eu le droit à une crise de jalousie de la part des 4L : « Ah tu reviens vers nous, tu restes pas avec ta super copine ? » Tout ça parce que j’ai eu le malheur de m’asseoir à côté d’une fille qu’elles n’aiment pas. « Je ne suis pas sectaire, moi » ai-je rétorqué.
Puis nous avons eu conversation avec mon lecteur chéri :) Y a rien à faire, il a l’air vraiment cool et sympa ! Mais les filles étaient super chiantes, à faire des allusions tout le temps, à glousser comme des poules… Elles ne sont pas discrètes, ça en devient gênant.
Nous avons parlé de… On s’en fout ! Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à la fin du cours, il a sorti un magazine en disant : « By the way, this is what I’ve been reading lately. » A la une du magazine : un reportage sur le mariage homosexuel…
Et les filles de s’exclamer : « It’s a sign !!! » Et : « Il a tendu une grosse perche, là… »
S’il pouvait me tendre autre chose ! ^^;  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |