29/11/2004Cacahuète lyophiliséeImpossible de dormir. Bon, en même temps, je me suis couché à 03 h 30... Fallait que je fasse mes bagages. Demain, retour à Londres après avoir vu mon médecin. Je ne peux pas ne pas le voir car ça fait plus d'un mois que je prends du Stilnox tous les soirs, ce qui est vivement déconseillé. Monsieur, je suis perturbé, vous avez une solution ? Un lavage de cerveau ?
Ces derniers temps, j'oscille entre moments d'euphorie et d'abattement. Je peux passer une soirée en étant sociable et plein de vie à parler ou danser comme une pute, et dès que je rentre dans ma petite chambre être envahi par un gros malaise. Je me retrouve face à mes états d'âme et mes obsessions. C'est bête, mais je me sens seul. Je suis rattrapé par le sentiment d'abandon qui me guette depuis toujours.
Je lui en veux. Y a rien à faire, mais quand j'y pense, je lui en veux vraiment. Et je m'en veux aussi. Parce que je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable... Parce que je suis toujours parti du principe que quand il y avait un problème dans un couple, il fallait en blâmer les deux membres. Tout n'est jamais tout noir ou tout blanc. Mais putain, pourquoi il m'a fait ça ? J'ai pas envie de lui pardonner, parce que ça me gâche la vie... Parce qu'à chaque fois que j'y pense un frisson me parcourt le corps. Parce que lui a une vie épanouissante pendant que moi je reste seul face à ma merde. Face à sa merde. Face à la nôtre. Whatever. L'amour est une maladie qui empêche les hommes d'être heureux.
De plus, je sens que ma vie, à nouveau, est en train de changer, et en néo phobique que je serai toujours, ça a le don de m'angoisser. Rien que sur ce blog, les choses sont dorénavant différentes puisque plusieurs personnes, à Londres, savent : Emilia Mandre, Melo, Caroline, Matt et Titus. En même temps, leur prêter Têtu n'était évidemment pas une bonne idée... Et quand on vit sur un campus, les nouvelles vont vite. Il n'y a jamais eu autant de personnes officiellement au courant, et, bien sûr, je m'interroge sur l'avenir de mon écriture et mon auto-censure.
Heureusement, un rayon de soleil pointe son nez : Manu, ma meilleure amie, vient passer les dix derniers jours du trimestre avec moi, et ensuite je vais passer dix jours avec elle à Saragosse. On va enfin se retrouver, parler, analyser et refaire le monde pendant des heures... Et j'en ai grave besoin, parce que là, tout de suite, j'ai perdu la foi en la vie. 23/11/2004Queen of Diamonds : Echec et mat ?Where am I ? What’s wrong ?
J’ai parfois l’impression d’être sur un damier géant et que je ne contrôle pas du tout la situation. J’essaie de comprendre qui sont les joueurs et je croyais le savoir, mais il s‘avère que non. Il n’y a que les apparences qui comptent. Je ne suis pas adapté à ce monde parce que j’essaie toujours de voir ce qu’il y a hors de la caverne alors que la plupart des gens préfèrent rester prisonniers de leurs illusions. Ils décident eux-mêmes d’être enchaînés. Moi pas. Je suis toujours en quête de la Vérité. C’est peut-être vain et stupide, mais j’essaie de tendre vers cet idéal. Comprendre les choses est ce qui me motive. Et je ne pensais pas être le seul dans ce cas.
Car du coup je suis complètement naïf. Je pars toujours du principe que les gens sont sincères… Bullshit. Tout le monde ment constamment et à tout le monde. Tout le monde manipule pour arriver à ses fins. Le monde n’est que Stratégie.
Et moi, au milieu de cette merde, j’essaie d’être honnête. Je déteste les mensonges. Bien sûr que je dois mentir de temps en temps, comme tout le monde, mais je l’évite au maximum. J’ai rempli mon quota quand j’étais ado en cachant ma sexualité.
Comment faire confiance ? Est-il possible de faire vraiment confiance à quelqu’un ? Un chat ne fait-il des câlins que pour avoir des croquettes ? N’y a-t-il personne d’authentique dans ce monde ?
La confiance, c’est quand on fait semblant de croire que l’autre ne ment pas.
« What unnecessary tortures human beings invented for themselves, locked in their own solitary cells when a word or a single spontaneous gesture would free them. »
(Nayantara Sahgal) 19/11/2004Intrimité« Je t’ai trompé.
- Quoi ?
- Je t’ai trompé. »
Ces mots ont un écho plus ou moins proche. Avec le temps, la douleur s’atténue, mais il ne se passe pas une journée sans que j’y pense plusieurs fois. Ce moment fatal où tout a basculé.
Pendant une fraction de seconde, j’ai cru qu’il plaisantait. Quand il l’a répété, j’ai compris que c’était vrai. Dès son arrivée, j’avais vu que quelque chose n’allait pas. Mais je ne m’attendais vraiment pas à ça.
Je me suis mis à pleurer, puis l’interrogatoire a commencé.
« Avec qui ?
- Josh Apollon. »
Il l’avait rencontré juste après mon départ. Leur rencontre m’avait déjà causé pas mal de larmes parce qu’ils étaient attirés l’un par l’autre, mais rien ne s’était passé, et il m’avait alors promis qu’il ne le reverrait plus.
« Quand ?
- Jeudi.
- Hier ???!!!
- Oui. »
Je savais qu’ils s’étaient revus, mais il m’avait caché la fréquence de leurs rendez-vous. Et là, de savoir qu’il m’avait trompé la veille de venir me voir était le coup de grâce. Je peux comprendre qu’il ait eu des tentations. Mais je n’arrive pas à accepter que, contrairement à ce qu’il m’ait dit, il l’ait revu, plusieurs fois, et qu’il l’ait invité chez lui, pour me tromper la veille de nos retrouvailles. Moi, au même moment, je pensais à lui et j’avais hâte de le voir.
J’ai fondu en larmes.
« Pourquoi ?
- Je sais pas.
- Mais t’es con ou quoi ? POURQUOI tu l’as revu ? »
C’était inimaginable. Comment un mec aussi fidèle que lui avait pu tenter le diable et y céder si rapidement ? Moi aussi j’avais des tentations de mon côté, mais j’avais résisté et surtout je ne provoquais pas les situations ambiguës.
Je me visualisais taper sur son torse à la manière aimante et désespérée des femmes sur leur mari. C’était un réel choc psychologique. Plus j’y pensais, et plus ça faisait mal. A partir de ce moment, je n’ai plus cessé de visualiser leur union charnelle. Je lui ai demandé de me donner tous les détails. Ce n’était pas du masochisme, mais une manière pour moi d’avoir des certitudes, d’encadrer ma douleur et de ne pas souffrir pour des choses qui ne se seraient pas passées.
Après plusieurs heures, j’étais complètement sonné. A l’extérieur, j’étais inerte ; à l’intérieur, complètement speed. J’avais la sensation que mes yeux étaient vides. Mon cœur, lui, battait trop fort et toutes mes veines étaient gonflées comme si elles voulaient s’échapper. Quand j’émergeais la tête de mes larmes c’était comme si ma chambre n’était plus la mienne. Tout me paraissait étranger. Et je sentais que plus rien ne serait jamais comme avant.
Puis j’ai vu sa photo, celle que j’avais mise dans un cadre, près de mon lit. Elle m’a tapé sur les nerfs. J’avais envie de la balancer contre le mur. Quant au nounours qu’il m’avait offert il y a un an, j’avais envie de lui arracher la tête. Pour ne pas faire dans le mélodrame, je les ai juste placés hors de ma vue.
Il regrettait. Il n’avait pas besoin de me dire que lui aussi avait mal, je le sentais. Ce n’était qu’un coup de bite et ça le confortait dans l’idée qu’il voulait être avec moi. Il a fini par pleurer. D’abord tout doucement, puis les gros sanglots sont sortis. Je ne l’ai pas reconnu. Je ne l’avais jamais vu dans une telle détresse ; à vrai dire, je n’avais jamais vu quelqu’un dans cet état.
Je l’aimais, oh oui je l’aimais. Etrangement, nous avons inversé les rôles et je me suis mis à le consoler. J’avais envie de lui dire que tout irait bien, qu’on s’en sortirait… Mais je savais que ce serait dur. J’ai eu envie de me battre. De ne pas laisser ce mauvais coup du sort nous abattre.
Paradoxalement, je ne doutais pas de son amour. Sa réaction me le prouvait. De même, sur le coup, j’avais l’impression qu’il n’avait pas trahi ma confiance puisqu’il me l’avait avoué (je lui avais toujours dit que s’il me trompait et que je le découvrais, je casserais sans chercher à comprendre mais que s’il me l’avouait, je nous donnerais une chance.)
Ce soir-là, on a quand même fait l’amour. Je ne pensais pas que j’en aurais envie, mais il n’y a rien à faire, on est constamment attiré l’un par l’autre. Sauf que, depuis, j’ai associé le sexe à des notions négatives. Impossible de ne pas penser à eux. Je me sens sale et nul ; il n’est plus mien. Quand je regarde son corps, je le vois comme impur. Déjà que j’avais du mal à accepter son passé, alors là, de savoir qu’il a été avec quelqu’un d’autre quand il aurait dû être avec moi…
Depuis, les choses ne se sont pas arrangées. Le week-end passé ensemble a été une véritable torture pour moi. Il se comportait comme si de rien n’était alors que je ne pouvais pas oublier. Je cessais d’y penser une heure, mais je gardais une émotion négative et floue ; et tout à coup, ça me revenait : « je t’ai trompé », puis sa bite…
Séparés dans deux capitales différentes ne nous a pas aidés non plus. Il a repris sa vie et a cessé de culpabiliser. Il m’a laissé seul avec ce fardeau. Je pense (ainsi que tout le monde, même si on s’en fout de ce que tout le monde pense) qu’il doit faire quelque chose pour regagner ma confiance, qu’on doit assainir notre relation, reconstruire les bases qui ont volé en éclats. Qu’il doit se faire pardonner. Le pardon, ça se mérite, ce n’est pas une bénédiction divine qu’on accorde gratuitement. En tout cas, je ne le vois pas comme ça. Et lui, au contraire, estime qu’il n’a rien à faire, il ne veut surtout pas s’abaisser à me reconquérir. Je ne peux pas pardonner à quelqu’un qui ne s’en veut pas et qui n’agit pas en conséquence. Ce n’est pas à moi de réparer ses dégâts et de faire des concessions. Lui veut vivre tranquillement ; je ne peux pas vivre comme avant.
Voilà où en est. Je ne peux plus chercher à définir notre relation, impossible de lui donner un nom. Je ne sais pas ce qu’on est. On s’accroche l’un à l’autre mais je sens bien qu’on s’éloigne. Et, surtout, je n’ai plus envie de me battre.
Avec le temps… 17/11/2004J'aime quand ça devient aussi materialisteMaintenant que j'ai de la thune, deux questions :
1) Canox Ixus 500 ou Canon Ixus 40 ?
2) Quel PC portable me conseilleriez-vous ? Pour l'instant je penche soit pour un Toshiba soit un Sony (mais plutôt Sony).
Merci ! Note pour plus tardNe pas écrire la liste de mes livres à lire en cours sur le blog. Car même une fois la liste effacée, il suffit de taper n'importe lequel d'entre eux pour tomber direct sur mon blog... Chers camarades de classe et profs, welcome !
Le pire, c'est que je savais qu'il ne fallait pas le faire, j'avais fait la même connerie l'année dernière... 15/11/2004L'île de la TentationJe ne sais pas ce qu’il s’est exactement passé entre Helga Bouffay et Corbier, mais ils se sont revus plusieurs fois et elle a passé une nuit chez lui (jusqu’à 17 h 00 quand même !) Elle s’est remise avec son âme sœur avant de recasser. Elle semble un peu perdue, elle aussi.
Le copain de Melo est venu passer une semaine ici. Ca s’est mal passé, il est venu quelques heures dans ma chambre avant de décider de rester avec elle. Mais plusieurs personnes se demandent s’il ne serait pas bi et Melo est troublée par un autre garçon ici…
Cylia a enterré sa vie de lesbienne et ne cesse d’échanger mails et textos avec son écologiste. Elle en est à prendre des leçons auprès de Caroline et moi pour savoir comment branler et sucer correctement.
Même le couple de Caroline est ébranlé. Après une soirée trop arrosée en boîte, elle est restée dans la chambre de Titus l’Anglais alors que nous étions tous dans la cuisine (et qu’une Américaine me montrait ses seins et sa chatte ! Au secours !!!) Me doutant de quelque chose (et parce que je ne suis vraiment pas hétéro !) je les ai rejoints et les ai surpris en train de s’embrasser. Choqués, Matt et moi avons élaboré des stratagèmes pour les stopper de manière subtile ; je voulais carrément déclencher l’alarme incendie. Il a suffi qu’on leur téléphone, mais Caroline ne comptait pas aller plus loin de toute façon. Quand elle m’a dit : « On a juste fait un câlin, et puis, bah, on s’est embrassé… » j’ai dû retenir mes larmes…
Déprimé et ne croyant plus en mon couple, j’ai encore plus recherché la présence de Matt. On a fait un câlin, et c’est tout. Comme quoi, on peut enlacer un mec sans avoir envie de lui sucer la bite. Mais me sentant plus disponible, Matt s’est éloigné de moi… J’ai joué le distant, et il s’est rapproché (tu veux manger à la maison ? Tu devrais partir en vacances avec nous. Et vas-y que je mets ma tête sur ton épaule, l’air de rien, et pourquoi pas les mains sur ta taille juste pour voir si t’es plus mince que moi…) Ce mec ne sait pas ce qu’il veut !
Et moi non plus. Je suis, en fait, toujours, plus ou moins, avec Bertrand. On n’arrivera jamais à casser plus de vingt quatre heures ! Je crois qu’une certaine personne de ce site m’a refilé son orangéïté… Hey, je veux sortir de la télé ! A moins que ce ne soit parce que j’ai la fille d’un des acteurs de Dallas dans mon appart ? (Eh oui, y a des gens riches ici…) Je vais peut-être arrêter d’écrire ici les étapes de notre pseudo rupture parce que même en étant aux premières loges j’ai du mal à suivre ma propre vie… 14/11/2004Tout« J’ai encore le droit de te faire un gros bisou ? » ont été ses derniers mots. Je crois que, cette fois, officiellement, c’est fini. C’était bizarre. On avait du mal à s’y résoudre ; on n’a pas pu dire clairement les choses. Mais c’était le sentiment général de la conversation. C’est probablement la meilleure solution. Sa vie est nettement mieux sans moi et on ne va quasiment pas se voir durant les prochains mois.
Je suis triste et je me sens vide (mode « fontaine » on). J’avais envie de rompre ces derniers jours, jusqu’à ce que j’aille en boîte gay. Là, je me suis rendu compte que je n’avais pas envie de me taper n’importe qui, que je ne suis vraiment pas le genre de mec qui peut coucher, comme ça, en claquant des doigts. Je ne sais pas baiser. Je ne sais faire l’amour que dans le cadre d’un couple… fidèle.
Ce n’est pas comme si personne ne me plaisait, il y a des mecs très mignons ici. Mais je ne sais pas, je ne peux pas, et je reste planté là. J’ai réalisé qu’il me manquait, que la mort du vase avait laissé un vide énorme, que j’avais envie d’être avec lui, qu’on partage notre intimité, qu’on se chamaille, qu’on se câline comme avant. Mais non. C’est fini. Toutes les chansons que j’entends me font penser à nous. J’ai failli me mettre à pleurer en entendant Cher.
C’est la fin d’une histoire. Ce qui signifie que demain est le début du reste de ma vie.
Mais putain, qu’est ce que ça fait mal.
« Il y a des jours
Des jours où les dieux vous oublient,
Où certains souvenirs vous pèsent
Des jours qu'il ne faudrait pas vivre,
Ou mettre entre parenthèses,
juste un jour,
que j'ai rayé
Pour toujours
14 février
Il y a des jours
Des jours qui sont des ennemis
Pire que des vendredis 13
Des jours qui passent au ralenti
Sans que les pendules se taisent
Juste un jour
Du calendrier
Juste un jour
14 février
Quand on sait le temps,
Quand on sait le mal
Que ça demande - pour oublier
Quand on sait le vide
Quand on vit ce manque
En attendant - de ne plus aimer
De ne plus aimer
Il y a des nuits
Qu'on ne voudrait pas voir venir,
Vous mettent au bord d'une falaise
Des nuits trop blanches pour s'enfuir
Parce qu'elles vous rendent mal à l'aise
Comme ce jour
Du sablier
Juste un jour
14 février
Quand on sait le temps,
Quand on sait le mal
Que ça demande - pour oublier
Quand on sait le vide
Quand on vit ce manque
En attendant - de ne plus aimer
Quand on sait le temps,
Quand on sait le mal
Que ça demande - pour oublier
Quand on sait le vide
Quand on vit ce manque
En attendant - de ne plus aimer »
(Nolwenn Leroy, 14 Février) 12/11/2004Le vaseCertes, il n’était pas parfait, ce vase. On a mis du temps à le construire, et probablement qu’il n’était pas fini. Chaque jour, on apportait notre pierre à l’édifice qui se remplissait comme par magie.
Parfois on l’ébranlait, le fissurait, mais toujours, on recollait les morceaux. Avec plus ou moins de temps, de confiance, et d’amour.
Il était posé dans notre chambre, près de notre lit. C’est lui qui recevait le jus de nos ébats.
On a ouvert la fenêtre, juste pour faire de l’air, juste pour voir. Je suis parti, mais j’avais avec moi la photo du vase, pour le chérir à distance. J’y tenais, je l’aimais.
Mais quand Jona n’est pas là, le Bibi danse. Et à trop danser, organiser des fêtes privées, chez lui accepter des rendez-vous intimes puis « juste » un câlin… Un coup de bite, et paf.
Cassé.
Comme un enfant torturé pris d’un mal être qu’il ne comprend pas et qui ne sait pas ce qu’il veut, il a cassé notre vase. On y tenait, car on s’y aimait.
On a gardé les miettes mais n’avons pu produire qu’un bol marron, bon qu’à recevoir nos larmes. Et il y en a eu.
Une erreur, ça peut arriver. On ne sait pas si on pourra accepter, d’autant plus que certains éléments restent obscurs. Mais on veut bien essayer.
« Tu as cassé le vase, tu vas faire quelque chose pour le reconstruire ?
- Oui, je l’ai cassé, et je m’en veux à fond, je culpabilise comme jamais, je l’aime et je veux qu’il m’accompagne toute ma vie. Mais j’estime qu’à part parler, je ne peux ni n’ai l’envie de faire quoi que ce soit pour le réparer. Il faut vivre et avancer ; moi, je souffre bien assez. »
Il était beau notre vase. Beaucoup nous l’enviaient. On y tenait et on l’aimait.
Aujourd’hui le vase n’est plus qu’un vestige. Ses morceaux se noient petit à petit dans la vase. L’un crie pour que ça sorte, l’autre apprend à vivre sans. Parce qu’ils sont détruits. Quand un objet d’art explose, ce sont toutes les personnes présentes dans la pièce qui en prennent un morceau dans la gueule. Sauf qu’au lieu de réparer, ils s’éloignent, avec leur blessure, chacun vers sa nouvelle vie. On peut accepter les erreurs qui ont été commises, mais je n’accepte pas qu’il ne veuille pas réparer ses bêtises. On avait tous les deux accepté beaucoup de choses, fait d’énormes concessions pour avancer. Il arrive un point où il faut s’arrêter. Après l’Impensable, je ne tolère pas l’Inacceptable. Laissons ce vase où il en est, et partons à la recherche d’un autre Art.
Le 16 Avril 2003, j’ai mis mon cœur dans ce vase.
Le 28 Octobre 2004, il a cassé, par erreur, le vase.
J’ai dû récupérer mon cœur et le mettre dans une petite boite. Peut-être que si je mets ce bout de viande au congelo, ça fera une bonne glace à manger à la petit cuillère ? 06/11/2004FeedbackEcrit par D(K)P en réponse à l'article L'Heure du Crime.
"Why? Why? WHY?
The question is pondering in my head quite heavily. I am looking at my hands. They are drenched in blood.
WHY ME?
Yes, I want an answer to the question. I want to understand what just happened to me.
WHY? WHY ME?
I have to say I just had a bad day. If I had to compare it with the 10 worst days in my life, that one will be on top of the list and will be filling the 9 other slots.
It all started in the morning when I woke up... late. I was a fucking hour late on the day I was having my appraisal at work. You guess I didn't have time to shave or even shower. I knew I shouldn't have gone out the previous night. I should have said no to Karen.
Well, I should have said no to her the day she asked me out. Since then seeing her had been a nightmare, but the sex was good. I think this is the reason why I kept going back to her despite the fact I couldn't stand her point of views. You see no women before Karen made me feel like I was a real man. They usually kept diminishing me.
When I met her, she said she wanted to talk. I was surprised because we were usually having sex before talking, but this evening she said she wanted to speak first. I knew straight away that something was wrong. And she started to say that she was not happy with me. She was not happy of me because she was not satisfied. She wanted more and I didn't give it to her. Then, she added that she was tired of me coming to see in order to fuck her and eventually talked to her, and never the contrary. I was stunned because this is what I thought she liked. She finished by saying that we couldn't see each other anymore, she asked me to leave and not to call back anymore.
I didn't agree with that decision, so we argued more. It went violent. I hit her twice on her face. She cried and I was ashamed because it is not me to act like this. I am a nice person. I am usually not violent.
I let her on the ground of her apartment, crying and holding her hurt cheek. She yelled that she will call the police and got me arrested for having hit her on the face. She screamed I was a filthy bastard and I felt diminished.
After leavin her flat, I went to the first bar and drunk myself up until I got thrown out of the bar because the owner saw I was going to be trouble. It was already three in the morning and I didn't know how to get back home. I didn't have enough cash for paying a taxi fare. I walked all my way home. It took me two hours because I got lost. I can't tell you at what time I went to bed, but I woke up late. An hour late.
I look at the street's light reflecting on the piece of steel that I dropped earlier on the ground. It is stained. It is dirty by the colour of life and by the weight of my action. My vision starts to blur. Tears are coming up. I try to retain them but it is hard. It is hard because of what I did. Because I just reacted to the chain of event.
I arrived at work, soaked in my sweat mixed to the dry smell of the previous nights cigarettes. The strong odour made me feel sick and I realized I hadn't eaten for twenty four hours. My manager in line wasn't waiting for me anymore, but I was asked not to do anything until she could receive me.
I entered to her office and she was staring at me intensively. Her eyes were cross. I saw she was not happy. Then she spoke for an hour. She listed the few things about me she considered was benefitial for the company, then she exposed an endless list of all the things that would justify my early departure. So that's what I did. I left the office straight away. No leaving party, no present. I was thrown out of the company I've working for years, with nowhere else to go.
I wipe away my tears and I look at him. I've got the impression he is looking at me back but this is impossible. I can hear my heart beats. They are really fast. I feel like I am having a heart attack. I feel dizzy and lay down on the ground, next to him.
I staid the whole afternoon in a dodgy bar downtown. I think I must have been drinking a bottle of whisky on my own. The bar tender didn't care because there was no one all afternoon long. So I kept him company and he was a good listener. I told him my story with Karen, with the girls before Karen. I told him my version of fact about my job as well.
Then I gave up. I was tired complaining. I went out and ran to the first cash exchange store in the area. I bought a gun and a knife. I wanted to finish everything. I didn't want to go on. I wanted to be left alone forever.
I stepped out of the store and walked to a quiet street. I armed the gun and was going to place the barrel on my forehead when a dog ran towards me. He started jumping all around, happily. I couldn't stand it. I beat him up. I heard screaming. That was the owner running towards me saying that I was a murdered. But I was not. I just hurt the dog. It was still alive.
I kept being screamed at. I knew what I did was awful and I shouldn't have hurt the dog. The dog had nothing to do with my condition.
I kept being screamed at and I couldn't stand it. I still had my finger on the trigger. I lost control and I shot. Not at me but on the dog's owner. The bullet went through his body, which fell heavily on the ground. It was still breathing, and I wanted to finish it. I couldn't fire anymore because I was afraid I would alert someone in the neighbourhood. I took my knife and stabbed the body twice.
Now on, I look at the body and I am being asked to touch the wound... I executed. I am horrified and fascinated at the same time... Horrified because of all the blood on my hand. Fascinated because I am taking someone else's life. I close my eyes.
When I re-open them, I realize that I am lying in my own bed. I look at my alarm clock just to see that I am an hour late for appraisal. I will not go, I know what will happen if I am going. I'll stay in bed instead..." 05/11/2004Trou du culAprès l’enfer qu’a représenté pour moi ce week-end, je me suis senti à la fois désespéré et libéré de me retrouver seul. Très vite, j’ai croisé Caroline dans la cuisine et sa présence m’a fait un bien fou. « J’ai compté les jours et les heures jusqu’au moment où je pourrais te voir, » m’a-t-elle dit. Ca fait chaud au cœur. Les naissances sont toujours belles et sont régénératrices dans des moments morbides comme celui-ci.
Alors que je lui racontais, ému, mes tourments, elle m’a dit : « You don’t deserve this, you’re so wonderful. » Entendre ça quand on est au plus bas m’a fait ouvrir les vannes. Nous discutions encore quand son texto nous a interrompus. J’ai fondu en larmes, écroulé sur la table, en lui traduisant, entre autres, le mot « flamme ».
La vie n’est pas un jeu.
Caroline et moi avons rendu visite à ses amis Américains. Je n’étais pas dans mon assiette ; tout le monde a été adorable avec moi : un hug par-ci, un bisou sur l’épaule par là, des mots gentils, des câlins. Matt m’a juste dit que si je voulais lui en parler, il m’écouterait. Dès ce soir-là, son attitude a changé. Il n’y a rien eu de concret, mais quelque chose en lui était plus présent en moi.
Se sentir rejeté.
Je n’étais pas tellement chaud à l’idée de passer la nuit dehors pour regarder les élections américaines. Je n’avais pas passé une vraie soirée dans le centre de Londres depuis mon arrivée tant ma néophobie et ma phobie sociale ont été présentes. Mais là, aidé par l’ambiance chaleureuse de mes nouveaux amis et chauffé par l’alcool de mes meilleures ennemies (j’ai nommé Baccardi et Smirnoff Ice) je me suis jeté dans la gueule du loup. Ma vie ayant basculé vendredi dernier, je n’ai pas d’autre choix que de profiter de ce changement forcé de mon psychisme pour expérimenter. Je me suis ainsi rendu compte que je commençais à m’intégrer chez les Ricains (deviendrais-je l’un des leurs ? Moi ça me plaît bien). C’est vers moi qu’on s’est tourné pour accompagner Titus l’Anglais aux toilettes après sa trop grosse beuverie et la galette qu’il a gerbée au beau milieu d’une table du Planet Hollywood. J’ai même sympathisé avec Eva Porée, la bimbo Britannique, parce que nos deux copains sont des connards (sauf que toi, chérie, t’es avec lui que depuis une semaine et demie, même si je veux bien croire que tu sois attachée à lui parce que son sexe est plus gros que celui de ton ex… Oui, c’est hautement philosophique les élections américaines).
« Je ne suis pas un animal, je suis un être humain ! »
C’est toujours ambigu avec Matt. On recherche mutuellement la présence de l’autre sans trop savoir quoi en faire. Caroline, notre médiatrice spécialisée dans les potins, ne s‘est pas gênée pour nous mettre mal à l’aise : « Mais vous z’avez qu’à baiser, vous êtes tellement attirés l’un par l’autre ! » Là, on voudrait s’enfuir et se cacher, mais comme on ne peut pas, on sort son sourire John Cage et la voix de la lucidité : « Je peux vous rappeler que, malgré tout, j’ai encore un petit copain ? »
Et ?
Mercredi a été une bouffée d’air frais. J’ai appris que j’avais une bourse supplémentaire, ce qui signifie que je vais pouvoir dépenser sans me priver (à moi l’ordinateur portable avec connexion Wi-Fi et l’APN ; si vous avez des conseils pour l’ordi…) L’argent et le matérialisme pour réparer un cœur brisé.
Alors, comme un con, je l’ai appelé ; comme un connard, il m’a fait pleurer. J’ai rejoint mes zamis, les yeux rouges, une bouteille à la main, l’alcool dans la bouche, et j’ai fondu en larmes devant sept personnes au bout de vingt deux secondes. La discussion a été du même genre que les jours précédents : « He’s an asshole ! » Contrairement à ce que beaucoup d’autres auraient fait, je n’ai pas voulu jouer la diva désespérée ; je n’ai pas ingurgité plus d’alcool et je me suis contenté du sexe de la télé.
Quatre mots.
« Quoi ? »
Quatre mots.
Mon sommeil est perturbé. Impossible de m’endormir, quelle que soit l’heure ou mon état de fatigue. Je ne peux plus me passer de Stilnox, et quand je le couple avec du Lexomil, ça produit un cocktail détonant que je transcris ici par écrit. Je me la joue poète maudit !
Quand je finis par dormir, je fais des cauchemars. Je rêve de gens qui pleurent, de pauvreté, de saleté… Cette nuit, je me baignais avec des mendiants qui voulaient que je mange leur vomi. Mais à part ça, la douleur s’atténue de jour en jour. Je reprends le chemin de ma propre vie, bien que je ne sache pas encore où aller (qu’est ce que c’est pratique, les clichés !) 04/11/2004IrréversibleJe ne cesse de revivre ce moment où il m’a dit l’Impossible. Mon cerveau bloque dessus comme un ordinateur qui ne veut pas accepter le virus en lui.
C’était tellement inimaginable. J’y pense tout le temps. J’oublie quelques instants mais très vite, trop vite, ses mots m’empoisonnent à nouveau. Je me passe leur scène comme un film, sauf que pour moi c’est un film d’horreur. Un cauchemar qui me hante.
Onze lettres. Je ne les ai pas crues au début, comme si c’était une blague. C’est le genre de chose qu’on se disait, avant, pour rigoler. Avant. Quand il l’a répété, sur le même ton sérieux et dramatique, j’ai compris que, cette fois, la fiction avait rejoint la réalité.
Et pourtant, quelque part, ce n’est pas ma réalité ; je n’étais pas là au moment des faits. Mais c’est devenu ma fiction, mon obsession, la source de mes tourments. Mon cerveau bloque dessus pour que je comprenne, pour que je réalise, pour que j’accepte. En vain. Il m’aura fait souffrir jusqu’au bout.
J’ai l’impression que ma vie ne m’appartient plus, que je vis celle de quelqu’un d’autre. Quand il m’a poignardé, c’est comme si un sang invisible avait giclé sur ma chambre. Un sang invisible, pour les autres. Je la regarde comme si elle n’était pas la mienne. C’est une manière de me dire que cette douleur-là, et donc cette vie, je ne devrais pas la vivre. Elle n’est pas à moi. Mais elle est là. Lui, lui, il n’est plus à moi. Et, de toute façon, il n’est pas là. Il n’est plus là.
Mais il était là et avant qu’il arrive j’avais tellement hâte de le voir. J’avais mis un peu d’ordre dans mes idées. J’étais plus serein. J’avais commencé à comprendre que je ne voulais plus que lui. J’ai hésité à lui dire par mail. J’ai préféré attendre qu’on se voie (les yeux qui pétillent, les lèvres humides, la peau affamée). Mais non. Je n’ai pas envoyé de mail, je ne lui ai pas dit que ça allait mieux, alors il a aggravé (tué ?) les choses de son côté. Et je ne cesse de me demander : et si ce mail que j’avais commencé à écrire, et si… et si… et si je l’avais envoyé ?
«Tellement de gens veulent tellement être aimés,
Pour se donner peuvent tout abandonner.
Tellement d’erreurs qu’on pourrait s’éviter
Si l’on savait juste un peu patienter… »
(Jenifer, Donne-moi le temps) 01/11/2004L'Heure du CrimeIl a tiré. La balle a atteint le centre de mon corps. J’ai mis du temps avant de comprendre qu’elle me pénétrait. Elle est entrée, m’a traversé, puis elle est sortie, vite, presque sans bruit, laissant derrière elle le lourd écho de ma chair carbonisée.
Le temps s’est arrêté. Je me suis écroulé dans une chute qui ne cessait de finir. Je tombais, m’écrasais sur les rochers qui, sous le poids de mon sang, éclataient comme les crânes des innocents, se désagrégeant en me noyant, et toujours, pour toujours me laisser tomber, m’éventrer sur le sol, disparaître, et recommencer.
La lame est entrée, tout doucement, en deux temps. D’abord un coup sec, dans le poumon gauche, pour m’empêcher de respirer. Puis un deuxième, pour entrer complètement, pour bien profiter de cette sensation. Le sang a perlé, coulé, s’est déversé. Masochiste, j’ai demandé à mon bourreau de toucher ma plaie ; j’avais besoin de la sentir pour pouvoir en délimiter la douleur. Elle est plus que vive. Il peut facilement y passer le bras. J’ai un gros trou dans le torse, dans lequel je sens l’air glacial et sa main coupable. Ma plaie devient béante, et mon corps, petit à petit, perd toutes ses forces par litres de sang.
Je suis de plus en plus blanc, trop vide et trop plein à la fois. Mon corps commence à pourrir. Par endroits, je suis rouge, baignant dans mes viscères ; autrement, mes membres sont secs, granuleux, noircis. Ils se décomposent petit à petit. Pour se défendre, mon cerveau envoie de quoi anesthésier, mais il est bien trop faible face aux malheurs humains.
Seul, crevant sur le trottoir, je vois autour de moi ces objets familiers qui aggravent mon état. La peluche qui m’étouffe, le verre qui se brise sur mes yeux. Ses mots et mon cerveau m’assènent le coup final.
Un chien, pour marquer son territoire après avoir pissé sur les autres, me lèche et m’apaise quelque peu. J’en ai besoin car c’est le seul secours que je peux avoir, en pleine nuit, dans ce pays étranger. Mais sa langue, chaude, rocailleuse, baveuse, m’écoeure. Son haleine sent encore la pâtée de luxe que son maître lui a donnée.
Nous ne sommes pas seuls. Il est là, lui aussi. Il nous regarde, mais il ne nous voit pas. Nous sommes bien trois dans ce moment intime. Trois, alors que nous ne devrions être que deux. Je ne peux pas me battre pour garder ce chien, je suis mort. Qu’il retourne à son maître.
Tout à coup, je me rends compte que ce chien, c’est le mien. Il a fait la fête à cet étranger qui m’a tué, puis est revenu vers moi pour vaguement réparer les dégâts. Toutou, il est dans le même état que moi : patte cassée, œil crevé, rein écrasé. C’est pour ça qu’il est encore là, parce que les chiens ont certaines caractéristiques qui sont censées les ramener toujours, pour toujours, vers leur maître.
Moi aussi, je caresse mon Toutou. On panse nos blessures mutuelles, tout en s’interrogeant sur l’avenir. Car cette nuit, à l’heure fatidique, nos chemins sont arrivés à un carrefour. Et je ne sais pas encore lequel emprunter. Il a de la chance que j’aime les bêtes. Mais puisqu’il semble vouloir changer de maître, je peux très bien le déposer à la SPA et repartir avec un chat. Certes, ils peuvent être cruels, mais maintenant, je suis vacciné. Et en plus, ils sont moins cons. Sauf que, Toutou, il ne veut pas me lâcher.
Heureusement, j’ai toujours ce qu’il me faut sur moi. Une pilule pour se relever, écrire, et dormir.  |
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Jonathan, 30 ans.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |