20/04/2004La bisexualité existe-t-elle vraiment ?Bon nombre d’homos sont complètement intolérants envers les personnes qui se disent bis. Je trouve ça terriblement discriminatoire et injuste de rejeter quelqu’un à cause de son orientation sexuelle, et encore plus hallucinant quand cela vient de personnes à la sexualité déviant de la soi-disant norme ! A croire que chacun se crée sa propre norme et refuse d’accepter ceux qui sont un peu différents.
Je ne reviendrai pas sur l’amalgame qui est constamment fait sur la fidélité des bis : je l’ai déjà évoqué ici. En revanche, je souhaite essayer d’éclaircir un point : pourquoi ? Pourquoi tant d’homos rejettent les bis ?
Et pour cela, il suffit que je me souvienne…
Moi-même, j’ai longtemps douté de la bisexualité, tout simplement parce que j’avais du mal à trouver un vrai bi. J’ai discuté avec pas mal de garçons (et filles, d’ailleurs) et ai toujours aimé me projeter dans leur tête pour mieux comprendre leurs différences. Et il m’est arrivé, plus souvent que je ne l’aurais imaginé, d’entendre un homo me dire : « Moi, j’suis bi. » Bon, au départ, on veut croire en la bonne foi de son interlocuteur. Mais quand le schéma se répète, quand de plus en plus d’homos, de tapettes spatiales se mettent à dire qu’elles sont bis, je commence à me poser des questions. Bon nombre de ces mecs prétendent aimer les filles autant que les garçons. Mais il suffit de les regarder deux secondes. Quand on a la voix de Michel des colocataires et qu’on met des talons aiguilles, il est difficile de faire croire qu’on est bi. Mais bon, après tout, il ne faut pas juger sur les apparences, tout est possible.
Alors observons ces garçons sur plusieurs années. Certains, c’est marais, boite, bite, bite, et bite. Mais bon, ça, c’est juste pour m’amuser, en fait je suis bi. Bah mon coco, si tu t’amuses pas sexuellement avec les filles, c’est que tu n’es pas si bi que ça… D’autres, par contre, rejettent carrément le milieu homo et tout ce qu’il y a autour. Oui, c’est vrai, je me sens bien avec un mec, j’aime baiser avec, mais c’est tout. Le marais, et tout ça, j’aime pas. J’aime pas la techno. Donc je ne suis pas pédé. A la limite, je suis bi. Mais pédé, ça non, jamais ! Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu.
Eh bien non, chers amis en mal d’identité, être homo, ce n’est pas nécessairement aimer la techno et le marais, ce n’est pas forcément s’habiller moulant, ce n’est pas forcément sortir tout droit de la « Cage aux folles ». Certes, certains d’entre nous possédons les clichés de l’homosexualité (et moi le premier) mais ce n’est pas ainsi qu’on peut définir notre sexualité. Selon moi, on ne peut la définir que par le cœur et le sexe. Tout ce qu’il y a autour ne compte pas. Tu aimes la bite, tu brûles d’amour pour ton meilleur ami hétéro : tu es homo. Alors ne te cache pas sous une soi-disant bisexualité. Oui, mais moi, tu comprends, j’veux me marier, avoir des enfants. Bah t’es pas le seul. Tous les homos ont eu l’envie de se marier et d’avoir des enfants, mais c’est pas pour autant qu’ils sont bis. Ca, c’est le schéma social qu’on nous inculque à la naissance et qu’on a instinctivement envie de reproduire.
Le fait est que l’homosexualité fait peur parce que nous n’avons aucun modèle. Les hétéros doivent se marier, avoir deux enfants, un chien, un appart en ville et une maison à la campagne, où ils vivront heureux entourés de leur famille jusqu’à la fin des temps. Bla bla bla. Nous, le modèle qu’on nous renvoie à la gueule, c’est : épilation, 25cm, poppers et disco. Difficile d’imaginer un avenir constructif là-dedans.
Moi-même, durant les mois qui ont précédé mon coming-out, je me suis dit que je pourrais mentir, dire que je suis bi, que ce serait plus facile à accepter. Mais très vite, je me suis rendu compte que j’en avais marre de mentir aux autres et que je ne voulais pas me mentir à moi-même.
On n’a pas de modèle, c’est flippant, oui, je sais. Mais en même temps, c’est excitant, car c’est à nous de le construire. Et puis, dans le fond, mis à part la parentalité qui est difficile, a-t-on réellement une vie si différente des hétéros ?
Alors chers amis homos, cessez les mensonges, ouvrez vos cœurs et vos esprits, acceptez vous tels que vous êtes et acceptez les autres dans leurs différences. Car à force de crier à tort et à travers que vous êtes bis alors que vous ne connaissez pas l’odeur d’une chatte (mon dieu, rien que d’imaginer, j’ai envie de vomir !) vous portez préjudice à ceux qui sont vraiment bisexuels. Car oui, ils existent, j’en ai rencontré ! Décidemment, l’acceptation de soi sera toujours aussi problématique…
« Quelle que soit notre nature, il faut l’accomplir, autrement nos vies sont malhonnêtes. »
Oscar Wilde.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
20/04/04 - 22:57
Cher diabolito, je reprends les points que tu propose et ajoute une petite pointe de mon esprit perverti par de nombreuse chose vu et lu…
Pourquoi existe-t-il un rejet des bi par les homo ?
La nature humaine apprécie beaucoup de pouvoir juger du bien et du mal, c’est simple et ça laisse pas de zone d’ombre. Dans le cas des hétéro l’homosexualité est une déviance comme tu le dis, mais dans ce cas sur quoi les homos vont pouvoir exprimer leur notion de mal. Sur les hétéro ? Non, on ne s’attaque pas à la pensée de 97% de la population qui ne nous connaissent pas (ou alors l’interlocuteur que tu as face à toi est fou). On prend une cible qui est une minorité au sein de notre « communauté », les bi répondent parfaitement à cette définition, ils sont en nombre inférieur, mal connu, il forme donc le bouc émissaire idéal.
Pourquoi un mensonge sur c’est vrai désir sexuel ou autre de la part de certain homo en disant « je suis bi » ?
La ce n’est jamais qu’un retour vers la norme que nous fixe la majorité de la population, que dire de plus, il se mente à eux même et peuvent tenir ainsi. C’est un choix mais qui peut que décrédibiliser les vrai bi…
D’un autre coté, ils ont peut être préférer se couler dans le moule pour des raisons autre que sentimental.
Dernier point l’absence de modèle, on retombe sur la beauté du « self made man », mais ça veut dire du coup que chaque homo à une forme de pensée unique, un schéma de développement unique de sa manière de voir sa sexualité, sa manière d’être. Autrement dit profitons de cet avantage et ne jugeons pas les gens sur le simple faite de leur orientation vers l’homme, la femme ou les deux… La seul chose qui importe est le désir mutuel qui en ressort.
En conclusion je vous communique la manière dont je présentai les choses à mes amis :
Au début, je disais simplement ne pas être attiré ni par l’un ni part l’autre face à mes amis (au final c’est eux qui m’ont fait céder sur cette position car pour moi ce n’était que déclaratoire… il n’y avait pas à proprement parler de mensonge pour mon esprit).
frsic