Nuit existentielle
Il fait nuit et je n’ai aucune notion de l’heure. Il fait chaud et je suis sous la couette. Je fais des rêves bizarres et mon mec dort à côté de moi. Je le sens qui se colle à moi gagne du terrain. Il se met en plein milieu de lit et s’enroule délicatement dans la couette. Mes pieds sont à l’air libre. Je sens le vide intersidéral du bord du lit qui est à deux doigts de me happer. J’suis pas content. Pour la première fois depuis qu’on se connaît, j’ose le pousser. Il comprend vite quand il dort. Il se colle de son côté, me laissant respirer. Je sens que ses pieds lâchent un peu de couette. Il n’y a toujours pas assez de tissu, alors je dois me mettre en diagonale si je veux leur éviter de geler.
Le temps passe, mes pensées défilent. Impossible de me rendormir. C’est dans ces moments-là que je me mets à penser à ce qui me préoccupe. Au programme de la nuit, et en gros obsessionnel que je suis, je pense au boulot que je n’aurai pas qu’il me faut cet été. Je repense à l’entretien que j’ai eu vendredi et aux deux phrases qui m’ont tué : « Vous avez un costume ? » et « Je ne veux pas de votre piercing. » Comment je vais faire ? Comment je vais faire ? How am I gonna do ? Même si je devais investir dans un costume, le fait est que je ne peux pas porter les mêmes vêtements cinq jours par semaine pendant trois mois ?! Et je n’ai pas de chemise non plus ! Il faut acheter un costume et des chemises ? Mais ça va revenir à combien c’t’horreur ??? Et le piercing, si jamais il se referme dans la journée, hein ? :-/
Elle a dit qu’elle appuierait ma candidature. Et si on me contacte la semaine prochaine ? Comment je vais faire sans mon déguisement de pingouin ? Il faut que je relance les boites où j’ai postulé, il faut que je contacte d’autres organismes, je ne peux pas me contenter de ce boulot de merde. Je ne veux pas que ce soit mon premier choix. Je vais donc me décider à postuler dans des bibliothèques, dans des librairies, dans des hôpitaux, dans des organismes administratifs, dans des boutiques de fringue et de cadeaux. Je préfère avoir trop de choix, que pas assez.
Le temps paaaaaaaaaaaasssssssse, mes pensées coulent, Bertrand respire fort. Je mets mes boules quies. Silence. Promis, j’arrête de (trop) y penser. Ou, du moins, d’en parler. Silence, j’ai dit.
09/05/04 - 23:32
un costume ça ce lave rarement en machine, et en général tu le salit peu (sauf en soirée) donc avec un seul tu devrais pouvoir tenir, au pire des cas tu l'envois au pressing si il est sale...
pour les chemises par contre tu va devoir en avoir un petit stock...
frsic