...Blog à ne pas lire...

02/06/2004

02/06/04 - 23:45

Dire ou ne pas dire ?

Tout le monde dans mon entourage sait que je suis gay. Depuis mes 16 ans, je dis régulièrement aux gens que je préfère la bite à la chatte. J’le dis pas comme ça, mais c’est plus ou moins ce que ça veut dire. Je ne peux pas me considérer « ami » avec quelqu’un qui ne serait pas au courant de cette caractéristique essentielle de mon être. Non pas que je me réduise à ma sexualité, mais quand on a menti pendant des années, on éprouve le besoin de se surdéfinir. Deux amis m’ont d’ailleurs fait ce reproche : quand je parle de moi, j’en viens systématiquement à mon homosexualité, alors qu’il y a plein d’autres choses dans ma personnalité. Je le reconnais, et j’admets que je devrais commencer à envisager de ne plus me focaliser sur ma sexualité.

En ce qui concerne la famille, je n’en suis pas du tout proche. Seule ma cousine connaît officiellement mon orientation, et les autres membres, qui sont presque des inconnus pour moi, font parfois référence au fait que je ressemble beaucoup au seul gay de la famille…

Ainsi, mes parents ne savent toujours rien. S’en doutent-ils ? Je n’en ai aucune idée. En effet, j’ai souvent ramené des tonnes de jolies filles à la maison, et mon père a toujours été persuadé que je me les tapais les unes après (voire avec) les autres. En réalité, on parlait plutôt mecs et produits de beauté… S’il savait…

Je ne suis pas proche d’eux, mais mes rapports avec ma mère sont de mieux en mieux. Elle se confie parfois à moi sur sa relation avec un légionnaire raciste et homophobe (ça promet…) alors j’aimerais bien moi aussi lui parler de moi. Quant à mon père, si je pouvais lui montrer qui je suis réellement, je me sentirais mieux. De plus, mon départ dans moins de quatre mois va m’éloigner physiquement d’eux, alors j’aurais voulu pouvoir au moins parler avec eux. Parce que du coup, je ne sais pas ce que je pourrai leur raconter quand je serai là-bas.

Depuis quelques temps, donc, je cache de moins en moins le gros sigle de Gay Attitude quand je me connecte. J’avais aussi envisagé de commencer à dire mon copain au lieu d’un copain en parlant de Bertrand. Ce dernier m’a alors fait comprendre que ce n’était peut-être pas le meilleur moment. En effet, on ne sait jamais comment les parents peuvent réagir, et alors que je suis dépendant d’eux financièrement, je ne peux pas prendre ce risque. Je ne pense pas que mes parents réagiraient mal au point de me mettre dehors et de ne plus subvenir à mes besoins (s’il y a bien une qualité qu’ils possèdent c’est celle-ci) mais on ne sait jamais, ce genre d’histoire n’existe pas que dans les magazines…

Je garderai donc mon secret (de polichinelle ?) encore au moins un an. Pour mes parents, la vérité est ailleurs.

commentaires

03/06/04 - 00:12

Encore une fois, je vais me taire, cela vaut mieux...

03/06/04 - 00:17

Tu sais, je ne suis pas certain que ce soit une bonne solution que de ne pas en parler. Le fait que tu sois (au moins) financièrement dépendant d'eux n'y change rien (et ils sont toujours obligés de subvenirs à tes moyens, légalement parlant)...
A toi (vous) de voir...
Tu sais déjà le poids qui disparaît quand les copains le savent. Multiplie ça par dix pour chaque parent...

03/06/04 - 00:41

McM : t'es pas d'accord là dessus non plus ? ;) Qu'est ce que j'ai dit de mal cette fois ?
Allez, vas-y, dis-moi, ça faisait longtemps :p

Cossaw : ça se tient. :)

03/06/04 - 00:50

Cossaw> D'un autre côté, j'ai pu voir en live chez un ami par ampli téléphonique que donnait une relation basée sur l'article 203 du code civil (contrebalancé d'ailleurs par le 205 sur la même obligation en sens inverse). Il n'y a pas de mots pour exprimer le malaise que j'ai ressenti à ce moment là !!
Il n'est pas si illogique de vouloir s'assurer d'une indépendance totale (financière, "domiciliale", ...) avant d'annoncer la nouvelle. Il faut bien que les parents le sachent à un moment où à un autre, mais tant qu'à faire autant que ce soit dans des dispositions qui soient au mieux favorables, au pire permettant de fuir le temps que chacun assimile.

Jona> Pour les parents, la vérité est dans le tailleur plus exactement. =Þ Ok je sors ...

03/06/04 - 03:40

très joli post Jona, tu me donnes envie de partager mon coming out et la façon dont mes parents l'ont vécu, sur mon journal, même si j'avais prévu de parler de ma haine des portables et de l'homme que j'aime avant.

03/06/04 - 09:54

Je me trouve dans la même situation que toi Jonathan. Le problème avec moi, c'est que personne ne le sait! Même pas ma meilleuire cousine avec qui je partage tout! Je ne pense pas qu'avec elle il y aura un problème, et pourtant je n'arrive pas à le dire. Mon père non plus: quand il s'est séparé de ma mère il croyait que ma mère était devenu lesbienne (parce qu'elle sort beaucoup en boîtes avec ses copines maintenant) et il lui avait dit "bah si tu es heureuse comme ça!". Je pense qu'il me dira la même chose.
Ma mère c'est beaucoup plus dure. Quand j'entends ce qu'elle dit à propos d'un sujet sur l'homosexualité qui passe à la télé, ça donne pas envie de lui annoncer. Bon, c'est pas non plus radical et sectaire mais elle dit des trucs du genre: "un homme avec un homme, c'est pas dans la norme!". De puis des années, je lui réponds: "bah tu sais maman, moi je les comprends ces gays! Il faut déjà qu'il soit courageux pour s'assumer de cette façon! Et puis, il n'y a plus de norme aujourd'hui! C'est l'anarchie totale! Tout le monde veut diriger tout le monde....". De cette façon je voulais lui montrer d'abord que j'étais gayfriendly. Je pense qu'elle le sait; mais pas pour ma veritable sexualité.
Je ne sais pas si elle s'en doute. Je suis comme toi: la plupart des gens qui m'appelle sur mon portable ce sont des copines. Et elle le sait, puisqu'elle me demande c'est qui. Quand un copain appelait, j'osais jamais dire que c'était un garçon..c'est bête! L'autre fois elle m'en a fait le reproche: "tu n'as pas d'amis garçons?"...j'ai répondu que je me sentais mieux avec les filles! Et c'est vrai..amicalement, je prefère la compagnie des filles. Je n'ai jamais vraiment eu de veritable amis garçons vu qu'ils me rendent nerveux..surtout les plus beaux! ^_^
Et puis, comme tu dis, quand on est financièrement dépendant ça fait peur. Je ne pense pas non plus que ma mère deigne me jeter comme un chien. Le problème c'est que j'ai pas envie qu'elle souffre. Si elle l'accepte, je me sentirai vraiment heureux et je trouverai la force de le dire aux autres membres de ma famille. Eux, je me tape de leurs réactions (surtout celle de mon tonton qui admet les relations femme/femme mais non homme/homme! qu'il con!). Le plus important c'est que mes parents m'acceptent..Les reste, ça part au chiottes.
Je te soutiens bien sur, vu que je comprends ce que tu peux ressentir. Et puis, si un jour ça passe, tu me donneras des conseils! :)

03/06/04 - 12:14

bienvenu au club des pd dépendant des parents et qui préfèrent ne rien dire pour que papa/maman continu de filler du fric

03/06/04 - 17:02

mes parents ont tjs dit qu'ils nous (moi et les frangines) desheriteraient si on avait un gamin avant d'etre independante financierement
et au pire si ont restaient leur fille, hors de question qu'ils s'occupent du gamin.
>ma soeur a eu une fille a 19 ans
mon pere a pris une semaine de vaccances pour s'en occuper pendant la periode des exams
ma mere va la chercher a la creche tous le jeudis soir car les deux parents ont cours
.....

03/06/04 - 17:42

oui la dépendance économique c'est déterminant...bizarrement j'ai dit à mes parents que j'étais homo alors qu'ils payaient mon appart et ma bouffe en Angleterre, je leur ai même dit deux semaines avant de partir m'installer pour ma 3e année...j'ai toujours pensé qu'ils me mettraient dehors. et pourtant ils m'ont prouvé leur amour, ils m'ont dit qu'ils seraient toujours là pour m'aider et me soutenir. J'ai mis du temps à m'assumer mais je ne pouvais plus le garder pour moi car je m'interdisais de vivre. Je n'ai pas pris un risque en leur disant, je me suis libéré. J'ai préféré tout perdre et être moi-même que de me dire que j'allais tout garder pour moi et ne pas vivre. Quand j'y repense, j'avais même planifié mon départ et comment m'auto-financer...

03/06/04 - 21:13

Pour ma part, je pense que ce n'est pas le moment de le dire à tes parents, pas avant ton départ.

Ils risquent de paniquer (sans mauvais jeu de mots) et de s'inquèter pour tout ce que tu risques de faire en GB, une fois seul et autonome.

Les parents aussi incompréhensibles soient - ils se font toujours du souci et tu trisques de mettre la panique pour rien dans leur tête, ce n'est jamais bon, les réactions peuvent êtres brutales ou imprévisibles !!!!

A toi de voir, mais là je parle en parent de 3 enfants.

04/06/04 - 01:25

Encore un de plus qui ne veux rien dire à ses parents pour cause financières. Mais c'est pas vraiment ce sur quoi je voulais revenir... mes amis de Reims ne savaient pas pour moi. Ce qui me bloquait été le fait que j'étais en colocation avec certains et je ne voulais pas prendre le risque d'être rejeter et devoir retrouver un logement. Sinon je leur ai dit que "j'aimais la bite" comme tu dis. Et en fait il ne sais rien passé, pas de rejet, pas de réactions particulières... ç'est passé comme une lettre à la poste. Je pense qu'ils ont appris à ma connaitre et à m'apprécier. Je ne me suis pas "réduit à ma sexualité".

05/06/04 - 00:50

Révélé son homoséxualité, c'est s'exposé à une rupture des relations avec les parents à une époque où on à encore besoin d'eux. On se réfugie alors deriere une loi pour continuer à quemander ce qui nous revient de droit. Mais cela ne serait-il pas somme toute plus destructeur que le huis clot qu'impose notre orientation face à eux.

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Jonathan, 26 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.