Dire ou ne pas dire ?
Tout le monde dans mon entourage sait que je suis gay. Depuis mes 16 ans, je dis régulièrement aux gens que je préfère la bite à la chatte. J’le dis pas comme ça, mais c’est plus ou moins ce que ça veut dire. Je ne peux pas me considérer « ami » avec quelqu’un qui ne serait pas au courant de cette caractéristique essentielle de mon être. Non pas que je me réduise à ma sexualité, mais quand on a menti pendant des années, on éprouve le besoin de se surdéfinir. Deux amis m’ont d’ailleurs fait ce reproche : quand je parle de moi, j’en viens systématiquement à mon homosexualité, alors qu’il y a plein d’autres choses dans ma personnalité. Je le reconnais, et j’admets que je devrais commencer à envisager de ne plus me focaliser sur ma sexualité.
En ce qui concerne la famille, je n’en suis pas du tout proche. Seule ma cousine connaît officiellement mon orientation, et les autres membres, qui sont presque des inconnus pour moi, font parfois référence au fait que je ressemble beaucoup au seul gay de la famille…
Ainsi, mes parents ne savent toujours rien. S’en doutent-ils ? Je n’en ai aucune idée. En effet, j’ai souvent ramené des tonnes de jolies filles à la maison, et mon père a toujours été persuadé que je me les tapais les unes après (voire avec) les autres. En réalité, on parlait plutôt mecs et produits de beauté… S’il savait…
Je ne suis pas proche d’eux, mais mes rapports avec ma mère sont de mieux en mieux. Elle se confie parfois à moi sur sa relation avec un légionnaire raciste et homophobe (ça promet…) alors j’aimerais bien moi aussi lui parler de moi. Quant à mon père, si je pouvais lui montrer qui je suis réellement, je me sentirais mieux. De plus, mon départ dans moins de quatre mois va m’éloigner physiquement d’eux, alors j’aurais voulu pouvoir au moins parler avec eux. Parce que du coup, je ne sais pas ce que je pourrai leur raconter quand je serai là-bas.
Depuis quelques temps, donc, je cache de moins en moins le gros sigle de Gay Attitude quand je me connecte. J’avais aussi envisagé de commencer à dire mon copain au lieu d’un copain en parlant de Bertrand. Ce dernier m’a alors fait comprendre que ce n’était peut-être pas le meilleur moment. En effet, on ne sait jamais comment les parents peuvent réagir, et alors que je suis dépendant d’eux financièrement, je ne peux pas prendre ce risque. Je ne pense pas que mes parents réagiraient mal au point de me mettre dehors et de ne plus subvenir à mes besoins (s’il y a bien une qualité qu’ils possèdent c’est celle-ci) mais on ne sait jamais, ce genre d’histoire n’existe pas que dans les magazines…
Je garderai donc mon secret (de polichinelle ?) encore au moins un an. Pour mes parents, la vérité est ailleurs.
03/06/04 - 00:12
Encore une fois, je vais me taire, cela vaut mieux...
mcmambmy