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Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

15/06/2004

15/06/04 - 15:02

Sexualité : adolescence (partie 1)

Suite de l’article Sexualité : enfance

T. et moi avons continué à nous voir régulièrement. Nous étions dans la même école, puis dans le même collège, souvent dans la même classe. Notre amitié était exclusivement faites de jeux. Nous créions des histoires avec nos figurines Dragon Ball Z, nous jouions à tous les jeux vidéo qui passaient entre nos doigts, mais nous ne parlions jamais. T. était le mec hétéro de base dans toute sa splendeur : un peu bêbête et qui ne montre jamais ses sentiments.
Au collège, nous avons commencé à devenir très différents l’un de l’autre : lui se passionnait pour le Basket Américain (NBA, Dream team et tout le toutim…) pendant que moi je vouais une admiration sans limite aux Spice Girls.
Malgré ces différences, une chose nous a relié : la découverte de la sexualité.

Pendant des années, donc, nous en sommes restés au lourd secret de nos touche-pipi d’antan. Ni lui ni moi n’avions oublié, mais n’en avons jamais parlé pendant tout ce temps. Et moi, à 12 ans, je n’attendais qu’une seule chose : recommencer.
Il avait été convenu que je passerais plusieurs jours chez lui, à Paris, pendant les vacances. Cette idée m’excitait au plus au point. Etre seul avec lui pendant tant de temps, sans les parents, faisait pénétrer dans mon esprit des images de débauche.
Je suis donc allé chez lui, pendant ces vacances. Et nous avons joué : nos figurines se livraient des guerres sans merci sous fond d’histoires d’amour passionnées, nous nous battions virtuellement l’un contre l’autre grâce au contact ô combien érotique des manettes collées par la sueur.

Puis arriva l’occasion que j’attendais. Alors que nous étions dans sa chambre, T. eut la gaule. Il décida de se masturber, et, par fausse pudeur, se cacha sous un drap. Moi, je m’assis à son bureau. Il me dit que je pouvais me branler aussi. Je lui répondis que je n’en avais pas envie. Ce qui était vrai. J’étais brûlant de désir, mais ce que je voulais, c’était le toucher, lui. L’excitation finit par dépasser ma timidité, et je m’approchai de lui… J’avais envie de le toucher, mais j’avais peur de recréer une intimité avec un garçon dont je n’étais, en réalité, pas proche moralement. J’ai fini par me décider, et en rigolant, j’ai commencé à le branler à travers le drap orange. Je sentais parfaitement cette bite grosse et dure, mais le papier qui enveloppait la viande n’était pas très pratique. Alors je me suis arrêté.

Le soir, une fois dans le noir, aidé par une journée de frustration et l’odeur si particulière de mec qui régnait constamment dans sa chambre, je finis par lui dire, au détour d’une conversation : « J’aimerais bien savoir ce que ça fait que de branler un mec. » Il me proposa, gracieusement, d’essayer sur lui. Il était allongé en travers de son lit, les jambes écartées. Moi, j’étais assis sur mon lit, ma main le rejoignant à l’endroit stratégique. Je le branlais extrêmement doucement. J’adorais ce contact brûlant. Excitant. Quand l’œuvre fut terminée, plus un mot ne fut prononcé pendant de longues minutes. Minutes pendant lesquelles mon corps était en ébullition, et mon cerveau cherchait par tous les moyens à rétablir la communication avec l’objet de mon désir. Mais comment lui dire ? Je n’osais pas, trop timide, avouer mon désir. Enfin, prenant mon courage à une main, la voix limite tremblante : « J’veux bien qu’tu m’le fasses. »
Lui : « De quoi ? »
Moi : « C’que j’viens d’te faire. »
Il s’exécuta.
Ayant pleinement conscience de la différence de taille entre nous, j’ajoutai : « J’bande pas beaucoup. J’bande pas beaucoup du tout. » Ce qui était tout le contraire de la réalité.
Et ce fut… décevant. J’avais l’impression que sa main était à l’envers, pas positionnée comme il fallait. Ca faisait des mois que je pensais à ce moment, et finalement, c’était loin, très loin, d’être ce que j’avais espéré.

Le lendemain matin, au réveil, il dit : « Bon bah j’vais le raconter aux copains ! » Je savais qu’il plaisantait. Mais je me sentais mal. Sale. Je n’assumais pas ce désir, je n’assumais pas de l’avoir assouvi. T. me répugnait. J’avais envie de vomir. J’ai attendu quelques heures, mais le dégoût ne m’a plus quitté. Alors j’ai décidé de rentrer chez moi. Il ne voulait pas que je parte. Il me mit au défi de venir chercher les clefs dans son caleçon. Sous mes yeux, je les vis s’y cacher. Je lui ai alors lancé ce regard que j’ai encore, celui que je prends lorsque je sais que je vais faire quelque chose qui va à l’encontre de mon image de Sainte Nitouche. J’ai défait son pantalon, pris les clefs, ouvert la porte, rendu les clefs, et suis rentré chez moi. Vite. De manière soudaine. Je crois qu’il n’a jamais compris ce qui s’était passé dans ma tête, car je suis vraiment parti comme un violeur.

Quelques années plus tard, nous sommes repartis chez ses grands-parents. Et, pour la première fois depuis des années, sa grand-mère nous autorisa à dormir ensemble (« à condition que vous ne chantiez pas ! ») L’excitation se lisait dans nos regards. Les journées n’étaient que succession de pelotages divers. Il suffisait que l’un soit allongé pour que l’autre s’en approche et commence à caresser entre deux doigts le pénis devenant petit à petit phallus de l’autre. Dieu que c’était bon ! On ne pouvait pas aller loin, vu que n’importe quel membre de sa famille pouvait débarquer dans notre chambre à n’importe quel moment. Mais parfois, n’y tenant plus, on se branlait mutuellement en pleine après-midi. Les autres fois, nous attendions le soir. Il fallut alors gérer un élément nouveau, que nous ne connaissions pas dans notre enfance : l’éjaculation. Nous ne voulions pas rentrer en contact avec le sperme de l’autre, alors avant de jouir, on prévenait l’autre et on se finissait tout seuls, comme des grands.

A 14 ans, nous jeux sont devenus un peu plus sensuels. Depuis des années, quand nous nous branlions mutuellement, il n’y avait rien de plus, entre nous, que le mouvement mécanique de la main de l’autre. Je crois qu’il aimait beaucoup que je le touche. Moi, j’étais souvent déçu, je ne gagnais jamais autant de plaisir que j’en aurais voulu.
Un soir, donc, pour la première fois, alors qu’il me branlait, T. se mit à me caresser. C’était ma toute première caresse sexuelle. C’était divin. Je fis donc de même. Et puis, de fil en aiguille, il m’autorisa à jouir dans sa main. Je lui renvoyai la pareille. « Ca revient au même » expliqua-t-il. Malheureusement pour moi, j’étais souvent celui qui jouissait le premier. Ainsi, alors que mes besoins étaient satisfaits et que j’étais envahi par mon habituel dégoût, je dus le finir malgré tout. C’était affreux de devoir le branler avec cette culpabilité au dessus de la tête. Et le sperme n’arrangea rien. Ce premier soir de jouissance dans la main de l’autre, il éjacula la totalité de ses baigneurs sur mon bras. C’était chaud et visqueux. J’ai cru que j’allais vomir.

Au lycée, nos chemins se sont éloignés. Après ma première année de Seconde, nous avons recommencé à nous voir durant tout un été. Il avait beaucoup changé, nous parlions beaucoup plus. Surtout quand il fumait du shit. Je lui avais présenté une copine de classe, Mél. Ils s’étaient plu, et sortaient ensemble. Et qui s’occupait de calmer les ardeurs du jeune homme après avoir été excité par sa copine ? Moi. :)
Même après quelques années de pause, rien n’avait changé. Le premier soir, il me dit : « Tu veux qu’on refasse comme avant ? » Après avoir dit oui, on s’était mis dans le même lit, et avait goulûment astiqué la bite de l’autre. Je lui avais demandé s’il n’avait pas l’impression de tromper Mél, mais non. A ses yeux, c’était comme s’il se branlait lui-même, sauf que c’était moi.

Depuis, il ne s’est plus jamais rien passé entre nous, et nous nous sommes à peine vus. Il a une copine depuis quelques années, et joue toujours autant aux jeux vidéo.
Cet été là, comme nous parlions plus, j’ai quand même eu l’occasion de lui demander s’il avait eu d’autres partenaires de jeux sexuels comme moi, et il m’avoua que non. Alors que moi…

A suivre dans l'article Sexualité : adolescence (partie 2)

commentaires

15/06/04 - 15:56

Ca devient chaud, chaud, chaud ......la suite ..

15/06/04 - 16:02

Alors que toi...
Nous fait pas trop attendre !

15/06/04 - 17:09

parti comme un "violeur" ou comme un voleur... ne serait-ce pas un lapsus révélateur (contrairement a ricroel)

15/06/04 - 17:14

I would like to recommend you a great book, in the hope you read it (and it gave you inspiration) and write a novel whit your sexual iniciation experience: the english title is "confessions of a mask", from the japonese writer Yukio Mishima; I don't know the french title, but I Know the book is translated into french...

Your posts are very good; hope you go on!

15/06/04 - 17:53

alors que toi... ????

15/06/04 - 19:01

Bruno : Thank you very much, I wanted to read a Japanese novel for a long time ! But I don't think I would be able to write one, especially concerning my too short sexual experience.

Phil-Tof : Ce n'est pas un lapsus, c'était fait exprès ;)

15/06/04 - 23:51

Que fait la brigade des moeurs ? Et la police de la Pensée ?
Ce journal pue la luxure et la débauche !
Fermons la porte que personne d'autre que nous n'en profite...

16/06/04 - 10:55

Bon après ça, j'ai envie de dire que tu etais une sacré chaudasse du cul !

16/06/04 - 18:59

When you read "Confessions of a Mask" and/or "Forbinden Coulors" of Mishima, I think you'll change your opinion! And, since you don't love holidays, you have much time to read and write!!!

well, by the time you change your ideas, invit me to be the editor!
(what I'm trying to say, is that your posts will make a good story and/or script!!! :-)

Bye

19/06/04 - 04:21

Ah la la, va falloir que je continue mes "Histoires d'un petit homme", j'ai de la concurrence ! ;o)

(petit clin d'oeil là où les grands esprits se rencontrent, ô vil et adorable petit copieur ! :-p )

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.