08/07/2004Au boulot Jojo !Voici presque deux semaines que je suis secrétaire vacataire à l’Hygiène. Ma première journée a été assez difficile car déstabilisante (forcément, moi, dès que c’est nouveau…) Et puis, j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Ma collègue principale, Maria Calache, qui m’a tout appris et que je (vais) remplace(r), est très dynamique et efficace. J’ai d’ailleurs lu son entretien d’évaluation (hi hi) et il a été conclu qu’elle est excellente. Du coup, moi, j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur.
En fait, je réalise que ce n’est pas du tout intellectuel. C’est bête, j’aurais dû m’en douter, mais dans le secrétariat (et probablement dans le monde de l’entreprise en général) il faut juste savoir « agir » et non « penser ». Moi qui aie été formé pour « penser » et qui avais envie d’agir, je réalise que je préfèrerais peut-être un métier un peu plus intellectuel. Il n’y a pas de doute : dans un bureau, je suis comme un phallus dans un vagin. Mais je ne veux pas exécuter toute ma vie des mouvements de va-et-vient. Répondre au téléphone, trier, archiver, faire circuler le courrier, ça m’amuse ! Mais pour combien de temps ? Je pense que j’ai bien fait de faire LLCE Anglais et non un BTS assistant/secrétaire trilingue.
Du coup, je suis à nouveau en pleine réflexion pour la suite de mes études. Il est clair que je dois absolument tester le monde de l’édition et des bibliothèques, afin de voir dans quelle mesure ça me plaira. Je pourrai ainsi envisager des formations appropriées. Sinon, pourquoi pas un DEA finalement ?
La semaine dernière, il y a eu beaucoup de boulot. Maria m’a tout expliqué et répété avec une patience sans limite. Par contre j’ai remarqué un truc : les secrétaires, qu’est-ce qu’elles parlent, et qu’est ce qu’elles peuvent critiquer ! C’est quelque chose qui me surprend. Parfois, on a un truc urgent à faire, et ça ne les empêche pas de discuter le bout de gras avec Mimi la Grenouille ou La Lesbienne. Moi, quand on me donne quelque chose à faire, je le fais de suite. Mes mots d’ordre : rapidité et efficacité. Notamment, quand quelqu’un a besoin d’un renseignement au téléphone, je mets tout en œuvre pour servir mon correspondant. Je suis pourtant l’une des personnes les plus mal placées pour répondre aux questions des gens, vu que je suis tout nouveau. Mais je mets un point d’honneur à faire mon boulot, et bien. Hier, j’ai passé un temps fou avec un correspondant du Luxembourg, et j’ai fini par trouver la solution à son problème. Il avait l’air très reconnaissant et m’a dit que j’étais la seule personne qui daignait s’occuper de lui sans le transférer de bureau incompétent en bureau incompétent. Je suis fier de moi. :)
Cette semaine, par contre, ça a été mort de chez mort. Maria n’est pas là, mon directeur non plus, résultat, je jongle chaque jour entre trois appels téléphoniques et cinq lettres… Le reste du temps, je me suis d’abord fait chier vu qu’on n’a pas trop le droit de passer des appels persos et de surfer sur n’importe quel site. Et puis, finalement, je me suis laissé aller à passer quelques coups de fil et à aller sur quelques blogs. Quand y a rien à faire, je vois pas pourquoi ce serait interdit !
En ce qui concerne mes horaires, j’avoue que du coup, je fais moins de 35 heures… Je prends plus de trois quarts d’heure pour manger (c’est le temps qui nous est normalement imparti) et j’arrive plus tard le matin. De toute façon, c’est toujours au moment de partir qu’on a plein de choses à faire. Je n’ai pas spécialement l’intention de ne pas faire mes heures, mais je ne vais pas rester à faire de la présence pour rien, c’est débile.
Sinon, le monde du travail est un monde très différent de celui des étudiants. Ici, tout le monde est marié ou divorcé avec des enfants. Mine de rien, ça crée un gros écart entre eux et moi. Ils me tutoient, et comme ils ne me donnent pas l’autorisation de les tutoyer, je continue à les vouvoyer. Beurk. J’ai horreur du vouvoiement en plus, ça crée une distance entre les gens, et comme j’ai déjà une réserve naturelle, ça devient trop. J’essaierai peut-être le tutoiement à la fin du mois.
La semaine prochaine, Maria revient, mais on va devoir gérer le service des ventes en plus du nôtre. Je vais avoir moins de temps mort… Tant mieux !
Le plus dur, en fait, pour moi, c’est de me lever le matin. C’est la seule chose que je n’aime pas, pour l’instant, dans le fait de travailler.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
08/07/04 - 20:52
"Il n’y a pas de doute : dans un bureau, je suis comme un phallus dans un vagin. Mais je ne veux pas exécuter toute ma vie des mouvements de va-et-vient ":
ce que j'aime chez toi, c'est ce regard poétique que tu portes sur le monde.
jeuneparisien1978