Physique en baisse
Ce n’est pas la meilleure période pour moi. Je m’aime de moins en moins, me dégoûte de plus en plus. Je ne supporte plus ma peau, mes cheveux, ma graisse. Je ne comprends pas pourquoi j’ai autant grossi ! Je mange mille fois mieux qu’avant, bordel de nouille à queue ! Je n’ose plus me regarder dans la glace, l’image qu’elle me renvoie étant plus déprimante qu’autre chose. Alors je sais ce que les emmerdeurs vont dire : fais du sport, des abdos, nia nia nia... Merci, j’y avais pas pensé ! Mais c’est pas possible, c’est tout.
Comment peut-on aimer qui que ce soit quand on ne s’aime pas soi-même ? J’ai la sensation que ma vie m’échappe. Je ne supporte plus que Bertrand décide à ma place, qu’il m’impose telle activité ou telle autre chose… Certes, je ne sais pas souvent ce que je veux, mais je sais toujours ce que je ne veux pas ; et quand il ne le respecte pas, ça ne passe pas.
Il n’y a qu’au boulot que je me sens bien. Là-bas, j’oublie tout. Je ne suis plus un individu plein d’états d’âmes au physique changeant mais un rouage de plus en plus performant dans une grosse machine en marche.
Ma période sociable est à nouveau terminée. Oui, elle est toujours de très courte durée, je sais (en même temps, j’ai fait fort avec les 26 bites GAïens de samedi !) Je suis trop sorti les deux semaines précédentes ; à présent j’ai besoin de me retrouver, de me ressourcer. De décider de ce que je veux faire sans être constamment contraint de subir les emplois du temps foireux des autres. Je me transforme en un papy qui ne veut voir personne et qui ne veut pas sortir de chez lui. C’est la meilleure chose à faire pour le moment : hiberner. Si je ne passe pas par cette phase-là, je pète un câble. Pour apprécier sortir, il faut que je me fasse chier chez moi, et pour être content d’être chez moi, il faut que j’en aie marre de sortir.
Je retire mon dentier, une bite soupe, et au lit.
22/07/04 - 21:36
"En chaque pédé, une petite vieille sommeille..." (moi-même)
nico_paris12