08/08/2004Fin de partieJ’appréhendais cette soirée. Je devais aller dans ce trou paumé de la banlieue avec Bertrand, Manu et Anne, pour y retrouver moi soi-disant groupe d’amis. Je dis « soi-disant » car plus les mois passent et moins je me sens proche d’eux. J’ai sympathisé avec quasiment tous les membres, un par un, au fur et à mesure des semaines il y a quelques années. Ils se sont confiés à moi, je les ai analysés comme je pouvais, j’en ai fait le tour, et je m’en suis lassé. C’est ça, mon problème, avec les gens : je m’en lasse vite. Il y a certains (beaucoup de) défauts que je ne supporte pas, que ce soit chez moi ou chez les autres. Et probablement que je supporte encore moins les miens chez les autres.
Bref. J’avais envie de sortir un peu, j’avais envie de les revoir, depuis le temps. Mais je me sentais mal à l’aise car j’avais l’impression d’aller dans une fête d’inconnus. De plus, mélanger deux aspects de ma vie si distincts (Bertrand et mes amis) n’est jamais chose aisée pour moi. Une petite Red Bull et un site, qui me fait mourir de rire, et ça m’a déridé les fesses.
Arrivés là-bas, et au lieu de trouver la « méga fiesta » promise, on tombe sur deux groupes de moins de dix personnes : le premier où tous les membres ont bu et fumé à en avoir les yeux prêts à éclater comme la tête d’un nouveau-né tombé d’un immeuble de dix-sept étages ; le deuxième où l’on prie pour le repentir des premiers en jouant à cache-cache. La dichotomie était très claire. Ils étaient dehors, nous à l’intérieur. Une ambiance morte, merdique. Moi qui me plains des soirées de Bertrand, je ne sais plus lesquelles je préfère !
La soirée s’est donc quasi-exclusivement déroulée ainsi. Chacun de son côté. Chacun avec ses propres trips. Heureusement qu’il y a des gens avec qui je continue d’avoir des points communs et des sujets de discussion intéressants. Et aussi des jeux… En effet, le meilleur moment de la soirée a été d’aller espionner le couple adultérin qui venait de se former. On a bien rigolé ! ^^
Et pourtant, en partant, je me suis senti bizarre. C’est la fin de ce groupe d’amis, j’en suis sûr. D’autant plus que la partie dont je me sens proche est celle qui se disloque complètement (sachant que parmi nous, l’un vit à Grenoble, l’autre va en Belgique, Manu en Espagne et moi à Londres). Il ne reste plus que le noyau alcoolisé qui se ressert petit à petit. Je me lève et je confirme : il me faut des nouveaux amis.
Donc, je me sentais maussade en partant. Un voile noir s’était posé sur moi. Un voile pour me protéger, pour m’avertir : le temps est au changement. A chaque période comme celle-ci on se sent bizarre et on remet tout en cause. Dans à peine plus d’un mois, c’est une nouvelle vie qui s’offre à moi, avec tout l’enthousiasme et les craintes que ça engendre.
Et puis il y a eu ces deux réflexions qui n’ont pas manqué de froisser ma susceptibilité grandissante.
Aujourd’hui, Bertrand et moi avons fait du roller. Ca a été très difficile, j’ai encore cru que j’allais me mettre à pleurer. Pourquoi est-ce la part la plus chiante de moi qui s’exprime dans ces moments-là ? J’ai l’impression qu’il ne me comprend pas et qu’il n’en a rien à foutre. J’ai peur. Pourquoi est-ci difficile, le roller ? Pourtant je sais qu’il faut persévérer, qu’apprendre prend du temps… Mais j’en ai marre de dépenser mon temps. J’ai encore l’échec du permis très présent et douloureux en moi, à chaque fois que je passe près de mon auto-école, à chaque fois que je monte dans une voiture, à chaque fois que j’y pense. Je suis trop nul, je ne sais pas conduire, je ne sais pas faire du roller, et j’en ai marre.
Moins d’amis, mais plein de nouveaux qui m’attendent, je l’espère.
Pas de roller pour le moment, mais peut-être un jour, je l’espère.
Pas de permis, mais peut-être une solution miracle, et peut-être bientôt… Je l’espère. Hope and Fear.  |
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Jonathan, 26 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
08/08/04 - 18:07
Tu deviens adulte Jona, les amis, s'en vont, mais ne sont pas forcement remplacés, c'est la vie ...
J'y pensais justement hier soir en rentrant de Paris, je me demandais, si je n'étais pas en train de courir après une partie de ma vie qui appartient à une autre époque ...
Les uns se mettent en couple, d'autres ont des gosses et même si l'on garde des contacts, il n'est plus possible de sortir, de se rencontrer comme avant ...
Mais tu as encore un peu de temps devant toi ...pour te faire à l'idée, perso je n'y suis pas encore résigné !
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