Tapette Volante VS Super Connard
Le 7ème jour, alors que tout le monde croyait qu’il se reposait, Dieu continuait de jouer.
Et Dieu créa la Blonde : produit qui a deux particularités. La première : être conne. La deuxième : se plaindre. Il lui attribua le dimanche comme jour officiel pour faire chier son monde en geignant (même si elle ne se gêne pas pour le faire les autres jours, mais cela semble être LA particularité du dimanche.)
J’ai passé les derniers jours avec mon connard. Il a encore été un Super Connard, et moi une Grosse Emmerdeuse. Il n’a quasiment pas cessé de m’énerver. J’ai l’impression qu’il me manque de respect et qu’il n’en a vraiment rien à foutre. On ne se comprend toujours pas, et on se lasse de nos défauts (de nous ?) Je le vois soupirer de plus en plus.
A un moment, alors qu’on s’engueulait, il a haussé d’un ton, chose qu’il fait extrêmement rarement. Au lieu de me calmer comme les fois précédentes, ça m’a mis dans une rage folle : ces mots sont à prendre au premier degré. J’ai soudainement été envahi par une colère sans bornes, et l’envie de lui faire mal physiquement pour venger ma douleur morale. J’ai eu envie de le frapper, de le mordre. Je sais que dit comme ça c’est risible (moi ? Frapper quelqu’un ? Du haut de mes 56 60 62 63 kilos de graisse alors que lui est baraqué comme Mister T ?) J’ai cru que j’allais lui balancer son ordinateur (portable) en travers de la gueule. « Tu vois pas que je pourrais casser à cause de ça ? » lui ai-je lancé dans un éclat. Et puis je me suis mis à pleurer (et contrairement à ce qu’en disent les mauvais langues, je pleure vraiment rarement maintenant !) Il m’a fallu plusieurs minutes avant de me calmer.
Je deviens vraiment comme ma mère. Je reproduis, à l’identique, son comportement vis-à-vis de mon père. Comportement que j’ai toujours abhorré et méprisé. Je n’aurais pas pu hériter de son calme à lui ?!
Après un retour au calme, alors qu’il nous faisait à manger, je me suis demandé pourquoi je l’aimais. Je le voyais de dos, et je n’avais que cette certitude : que je l’aimais. Mes sentiments ont bien changé depuis un an, depuis le début où j’étais passionné et ne vivais que pour lui. L’aimer était pour moi une évidence constante, alors qu’aujourd’hui ce sentiment est souvent gâché par un quotidien pesant. Mais parfois, comme ce moment précis, anodin, inattendu, de mon mec en train de cuisiner, après une grosse crise, je me suis senti porté par mon coeur et ait eu envie de l’étreindre avec des trémolos dans la voix (et tout ce qui s’en suit). Mais pourquoi je l’aime ce connard ? Pourquoi on s’aime alors qu’on est complètement différents et que ces différences nous éloignent constamment l’un de l’autre ? Alors que ces différences que je n’arrive pas à gérer me font mal ? Pourquoi lui et pas un autre ? Pourquoi moi et pas une autre ?
Nous sommes peut-être comme les pièces d’un échiquier. Lui, le Roi Noir, moi, le Fou Blanc. Ensemble, disputant la même partie depuis un an et quatre mois. On abat nos cartes les unes après les autres. Jusqu’au jour où l’un capitulera, couché sur le flanc. Echec et mat.
Mon départ à Londres sera décisif. Soit nous réaliserons que nous ne pouvons pas vivre sans l’autre et que les moments que nous passons ensemble sont bénis. Soit nous nous rendrons compte que nous sommes mieux seuls qu’ensemble. De l’une ou l’autre de ces options découlera la suite à donner à notre relation : une nouvelle vie, ou une nouvelle mort.
15/08/04 - 16:48
Ca arrive souvent les engeulade dans un couple
gayberry