Flower
C’est comme si quelque chose en moi résistait, comme si tout mon être devenait rigide. Quand on est dans un pays étranger où tout est nouveau, les lieux, les gens, les mots, il faut être flexible, souple, ouvert ; en d’autres mots, il faut s’adapter. Etre déprimé provoque le contraire. On n’a qu’une envie : se refermer sur soi, se lover sous la couette et dormir jusqu’à ce que bonheur s’en suive.
Ca a été vraiment difficile hier. J’ai fini par pleurer et décider de ne pas sortir pour me ressourcer, tout en sachant qu’être seul n’était peut-être pas la bonne solution. Et puis finalement tout le monde sortait et en discutant avec eux j’ai eu envie de les accompagner. En fait ça a été une trop bonne soirée ! J’ai dansé comme une grosse pute, ce qui a fini par attirer ENCORE un mec !!! Je sais pas ce qu’ils ont les Anglais mais ils sont affamés ou quoi, à CHAQUE fois que je danse je me fais draguer. Cette fois-ci c’est un mec et une fille qui nous tournaient autour sans que je comprenne vraiment pourquoi (blonde et naïf…) Au bout d’un moment la miss est venue me voir en me demandant si j’étais intéressé ou pas.
Moi : « Par qui ? »
Ne comprenant pas sa réponse, je lui ai dit, comme d’habitude : « I’m gay » et, comme elle continuait à blablater : « I already have a boyfriend ». Sa réponse : elle m’a attrapé par le coup et m’a embrassé sur les deux joues. Le prochain va me faire quoi ???
Nous sommes rentrés vers 02 h 00 (les soirées Anglaises se terminent tôt, ce qui me convient) mais avons discuté jusqu’à 03 h 30. Moi, je me suis endormi à 05 h 30, parce que je me suis mis à réfléchir et à apprendre beaucoup de choses sur moi. Je crois que j’ai réussi à enfin faire le lien entre toutes ces choses qui me font mal, et j’ai compris que la source de mes tourments réside dans mon manque d’affection parental. Ici je réalise à quel point je n’ai pas de relation avec mes parents : quand je leur écris je n’ai absolument rien à leur dire. Je me rends compte que j’ai besoin de leur parler de mon homosexualité et de leur alcoolisme. Car, mine de rien, ils m’ont bien gâché avec la vie avec ça.
Avant de me coucher et après une crise de larmes due à mes révélations nocturnes, j’avais pris des résolutions concernant tous les domaines de mon existence, entre autre de parler à mes parents très prochainement. Mais bien sûr, au réveil, tout s’était évaporé ou presque. Résultat, je suis toujours un peu perdu mais je sens que je vais peut-être trouver le nouveau chemin à parcourir pour grandir et évoluer.
07/10/04 - 21:04
Les matins sont souvent brumeux pour ceux qui rêvent le soir...
sixte