...Blog à ne pas lire...

24/10/2004

24/10/04 - 17:23

Lost In Space

Non, je ne suis pas déprimé, juste perdu. Je suis rentré à Paris pour le week-end, et les premiers mots d’Anne ont été : « Ca va, tu déprimes pas trop ? » Mon blog donne l’impression que je déprime, mais en fait non. C’est juste que, comme d’habitude, j’aime bien me vider sur le clavier. Et pourtant, c’est pas évident à faire entouré de tant d’ordinateurs avec des gens derrière (ou devant, ça dépend comment on le prend).

Donc non, je ne déprime pas. Je ne suis pas nostalgique, je n’ai pas envie de rentrer à Paris. Mais je me sens souvent bizarre. Je n’arrive pas à me défaire de cette impression : je suis un loser. Quand je me sens de bonne humeur, et fort, j’arrive à me fondre un peu plus, à m’adapter, à me sociabiliser. Mais quand je me sens faible, je n’ai pas le courage de prendre sur moi et de m’adapter. Je me retrouve donc parfois dans des situations où c’est le Jona coincé qui prend le dessus. Faut dire que quand on est entouré d’Américains qui ne font aucun effort pour être compréhensibles, et avec de la musique à fond les ballons, ça n’aide pas. Ce qui aide, c’est qu’à passer la soirée entière avec eux on finit par se sentir à l’aise et on comprend tout ce qui se dit. Ce qui n’est pas forcément désagréable non plus, c’est de voir que les gens vous apprécient. Mais ce qui est parfois gênant, c’est quand ils vous apprécient trop…

Et cette vie qui tourne autour de l’alcool, je crois que je ne m’y ferai jamais. Peu importe la ville, le pays, l’heure, la classe sociale. Partout où je vais, je me sens étranger. Je crois que je vais créer mon propre monde : Jonaland. Il n’y aura que des homos beaux et intelligents, saupoudrés de quelques filles pour décorer. Je veux une île où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid (en clair, les deux semaines de printemps qu’il y a à Paris entre Avril et Mai). Une ville où l’alcool et le fromage seront prohibés. Un pays dont l’hymne national sera une chanson des Spice Girls, et où je ne passerai pas pour un taré parce que je préfère Britney Spears et Lara Fabian à n’importe quel groupe de rock.

Toute ma vie je me suis senti différent. Pendant longtemps, c’était l’homosexualité qui m’éloignait des gens. Aujourd’hui, c’est parce que je ne bois pas. Et demain, ce sera quoi ? C’est moi qui suis débile, ou quoi ? On se sent tous plus ou moins seuls et différents, je le sais, mais je me demande juste si dans mon cas ce n’est pas pathologique.
De toute façon, bientôt, je serai vraiment seul. Mais peut-être un peu moins différent.

commentaires

24/10/04 - 17:32

ou est-ce qu'on signe pour être citoyen de Jonaland ?
le passeport est de couleur rose au moins ? ;)

Allez, te tracasses pas trop - même si je sais que c'est dans ta nature - le monde parait toujours inadapté pour chacun d'entre nous... Le monde idéal n'existe pas... il faut faire tout le temps le délicat compromis... Je sais c'est pas facile ! mais courage ! on est tous dans la même galère...

24/10/04 - 17:43

Quand on se sent à part des gens, on est pas un loser, Jona, on est à part et c'est ça qui enrichit : la preuve en est ton journal ici, ce que tu y racontes et n'y racontes pas, ton envie d'un Jonaland, etc.

Perso, ce qui me singularisait et me mettait à part des autres, dans ma jeunesse (quoi, c'était ya longtemps ??? et alors ??? lol), c'était d'être homo et d'écouter du classique et de l'opéra.
Tout ça finissait par intriguer les gens et par m'intégrer à eux.

Bien du courage et toutes ces sortes de choses !!!

24/10/04 - 17:49

:-) Tu me fais sourire Jonathan. J'ai l'impression de me lire. Je suis un "exilé", je viens de passer 10 jours dans le passé ou avec, c'est selon et je me suis dit les mêmes mots que toi, ce matin...

" Peu importe la ville, le pays, l’heure, la classe sociale. Partout où je vais, je me sens étranger."

" Et cette vie qui tourne autour de l’alcool, je crois que je ne m’y ferai jamais."

La seule différence entre toi et moi, c'est 38 ans....et des années à me dire que:
"De toute façon, bientôt, je serai vraiment seul. Mais peut-être un peu moins différent."
Tu me fais sourire Jonathan. Je ne peux que te souhaiter longue et heureuse vie, petit diable.

24/10/04 - 17:59

Moi aussi ch'uis un exilé de nature, Jona, même si le Népomucèneland n'est pas la copie conforme du Jonaland. Mais je crois que ce n'est pas vraiment grave.

24/10/04 - 18:00

Au moins c'est safe de se vider sur le clavier.

24/10/04 - 18:11

L'enfer c'est les autres (elle n'est pas de moi)

24/10/04 - 20:44

C'est quel bureau pour le passeport ?

C'est bien de pouvoir dire tout ce qui ne va pas sur son blog. Quand ça va on a pas le temps d'écrire, on s'en fout de son blog, ya plus important...
Ca marche comme ça pour moi la plupart du temps...
"J'écris sur ce que j'endure..."

24/10/04 - 21:19

le plus grand malheur de est surement d'être entouré de milliers de son espèce, tout en étant seul au monde.
Je pense que la melilleur façon de se "socialiser" sans se trouver "étranger" au groupe est de s'affirmait tel qu'on est.
J'ai moi même longtemps chercher à m'intégrer dans différents groupes en essayant de les immiter, me retrouvant souvent en position d'incrusteur ou de bouffon, alors que lorsque j'ai affirmé mes choix, je ne me sentais à la fois unique tout autant que membre du groupe.
Comme disent certains à la TV : "Soit toi même".

25/10/04 - 00:52

Jona on a tous toujours su que t'étais à part...
C'est pour ca qu'on t'aime :)
++

25/10/04 - 12:40

masi enfin ma 'tite tapette volante, vous savez quoi ? j'ai beau venir de champagne, je bois quasiement jamais et je reprouve tout autant que vous l'usage tel qu'il est fait de l'alcool et je pourrais meme rajouter le tabac !
voila pour le point un !
Pour le reste et bien je pense que la sociabilie vient petit a petit. moi aussi qd j t plus jeune (ou celle la, elle fait mal) j t completement hors du coup, sans ami(e)s et a l'ecart. ce qui me differenciait c t que j t pd et que je l'acceptais po. puis c venu du jour au lendemain. alors je n'ai plus eu honte de dire et de ressentir ce que j'etais (et que je suis tjs d'ailleurs). m'enfin j'pouvais po m'empecher de regarder les gens un peu bizarrement avec leurs sorties et leurs facons de voir la vie. mais bon j'te jures que t po le seul a les considerer bizarrement. regardes ya nepo qu'est tout gentil et tout timide aussi, y a cyber bob aussi :-) et puis etre timide moi je trouve que ca donne bcp de charme ! voila :-)

25/10/04 - 15:58

L'inconvénient, ici à Londres, c'est que le tissu social se repose énormément sur le "social drinking". When in Rome, do as Romans do! Si possible.
Refuser une invitation au pub par un "J'ai pas envie, je ne bois pas" est équivalent en France à ne pas aller à un gueuleton entre amis parce qu'on ne pense pas avoir très faim le WE prochain.

Je sais que ce n'est pas facile à s'habituer à la "pub culture" mais rien ne t'empêche d'aller dans un pub et ne ne pas boire d'alcool.

27/10/04 - 10:16

continu ta vie, les autre ne sont jamais que des ombres ou des éclats de lumières passagés. il est toujours dure de s'adapté au autre. mais parfois il suffit de plier ça manière de voir la chose pour que tout parraisse plus simple....

a bientot petit diable, au plaisir de te lire.

27/10/04 - 22:07

Ne pas boire n'exclut pas.
En tout cas je ne l'ai jamais été.

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel. Pour en profiter, contactez-moi !

Jonathan, 26 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.