Lost In Space
Non, je ne suis pas déprimé, juste perdu. Je suis rentré à Paris pour le week-end, et les premiers mots d’Anne ont été : « Ca va, tu déprimes pas trop ? » Mon blog donne l’impression que je déprime, mais en fait non. C’est juste que, comme d’habitude, j’aime bien me vider sur le clavier. Et pourtant, c’est pas évident à faire entouré de tant d’ordinateurs avec des gens derrière (ou devant, ça dépend comment on le prend).
Donc non, je ne déprime pas. Je ne suis pas nostalgique, je n’ai pas envie de rentrer à Paris. Mais je me sens souvent bizarre. Je n’arrive pas à me défaire de cette impression : je suis un loser. Quand je me sens de bonne humeur, et fort, j’arrive à me fondre un peu plus, à m’adapter, à me sociabiliser. Mais quand je me sens faible, je n’ai pas le courage de prendre sur moi et de m’adapter. Je me retrouve donc parfois dans des situations où c’est le Jona coincé qui prend le dessus. Faut dire que quand on est entouré d’Américains qui ne font aucun effort pour être compréhensibles, et avec de la musique à fond les ballons, ça n’aide pas. Ce qui aide, c’est qu’à passer la soirée entière avec eux on finit par se sentir à l’aise et on comprend tout ce qui se dit. Ce qui n’est pas forcément désagréable non plus, c’est de voir que les gens vous apprécient. Mais ce qui est parfois gênant, c’est quand ils vous apprécient trop…
Et cette vie qui tourne autour de l’alcool, je crois que je ne m’y ferai jamais. Peu importe la ville, le pays, l’heure, la classe sociale. Partout où je vais, je me sens étranger. Je crois que je vais créer mon propre monde : Jonaland. Il n’y aura que des homos beaux et intelligents, saupoudrés de quelques filles pour décorer. Je veux une île où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid (en clair, les deux semaines de printemps qu’il y a à Paris entre Avril et Mai). Une ville où l’alcool et le fromage seront prohibés. Un pays dont l’hymne national sera une chanson des Spice Girls, et où je ne passerai pas pour un taré parce que je préfère Britney Spears et Lara Fabian à n’importe quel groupe de rock.
Toute ma vie je me suis senti différent. Pendant longtemps, c’était l’homosexualité qui m’éloignait des gens. Aujourd’hui, c’est parce que je ne bois pas. Et demain, ce sera quoi ? C’est moi qui suis débile, ou quoi ? On se sent tous plus ou moins seuls et différents, je le sais, mais je me demande juste si dans mon cas ce n’est pas pathologique.
De toute façon, bientôt, je serai vraiment seul. Mais peut-être un peu moins différent.
24/10/04 - 17:32
ou est-ce qu'on signe pour être citoyen de Jonaland ?
le passeport est de couleur rose au moins ? ;)
Allez, te tracasses pas trop - même si je sais que c'est dans ta nature - le monde parait toujours inadapté pour chacun d'entre nous... Le monde idéal n'existe pas... il faut faire tout le temps le délicat compromis... Je sais c'est pas facile ! mais courage ! on est tous dans la même galère...
John (visiteur - site web)