...Blog à ne pas lire...

31/01/2005

31/01/05 - 16:09

Et si ?

Moral pas tellement meilleur. Après avoir pleuré pendant douze heures, j'ai arrêté hier pour reprendre ce matin.

Je reste obsédé par ce qui me fait mal, à y penser dès que j'ouvre les yeux (je crois que je n'oublie même pas quand je les ferme.)

Mais, quelques éléments positifs ponctuent cette journée :

- Manu arrive dans quelques heures et reste toute cette semaine.

- J'ai fait une nuit NORMALE pour la première fois depuis des mois (sans AUCUN médicament et j'ai très bien dormi.) Je devrais peut-être faire ça, pleurer une nuit et dormir celle d'après.

- J'ai enfin osé aller parler à un de mes profs, qui est d'accord pour que je lui fasse un résumé de mon mémoire (toujours pas entamé) en guise d'essay (ce qui va me faire gagner un temps énorme).

- Mon autre prof a eu une réaction très enthousiaste lorsque je lui ai soumis le thème de la sexualité comme sujet d'essay (travail donc beaucoup plus intéressant en perspective).

Enfin, j'ai réfléchi à quelques solutions pour aller mieux. Ce sera draconien, peut-être surprenant, certainement pas ce que j'attendais de moi, mais au moins ce sera toujours autre chose...

30/01/2005

30/01/05 - 14:11

Cauchemar

J’ai craqué. J’ai complètement craqué.

J’ai réalisé que le Net ne serait pas mon salut. C’était l’une des rares choses qui me faisait du bien ces derniers temps, et je viens de comprendre que c’est aussi très nocif : parce qu’il y est, parce qu’il est sur GA, parce que je le vois, parce que je sais… Et que putain…

Du coup, j’ai passé plus d’une heure au tel avec en lui, cette nuit, en larmes. Je m’étais promis de ne pas l’appeler en larmes. Je m’étais promis de ne plus écrire d’article dramatique. Je m’étais promis que ma vie ici serait géniale.
Je voudrais juste qu’il disparaisse, qu’il n’existe plus.

Même si je rentrais à Paris, j’ai bien peur que ce serait la même chose, que je me sentirais toujours aussi mal.

J’en viens à pleurer dans le supermarché, devant la caissière, dans la rue, à la bibli… Journée fontaine.

J’en peux plus. Même le Lexomil ne fait pas effet. Je sais plus quoi faire.

29/01/2005

29/01/05 - 17:23

Come into the light

Ils ont vu de la lumière, alors ils sont entrés. Ils sont venus, beaux éphèbes, prêts à nous faire partager les plaisirs interdits… Une goutte de… d’alcool ? Et c’est le paradis.

Ici la vie est facile. Tu te lèves sous un soleil radieux et malgré les gueules de bois des uns et des autres on rigole en s’racontant les exploits de la veille (Alors ça y est, tu te l’es tapé ?!)

On glandouille toute la journée l’après-midi, le temps que les dames se fassent pouffes, et les pédés se fassent putes.

On finit la journée dans n’importe quel coin branché de Londres, à faire deux trois bars où on enchaîne des shots pour que tout ça devienne plus rigolo. Kikouyoooo !

A Soho, on chasse. On termine au Heaven ou au Popstarz où chacun pêche le poisson qui sent le moins et le ramène chez lui. On en profite pour critiquer toute cette populace dont on voudrait faire partie… On les admire ces tops modèles et ces joueurs de rugby. On s’en tape toujours un ou deux au final. Sans le dire à nos copains officiels, bien sûr, on voudrait pas les blesser.

On en croise aussi de temps en temps. « Salut Tom ! »
« Oh, Oliver, suis si content de te voir ! »
(Tu m’étonnes qu’il soit content, après la pipe à laquelle il a eu droit l’aut’ fois…)
« Ryan m’a emballé, j’crois qu’j’vais rentrer avec lui c’soir. »
(T’as raison mon cochon, il est beau le Ryan…) « Tu me diras comment il est ! » (J’aime avoir un goûteur.)

Il lui arrive même de croiser un de ses ex (il n’appelle ses ex que ceux qui ont duré plus d’une nuit, et y en a pas des masses.) On se tourne vaguement autour, histoire de voir s’il y a une ouverture quelque part. A condition qu’il n’y ait personne de mieux à se taper ce soir. Oliver ne ressent d’ailleurs jamais de sentiment négatif de savoir que l’autre fait la chasse à la bite. C’est fini depuis longtemps entre eux.
Quand les deux ex remettent le couvert, c’est toujours bestial et sans aucun sentiment. Jamais aucune douleur, aucune aigreur, aucune amertume ne se dégage d’eux… jamais. Ils sont bien dans leur tête et bien dans leur peau (en même temps, quand tu fais trois heures de muscu par jour, t’as donné un sens à ta vie.)

Puis c’est le retour, parfois chez soi, parfois chez l’autre. On fait un tour, parfois en soi, parfois en l’autre. Il va finir par ne plus se souvenir de tout. C’est toujours la même mouille dans le fond : tu secoues, tu appuies, le fruit est pressé. Et tu t’écroules comme une masse.

D’ailleurs, il a déjà oublié… Les cours ? Ouh là, il est complètement largué, les a tous séché, n’a lu aucun livre et a à peine le sujet de son mémoire. C’est pas grave, dit-il. Au moins, comme ça, il se sent vivre. Manger et baiser ne sont-ils pas les besoins les plus fondamentaux et les plaisirs les plus charnels que l’homme puisse se procurer ?
Paris ? Ce sera pareil à Paris, enfin avec ses nouveaux amis ; la même décadence de fêtes et de folie. Et puis Paris, ce sera aussi San Francisco, l’Islande, la Colombie… Faut profiter voyons, profiter !

Et quand tout ceci est fini, il ne se couche jamais seul ; baiser un mec différent avant de dormir est devenu un rituel pour lui. Une fois vidé et/ou rempli, il a d’abord cette sensation de complétude. Il dort paisiblement. Il n’a pas envie de pleurer.

Et non, il n’a pas mal au ventre non plus. L’autre l’a bien défoncé, mais ça ira, probablement pas de diarrhée pour cette fois.


« “Life,” said Emerson, “consists in what a man is thinking all day.” If that be so, then my life is nothing but a big intestine. I not only think about food all day, but I dream about it at night. »

28/01/2005

28/01/05 - 19:35

Collections de pédé

On a tous cette manie plus ou moins prononcée de collectionner. Tickets de métro, peluches, amants, chaussures, poils… On collectionne tout et n’importe quoi. Quand j’étais plus jeune, je me suis lancé dans la collection de cartes postales de chats (so gay…) Je les accrochais dans ma chambre et les regardais avec tendresse. Quand j’envoyais une carte à mes parents, c’était toujours celle d’un chat ; je la récupérais après et elle rejoignait les autres.
Ca n’a pas duré très longtemps, parce qu’un sentiment de frustration se dégage toujours des collections : on ne peut jamais avoir tous les exemplaires existants. Impossible d’avoir TOUTES les cartes postales de chat du monde ; quel est donc l’intérêt si c’est sans fin ?

Adolescent, je suis passé à une autre collection. J’achetais, lisais, découpais, archivais, accrochais, admirais, dansais et chantais tout ce que je trouvais sur… les Spice Girls. Hum… J’assume ! J’étais complètement fan (mais alors, complètement) ; c’était devenu une véritable religion et récupérer tout ce qui les concernait de près ou de loin était culte. Puis j’ai grandi, Geri est partie (je me suis habillé en noir ce jour-là) et j’ai laissé mes nombreux articles épicés dans une pochette et un classeur.

Avec l’éveil de ma sexualité (quoique, j’avais peut-être même pas besoin de ça) j’ai un jour eu une idée géniale : collectionner les échantillons de sperme de mes mecs. Je me voyais les mettre dans des petits bocaux, au congélateur, avec une petite étiquette mentionnant le nom de leur propriétaire et la date de leur prélèvement. Je n’ai jamais eu l’occasion de le faire parce que je ne sais pas comment j’aurais expliqué la présence de semence à côté des pizzas à mes parents, et parce que je n’avais pas de copain à l’époque.
Ca ne m’a pas empêché d’être un peu fétichiste sur les bords… Je me revois encore faire les poubelles de mon meilleur ami hétéro à la recherche de ses mouchoirs masturbatoires ; guidé par l’odeur, je mettais la main dessus et je les rangeais tranquillement dans le tiroir de ma chambre qui ferme à clef. Ca n’avait en fait pas grand intérêt vu que les baigneurs séchaient et rendaient le mouchoir dur comme n’importe quel mouchoir usé. Ils finissaient donc dans la poubelle.
J’étais fasciné par l’idée d’avoir un échantillon de sperme ; pour moi c’est l’essence même de la masculinité et de la vie. En outre, avoir celui d’un mec avec qui il ne se passera jamais rien, c’était posséder la part la plus intime de son être.
Ca m’a passé avec mes copains. Eux, je les avais, donc je n’ai jamais eu besoin de garder une trace de leur jouissance.

Avec le Net dans ma vie, c’est un autre challenge que je me suis lancé : collectionner les photos de bites. C’est parti d’une blague que je m’amuse à faire avec la plupart de mes correspondants Internet. Assez souvent, je leur demande de me la montrer. On sait tous que beaucoup de gays font des plans cam ou au moins envoient cette partie de leur anatomie en photo afin d’appâter le client. C’est d’autant plus rigolo de demander ça à des mecs qu’on connaît à peine et avec qui on a une relation amicale virtuelle. Et puis, il s’est avéré que certains mecs n’avaient pas froid aux yeux, et qu’ils m’ont envoyé Junior en photo. Alors, depuis, je m’amuse à la réclamer à tout le monde.
Avoir les photos des bites tirées de films de cul n’est pas intéressant ; ce que j’aime, moi, c’est l’idée de voir les bites des mecs que tu peux croiser tous les jours et avec qui tu peux éventuellement devenir ami.
Il y a notamment des situations un peu gênantes. Notamment, recevoir une photo de bite dans un mail alors qu’on se connecte d’une bibliothèque avec plein de gens autour de soi… A Paris, je stockais mes trophées dans l’ordinateur ; j’espère que ma mère n’est jamais tombée dessus.
Malheureusement, ma collection est somme toute assez limitée… C’est pourquoi je fais appel à vous, chers lecteurs. Je suis un pauvre petit ange caliméresque qui ne demande qu’une chose pour trouver la paix : une photo de votre bite ! Soyez généreux et envoyez moi vos donations ! Vous aurez en échange toute ma gratitude (parce que je n’ai pas de photo de ma bite et que je ne risque pas d’en faire, encore moins de l’envoyer à qui que ce soit : suis pudique, moi !)

N’hésitez plus : vous ferez une bonne action. Une bite tous les jours, le bonheur pour toujours.

26/01/2005

26/01/05 - 20:51

Insomnie, 11278 ; Jona, 0

J’ai laissé tomber. Après plusieurs jours d’épuisement, de tentative de dormir à des heures normales, j’ai laissé tomber. Mon corps est habitué à dormir à partir de 07 h 00 du mat’ uniquement. Les somnifères ne font plus aucun effet (ce qui est assez flippant). Et ne pas dormir m’empêche de faire quoi que ce soit vu que je suis complètement fatigué…

Les colocs sont très concernées (ça se dit en français ?) par le problème. Selon elles, ce n’est pas une ou deux nuits blanches qui peuvent résoudre le problème, mais une semaine entière. Honnêtement, je ne me vois pas tenir ce rythme aussi longtemps.

Je suis donc officiellement un vampire, et ce jusqu’à ce que je puisse trouver quelques solutions au problème. J’ai l’espoir d’y arriver quand je serai à Paris : j’aurai sûrement un autre mode de vie et je verrai mon médecin.

Quelques questions restent en suspens : qu’est ce qui fait que je ne dors pas actuellement ? Est-ce le traumatisme de l’adultère et la rupture ? Est-ce mon avenir incertain et mon angoisse montante concernant les cours ? Est-ce la dépression ?

Une bataille est perdue, la guerre est suspendue.

25/01/2005

25/01/05 - 14:56

Surprises nocturnes

Dimanche, je me suis levé à 15 h 30 après avoir dormi une dizaine d’heures, comme d’habitude. Après un bon et copieux dîner intégralement cuisiné par ma coloc Japonaise, je me suis allongé sur mon lit pour abattre mes 50 pages quotidiennes. Sauf que, à ma grande surprise, je me sentais tellement fatigué que je n’arrivais pas à me concentrer. Il était à peine 21 h 00. Et, SURPRISE, je me suis endormi, sans aucun médicament, pour la première fois depuis des semaines. Waou ! Je me sentais trop bien.

Ca m’a permis de réaliser quelque chose de bizarre (mais de courant, paraît-il, chez les insomniaques) : je m’endors beaucoup plus facilement quand je suis dans une situation où je ne suis pas censé dormir. Là en l’occurrence, j’étais SUR la couette, avec plein d’oreillers au lieu d’un seul, en position foetale, la lumière allumée. J’ai dormi avec la lumière allumée toute mon enfance ; je crois que j’ai besoin de rassurer le mioche qu’il y a en moi. Ah, et j’avais un mini polochon phallique dans les bras. Je crois que j’ai besoin de rassurer l’homme qui est en moi.

Je me suis réveillé frais comme la rose à… 01 h 00. J’étais fatigué mais étrangement bien ; j’ai alors décidé de ne pas prendre de médicaments cette nuit-là. Résultat, je n’ai pas du tout dormi, mais ça a alors été l’occasion d’appliquer un des conseils prodigués en commentaire : faire une nuit blanche pour se recaler.

J’ai lutté toute la journée pour ne pas tomber ! Les moments qui suivaient les repas étaient particulièrement critiques, mais sinon ce n’était pas si horrible.

Hier à 21 h 00, au moment précis où j’allais me coucher, mon portable a sonné. C’était d’ailleurs la première fois que ça arrivait. Numéro que je n’ai pas reconnu, j’ai hésité à répondre… SURPRISE : c’était Bertrand ! Alors on a discuté pas mal de temps, et ça ne s’est pas mal passé. Aucune larme, aucune déprime pendant ni après l’appel, rien ! Keskispas ?
Bon bien sûr je lui ai reproché de ne pas m’avoir contacté plus tôt (bah ça fait qu’deux semaines ! C’est pour ton bien, nia nia nia) mais malgré tout il a trouvé le moyen de me dire des ptis trucs gentils, sans qu’il s’en rende peut-être compte d’ailleurs.
Sauf que, il veut encore le beurre, l’argent du beurre, et le cul du crémier, et ça, c’est pas prêt d’arriver. Pour la bite, ça peut peut-être s’arranger (nan mais ça va pas ?).
Et lui qui connaît bien le problème (mes deux ex sont insomniaques, drôle de coïncidence) m’a confirmé que j’avais les symptômes d’un début de dépression… Lovely.

Je me suis endormi comme une masse à 22 h 00, mais, ô SURPRISE, me suis réveillé à 02 h 00. Impossible de dormir malgré mes somnifères (cette fois), alors je m’apprêtais à 06 h 00 à faire une nouvelle nuit blanche… Et là, SURPRISE, mon réveil a sonné. Il était 10 h 00. J’ai dormi (avec la lumière allumée) sans m’en rendre compte… J’étais (et suis toujours, d’ailleurs) épuisé, mais mu par une motivation nouvelle et régénératrice pour me recaler, je me suis levé (sinon je dormais à nouveau jusqu’à 13 h 00).

Bref, me voilà donc lancé dans une bataille que je ne vais peut-être pas gagner, mais au moins, à défaut du reste, je suis prêt à enculer tout ce qui me fait chier (et ceux qui me font chier, aussi, tiens.) Profitez-en, Jona de bonne humeur, ça ne va pas durer !

24/01/2005

24/01/05 - 17:34

Mode « hibernation » on

Profite voyons ! Mais oui profite ! Pourquoi n’y ai pas pensé plus tôt ?
J’ai compris ce qu’il fallait que je fasse. J’avais commencé à capter il y a quelques jours, mais ça m’a encore plus frappé récemment. Essayer de sortir, de m’ouvrir aux autres, de faire ce que toute autre personne aurait fait à ma place pour aller mieux, je ne peux pas. En fait, ça ne m’aide pas. J’ai actuellement besoin d’une seule chose : me recroqueviller. C’est ma manière à moi de panser mes blessures. Pour aller vers les autres, j’ai besoin d’être fort ; le faire quand je suis faible c’est aller contre ce que je suis vraiment (asocial !). J’ai besoin de me retrouver. Et j’en apprécie d’autant plus quand ce sont les autres qui vont vers moi.

Ainsi, j’ai décidé de ne faire que ce que j’avais envie de faire au moment où j’ai envie de le faire, et ce même si c’est me complaire dans la paresse la plus totale et m’opposer au bon sens conformiste général (absolument.) Parce que nous sommes tous différents et avons donc tous besoin de choses différentes… Si j’ai envie de m’enfermer toute la journée à la bibli pour surfer sur le Net alors qu’il fait beau dehors, que ma volonté soit faite. Je sortirai de mon terrier bien assez tôt.

De plus, le trimestre va passer vite. Manu revient très bientôt, puis j’enchaîne en allant à Paris et ensuite à Saragosse. Avoir encadré mon temps de cette manière m’apaise complètement… Je dois m’organiser dans mon travail, je sais que je vais stresser, que je vais galérer à tout finir à temps, mais ça me rend moins malheureux justement. Ca me fait penser à autre chose, ça me donne un but.

J’ai donc planifié toute ma vie pour les semaines à venir, et j’ai même décidé d’être sérieux ! Je me force à lire beaucoup tous les jours. Je n’ai pas de vie, alors autant que ça me serve à quelque chose.

Ma chambre est de plus en plus agréable, rangée de manière quasi-militaire (Monica !). Tous les colocs qui l’ont vue me font remarquer qu’elle est devenue sympa et super clean… Mettre tout en ordre à l’extérieur pour tout mettre en l’ordre à l’intérieur.

Et puis, j’ai toujours cette possibilité d’écrire pour me libérer… Sauf que, je n’ose pas publier certains articles, c’est la première fois que ça m’arrive. Je les garde quelques jours avant de les mettre sur le Net, en me demandant si c’est une bonne idée. Pourtant j’ai l’habitude de me mettre à nu ; je crois que je supporte moins le regard des autres en ce moment.

Ne plus s’imposer de violence inutile. Ecrire, lire, et penser aux jours et semaines à venir avec plus de sérénité : c’est ce que je fais sous ma couette, et c’est tout ce que mon âme demandait.

23/01/2005

23/01/05 - 17:32

Let it go

Outre les sécrétions, on donne toujours à celui qu’on aime une partie de soi. Quand ils se séparent, ils repartent toujours avec l’étincelle de l’autre. Mais, seule, cette étincelle ne génère plus que chaos et confusion.
(Inspiré par D(K)P)

Je me souviens de tout. Dès le début, je me souviens de cette étincelle entre nous, rapidement devenue alchimie prête à tout nous faire surmonter. Je me souviens de la tendresse de deux papys qui s’enroulaient sous la couette, l’un contre l’autre, devant un bon film, face à l’hiver. Je me souviens de la complicité de leurs yeux quand je titillais ce mauvais joueur en le tapant avec un torchon ; le mâle en puissance se réveillait jusqu’à ce que je me transforme en petit animal qu’il fallait protéger. Je me souviens de l’intimité que nous partagions quand on dansait, seuls au monde, entourés par une boite de pédés qui auraient aimés être à notre place.

Et tout se soldait par un baiser.

Etincelle, alchimie, amour.
Tendresse, complicité, intimité.

Let it go.

Mais je crois que je ne lui ai jamais fait confiance. Je n’ai jamais pu accepter qu’il boive tant aux soirées ; je n’ai jamais été rassuré qu’il aime l’ambiguïté, plaire et faire la pute. Je ne pouvais pas m’épanouir dans le carcan qu’il m’avait imposé. Pour qu’on se voie, c’était toujours à moi de m’adapter. Puis il a de plus en plus eu besoin d’établir son pouvoir et de dominer. Son désir a annihilé le mien.

Let it go.

Il m’avait dit : « Et si on partait en week-end ensemble ? »
Le lendemain : « Je crois qu’il faut qu’on casse. »
Il m’avait déclaré : « Je pense que tu es l’homme de ma vie. »
Un mois après : « Je t’ai trompé. »
Il m’avait promis qu’il serait toujours là pour moi.
Aujourd’hui, il est plus que distant.

J’ai enfin reçu un texto, dix jours après mon dernier mail. Pourquoi tu ne me donnes pas de news ? Parce que tu ne réponds pas aux miennes. Tu ne sembles pas vouloir entendre parler de moi, alors je ne veux pas te déranger et je te laisse à ta vie. Je n’attendais que tes mots.

Il y avait toutes ces choses que j’aurais voulu vivre avec lui : voyager, s’engager… Mais nous avions tous deux d’autres choses à vivre avant.

Let go of the spark.

Let it go.

22/01/2005

22/01/05 - 16:26

Celui qui se la joue à la Népo

“These novels will give way, by and by, to diaries or autobiographies – captivating books, if only a man knew how to choose among what he calls his experiences that which is really his experience, and how to record truth truly.”

Ralph Waldo Emerson

21/01/2005

21/01/05 - 16:32

Quotation

“When a man is tired of London, he is tired of life.”

Samuel Johnson

20/01/2005

20/01/05 - 16:29

Dormir

Mon sommeil est au centre de toutes les discussions que j’ai avec mes colocs. Tous les jours, déjà, tout le monde me regarde avec un petit sourire en coin en me disant « morning ! » lorsque j’arrive dans la cuisine après mon réveil à 15 h 00. Puis, tout au long de la journée, j’ai droit aux questions rituelles : « Tu t’es endormi à quelle heure hier ? »

Avant-hier, parce que j’avais très peu dormi la nuit d’avant je me suis d’ailleurs endormi à 23 h 00, sans aucun médicament. Ca m’a fait trop du bien ! Sauf que je me suis réveillé à 02 h 00 et que je n’ai plus dormi avant 07 h 00…

Enfin, il y a toutes ces solutions qu’on essaye de me trouver. Helga Buffay a remarqué que mes extrémités étaient tout le temps froides en ce moment, or, on ne peut pas s’endormir tant qu’on a les pieds froids. Elle m’a aussi prêté des CD pour me relaxer. On m’a conseillé de manger ou boire différemment, de faire-ci, de faire ça. C’est ce que j’adore chez mes colocs : ils sont toujours concernés par la vie des uns et des autres.

Malheureusement, mon problème ne peut pas être résolu par des conseils, par une tisane ou par n’importe quel commentaire virtuel. C’est depuis toujours que j’ai des problèmes de sommeil (quand j’étais en maternelle je me relevais la nuit pour jouer). Par conséquent, c’est de service médical dont j’ai besoin, d’où mon usage de somnifères. Si je pouvais, je m’en passerais bien de ces pilules ! Mais ça signifie alors que je ne dors pas, et ce quel que soit mon degré de fatigue.
C’est encore pire en ce moment parce que je suis complètement perturbé et que je n’ai pas de mode de vie régulier (je n’ai jamais cours avant 14 h 00 donc jamais la motivation de me réveiller tôt, et c’est déjà super dur quand mon réveil sonne à 13 h 00… ^^ ; )

Vivement que je revoie mon médecin pour avoir des pilules plus fortes. Vivement que je quitte Londres pour avoir un autre mode de vie. Vivement que je bosse pour réguler tout ça !

19/01/2005

19/01/05 - 18:45

Cassé

Ca prend comme ça, sans prévenir. Je fonds en sanglots en pleine nuit. A cause d’une image, d’un souvenir, d’une parole. Un pti rien qui me rappelle tout. Pourquoi son absence envahit tout ?

Pourquoi je peux pas accepter ? Pourquoi je peux pas me résigner ? Pourquoi ça fait si mal ? Pourquoi j’allais beaucoup mieux quand j’étais à Saragosse et à Paris, et pourquoi c’est l’enfer depuis que je suis à Londres ?

Parce qu’en plus ma vie est totalement morne en ce moment, et je suis bien trop faible pour lui redonner un éclat. Parce que rien ne va comme il faut, parce que j’ai envie de tout changer de A à Z, parce que plus rien ne me convient et que je suis coincé ; je n’arrive plus à m’adapter, alors je sombre.

Cette sensation d’avoir construit quelque chose pendant tant de temps, d’avoir créé notre propre langage, d’avoir partagé notre intimité, d’avoir nos propres références… et tout d’un coup, plus rien. Nada. Comment est-ce que ça ne pourrait pas occasionner de vide ?

Je n’ai pas perdu qu’un mec, j’ai aussi perdu la seule présence masculine que j’avais dans ma vie. Or, depuis que j’ai 14 ans, ça a été mon but : avoir un garçon dans ma vie, quel que soit son statut vis-à-vis de moi. J’adore les filles, je me sens mal à l’aise avec les mecs, mais pour mon équilibre j’ai besoin d’une présence masculine…

Je réagis comme si j’avais été plaqué, comme si je voulais être avec lui. Alors que ce n’est pas le cas. Notre relation n’a plus de raison d’être et on est beaucoup mieux l’un sans l’autre (enfin, moi, avec ou sans lui ça va pas de toute façon !) C’est juste que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu.

Il faut que je trouve la paix, mais pour ça il faut d’abord en chier. C’est sûrement ça mon problème : j’aurais dû avoir une bonne diarrhée dès le début, j’aurais souffert en me tordant les boyaux pendant plusieurs jours, et j’aurais fini par me sentir libre. Au lieu de ça, je retiens ma merde jusqu’au moment où elle explose. Et ça n’en finit jamais.

Le seul but que j’ai dans ma vie, c’est dormir. Et peu importe le moyen d’y parvenir. Sauf que, même ça, je ne sais pas le faire correctement.


« A quoi bon rester ici ?
Cette vie n’est pas ma vie.
A quoi bon tous les matins ?
Il n’y a que des chagrins. »


(Ali Baba, A quoi bon ?)

18/01/2005

18/01/05 - 17:10

Chouchou

Un mois après l’épisode du Queen. Je suis toujours célibataire, ce qui a l’effet de me rendre un peu moins timide. Ce soir-là, je suis au Scorp avec Manu et Anne. C’est la soirée disco du mercredi soir, gratuite. Dès le début, je vois, au loin, un mec sublime. L’un des plus beaux mecs que j’ai jamais vus. Châtain, yeux clairs, mal rasé, grand. Et des dents tout droit sorties d’une pub. En plus de ça, il dégageait quelque chose que j’adorais, une sorte de timidité et d’humilité. C’est le genre de mec beau comme un dieu qui n’en a même pas conscience. Tout, absolument tout pour me plaire. Parfait. Rien à jeter.

Sauf que, il ne respirait pas du tout l’homosexualité. Ca me plaisait beaucoup, mais du coup, je me demandais s’il en était ou pas. Manu et moi bavions littéralement sur lui. On n’en pouvait plus… On croisait parfois son regard, mais impossible de savoir si l’un de nous lui plaisait ; impossible de déterminer son orientation sexuelle. Grrr… On l’a affectueusement surnommé Chouchou.

On a passé la soirée à le mater et essayer de danser près de lui. Il était avec un ami, qui, lui, obviously, était gay. Ils n’était pas en couple, ça c’était sûr.

On a fini par se rendre compte qu’il y avait un autre mec qui dansait près de nous ; il semblait vouloir rentrer en eye contact avec moi. Il avait l’air mimi, mais je n’y répondais pas car j’avais déjà ma proie. ^^ ;

A chaque fois que Chouchou se déplaçait, Manu, Anne et moi bougions aussi, suivis par le Pti Mec et ses copines. Assez rigolo comme situation.

A la fin de la nuit, Chouchou a quitté son ami pour aller aux toilettes. Sans réfléchir ni avertir les filles, je l’ai suivi. Je me sentais terriblement idiot, mais je ne pouvais pas ne pas tenter : c’était vraiment l’un des plus beaux mecs que j’ai jamais vu. Devant les toilettes, je l’ai intercepté.

« Excuse-moi, je suis désolé de te demander ça, c’est vraiment pas dans mes habitudes, mais t’es gay ou hétéro ?
- Euh, je suis gay, mais j’ai déjà un copain, désolé… »

Ahhhhh Chouchou… Alors comme ça, il était gay… Comme la fois précédente, c’était pas grave qu’il soit déjà casé (quoique, quand même, putain !) Ce qui m’importait cette fois-là, c’était de savoir qu’un mec comme lui existait. On pouvait donc être beau comme un dieu, pédé, et faire hétéro jusqu’au bout des cheveux ! Slurp slurp slurp.

Quand je suis revenu des toilettes, le Pti Mec était venu parler à Anne pour savoir s’il y avait moyen de… Il avait l’air gentil, alors avant de quitter la boite, je lui ai filé mes coordonnées.

On a eu quelques contacts téléphoniques par la suite. Il s’est avéré qu’il avait 16 ans (ce qui ne me gênait pas) et habitait pas très loin de chez moi. On ne s’est jamais revus.

Et je n’ai jamais revu Chouchou non plus, à mon grand regret. Ahhhh, Chouchou… Je ne l’oublierai jamais. :) Si par hasard tu passes dans le coin, fais-moi signe, hé hé.

Je n’ai d’ailleurs jamais abordé un mec depuis.

17/01/2005

17/01/05 - 17:09

Exception

J’étais au Queen avec quelques amies. Je m’amusais beaucoup, c’était la soirée disco du lundi soir, ma soirée préférée en boîte. J’étais célibataire depuis un an, je venais de kiffer (à nouveau) un hétéro ; j’avais décidé de changer ça et de prendre le taureau par les cornes. Essayer, pour une fois dans ma vie, de ne pas être timide.

Sans surprise, aucun mec ne me convenait. Trop ceci, pas assez cela. C’était pas grave. Je n’ai pas besoin de draguer pour apprécier une soirée en boite (au contraire). A mes yeux, il faut juste deux éléments : de la musique qui nous plait et des amis. Peu importe qu’il y ait du monde ou pas, qu’il y ait des beaux gosses ou pas.

J’avoue que j’appréciais sentir des regards sur moi… Enfin je pouvais distinguer chez les autres une attirance pour moi : c’était grisant ! C’était juste un bonus, une cerise sur le gâteau d’une soirée déjà parfaite.

Jusqu’à ce que je croise son regard. Le plus beau mec de la soirée. Je regarde ailleurs, je le regarde ; je regarde ailleurs, je le regarde. Je regarde ailleurs. Lui ne détourne pas son regard. Il me fixe complètement. Je n’entends plus la musique, je ne perçois plus la foule autour de moi. Il n’y a plus que lui.

Je me dis que je me fais peut-être des films, alors je demande à une de mes amies de me dire ce qu’elle en pense ; elle me confirme qu’il a l’air intéressé. Le stress commence vraiment à me gagner. Il se passe une heure entière pendant laquelle je ne m’amuse plus du tout. Je suis en plein dilemme : lui parler ou pas ? Pourquoi est-ce qu’il me regarde autant mais ne bouge pas ??? Je suis censé faire quoi ?

Je sens que ce n’est pas un mec pour moi, qu’il est bien trop sûr de lui… Il dégage quelque chose qui ne me plait pas ; mais physiquement, y a rien à dire, miam.

Après moult tergiversations et discussions avec mes amies, je me dis qu’il faut que j’aille au bout de l’expérience, que je n’ai quasiment pas de raison de ne pas essayer, et qu’à part pisser dans mon froc, je n’ai rien à perdre. Je sors alors un petit papier sur lequel sont inscrites mes coordonnées et je lui tape sur l’épaule :

« Ca te dirait qu’on se revoie en dehors d’ici ? »

Je n’ai pas voulu entamer une réelle conversation parce que, comme je le dis toujours, je n’entends rien en boite, donc ça ne servait à rien.

« J’suis désolé, j’ai déjà un copain. »

Mais alors pourquoi tu m’as maté comme ça ??? J’aimerais pas être à sa place…

« Bien que tu sois très charmant… » termine-t-il.

Je l’ai remercié, ai rangé mon papier, et suis reparti, trop content. Pour la première fois de ma vie, j’avais réussi à aborder un mec ! C’était une réelle épreuve pour moi, et j’avais réussi, j’étais allé jusqu’au bout. Je n’étais même pas déçu qu’il soit casé, parce qu si ça n’avait pas été le cas j’aurais ensuite été hyper stressé à l’idée de le revoir. Là, je ne pouvais rien regretter.

J’ai par la suite appris qu’une amie à moi le connaissait. Il l’avait draguée au Queen et lui avait fait croire qu’il était bi pour se défiler au dernier moment… Sûrement perturbé ce garçon.

Je l’ai croisé une fois sur citegay, quelques semaines plus tard. Puis, je l’ai croisé dans le métro à Châtelet. Il ne m’a pas vu et je n’ai pas essayé de lui parler, j’avais rendez-vous avec un garçon…

16/01/2005

16/01/05 - 17:00

Purity

Je me roule, nu dans la neige… Mais elle est chaude. Ah nan, c’est un bain de sperme. Des litres et de litres de foutre pour purifier ma peau de reine. Je bois, je bois, goulûment tous ces têtards, qu’ils m’emplissent de leur vie. Je bois je bois je bois jusqu’à plus soif.

Enfonce-les moi les unes après les autres. Enfonce-les moi toutes en même temps. Je te tends mes bras, fais-en ce que tu veux, fais-y pénétrer toutes les seringues que tu peux trouver. Je veux être un épouvantail de seringues dégueulées dans mon sang.

Ecarte, défonce, amuse-toi. Déchire moi, fais moi pleurer, mais finis-toi, vide toi, jute tout ça en moi. Mes petits… Je veux être rempli au point que mes yeux pleureront ta bite. « Her eyes seemed to be swimming in sperm. »

C’est l’heure du cocktail : on prend toutes les pilules blanches qu’on trouve, et on les mélange toutes. Quelques grammes de cocaïne et d’héroïne que j’aspire comme le parfum du lys. Que le voyage commence.
Somnifères, anxiolytiques, anti-douleurs, même quelques comprimés d’ecstasy dans un coin de la pharmacie. Tout ça dans un biberon de Smirnoff Ice ; secoue, secoue-moi ! Sinon la pulpe, elle reste en bas.

Bienvenue au Paradis.

15/01/2005

15/01/05 - 16:52

Défonce-moi profondément

Je crois que je vais rester célibataire trèèèèèèèèèèèèèès longtemps. Déjà, la rupture est bien trop récente pour que je sois capable d’entamer une nouvelle relation. Non pas que je considère qu’il y ait un temps réglementaire avant de se remettre en couple (quoique) mais je pense sincèrement que je ne pourrais pas m’épanouir actuellement avec un mec. Il faut d’abord panser les blessures… Je croyais que casser me libérerait ; ça a en fait réveillé toutes les douleurs liées à cette relation, avec en guest star celle infligée il y a deux mois et demi : l’adultère. C’est drôle comme on n’oublie pas facilement…

Je ne peux même pas devenir une salope, je suis bien trop timide pour ça. Une part de moi aimerait se taper tout ce qui bouge, ça me permettrait de faire mon « expérience », mais je n’en suis pas capable. Les mecs qui me plaisent au point de sortir avec sont rares. Et quand certains me plaisent, je ne peux rien faire, parce que, encore une fois, trop timide. Le seul moyen que j’ai à ma disposition, c’est Internet (ah, sauf que je n’ai PAS Internet, c’est con !) Ou alors rencontrer des amis d’amis. Sauf que, ici, c’est pas franchement évident.

Le seul moyen de rencontrer quelqu’un, ici, c’est en soirée étudiante ou en boite. Seulement, bien sûr, ça me terrifie. J’ai bien croisé deux trois mecs pas dégueulasses, mais à chaque fois j’ai une angoisse terrible dans le ventre à l’idée qu’ils puissent venir me parler. Déjà qu’en français je comprends pas ce qu’on me dit dans ce genre de lieu, alors en anglais… Il y a le Breakdancer qui est beau comme un dieu, et qui est ô combien facile à avoir… Mais nan, j’peux pas. J’ai eu un eye contact avec un mec l’autre jour, mais bien sûr j’ai tout fait pour ne pas recroiser son regard après coup…

De toute façon, j’ai pas du tout envie de sexe en ce moment. Ma bite est complètement morte ! Nan, ce que je veux, c’est de la présence masculine… Besoin de savoir que je peux encore plaire, qu’on peut encore m’aimer, m’aimer réellement cette fois… J’ai besoin de tendresseuh…

Je suis du genre à ne kiffer que des connards. Je devrais les sélectionner mieux que ça. Je devrais me réserver pour Jude Law, tiens. Lui il en vaut la peine ! Hey Jude ! Je t’attends…

13/01/2005

13/01/05 - 20:50

Rape me

Depuis presque une semaine que je suis de retour à Londres, j’essaie de ne pas trop boire la tasse, de ne pas me laisser envahir par la négativité, de me battre… Je n’ai pas arrêté de laver et ranger mon environnement afin de me sentir chez moi. Chacun marque son territoire comme il le sent ; moi, c’est en faisant ma Monica (mieux vaut ça que de pisser dans tous les coins). J’ai essayé de me changer les idées, de sortir un peu, de lire beaucoup… mais y a rien à faire : j’en ai marre. J’ai pas envie de me battre maintenant. J’ai pas envie de faire comme si tout allait bien. En fait, je n’ai envie de rien du tout.

J’enchaîne remise en cause négative sur remise en cause négative. Mon niveau d’anglais est déplorable. Après une douzaine d’années d’anglais, donc trois à la fac, j’ai l’impression de parler comme un débutant. Je juge toujours les choses en fonction des efforts à fournir comparés aux résultats obtenus. Par exemple, je n’aime pas la muscu parce qu’il faut en faire beaucoup avant de voir pointer la moindre répercussion. Et là, je ne suis pas satisfait de mon anglais. Surtout, de ma compréhension. C’est ça le pire. Je ne comprends pas ce que les gens me disent, j’ai besoin de les faire répéter et j’ai beaucoup de mal à interagir. En cours, c’est la catastrophe vu qu’on est sensé discuter tous ensemble… Malheur ! Déjà, je ne comprends pas bien les livres qu’on a à lire, puis je ne comprends pas ce que disent les profs, enfin je comprends encore moins ce que disent les élèves. Quasiment impossible pour moi d’intervenir dans la discussion. Partout où je vais, je suis et resterai un étranger perdu. Il me faudrait des années pour être à l’aise…

Et je n’ai pas du tout envie de rester ici des années. Je n’ai pas envie de rester du tout en fait. J’ai envie de rentrer. Rentrer chez moi. Bien que je ne m’y sente plus vraiment chez moi, c’est encore à Paris que je me sens le mieux. Enfin, quand on met l’insécurité de côté (je suis de plus en plus parano et angoisse à l’idée de croiser des racailles). Au moins, à Paris, on parle la même langue, et putain qu’est ce que ça facilite les choses.
J’ai envie de rentrer… Mais ça voudrait dire que je renonce à tout l’argent du loyer qu’on ne peut pas me rendre. Ca veut dire aussi que je renonce à ma maîtrise. Et que je crache dans la soupe alors que des tonnes de gens aimeraient être à ma place.

Je n’ai plus de but. Outre le fait de ne pas être bien à l’étranger, je me demande ce que je fous dans cette filière. Mais qu’est ce que je fous en anglais et en littérature ??? Ca ne m’apporte plus rien, je m’y ennuie encore plus qu’avant.

Et pour finir en beauté, je suis en train de devenir drogué et fou. Je résiste aux somnifères. Je ne cesse d’augmenter les doses, pour au final ne pas dormir et délirer, seul, jusqu’à 05 h 00 du mat. C’est flippant de se réveiller le lendemain (si on peut dire que je suis réveillé avec toute la dose que j’avais dans le sang) et de découvrir que j’ai joué avec mon appareil photo toute la nuit et d’en avoir très peu de souvenirs.

Si ça continue, je vais finir l’année scolaire avec des cheveux noirs, des rangers et un long manteau de cuir.

12/01/2005

12/01/05 - 17:17

Homme ?

J’ai de plus en plus de poils.
Une haleine de vieux chacal.
Mes cheveux graissent de plus en plus vite.
Ma transpiration semble plus forte qu’avant (parfois, je me dis, tiens, ça pue la sueur, et je réalise que ça vient de moi sans aucune raison !!!)

Je crois que je suis devenu un homme… Pourquoi je n’ai que les mauvais côtés ? A quand la voix grave et la grosse bite ?

10/01/2005

10/01/05 - 19:32

Wi-fi

Euh, quelqu'un s'y connaît en connexion wi-fi ? Vous savez ce que je dois faire pour que ça marche (en Angleterre) ? Y a des paramètrages particuliers ? Parce que mon ordi détecte le réseau mais je n'arrive pas à aller sur le Net...

Merci de votre aide !

09/01/2005

09/01/05 - 15:33

La tête hors de l’eau ?

Aller sur Internet hier, parler à mes amis, recevoir de messages de soutien m’a fait le plus grand bien. J’étais moins mal et j’ai décidé de ne pas me laisser totalement abattre. Je suis donc parti faire du shopping sur Oxford Street ! Moi qui n’achète jamais impulsivement, j’ai craqué pour un jean. C’était aussi un achat symbolique pour moi qui n’ai quasiment pas acheté de vêtement sans Bertrand depuis qu’on est ensemble. Sans son avis ni influence, je me suis débrouillé.

Puis j’ai retrouvé l’ex du frère de Bertrand qui vit actuellement à Londres. Ca s’est super bien passé, on a même pris un verre ensemble dans un pub ! Je me sentais donc bien mieux jusqu’au moment où elle m’a appris que Bertrand avait couché avec son amie Miss Starlette. C’est quelque chose que j’avais soupçonné depuis longtemps mais il m’avait assuré (de très nombreuses fois) que c’était faux… Découvrir ainsi qu’il m’avait menti durant toute la durée de notre relation m’a fait retomber. Moi qui, me tordant de douleur, avais résisté la nuit précédente à le contacter, je lui ai envoyé un texto.

Finalement il m’a appelé et on a longuement parlé. Il m’a assuré qu’il n’avait pas couché avec Miss Starlette. Je ne sais pas trop si je dois le croire ; il n’a jamais eu aucune raison de me mentir sur le sujet, il en a encore moins aujourd’hui. Et ce ne serait pas logique de m’avouer qu’il m’a trompé et pas cette histoire-là… De toute façon, je n’ai aucun moyen de savoir réellement.

Parler avec lui m’a fait un bien immense. Pour la première fois depuis longtemps on a pu parler sans se prendre la tête, sans animosité, sans agressivité. Je lui ai dit ce que je ressentais, que ses mots et son comportement m’avaient fait mal… En fait, même si nous voulons tous deux être séparés parce que notre relation se dégradait, je ne supportais pas de sentir qu’il s’éloignait de moi aussi facilement. En très peu de temps il était devenu froid et distant, ce qui m’a fait plonger dans ma peur originelle et névrotique de l’Abandon. Et me dire qu’en si peu de temps il m’avait oublié et ne ressentait plus rien pour moi était douloureux. Donc, après avoir été rassuré, je vais mieux. J’ai besoin de rester en bons termes avec lui. Il a tellement fait partie de ma vie qu’une rupture totale de lien m’est en fait insupportable.

Je suis finalement à nouveau content d’être ici. J’ai pas mal discuté avec mes colocs hier soir, et je me rends compte que je suis vraiment, vraiment content de les revoir et de les avoir près de moi. Si je ne me noie pas à nouveau, Londres, attention, j’arrive.

08/01/2005

08/01/05 - 14:52

Paris - Londres

« Are you happy to be back ?
- No... »

J’ai beau être content de revoir mes amis de Londres, je n’ai pas du tout envie d’être ici. Je ne me sens pas du tout à ma place, je ne me sens pas chez moi… Putain, je me sens super mal. J’entame mon troisième jour consécutif de déprime, ce qui n’est pas de bon augure. Vous vous souvenez quand je suis sorti avec Bertrand il y a un an et demi, dans quel état psychologique j’étais ? Vous vous souvenez dans quel état j’étais quand il m’a trompé il y a deux mois ? Bah voilà, je suis dans le même état actuellement. J’enchaîne crise de larmes sur crise de larmes. Et en plus je n’ai plus que six quarts de Lexomil. Internet me manque grave. J’sais pas comment je vais survivre.
J’ai envie de rentrer… Comment je peux profiter de ma vie londonienne dans l’état actuel ? Pourquoi je me sens si mal alors que tout allait bien ???
Il faut que ça passe…

07/01/2005

07/01/05 - 05:00

Nouveau départ ?

Les vacances de Noël sont terminées pour moi. Demain (enfin, tout à l'heure) je repars à Londres. Je ne cache pas que je n'en ai pas énormément envie. J'étais vraiment bien ici, à Paris, où tout est plus facile quand tout le monde parle notre langue maternelle. J'ai vu plein de gens, et surtout j'en ai rencontré plein de nouveaux : Londres m'a permis d'être moins timide.

Surtout, je rentre célibataire, officiellement, clairement, et pour de bon. J'ai compris très vite qu'il fallait qu'on casse. Sur le chemin qui me menait chez Bertrand, il y a un peu plus de deux semaines, je me suis rendu compte que je n'avais plus envie d'être avec lui. Ce soir là, je lui ai annoncé mon amourette avec Esteban et, ce qui est compréhensible, il l'a mal pris.
Pourtant on a continué à se voir et à passer quelques nuits ensemble. A chaque fois c'était la même chose, je sentais qu'on se lassait l'un de l'autre, qu'on ne s'aimait plus, qu'on se supportait de moins en moins. On a eu un sursaut de vie, un dernier, ce week-end. Mais ça n'a pas suffi, et la réalité de nos coeurs séparés nous a rattrapé.

Alors, pour la première fois depuis toujours, nous avons tous deux été d'accord : il faut rompre. On l'a fait lundi soir, au téléphone. Sur le coup ça n'a pas été facile (il n'y a rien à faire, je déteste les ruptures, même quand je sais que c'est la meilleure solution.) Et depuis, ça allait très bien. Sauf que, ce soir, j'ai eu comme une chute vertigineuse de moral, et je n'ai plus arrêté de pleurer comme un enfant.

J'ai eu un dernier contact virtuel et téléphonique avec lui. J'ai la confirmation que ce mec est un connard. Après l'abattement, c'est la colère qui a pris place. Il m'a encore sorti quelques horreurs dont lui seul à le secret. Ce n'est pas le lieu de lui faire un procès, mais putain c'est pas l'envie qui manque. C'est positif, d'être en colère. Je crois.

J'ai peur.

06/01/2005

06/01/05 - 15:01

Etudes incertaines

J’ai quelques minutes devant moi avant que le somnifère ne me fasse partir dans des délires hypnotiques. Je suis complètement décalé et, même fatigué, je ne peux pas dormir, je n’arrive jamais à éteindre mon cerveau.

Outre mes déboires sentimentaux, je m’interroge sur mon avenir professionnel. Je ne sais toujours pas ce que je ferai après ma maîtrise. Dans l’idée, je voudrais faire un DESS. Mais je n’ai toujours pas trouvé lequel ! De plus, comme je l’ai déjà expliqué, intégrer un DESS doit faire partie intégrante d’un projet professionnel concret bâti sur une expérience professionnelle acquise à travers différents stages. Par conséquent, je compte, après avoir rendu mon mémoire (en décembre 2005 vu que je ne suis pas prêt de l’entamer) me lancer dans les stages et les boulots divers. Me confronter au monde du travail est la meilleure chose à faire pour trouver ma voie.

Sauf que, avec la réforme LMD, la maîtrise et le DESS vont disparaître au profit du Master. Il y aura donc un diplôme qui sanctionnera les deux années d’études après la licence au lieu d’un diplôme après chaque année. Ce qui veut dire que je ne pourrai pas intégrer une deuxième année directement (vu que c’est un diplôme professionnel et que je n’aurai pas les acquis nécessaires) et donc que j’ai encore deux ans d’études au lieu d’un pour le même résultat au final sur le CV : Bac + 5. La maîtrise ne me sert donc peut-être à rien.

Tous les gens de mon âge et à mon niveau d’études ont les mêmes interrogations : que faire de notre vie ? Sans parler de tous les projets qui nous passent par la tête et qui mélangent tout.

2005 sera sûrement l’année du choix.

En attendant, il serait judicieux que je formule quelques résolutions et que je les applique le plus tôt possible. Notamment, avoir un mode de vie plus régulier et plus sain ; lire les livres que je dois lire pour mes cours ; avancer sur mon mémoire ; travailler plus posément sur mes essays ; me remettre à l’espagnol car je refuse de perdre une langue ; chercher plus le contact des autres et sortir de ma carapace.

Sûr que je ne ferai pas tout ça, et que chaque chose se fera dans l’urgence, la douleur ou la fainéantise… Mais au moins, j’ai quelques vagues idées. Et quelques mois devant moi pour savoir un peu mieux ce que je veux.

Ce que je ne veux surtout pas, c’est perdre du temps.

Post écrit dans la nuit

06/01/05 - 01:29

La blonde en hiver

Depuis quelques jours, j’ai super chaud. C’est un peu pour ça que je dors si mal : quand il fait chaud, mon sommeil est pire que d’habitude. Je n’arrêtais pas de baisser le chauffage de ma chambre sans que la température diminue pour autant. Au contraire. J’ai alors regardé de plus près le bouton. Moi, je le tournais du côté où il y avait une croix. J’ai réalisé que ce n’était pas une croix, mais un symbole +… Depuis, il fait meilleur chez moi. Y a rien à faire, sans homme à la maison, je suis une vraie cruche !

05/01/2005

05/01/05 - 14:15

C'est l'histoire d'un couple

Acte 1
Ils se rencontrent sur le Net, sympathisent, se voient en réel, entament une relation. Ils apprennent à se connaître, tombent amoureux, construisent à deux. Ils font l’amour tout le temps, s’engueulent souvent, font des concessions, parfois. Ils sont très différents l’un de l’autre, mais ils plongent dans un bain d’amour à chaque fois qu’ils se voient. Ils apprennent à vivre ensemble, créent leur propre langage, jouent de leur intimité. Les difficultés se succèdent, plus ou moins insurmontables : ils s’aiment.

Acte 2
Puis, l’un s’expatrie, l’autre commence à faire des projets et à rêver d’une vie à deux, alors que le premier n’arrive pas à voir le futur. De toute façon, ils s’aiment. Et quand l’autre y croie à nouveau, l’impensable se produit : l’un trompe l’autre. Ils se déchirent. Chacun attend que l’autre fasse des efforts, mais aucun n’est prêt à en faire. Ils s’éloignent.

Acte 3
L’un vit sa vie et s’amuse mieux qu’avec l’autre. L’autre panse seul ses blessures et trouve refuge dans l’amour et l’amitié d’autres personnes. C’est l’histoire de beaucoup de couples.

Acte 4
Deux nouveaux êtres se retrouvent. Fiasco quasi-total. Incompréhensions, douleurs, non-dits, attirance moins forte, amour absent. Mascarade. On fait semblant : les gestes sont mécaniques, les mots sont voilés, les pensées esseulées. Ils se séparent à jamais. C’est l’histoire de mon couple.

Acte 5
L’un continue sa vie d’amusements divers et grisants, l’autre repart faire face à ses angoisses, améliorer son quotidien, grandir.

Ils s’aimaient.

04/01/2005

04/01/05 - 02:46

Le caillou dans la chaussure

Envie de râler ce soir. Comme tous les jours, va-t-on me rétorquer. Certes. Mais y a des jours, comme ça, où même si ça va, où on est à mille lieux de catastrophes en tous genres, on sent que le destin a décidé de nous faire chier à sa manière. Juste par quelques petits détails, qui passent même à travers les moments heureux, comme s’il ne pouvait pas nous foutre la paix de temps en temps. Aujourd’hui, tu vas en chier mon cochon, mais d’une manière presque imperceptible.

Alors voilà, ce soir, je me couche fatigué parce que la lumière du jour m’a réveillé trop tôt cette nuit (à 11 h 30).

Je me couche avec le même mal de ventre depuis une semaine, mal qui me prend dès que j’ingurgite quoi que ce soit… J’peux même plus apprécier manger !

Je me couche avec un appareil photo numérique tout beau tout neuf… dont la notice est en italien !!! Déjà qu’en français, les blondes ont du mal avec les technologies, mais alors là…

Je me couche après avoir, d’un commun accord, rompu avec Bertrand. J’ai beau savoir que c’est la meilleure solution, je ne peux pas m’empêcher de me sentir abandonné et triste.

Je me couche après avoir vu les derniers épisodes de « Friends », ce qui me laisse un sentiment de vide tellement j’aime cette série… A chaque fois qu’une série se termine, je chiale comme une tapette !

Je me couche au moment où je réalise qu’une boule de mon piercing a disparu, et, bien sûr, je n’en ai aucune autre sous la main, donc je risque de le perdre pendant le nuit et je ne peux rien faire contre. A trop pleurer, me moucher, et éponger mes yeux, j’ai dû la dévisser sans m’en rendre compte. J’espère ne pas me réveiller demain avec un trou dans le corps.

Voilà, maintenant que j’ai bien râlé, je vais pouvoir prendre mon somnifère et ne pas réussir à m’endormir, comme tous les jours.

03/01/2005

03/01/05 - 12:29

Amour avenir à voir

« L’amour, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. » (St – Exupéry)

J’ai déjà cité cette phrase dans le blog, parce qu’elle me fascine. J’ai mis des années avant de la ressentir, avant de pouvoir la comprendre pleinement, avant de la vivre, tout simplement. Il arrive un moment dans un couple où l’on décide qu’on se connaît assez et où on se met à faire des projets sur l’avenir. A mes yeux, la plupart des couples le font bien trop tôt et sans avoir conscience de leurs actes. Je pense que les sentiments amoureux sont extrêmement instables et que vouloir plaquer du Matériel (pour les stabiliser ?) n’est pas nécessairement la meilleure solution. Mais c’est à chacun d’envisager la vitesse de ses engagements et si les autres sont heureux ainsi, cela me comble aussi.

Ce qui m’intrigue aussi dans l’amour, c’est que, avant de regarder dans la même direction, et alors qu’on regarde l’autre, c’est surtout soi-même que l’on voit. J’ai appris en philo que ce qu’on aime chez l’autre est soit un caractère qu’on possède et qu’on retrouve, soit un aspect qu’on n’a pas mais qu’on aimerait avoir. En d’autres mots, on n’aime jamais l’autre pour ce qu’il est en soi, mais pour ce qu’il nous apporte ou nous montre.

Ce dernier point est particulièrement important à mes yeux. Je ne me sens bien qu’avec les mecs qui me montrent une image de moi que j’accepte. J’ai cessé de voir mon meilleur ami hétéro (outre le fait que je l’aimais…) parce qu’il me faisait me sentir moche et mal dans ma peau (il n’en était, bien sûr, pas la cause, mais au final il y contribuait.) J’ai vu de moins en moins mes amis gays au lycée parce qu’ils passaient leur temps à dénigrer ce que j’étais.

Cela fait que j’ai des relations problématiques avec les mecs en général. Quand j’aime, je ne vois plus que l’objet de mon affection. Je ne suis attiré et ne pense plus qu’à lui. Ce n’est pas un effort, ce n’est pas une douleur, c’est comme ça. Mais en fait, en pensant autant à lui, c’est à moi que je pense, et ça me renvoie une image très précise de moi-même.

Ce qu’il est aussi intéressant de noter, c’est que, par conséquent, l’unicité qu’on attribue alors à celui qu’on considère comme sa moitié est illusoire. Si ce que j’aime en l’autre, c’est moi-même, alors je peux m’aimer à travers n’importe qui. On a tous ressenti ça, cette affection pour une personne qu’on s’imagine éternelle parce qu’elle est si brûlante. Le jour où la flamme est éteinte, le froid et l’obscurité nous envahissent, et on pleure encore et toujours le bougeoir qui lui servait de socle. Puis un jour, comme par magie, on retrouve la même flamme sur un autre chandelier.

Cette flamme, en réalité, n’est que le miroir de ce qu’on a dans notre cœur. Il n’y pas qu’une seule personne pour incarner cette chaleur. Le Prince Charmant n’existe pas. Tout le monde est susceptible, un jour, d’être notre autre, celui qui porte notre flamme. Il suffit de projeter son moi en lui. Tout le monde, en fait, peut-être je.

01/01/2005

01/01/05 - 20:44

22

Je ne pensais pas que ça m'arriverait. Certes, ça m'avait traversé l'esprit. Rencontrer un mec en Espagne, c'est folklorique ! Mais nan, je ne suis pas du tout ce genre de gars, je suis là-bas pour passer du temps avec ma meilleure amie et je suis encore avec Bertrand avec qui je veux passer les vacances de Noël, pour (probablement) la dernière fois.

Et puis finalement... Le lendemain de notre arrivée, Manu, ses amis, et moi, sommes sortis dans les bars gays de Saragosse. C'est là que nous avons retrouvé Esteban. Un grand brun à la peau blanche, qui s'habille merveilleusement bien, un putain de charme. Sur le coup, je n'avais pas imaginé tout ce qui allait suivre... La première fois que je l'ai vu, il portait un T-shirt avec le chiffre "22" dessus. Les tous premiers mots que je lui ai alors dits (enfin, que Manu lui a dits en espagnol de ma part) ont été : "22, c'est ton âge, ou la taille de ta bite ?"

Il a un peu été choqué par mes mots (je suis un peu passé pour le mec de base, mais comme je lui ai expliqué par la suite, je parle beaucoup et agis nettement moins). Très vite, j'ai senti son regard sur moi. Je n'étais pas sûr à 100 %, mais je me doutais que je lui plaisais. Effectivement, Manu m'a vite dit qu'il m'avait trouvé très mignon.

Il s'est avéré être un mec adorable. Moi qui suis mal à l'aise avec les mecs en général, lui était super cool. J'ai adoré ce qu'il dégageait. J'essayais de parler un peu avec lui, il se montrait curieux et à l'écoute. A un moment, alors qu'ils faisaient des messes basses, j'ai compris que Manu lui racontait mes récents déboires sentimentaux. Lui avait justement vécu un peu la même chose auparavant.

Jusqu'au moment où il s'est mis à côté de moi, et, face à Manu et à tout le monde dans le bar, j'ai senti quelque chose sur ma cuisse. J'ai regardé discrètement ; c'était bien ça. Il me caressait du bout du doigt. Personne ne voyait rien. Etrange sensation que de se sentir seul avec lui face au monde extérieur. Je ne vais pas le cacher : je l'ai laissé faire. Ça a duré quelques secondes, puis il s'est arrêté. Je ne l'ai pas encouragé à continuer, mais je ne l'ai pas arrêté non plus. Je venais à peine de le rencontrer, j'essayais désespérément de me remettre de l'adultère de mon connard, je ne savais pas quoi faire, mais je voulais rester ouvert. La situation me plaisait carrément : je pouvais plaire. Le petit Jona complexé au coeur brisé peut donc séduire. Waou.

Le lendemain, on a remis ça. On est sorti dans le même bar et, lors de la soirée, il a de nouveau utilisé le même contact de ses doigts effleurant mon genou (cette fois). Je voulais réagir et lui faire comprendre que, quand même, il n'avait pas froid aux yeux ! Mais je ne pouvais pas le regarder dans les yeux car une des lumières du bar m'éblouissait quand j'essayais. Alors je faisais comme si de rien n'était.

On ne l'a pas revu pendant quelques jours. Je me sentais mal pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'étais encore avec Bertrand et que ce n'était pas parce qu'il m'avait trompé que je devais lui rendre la pareille. La deuxième, c'était que ce genre de situation ne m'était jamais arrivée auparavant : jamais je n'avais rencontré de mec avec qui c'était ambigu aussi vite et avec qui on sait qu'on ne peut pas entamer de véritable relation amoureuse. La troisième, c'est que je me sentais carrément complexé : je me disais que mon corps était moche, que j'étais nul, etc. Enfin, si les choses devaient devenir sérieuses, je ne voulais pas sucer sans capote et j'avais peur de passer pour un drôle d'énergumène. Tout ceci faisait que je n'étais pas sûr de ce que je voulais ou pas, et que je ne savais même pas dans quelle mesure j'étais attiré par lui.

Quelques jours après, nous nous sommes revus, et les choses se sont déroulées de la même manière, au détail près que j'étais un peu plus réceptif. Nous étions assis l'un à côté de l'autre, et j'ai très vaguement caressé sa main quand celle-ci est rentrée en contact avec la mienne. Très vaguement. Il ne devait rien comprendre. Déjà qu'en temps normal je suis timide, mais comme je ne me sentais pas complètement célibataire, c'était pire. Un de ses amis a essayé de se renseigner auprès de Manu pour en savoir plus : "Esteban aime bien Jonathan... C'est réciproque ?" Réponse de Manu : "Peut-être."

Le lendemain, nous devions le retrouver dans un bar pour son anniversaire (il a eu 20 ans). Celui-ci était archi rempli et il était difficile de circuler pour le retrouver (même danser, c'était impossible en fait). Manu et moi avions tous les deux conscience que quelque chose pouvait se passer ce soir-là. L'ambiguïté des fois précédentes était à son comble, je m'étais habillé et préparé du mieux que je pouvais... Manu étant avec des copines, j'ai décidé de chercher Esteban, seul. J'ai fait le tour du bar, puis l'ai trouvé après pas mal de temps. De suite, il m'a demandé où était Manu, et pour la rejoindre, naturellement, je lui ai donné la main afin qu'on ne se perde pas en route. Je n'ai vraiment pas réalisé que ce contact pouvait avoir quelque chose d'ambigu. Il s'est alors retourné et m'a smacké. Je lui ai dit : "Au fait, bon anniversaire !" et on s'est smackés de nouveau.

Je ne me sentais pas super bien. Sortir avec un mec, comme ça, my god ! Je suis allé au bar et ai décidé de consommer un peu d'alcool, histoire de faire comme tout le monde et de me sentir mieux. Il m'y a rejoint, et là, on s'est longuement embrassé. Quelle sensation étrange que d'embrasser un autre mec ! Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Bertrand, de me demander ce que j'étais en train de faire. Je suis typiquement le genre de personne qui ne peut pas apprécier l'instant présent et qui intellectualise tout. Je comparais (involontairement) leur manière d'embrasser, et tout et tout... C'était la première fois que j'embrassais un mec qui était plus grand que moi aussi !

Et je me disais : "Bertrand..." Comment lui dire ? Ce n'était pas du tout impulsif, j'avais conscience, à chaque fois que je faisais quelque chose, de ce que je faisais. Mon dieu, je suis en train d'embrasser un autre mec ! Est-ce que je ne fais pas une connerie ? Et Bertrand ? Mais voilà, quand on a été trompé deux mois auparavant, et qu'on sait que notre couple va probablement casser dans peu de temps, on a en fait aucune raison de ne pas continuer. Alors j'ai continué.

J'ai donc passé la soirée en couple. C'était vraiment étrange, parce que j'ai besoin de temps pour m'habituer à avoir un mec et ensuite il me faut du temps pour m'habituer au fait d'être en couple face aux autres. Là, je devais tout gérer d'un coup ! Et je ne cessais de me répéter que j'avais deux mecs. Mais quand même, il m'attirait. Il était tellement sensuel, et tellement gentil. Il ne m'embrassait pas : il me bouffait. Dans ses bras, je me sentais désirable, et dans ses yeux, je me sentais beau. Il me renvoyait une image de moi que j'adorais. Cette nuit-là, après nous être séparés, il a envoyé ce texto : "Bonne nuit... Si seulement j'étais Manu pour dormir cette nuit avec Jonathan. Tu embrasses comme un dieu..." Waou. Ça m'a trop touché. Moi qui me sentais gauche, j'apprends que j'embrasse bien... :)

Le lendemain, nous n'avons pas pu nous voir, car nous avions chacun des soirées très différentes prévues. Etrangement, ça m'a fait beaucoup de bien, car ça m'a permis de réfléchir un peu à la situation, de la laisser décanter, de savoir ce que je voulais. Je me suis rendu compte que je l'aimais bien, ce mec, et que j'avais envie de le revoir. J'avais envie d'être avec lui.

Quand nous nous sommes revus, le fameux soir où Manu et moi nous sommes faits voler nos affaires, j'ai de suite été extrêmement attiré par lui. J'avais envie de l'embrasser et le toucher tout le temps. Pour le coup, je n'avais aucune trace de culpabilité et je ne pensais plus du tout à Bertrand. Je me sentais merveilleusement bien. Alors on a passé la soirée ainsi, à se câliner tout le temps. J'ai cru que j'allais le violer sur place.

Il a dit à Manu : "J'ai rangé ma chambre..." Et Manu de lui répondre : "Moi, j'ai interdit à Jonathan de dormir chez moi !" Dormir chez lui était donc clairement une possibilité. Je ne savais pas si je devais, ça me faisait peur. Ce n'est tellement pas mon genre... Pour que je couche avec un mec, il faut que j'aie l'impression de le connaître un minimum, j'ai besoin de parler énormément avant. Or, là, avec mes deux mots d'espagnol et ses deux mots d'anglais, on n'allait pas bien loin. Mais j'avais envie de lui, envie d'être avec lui, et j'étais décidé à profiter jusqu'au bout. Je préfère regretter d'avoir fait quelque chose que de ne pas l'avoir fait.

Alors, lui & moi, nous sommes rentrés, seuls, chez lui. On a donc eu l'occasion de parler sur le chemin. C'était pas évident, et on était tous les deux un peu mal à l'aise. Direct on a dit qu'on ne savait pas ce qu'il allait se passer et qu'on allait chez lui pour être ensemble, pour dormir ensemble, et pas pour baiser. La situation était quand même pas facile vu que j'avais un copain et qu'à la base je ne suis pas infidèle.

De plus, il était dégoûté que je ne puisse pas rester plus longtemps à Saragosse (je partais deux jours après). Manu lui avait dit que j'étais son cadeau d'anniversaire, et lui ne cessait de me dire, un peu triste : "mais tu es un cadeau éphémère..."

Une fois chez lui, c'était très bien :) On s'est câliné et on a continué à parler. Enfin, ça devenait de plus en plus dur (dans tous les sens du terme) à cause de la fatigue et de l'excitation. J'ai adoré être avec lui, je ne me sentais plus timide du tout, et putain qu'est ce que j'avais envie de lui ! C'était de plus en plus chaud, mais on n'a pas couché ensemble, c'est resté plus que soft.

Son lit était minuscule, j'ai très peu et très mal dormi pendant la nuit. Au réveil, alors que je me sentais moche, sale, la gueule dans le pâté avec une haleine de chien crevé, il m'a fait un bisou et les premiers mots qu'il m'a dit ont été : "Qué guapo." Un mec qui me dit dès le réveil que je suis beau, moi, ça me touche profondément. L'amour, c'est terriblement égocentrique en fait.

On a passé la journée ensemble, mais presque comme des amis. Il était un peu plus distant. On a parlé de tout ce qui s'était passé, assez librement. Il m'a notamment dit : "maintenant tu sais qu'elle ne fait pas 22 centimètres ;)" Arf, je n'ai pas osé lui dire à ce moment-là, mais je l'ai trouvée parfaite et si douce... ^^;

Le lendemain, alors que je quittais Saragosse, j'ai entendu une chanson qui me faisait penser à lui, et je n'ai pas pu m'empêcher de verser ma petite larme.

Esteban, mon amour de vacances. J'en garde un excellent souvenir et je ne regrette rien. Je l'ai rencontré au bon moment. Il est exactement ce dont j'avais besoin. Un mec adorable à qui je souhaite tout le bonheur qu'il mérite, et surtout un mec qui l'aime à sa juste valeur. Grâce à lui, je suis rentré à Paris plus fort et plus sûr de moi. En quelques jours, il a rallumé une flamme... Il a ravivé mon étincelle d'innocence.

Esteban, mi amor de verano.

 

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.