...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

31/05/2005

31/05/05 - 10:31

La Blonde au Parc

Le jour où j’ai fait ma nuit blanche, j’ai décidé d’aller profiter du soleil londonien (si si !) à Hyde Park. Là-bas, j’avais prévu de faire un petit tour de tous les trucs sympas à voir. Après avoir englouti Big Mac, frites, chicken Mc Nuggets et Milk-shake fraise (vous êtes ravis de le savoir), j’ai donc suivi le panneau qui indiquait la direction à prendre pour voir la statue de Peter Pan. Seulement, après avoir marché de longues minutes, Peter n’était toujours pas en vue. Pire encore, au bout de l’allée, il n’y avait plus de panneau, et c’est au hasard que j’ai dû me diriger. Quand j’ai à nouveau trouvé des indications, aucune ne précisait où était cette statue. Comme je n’avais pas dormi depuis presque vingt-quatre heures, j’ai vérifié plusieurs fois, au cas où j’hallucinerais de fatigue ; mais non. Rien, absolument rien. J’ai cru devenir fou. J’ai encore marché, puis j’en ai eu marre, alors je me suis posé dans l’herbe. Et là, je me suis endormi.

Quand j’ai ouvert les yeux, ce n’étaient plus les mêmes personnes autour de moi ; je venais de passer deux heures en plein soleil au beau milieu de la journée. J’ai de suite vu que mon bras était un peu rouge, mais rien d’inquiétant. Impossible de trouver une glace pour me voir.

J’ai repris ma chasse. Parallèlement à Peter Pan, je cherchais aussi à chercher la Serpentine Gallery qui était censée se trouver non loin de la statue. Mais bien sûr, j’ai encore marché, marché, marché… Au bout de très longues minutes, j’ai enfin trouvé la galerie d’art moderne. Puis j’ai fini par retrouver un panneau qui indiquait la direction de Peter Pan ; sauf que, la flèche pointait au milieu de deux routes ; et bien sûr, j’ai pris la mauvaise !

J’ai fini par trouver Peter Pan ; au total, entre avant et après ma sieste, et en cumulant la Serpentine Gallery et les chiottes (moins difficiles à trouver) j’ai passé trois heures à arpenter les allées de Hyde Park. Je crois que j’ai fait mon quota de sport pour l’année. Il est gigantesque ce parc ! C’est un arrondissement à lui tout seul !

Quand j’ai raconté ça à mes colocs, j’ai été rassuré de voir que je n’étais pas la seule blonde au monde : la plupart n’ont jamais réussi à trouver la statue. Ils la cachent exprès ou quoi ? Le but est de nous faire tourner en bourrique ? Par contre, je suis le seul, depuis, à être rouge comme une écrevisse. Le chemin vers l’art a un prix. Au moins, je peux me targuer d’avoir pris un coup de soleil à Londres : je parie que c’est rare.


30/05/2005

30/05/05 - 19:25

Elles sont de retour, et elles sont bien décidées à me faire chier



Impossible de dormir, pour la énième fois. Il est clair que ma vie londonienne empire mes insomnies. Ici, je n’ai jamais aucune raison de me lever, donc aucune raison de me coucher. J’ai bien essayé de mettre le réveil. Mais la plupart du temps, c’est épuisé que je l’éteins et me rendors aussitôt ; quelle que soit l’heure de l’après-midi.

J’ai fait une nuit blanche, suivie d’une excellente nuit. Mais cette nuit, c’est reparti. Je devrais peut-être faire une nuit sur deux ?! Qui plus est, ça me ferait gagner du temps. Si on devait comptabiliser toutes les heures que j’ai passées dans ma vie à essayer de dormir sans y parvenir, je deviendrais fou rien qu'à l’idée de ce que j’ai perdu.

J’en ai ras-le-bol. Pourquoi je résiste autant aux somnifères ? Pourquoi n’existe-t-il pas un médicament réellement efficace ? Il faut que je me fasse anesthésier le cerveau tous les soirs ou quoi ?

Ca me tue quand les gens disent : « Ohhhhhhhhhhhh, mais c’est pas bien, c’est de la drogue, nia nia nia ». Ca vient toujours de la part de ceux qui dorment très bien. Je veux bien échanger leur vie avec la mienne pour quelques semaines : ils verront le calvaire que c’est de ne pas dormir. J’aimerais tellement ne pas perdre tout ce temps chaque soir. Ne pas perdre ma vie chaque nuit. Je crois que c’est mon plus gros handicap.

Maintenant, c’est la guerre. Je fais la grève du sommeil. Morphée, tu ne veux pas de moi ? Va te faire foutre, je vais te tromper avec quelqu’un de d‘autre.


J'ai la tête qui éclate.
Je voudrais seulement dormir
Me poser sur l'asphalte
Et les laisser mourir.

29/05/2005

29/05/05 - 18:17

Quart d’heure social international : nouvel épisode

Cette fois, j’avais mon ordinateur portable dans une main et sept livres dans l’autre : le parfait petit étudiant. Sur le chemin qui lie la bibliothèque à mon appartement, je croise un mec, seul avec un ballon de basket, habillé d’une casquette et d’un short XXXL ultra large. Chéri, j’ai agrandi mes vêtements. J’essaie de marcher vite ; c’est déjà assez lourd mais je n’ai certainement pas envie qu’on me vole quoique ce soit. Mister XXXL me regarde étrangement, et, effectivement, quand je passe près de lui, il m’adresse la parole :

« Je peux tester quelque chose sur toi ?
- Euh… Non.
- … Si, vas-y, c’est rien, je vais pas t’faire de mal, j’veux juste voir un truc. Bouge pas. »

Sur ces mots, l’Américain se rapproche de moi. Je sens qu’il veut s’amuser à balancer son ballon de basket par-dessus moi, ce qui ne me rassure guère. Je me fige instantanément par peur de recevoir le ballon sur la gueule. A cinquante centimètres de moi, il tente un truc avec son ballon qui ne fonctionne pas. Il me fait patienter, s’éloigne à nouveau, se rapproche comme s’il allait marquer un panier derrière moi. Je ferme les yeux et me crispe alors qu’il saute devant moi. Quand je les ouvre, il est toujours là, et le ballon aussi. Il a l’air content, me dit merci et commence à s’éloigner avant de me dire : « t’as eu l’impression que le ballon passait derrière toi ?
- Euh… oui.
- Sérieux ?
- Bah oui.
- Attends j’recommence. »

La danse reprend, et, effectivement, j’ai à nouveau eu cette impression.
« Oui oui, absolument, ça donne l’impression que le ballon passe par-dessus. »

Et voilà comment j’ai satisfait la vie d’un Américain ce jour-là. Il a trouvé une technique pour que la balle aille au dessus de lui plutôt qu’au dessus de son adversaire. J’en reste totalement béat d’admiration. Peut-être qu’un jour il sera un grand joueur… Prions pour lui.

28/05/2005

28/05/05 - 08:14

Politique Blonde



Demain, je dirai oui.

Bon, je ne peux pas voter, vu que je suis à Londres et que je n’ai pas eu le temps de faire une procuration… mais j’y penserai. :p

Des quelques arguments que j’ai pu lire, c’est le oui qui s’est très largement imposé à moi. Alors voilà, si jamais quelqu’un parmi vous ne sait pas quoi voter, ne veut pas voter, ou compte voter blanc, s’il pouvait voter OUI à ma place, ce serait gentil !

Je précise, d’habitude, je vote toujours, promis ! Et toujours Vert ou Blanc (de plus en plus Vert d’ailleurs).

Voilà, j’ai fait mon quota de politique pour les six mois à venir.

27/05/2005

27/05/05 - 17:34

Pulco Citron



Il y a comme qui dirait un air estival très présent ces jours-ci. Alors que j’avais cru voir à la météo que Londres allait crouler sous son stéréotype habituel, il fait en réalité de plus en plus chaud. Et bien que j’aie passé les trois dernières nuits à jouer au Barbie Uno (offert par mon Ange) avec Mélo (amie française), je me force avec difficulté à me lever à 14 h 30 (et quand j’y pense, je me sens ridicule d’être explosé comme si je me levais à 05 h 00 ! Bah oui mais on est insomniaque ou on ne l’est pas). Ainsi, je peux en profiter pour régler quelques détails administratifs et surtout reprendre ma visite culturelle de Londres.

C’est en tout cas ce que j’ai fait hier en arpentant les galeries du Natural History Museum et le quartier de Kensington. J’ai d’abord été fasciné par le bâtiment de ce musée, et ensuite intéressé par quelques ossements, avant d’être lassé par tant de couleurs vives… C’est très bien fait, il y a tout pour intéresser les enfants tout en faisant réviser les parents. Mais bon. Comme on dit chez moi : « pas de quoi casser trois pattes à un canard ! » Je préfère Kensington Gardens (j’adore les parcs) et je n’ai pas manqué de photographier le Royal Albert Hall, là où les Spice Girls ont donné un concert il y a quelques années. :)

J’avais prévu d’autres visites aujourd’hui, mais je suis repris par ma fainéantise légendaire. Je déteste me lever et avoir la pression de tout ce que j’ai à faire sur les épaules. Tant pis, seule ma fac aura le loisir d’admirer mes tongs H&M, mon pantacourt Bershka et mon T-shirt fuschia (très en vogue en Espagne). Il fait vraiment très lourd dehors, à tel point que j’ai l’impression d’être en Grèce.

L’été est arrivé d’un coup et m’a assommé par la même occasion. De toute façon, ça a toujours été comme ça, je n’ai jamais su profiter des choses.

26/05/2005

26/05/05 - 22:03

Quart d’heure social international

Je sortais du supermarché, avec quelques lourdes courses (un pack de lait, notamment), à la main. Là, je croise une Japonaise, amie d’une de mes colocs. De suite, elle s’extasie de me voir ; j’ai cru qu’elle allait mouiller sa culotte.

« Salut, euh… c’est quoi ton nom déjà ?
- Jonathan.
- Ah oui ! Jonathan.
- Et toi c’est Dakota.
- Waou !
- Oui, je sais, j’ai une bonne mémoire.
- Et euh, tu viens de France, c’est ça ?
- Oui.
- D’où exactement ?
- De Paris.
- Ah c’est génial parce que je compte aller à Paris, tu pourras m’aider, hein ?
- Euh, oui… »

Dakota a continué la conversation, genre on est les meilleurs amis du monde, en souriant comme une gamine qui a trouvé une grosse sucette. Ca me donnait le loisir d’observer ses dents qui n’avaient guère de quoi me séduire. Et bla bla bla, et tu fais quoi déjà, oh c’est intéressant, moi je fais-ci, nia nia nia. Oui t’es gentille mais si tu veux pas te prendre mon pack de lait dans la gueule, va falloir me laisser partir hein.

« Dis Jonathan, je peux te demander ton numéro de téléphone ou ton adresse email ? Comme je compte venir à Paris, je veux avoir un ami de là-bas.
- Euh, oui…
- Super ! »
Et là, elle sort son téléphone.

***Processus d’urgence enclenchée***
Une Japonaise que je ne connais pas veut me contacter par téléphone pour que je l’aide quand elle viendra à Paris.
1) Je ne veux pas l’avoir au téléphone et ne rien comprendre à ce qu’elle va me dire.
2) J’ai pas envie de me faire chier avec une fille que je connais à peine et qui ne me parle que par intérêt !


***Action enclenchée***
« Euh, Dakota, ce serait mieux si je te donnais mon adresse email.
- D’accord, mais tu me répondras, hein ?
- Bien sûr ! »

J’avais rencontré une Japonaise au début de l’année, qui m’a écrit, mais je ne lui ai jamais répondu… Bah quoi, j’ai déjà tellement de mails en retard hein !

Une fois le papier rempli de mon écriture la plus lisible, j’ai enfin pu rentrer chez moi pour ranger mon lait et les cinquante paquets de gâteaux qui pesaient sur mon autre main.

25/05/2005

25/05/05 - 17:57

La Plante



A l’origine, il n’y avait rien. Juste une étendue de terre, pure et fertile. Par la volonté de deux personnes, il y fut mis une graine. Et dès lors, il a fallu s’en occuper. Une goutte de temps en temps. Une goutte par-ci, une goutte par-là. Une goutte un jour, une goutte toujours. Encore une, encore une, encore et encore. Des gouttes jusqu’à ce que la terre en soit imbibée. Jusqu’à ce que la plante ait poussé.
D’abord une simple tige, d’un vert très clair. Une tige qui pousse comme le pénis d’un adolescent gonfle pour la première fois devant une image sexuelle. Puis la plante se pare d’ornements plus colorés. Du rouge. Un peu de rouge. Un peu plus de rouge. Un gros gland rouge turgescent posé sur cette bite longue et lisse.
Et dès lors qu’une main s’approche pour lui donner une goutte, ce n’est plus d’eau qu’elle s’abreuve, mais de chair et de sang.

24/05/2005

24/05/05 - 19:24

Chat

Je ne cesse de penser à elle. Je l’ai rencontrée en Espagne, et dès que je l’ai vue, j’ai su que c’était Elle. Quand j’y ai mis la langue, j’ai eu un orgasme buccal. J’ai du contenir mon éjaculation car je ne voulais pas en perdre une goutte.

Je l’avais déjà croisée sans jamais la reconnaître. Elle existe aussi en France, mais chez nous, elle est cachée sous un autre nom.

Nata est son nom. C’est la saveur que l’on trouve dans la crème chantilly et dans les glaces Mc Do. Ce parfum de sucre et de crème que j’adore depuis toujours. Appelée vanille en France (alors que ce sont deux parfums distincts), elle a une existence indépendante en Espagne. C’est un parfum de glace à part entière que l’on trouve absolument partout. Elle peut notamment s’acheter en barre que l’on coupe pour y placer une tranche entre deux biscuits et en faire un sandwich glacé.

Je ne sais plus quoi faire pour vivre sans elle. La nata me manque terriblement…


23/05/2005

23/05/05 - 23:24

La fin ?



Londres est morte. Le temps, comme presque partout en Europe, est instable. Je me lève sans me bousculer et je n’ai guère envie de profiter d’une ville, fin mai, avec gilet et manteau sur le dos.

La colocation est en fin de vie. Le départ est dans tous les esprits. Dans deux semaines, les premières nous quittent, et d’ici là, et même après, tous reçoivent famille et amis. Lors de ces visites, on ne voit plus personne, parce qu’on se consacre tout entier à nos invités.

Moi, je fais ma petite crise d’ermite en couple qui ne veut rien faire d’autre que rester sous la couette en faisant une obsession sur une série télé (dont je ne donne pas le nom car je ne veux aucun spoiler). Sinon, je lis Harry Potter and the Goblet of Fire tous les soirs avant de me coucher, après avoir passé quelques temps avec les gens ici.

Il va falloir que je me bouge les fesses.

22/05/2005

22/05/05 - 17:23

Transports



Je suis devenu un Globe Trotter ! Je n’arrête pas de passer mon temps dans les transports : métro, RER, bus, cars, voitures, train, avion… En quelques jours, tout y passe. En temps normal, j’adore les départs en vacances et les trajets qui s’éternisent. Seul, c’est l’occasion de rattraper ses lectures ou son sommeil, de réfléchir en se laissant bercer par la musique. Le mieux, c’est tout de même de partager l’excitation du départ avec amies et amant. Alors on chante et on parle sans que l’arrivée ne nous arrête. Mais à force de voyager entre Londres, Saragosse, Paris et sa banlieue, je commence à en avoir marre. Il faut dire que si, cette fois, j’ai eu mes avions pour aller et revenir d’Espagne, chaque trajet m’a coûté environ douze heures, ce qui est loin de m’enchanter. J’ai d’ailleurs plusieurs fois failli rater mes cars en étant le dernier passager accepté dans l’appareil. Dans la catégorie « blonde », il faut savoir que j’ai tout de même perdu ma carte d’identité juste avant de passer la douane, retrouvée immédiatement par l’équipage. J’ai aussi, par deux fois, failli oublier mon sac dans le car… Mon inconscient essaie de me dire quelque chose qui me paraît très clair !

Ces quelques jours en Espagne ont donc été très agréables. Le soleil n’a été présent que les jours de mon arrivée et de mon départ, histoire de me narguer. Qu’importe, ça a été shopping et bla-blas incessants avec Manu. Ce qu’il y a de bien entre nous, c’est que la simple présence de l’autre fonctionne comme de l’engrais sur une plante quelque peu ombragée.
L’ambiance à Saragosse a d’ailleurs beaucoup changé. En décembre, Manu était entourée de très nombreuses personnes, ce qui ne m’avait guère donné le loisir de réellement sympathiser avec les expatriés. Là, les groupes se sont réduits pour donner lieu à des moments plus vrais. Je me suis montré plus qu’égal à moi-même en enchaînant réflexion phallique sur blague vaginale. Au final, je me suis senti triste de quitter l’archipel ibérique, comme si je laissais trop de bonnes choses derrière moi. En fait, c’est ce que je ressens tout le temps. J’ai la chance, ces mois-ci, de quitter un pays tout en sachant que ce que je vais vivre dans le suivant va me rendre heureux. Le seul problème, c’est que mon cœur est éparpillé. J’ai des milliers de choses différentes à vivre partout, mais je ne me sens jamais comblé car il me manque toujours une personne importante pour mon équilibre : une meilleure amie, mon Ange… Ainsi, il me tarde que tous soient réunis.

J’ai revu le fameux Esteban durant mon séjour. Je ne peux pas cacher que ces froides retrouvailles m’ont quelque peu troublées : ce garçon est sensuel (j’ai vraiment bon goût !), et de savoir que je n’ai qu’à claquer des doigts pour, cette fois, coucher avec, titille les papilles. Célibataire, j’aurais probablement sauté sur l’occasion. Mais me voilà en couple avec l’Ange le moins pur du monde (hé hé hé), il a pris la clef de mon cœur, et hop, il l’a gardée ! Celui-là, je ne vais pas le laisser m’échapper. :)

Mais pour le moment, c’est de nouveau à Londres que je me trouve. Les piliers de ma vie me manquent déjà. Un mois pour en profiter avant de rentrer et tout ranger dans ma vie. Une chose est sûre : un jour, je vivrai en Espagne. J’aime le mode de vie ibérique, et je ne peux pas concevoir de ne pas y passer quelques mois dans quelques années. Il faudra juste convaincre mes piliers de ne pas m’y laisser aller seul…

21/05/2005

21/05/05 - 14:34

Journal d'une blondasse en détresse : jour 7 & co...

NB : Durant les quelques jours d'absence de Diabolito et pour la dernière fois, le blog continue de vivre par l'intermédiaire de son Ange...

Il est dix heures lorsque mon esprit quitte la psychose de rêves insensés. La fatigue a eu tendance à s'accumuler ces derniers jours. Je m'étais pourtant promis d'aller à l'école le plus tôt possible pour avoir les moyens de travailler en conséquence, mais lorsque les limites sont trop robustes, difficile de les repousser. Rien de bien intéressant en soi durant la journée. J'imagine qu'elle ressemble à ce qui m'attend durant les trois prochaines semaines, à savoir beaucoup de temps passé à travailler pour les projets et partiels de fin d'année, et beaucoup de temps à travailler au Royaume. Cela me permettra notamment d'avoir les moyens de retrouver mon petit diable pour partager avec lui ses dernières péripéties étrangères.

Après avoir souhaité une bonne nuit à mes derniers clients, il était temps pour moi de rentrer au logis, mais une sensation désagréable m'assène : chouchou coloc ayant quitté le domicile du bonheur pour passer deux jours en famille, je me retrouve bel et bien seul pour commencer le week-end. Je décide donc de faire une petite pause durant le trajet histoire de me faire inviter par deux collègues de cours. Belle initiative puisque la soirée est très agréable, entre nourriture, boisson et petites blagues hétérocentrées. Le final prend forme en un sympathique jeu de société on ne peut plus axé "société", qui finalement me montre à quel point mes camarades me connaissent mieux que ce que je pouvais imaginer.

Pour résumer : transports, programmation, déjeuner, mise en page, café, programmation, transports, costuming, transports, boutique du Royaume, transports, soirée entre amis, transports, moments intimes téléphonés, rêves euphoriques... Je vais tâcher d'optimiser mes différentes tâches quotidiennes dans les jours à venir afin d'instancier un rythme de croisière. Mais c'est relativement difficile à appliquer lorsque les activités diffèrent au jour le jour. Non, je pense connaître le problème. Mon quotidien n'a plus la même saveur depuis quelques temps, le manque est bien présent. Je vais donc l'assumer en toute intimité. Et maintenant qu'il est de nouveau en pleine possession de ses moyens de communication, il est temps de rendre à mon diable la plénitude de son espace de confession. J'aurai au moins une opportunité supplémentaire de m'immerger dans son monde chaque jour. De mon côté, le défi à accomplir sera de faire des semaines à venir un gigantesque compte à rebours plutôt agréable pour que les retrouvailles soient celles qui nous correspondent : intenses, passionnées et amoureuses.


Angelounet


20/05/2005

20/05/05 - 00:58

Journal d'une blondasse en détresse : jours 04, 05 et 06

NB : Durant les quelques jours d'absence de Diabolito, le blog continue de vivre par l'intermédiaire de son Ange...

Ces trois derniers jours se sont précipités. Mardi fut pour moi le soulagement d'un examen stressant qui me met dans des états assez affligeants chaque semestre. Résultat plutôt positif avec une note atteignant la limite du raisonnable : priorité A achevée. Les cours continuent, durant trois semaines encore, il y a une somme de travail assez monumentale à accomplir. Le seul point positif concernant l'absence de mon petit diable, c'est le temps qu'il me reste pour travailler. Mais la douleur est bien présente. Il n'est parti qu'une courte semaine, mais il ne m'a jamais autant manqué.

Après mon examen, je me jette dans les transports, il ne reste plus que quarante-cinq minutes pour enfiler un costume de jeune photographe des années 1900 pour mon affectation de la journée au Royaume. J'ai donc l'infime honneur de passer pour un véritable professionnel de la photographie, auquel aucun détail technique n'est en mesure d'échapper. En réalité, c'est de prime abord mon statut de comédien qui prend le dessus, puisque ma culture dans ce domaine est réellement limitée. Mais je m'en sors plutôt bien ! J'ai la chance de faire connaissance avec des personnes très intéressantes, c'en est frustrant de changer de poste tous les jours... Le soir, en rentrant chez moi, j'ai l'opportunité d'entendre la voix de mon Jona pour la dernière fois avant de le revoir. Malgré la fatigue, inutile de préciser que l'excitation est à son comble. La nuit est calme et euphorique à la fois.

Mercredi, une journée assez chargée est sur le point de commencer. Tout d'abord, quelques six heures de cours où les projets de fin d'année sont présents dans tous les esprits. Ca motive pour travailler, mais la notion de sérénité est bannie de l'école pour quelques semaines encore. Il est seize heures lorsque je me dirige vers le Royaume où j'ai l'honneur d'endosser un incroyable costume de tyrolien pour mon affectation du jour. Quel plaisir de pouvoir cette fois-ci incarner un spécialiste des robes de princesses ! Petite équipe, mais bonne ambiance. Beaux jeunes hommes en tout cas... Je quitte le travail à vingt-deux heures pour retrouver mon logis, baigné dans une obscurité des plus troublantes, tout comme la ville autour. Une banale coupure d'électricité a alors raison de mon statut physique : je dois ouvrir en un temps record les deux portes électriques du garage à la main, à savoir vingt bonnes minutes de tours de manivelle avec assiduité !

L'enjeu est important. Il ne s'agit pas d'entrer le véhicule de l'ange dans son antre, mais bel et bien de le sortir, afin d'aller à la rencontre de celui qui perturbe mes esprits sans crier gare. Mon petit diable arrive à Paris à vingt-trois heures trente, tout mignon et ingénu. J'ai le bonheur de retrouver la douceur sucrée de ses lèvres : priorité B achevée, tout va pour le mieux. La nuit est euphorisante mais empreinte de mélancolie. Une petite semaine d'absence, c'était long. Comment avoir le courage d'en assumer trois d'un coup ? Ces quelques heures passées ensemble me font tellement de bien, et tellement de mal. J'en suis encore accablé de l'avoir vu me quitter de nouveaux. Sans se retourner, il est retourné à sa vie de jeune Londonien en perdition. Aujourd'hui, au Royaume, malgré une affection dans le monde du futur me permettant de retrouver de vieux collègues de l'été dernier, mes esprits sont ailleurs. Pourtant, la situation est agréable : un milieu connu, un travail efficace, des personnes que j'affectionne particulièrement, des jeunes hommes plutôt séduisants et séducteurs, une liberté assez importante, etc.

Beaucoup de travail et de bons moments, certes, mais il m'est difficile d'accepter l'idée de me coucher seul ce soir, avec pour simple réconfort, l'odeur qu'il a laissée dans les draps, celle qui le rend si unique et me fait tourner la tête. Encore maintenant, je revois son visage le matin, la seule image dans ma vie qui décuple les émotions et accentue les sentiments. Ses yeux plissés, son expression si pure et la finesse de ses traits... une sensation immaculée d'amour et de passion détruit mes sens. Ca me fait mal d'y penser. Seulement, je me sens épanoui comme jamais, plus fort de ce que nous vivons. Il n'est pas là, mais il reste en moi. Je l'aime.


Angelounet

17/05/2005

17/05/05 - 00:24

Journal d'une blondasse en détresse : jour 03

NB : Durant les quelques jours d'absence de Diabolito, le blog continue de vivre par l'intermédiaire de son Ange...

Quelle étrange journée ! J'ai eu le sentiment de passer d'un univers à l'autre au fur et à mesure des heures qui s'écoulaient... Le réveil fut pénible et un peu mélancolique : mes rêves relataient des aventures hors normes, mais sans mon petit diable. J'ai donc du me résigner à commencer une nouvelle journée sans avoir eu le plaisir de l'étreindre, même dans mes extravagances les plus nocturnes.

Comme j'avais pu l'imaginer, il me fut très difficile tout au long de la journée de me concentrer devant mes feuilles de cours. Plus l'examen approche, plus je m'en éloigne. Rien de bien intéressant donc durant les premières heures de ce début de semaine, jusqu'à quelques lignes virtuelles de mon Jona. Le journal d'une blondasse a atteint son but : le diable est conquis ! La proposition de dévoiler au grand jour ces moments intimes est vite adoptée des deux côtés, ils feront office de remplacement dans la case de confession ordinairement tenue par celui-ci. Quelques détails techniques à régler, et voilà mes pensées les plus profondes à la portée de tous.

Les heures passent, il est temps de quitter la maison du bonheur pour arborer officiellement le statut d'intérimaire. La vie de couple étant bien plus coûteuse que ce que j'avais pu imaginer précédemment, mes ressources financières avaient besoin d'un petit apport. J'ai donc eu la grande joie tout au long de la soirée de retrouver un poste que j'ai pu exercer l'été dernier : vendeur au Royaume magique. Tout d'abord, il me faut faire un petit détour chez Kris, meilleure amie de l'ange, pour ne pas laisser mourir son chat de malheur durant son absence. Puis en quelques coups de volants j'intègre le parking du Royaume. Je traverse les backstages en bus, enfile mon costume, et au bout de presque une heure, je me retrouve sur le territoire magique qui est censé m'accueillir jusqu'à tard dans la soirée. Mais c'est sans compter l'organisation d'un grand groupe tel le Royaume ! Il me faut alors plus d'une heure pour refaire la démarche en sens inverse et me rendre dans un hôtel associé au Royaume, à plus de cinq kilomètres de là.

Retour à la case départ : parking, costume, vestiaire. Ca y'est, en cinq minutes, on m'amène un enfant perdu, on me demande dix fois l'emplacement des toilettes, de la boîte aux lettres la plus proche, d'un tabac, d'une nurserie, etc. tout ça sur fond de musique country. Pas de doute, je suis bel et bien de retour dans le Royaume ! La fatigue prend vite le dessus, et le cerveau a de plus en plus de difficulté à fonctionner correctement. Avec tous ces étrangers, je continue à penser en anglais, j'ai un mal de crâne pas possible. Bref, la soirée fut longue mais plutôt sympathique. Demain et jusqu'à la fin de la semaine, retour dans le Royaume dans une autre boutique. Avec tous ces efforts, j'aurai mérité de rendre visite à mon petit diable dans sa chaleureuse chambre londonienne le mois prochain...

Mauvaises nouvelles de la soirée, un message m'annonce dans un premier temps que je n'aurai pas l'occasion ce soir d'entendre la voix enivrante de celui qui me manque le plus. Et dans un second temps, ma pseudo future coloc me fait comprendre qu'elle ne sera justement pas future coloc. Il va donc me falloir passer au plan B pour ne pas me retrouver avec un loyer colossal d'ici un mois et demi.

Il est désormais temps de replonger une dernière fois dans les révisions les plus passionnantes vécues jusqu'à ce jour. Demain, le stress retombe et je pourrai enfin consacrer mon temps libre à des expériences bien plus intéressantes, comme la recherche assidue d'éleveurs de chats sans poils. On a une vie atypique, ou on ne l'a pas.


Angelounet

16/05/2005

16/05/05 - 15:31

Journal d'une blondasse en détresse : jour 02

NB : Durant les quelques jours d'absence de Diabolito, le blog continue de vivre par l'intermédiaire de son Ange...

Il est environ midi trente lorsque je me décide à ouvrir les yeux. Visiblement, le soleil a plus ou moins fait son retour, ce qui ne me plait pas plus que ça : je risque d'avoir beaucoup de mal à rester enfermé pour travailler.

Une minute auparavant, comme je l'avais prévu avant de m'endormir, je partageais quelques jours de vacances avec mon petit diable. Nous étions en train de vivre de doux moments insouciants sur la Côte d'Azur. Visiblement, la situation prenait effet dans le camping où il avait passé les vacances de sa jeunesse, ce qui est rigoureusement incohérent vu son dégoût pour cet espace sans confort. Mais, je ne me rendais évidemment pas vraiment compte des incohérences disséminées tout au long de mes utopies nocturnes. Ces fentes temporelles me paraissent désormais bien éloignées, mais je me souviens de quelques anecdotes surprenantes, comme la cave située dans la salle d'attente d'un psychologue dans laquelle mon chéri voulait ignorer les interdits de la pudeur, ou encore ce petit cocktail siroté dans un bar surplombant la mer...

La lumière du jour me fait sortir bien trop rapidement de ces parcelles de bonheur tant appréciées. Et la réalité de cette journée qui commence me saute à la gorge. Tout aussi doucement que la veille, je passe de longues minutes à me préparer, entre télévision, Internet, petit déj, etc. Il doit être quinze heures lorsque je commence nonchalamment à regarder mes cours. La motivation est entravée par une volonté insoutenable de prendre l'air, et pourquoi pas d'aller faire un tour au cinéma. Le rendez-vous est pris, dans deux heures une salle anonyme aura l'honneur de m'ouvrir ses portes. L'esprit ailleurs, je tourne les pages incompréhensibles qui contiennent l'essence même d'une thématique sur laquelle je serai interrogé dans deux jours.

Fort heureusement, il est bientôt temps de prendre les transports pour découvrir le nouveau film de Dominik Moll : Lemming. Une atmosphère enivrante et une histoire des plus surprenantes, c'était le film parfait pour me changer les idées et m'immerger dans un autre monde. Je sors de la salle, l'esprit vidé et les sens aux aguets.

Quelques minutes plus tard, je suis chez moi pour le dîner. Toujours très paresseusement, je saute sur la moindre occasion de repousser l'heure fatidique : celle de réviser à nouveau. Mais malgré toute la bonne volonté souhaitée, l'heure tourne, et mon corps se fait violence pour mettre en scène l'inéluctable. Je suis de retour sur mon lit, les feuilles entre les mains, mais l'esprit ailleurs. Mon petit diable a bien trop d'impact sur le déroulement de la journée, difficile d'y faire abstraction... La preuve, la concentration n'est qu'éphémère : dix minutes plus tard, je regarde Capital avec quelques reportages très intéressants sur la TNT, des cours de cuisine, le business des boîtes de nuit, etc. Le temps passe... Je vais me faire une tisane et me remet à mes révisions.

Il ne faut pas plus de quinze minutes avant que mon téléphone m'informe d'un message. Je découvre qu'il y en a un autre que je n'avais pas encore lu. C'est mon diable, il veut que je le rappelle. A mon grand désarroi, tous mes sens ne sont pas suffisamment en éveil pour profiter pleinement du son de sa voix, inhibés par des heures de tentative de concentration infructueuses. Cependant, les très courtes minutes où j'ai pu lui parler m'ont donné l'impression qu'il n'était pas si loin. Une fois raccroché, j'ai enfin pu me concentrer près d'une heure pour assimiler quelques notions obscures.

Il est bientôt minuit trente, je vais tenter de relire quelques cours sous la couette, histoire que mon cerveau travaille un peu pour moi durant la nuit. Une chose est sûre, à partir de demain, il va me falloir être nettement plus actif dans l'assiduité de mon programme de révisions si je veux avoir une chance d'obtenir un quart de la note maximale à l'examen de mardi. J'imagine que ce sera plus compliqué que prévu étant donné l'emploi du temps qui m'attend en fin d'après-midi...

Cette journée m'aura au moins permis de prendre conscience toujours plus intensément de la lourdeur que met en exergue la non-activité en période de stress. Très peu pour moi ! Les choses vont devoir changer d'ici le retour de mon petit diable, sans quoi je vais avoir du mal à tenir la distance. C'est donc l'esprit embrumé que je vais laisser ma fatigue agir, en espérant qu'un nouveau voyage exotique saura chatouiller mes sens dans les heures à venir.


Angelounet

16/05/05 - 14:03

Journal d'une blondasse en détresse : jour 01

NB : Durant les quelques jours d'absence de Diabolito, le blog continue de vivre par l'intermédiaire de son Ange...



Minuit a sonné ses douze coups, annonçant un nouveau week-end chargé d'émotions toutes plus différentes les unes que les autres. Je profite des derniers instants passés en compagnie de la personne qui allait le plus me manquer durant les jours à venir. Mon petit diable est très câlin, et ses délicates attentions ne font que renforcer l'admiration que je lui porte. Seulement, il est sur le point de quitter Paris, me laissant seul avec mes états d'âme plus que jamais bouleversés par des sentiments toujours plus incontrôlables. Les petits instants de loisirs et de grignotage laissent place à de beaux moments d'amour, passionnants et passionnés, les ultimes concrétisations des sentiments partagés avant de nombreux jours. Epanoui, nageant dans un bonheur très physique mais bien présent, je m'endors dans les bras de celui que j'aime, le coeur serré de l'imaginer partir loin de moi. Quelques heures plus tard, l'échéance arrive à terme, et un dernier bisou concrétise son départ, me laissant seul dans ses draps empreints d'une odeur qui me fait voyager dans son corps et son âme.

Il est un peu plus de sept heures, le jour est levé. L'appartement est vide, et je dois retourner à ma vie de banlieusard. Après avoir rangé mes affaires, je quitte l'appartement en dévisageant une dernière fois l'endroit où il passe ses jours, le seul élément concret qui me rattache à lui. Métro, RER, le temps passe vite, dehors il pleut. J'arrive chez moi, les pieds mouillés, l'esprit fatigué et mélancolique. Au téléphone, j'entends sa voix, elle me porte jusqu'au plus profond de mon coeur, et me donne le courage d'affronter avec encore plus d'envie les jours à venir : l'idée de le revoir sera la motivation qui me permettra d'organiser plus sereinement les petites tâches mesquines de mon quotidien.

Je me lève sur les coups de midi, la fatigue est moins présente. Après une matinée riche en paresse, il est enfin temps de travailler. Même si le déroulement de l'après-midi est laborieux, le résultat est plutôt encourageant. Il reste beaucoup de choses à faire, mais pour un projet de cours aussi complexe, ça commence plutôt bien. Mon téléphone m'offre quelques doux mots d'amour de mon petit diable qui me donnent des ailes et décrochent sur mon visage un sourire qui aura bien du mal à disparaître. Ma gorge reste nouée durant de nombreuses minutes, et mon coeur continue à s'emmitoufler sur lui-même. Rien à faire, il n'est pas parti depuis bien longtemps, mais le savoir si loin provoque en moi des réactions physiques très réelles. Je me rends compte encore plus de l'importance qu'il a à mes yeux, et l'idée de ne pas pouvoir sentir son corps contre le mien m'est insoutenable.

L'après-midi passe vite. Un coup de fil m'annonce que le tournage auquel je devais me rendre le lendemain est repoussé faute de mauvais temps. Finalement, je suis plutôt soulagé, parce qu'au vu de la soirée qui s'annonce, je redoutais d'être dans un état critique pour continuer à travailler après quelques heures de figuration. Ma coloc et son homme sont quasiment prêts à se rendre à notre petite soirée entre ex-étudiants d'IUT, mais un souci s'impose. Il fallait se déguiser en chat pour "faire honneur" à la demoiselle fêtant son anniversaire et nous conviant dans son humble demeure ; mais pas d'idée pour respecter le thème de la soirée. Finalement après quelques petits instants de bricolage, nous voilà prêts, oreilles pointues à l'appui.

Le trajet dure environ une heure, et c'est un réel plaisir à l'arrivée de revoir les personnes que nous avions fréquentées durant de longues heures de cours pendant presque deux ans. De nombreux souvenirs sont évoqués, et entre discussions passionnées sur politique, séries télé, émissions, travail, multimédia, etc. la quantité de nourriture et d'alcool descend petit à petit. De mon côté, après trois verres c'est fini, je dois reprendre la route quelques heures plus tard. La soirée se termine en apothéose sur une partie endiablée de Pictionary qui aura vu la défaite de mon équipe, malgré toute la bonne volonté mise en jeu. Comme j'avais pu l'imaginer, ces bons moments furent typiquement ce qu'il me fallait pour penser à autre chose, et m'amuser en toute insouciance. Résultat très positif !

Après un retour rythmé par Chantal Goya, Robbie Williams, Zazie, Lio et leurs amis, mon clavier attendait avec impatience la confidence de mes écrits. C'est chose faite, l'habitude est prise, le rendez-vous est donné. Mon lit m'attend, je sens déjà mes pensées s'éparpiller dans tous les sens. Je n'espère plus qu'une chose, pouvoir retrouver mon petit diable d'ici quelques minutes au plus profond de mon sommeil. L'odeur qu'il a laissée sur mes draps risque d'y être bénéfique... Hmmm...


Angelounet

14/05/2005

14/05/05 - 04:38

Amûûûûûûûûûûr !

Bon alors, cette fois, si je le rate, c'est vraiment que le sort s'acharne contre moi ! Alors que je n'ai dormi que cinq heures hier, je n'ai, cette nuit, pas dormi du tout. Je pars d'ici quelques minutes, je vais avoir une tonne d'avance. Et zou, en Espagne !

Je suis content d'aller là-bas. Par contre, je n'ai pas envie, ensuite, de repartir à Londres. Même si j'aime à nouveau ma vie là-bas, le fait de savoir que c'est la fin et de savoir que bien mieux m'attend à Paris ne m'encourage pas à rester outre-manche. Alors que ma vie était rangée, je l'ai mise en jeu en partant ; elle a changé du tout en tout en quelques mois. Et après moult perturbations, j'ai envie d'atterrir et de me poser. Envie de construire.

Le seul point positif de cette journée a été la venue d'Angelounet à la maison. Les petites heures passées avec lui ont tout illuminé. J'ai passé le reste de la nuit à le regarder dormir, à me blottir contre son corps chaud, à caresser sa barbe naissante, à protéger ses fesses... C'est probablement dû à ma grosse fatigue, mais j'ai constamment les larmes aux yeux depuis plusieurs heures tant je suis ému par lui. Je bénis le ciel de me l'avoir envoyé. Il m'a réellement sauvé.

J'suis amoureux. J'aurais jamais cru cela possible en si peu de temps. Moi qui me vante d'être lucide sur les relations amoureuses, voilà que j'en ai marre d'être sage et sérieux, marre d'être trop réaliste et pragmatique. Aujourd'hui, j'ai juste envie de Croire et d'Aimer. Envie d'être idiot, aveugle et fleur bleue. Je joue jusqu'au bout, parce que je n'ai rien à perdre. J'ai tout à gagner avec lui.

Ma perception de lui a complètement changé. Ce n'est plus une Super Tafiole, c'est l'Homme que j'aime. Il pourrait avoir n'importe quelle forme, n'importe quel physique, je m'en fous. Je l'aime et puis c'est tout. Il a essuyé mes plâtres, et maintenant je me sens prêt à lui donner tout l'amour que je contiens. Et, j'ai beau ne pas être gros, j'peux vous dire qu'il y en a là-dedans.

J’essuie une dernière larme d’émotion, je lui fais un bisou en cachette de mon père, et je m’envole.

13/05/2005

13/05/05 - 12:00

Force 2

Qu’est-ce qui est pire qu’une Blonde ? Une Blonde avec un père très couillon !

Qu’est-ce qui est pire que de rater son avion ? Le rater deux fois de suite !

Seul ou accompagné, le sort s’acharne contre moi : j’arrive pas à prendre l’avion pour partir en Espagne. Même en partant deux heures à l’avance, ça foire… C’est frustrant de voir les autres passagers monter dans l’engin sans moi.

Ca valait bien le coup de ne dormir qu’une heure. Je suis épuisé, et, pour couronner le tout, je n’arrive bien sûr pas à dormir maintenant !

Sans parler de l’argent que ça finit par me coûter.

Et je ne peux même pas en profiter pour voir mon mec.



Bon, ça ira mieux demain, quand je serai arrivé à destination… Enfin, si je finis par y arriver, parce qu’avec la chance que j’ai... Comme on dit : « Jamais deux sans trois. »

Pas content, pas content du tout……………

13/05/05 - 03:21

Couillon !

Le degré supérieur de blonde, c’est être couillon. J’ai découvert aujourd’hui que je l’avais largement dépassé.

J’ai discuté avec ma mère dans ma chambre, devant le bordel étalé sous nos yeux. Ceux-ci étaient perdus dans le vide, et ont fini par se poser sur un livre dont le titre est : L’Homosexualité. A peine ai-je eu le temps de m’en rendre compte que ma mère était en train de plisser les yeux pour lire parfaitement ce titre. J’ai tout de suite attiré son attention sur autre chose, mais je suis persuadé qu’elle a parfaitement compris de quoi il s’agissait. Elle ne m’a posé aucune question.

Dans la soirée, je discutais avec mes deux parents cette fois-ci, et je me suis rendu compte que depuis deux ans que j’ai une mutuelle, je ne me suis jamais rien fait rembourser grâce à elle. En effet, j’ai compris il y a peu la différence entre sécu et mutuelle (oh ça va hein !) et je ne savais pas que mes médicaments pouvaient être intégralement remboursés. Effroi de la part de mes parents ! Et surprise de mon côté. Bon, bah je vais avoir plein de papiers à envoyer à la LMDE moi.

Et me voilà incapable, une fois de plus, de dormir, parce que j’ai la sensation de ne pas avoir fait tout ce que je devais faire avant mon départ. Entre autre, bloguer. Je suis à peine névrosé comme garçon…
Je n’ai pas intérêt à faire le couillon encore plus et rater mon avion pour l’Espagne : une fois m’a suffi. Donc, dans quelques heures, je quitte mon Ange et les rares amies parisiennes qu’il me reste pour rejoindre ma meilleure amie. Hi hi hi. Non, je ne raterai pas mon avion ! (Et non, je ne suis pas du tout hyper stressé à l’idée de prendre un avion un vendredi 13 : certes, superstition débile, mais vendredi 13 ou pas, j’aime pas cet engin).

Allez, je m’envole ! Et à mon retour, j’espère être juste blonde.

P.S. : et là, j’ai sursauté parce qu’une sorte de mouche est venue se coller à l’écran de l’ordi. Couillon ou Blonde, en tout cas, je serai toujours une Tapette Volante.

12/05/2005

12/05/05 - 01:53

A ta liberté

Il est là, seul, au milieu de la foule. Tous s’agitent et montrent leurs émotions. Quand ils rient aux éclats, il esquisse très vaguement un sourire. L’ étincelle sur la scène ne se reflète pas dans ses yeux. Quand ils pleurent, son visage se fige et ses yeux se tournent vers le sol. Rien, il ne fait rien. C’est un mort vivant.

Au fond de lui, c’est comme si le feu était contenu par une carapace qu’il ne contrôle pas. Un bunker que lui-même n’arrive pas à percer. Une forteresse, dont il est prisonnier. Il arrive parfois à se faire entendre, à montrer un peu de vie par la fenêtre, mais rares sont ces moments. Il est comme prisonnier dans un cercueil de verre. Il s’agite pour vivre mais n’a même plus d’air à brasser.

Alors il ferme les yeux et s’endort.

Parce qu’un jour, il se réveillera. Peut-être un baiser, ou une goutte de rosée. Il se lèvera et verra le monde tel qu’il est, toujours aussi laid, mais enfin il créera, et enfin il vivra.

10/05/2005

10/05/05 - 21:41

A la recherche d'un stage en édition/communication interne



Certaines données personnelles sont fictives.

09/05/2005

09/05/05 - 05:01

Malédictions

C'est dingue comme l'amour, tout comme le point G, la beauté, et, je pense, l'intelligence, est ambivalent en ce sens qu'il donne et prend à la fois, qu'il épanouit et dénigre, qu'il fait le mal et au même moment, le bien. Une sorte de plaisir douloureux. Ca me conforte dans l'idée ô combien pessimiste que l'amour est tombé sur les hommes quand Adam et Eve ont été condamnés à quitter le Paradis. Plus on en sait, et plus ça fait mal. Il faudrait peut-être se taire et s'aimer à jamais.

Je suis fasciné par le langage, par ses forces tout comme par ses faiblesses. Les mots, les miens, les siens, sont incapables de traduire correctement nos pensées, ou de pénétrer l'esprit de l'autre comme ils le devraient. En outre, ils sont une arme redoutable. Comme disait ma prof de philo, un mot peut tuer un enfant. Je l'avais constaté quand mon demi-frère, saoul, avait dit à son jeune fils qu'il le décevait ; je me souviens de son visage glissant de l'euphorie de Noël à la tristesse et à l'injustice familiale. De même, l'absence de mots tue mon père petit à petit. Des silences pour crier au secours, des mots pour réconforter. Des silences pour haïr, des mots pour aimer. Et vice-versa.

Alors que les sentiments se développent de plus en plus, que je laisse déjà s'échapper le plus profond de moi à lui, que je me blottis contre son corps si chaud, sa peau si douce, ses lèvres si humides, ses yeux si bleus, ses grains si beaux, sa barbe si drue, son sourire si angélique, je dois me résoudre à grandir et à combattre le petit diable qui est en moi. Ce monstre tapi qui ressort à chaque fois que mon coeur bat, et qui fait que tout est plus dur, plus fort, plus douloureux aussi.
Je dois malheureusement renoncer à mes idéaux d’enfant si je ne veux pas passer à côté de l’homme de ma vie, si cette notion, en soi, absolue, existe (mais j’en doute).
Ma position actuelle est très délicate : je dois trouver mon identité, me reconstruire, tout en m'ouvrant à l'autre sans oublier d'imposer mes limites, m'adapter tout en lui demandant des concessions, rester ouvert à tout, lui donner mon cœur alors même que le moindre de ses souffles peut le blesser. Etre ouvert mais rester fermé au négatif ; difficile tâche.

Mon Ange a en tout cas gagné beaucoup de bons points en cette fin de semaine : sans l’avoir planifié de la sorte, j’en suis venu, inconsciemment, à le tester. J’ai dû tellement me perdre et m’adapter dans ma précédente relation que j’ai voulu voir dans quelle mesure il s’imposerait et/ou s’adapterait, et avec surprise il accepté toutes les conditions que JE lui ai imposées. J’ai plusieurs fois choisi ce qui ne l’arrangeait pas, et il a, à chaque fois, accepté. Non pas qu’il manque de caractère (oh que non) mais il a accepté de s’adapter, totalement, tout comme j’ai pu le faire auparavant. A présent que j’ai eu la preuve concrète qu’on en était tous les deux capables, les vraies concessions vont pouvoir nous mener à la construction d’un couple adulte et égal. Depuis le temps que j’attendais ça.

05/05/2005

05/05/05 - 21:45

Episode III

J’avais dit à Chris que je resterais un mois à Paris. En fait, j’y suis resté cinq semaines, et le lendemain de mon retour (drôle de hasard) il m’a envoyé un texto me demandant quand je rentrerais.

J’étais super mal à l’aise, parce qu’on n’avait pas du tout parlé de « nous » et que je ne savais pas ce qu’il voulait avec moi. Pour moi, c’était clair dès le début : c’était juste pour coucher vu que celui que je voulais, c’était Angelounet. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de le lui dire, et si Angel n’avait pas été dans ma vie, clair que j’aurais tenté quelque chose avec Chris.

Bref, j’ai donc beaucoup tardé avant de lui répondre, parce que je ne savais pas comment m’y prendre pour lui annoncer que j’étais avec quelqu’un. Je ne l’ai fait que deux ou trois jours après, et on a convenu de se retrouver dans un parc (c’est moi qui ai eu l’idée car je ne voulais pas, encore, aller dans un bar). Le problème du parc, c’est que c’est vachement romantique… J’ai de plus bien senti que le jeune homme avait l’air très content de me revoir et qu’il ne se doutait de rien du tout. Maintenant que je sais comment il fonctionne, j’ai parfaitement vu sa technique de rapprochement presque imperceptible, ainsi que sa main qui, négligemment, frôle mon genou. Mais le Jona, l’air de rien, il s’éloigne et ne se laisse pas conquérir.

J’ai attendu longtemps cet après-midi là avant de tout lui annoncer. J’ai rencontré quelqu’un avec qui je suis actuellement. Ah, bah lui aussi, c’est cool ! Soulagé (un tout petit peu, au fond de moi, jaloux de ne pas être le centre…) Tout est très bien, je déride mes fesses, et, euh, faut croire que lui aussi, et peut-être un peu trop. Nan mais pourquoi il se rapproche encore là ? C’est peut-être comme ça qu’il est ami avec les gens. Je garde mes distances, et lui de me demander : mais c’est sérieux avec Angelounet ? Bah oui, on tombe amoureux. Ah, parce que lui, a priori, c’est pas sérieux du tout. Merdouille.

Moments tendus. On se retrouve au Starbucks, à décider ce qu’on va faire pour la soirée. Moi, j’ai bien envie de rentrer chez moi. Je vois qu’il fait tout pour me retenir sans en avoir l’air. Il essaie de prévoir quelque chose qui pourrait me plaire. Il finit par me lâcher qu’il est très déçu que j’aie rencontré quelqu’un et que je rentre si souvent à Paris, qu’il aurait vraiment bien tenté quelque chose avec moi sinon… je suis flatté mais gêné. Je lui dis qu’on aurait dû se rencontrer plus tôt (ce que je regrette parce que c’était pas exactement le message que je voulais faire passer). L’atmosphère se mue en un moment télévisuel entre deux personnes qui souhaiteraient être ensemble mais qui ne le peuvent pas. Ce n’est pas du tout ce que je ressens, mais c’est ce qui se produit malgré moi.

Il m’invite au resto indien. En chemin, il est très tactile, mais il me dit que c’est normal, qu’il est toujours comme ça avec ses intimes. Mouais. Le resto est délicieux, la soirée très agréable. On discute bien, on s’entend vraiment bien. C’est un garçon intéressant et intelligent, il n’y a pas de doute. Il n’a pas l’air de manger que son assiette. A la fin du repas, on a quasiment exactement le même dialogue que le jour où l’on a couché ensemble.

« Tu veux faire quoi ?
- Rentrer à la maison.
- Tu veux venir chez moi ? »

Sauf que là, contrairement à il y a un mois et demi, j’ai répondu : « Non, j’peux pas !
- Pourquoi ? A cause d’Angelounet ?
- Bah oui !
- Mais il en saura rien…
- J’ai pas l’intention de construire une relation sur le mensonge. »

J’ai halluciné. Moi qui croyais que tout ça était gratuit, eh bien non. Avec ou sans Angelounet, de toute façon, je n’avais pas envie de lui. Je le voyais uniquement comme un ami.

On s’est donc dirigé vers le métro. Au moment de se séparer, il a tenté à nouveau de m’attirer à lui : « on pourrait regarder un DVD chez moi ?
- Oui, un jour.
- Et ce soir ?
- Nan, ce soir je peux pas. »

C’est avec plaisir que j’irai passer une soirée tranquille chez lui à mater un DVD, mais je ne l’aurais en aucun cas fait à ce moment-là car je savais très bien ce qu’il avait en tête. Je vais finir par être moins naïf ! Il avait beau me dire qu’on n’avait pas besoin de coucher ensemble, que c’était en tout bien tout honneur, je savais pertinemment qu’il tenterait, à un moment ou à un autre, de me sauter dessus. C’était évident, d’autant plus qu’il n’avait pas conscience que, de toute façon, je n’avais pas envie de lui. Lui, ce qu’il voyait, c’était que j’étais casé depuis très peu de temps et qu’il serait facile d’évincer l’autre. Bah non !
C’est un garçon que j’aime beaucoup, mais je ne l’aime que de cette façon-là.

Je suis donc rentré chez moi et j’ai téléphoné à mon mec pour lui raconter.

03/05/2005

03/05/05 - 21:51

Le point C

Je viens de satisfaire un besoin pressant de Créer. Après une énième visite à la Tate (je n’avais pas spécialement envie de sortir mais il faut bien rentabiliser la Travel Card) j’ai éprouvé le besoin de produire quelque chose d’artistique avec d’autres moyens que les mots. A force de voir des œuvres modernes (et en plus l’une de mes colocs est étudiante en Art) j’ai commencé à avoir des tonnes d’idées que je me suis empressé de noter sur un petit carnet dans les transports. A peine arrivé chez moi, je me suis précipité sur des feuilles et des crayons et m’y suis mis pour quelques heures.

J’ai été accompagné dans ma démarche artistique par mes colocs et, pendant ce temps-là, nous avons, une fois n’est pas coutume, parlé de sexe. Alors que Caroline s’amusait à dessiner les trois formes de bites existantes, puis inventait trois formes de chattes, les filles se sont rendues compte qu’elles n’étaient pas d’accord sur la position du clitoris.

« Mais nan, il est pas tout en haut, ça c’est le trou par lequel tu pisses !
- C’est l’inverse ! »

Bien sûr, j’y ai mis mon nez. Le clito, il est en haut ! Bien que gay, je le sais parfaitement bien parce que :

1) J’ai déjà vu des pornos hétéros ;
2) Je connais par cœur l’encyclopédie de la sexualité de ma mère ;
3) Mon père le répète sans cesse (en précisant, d’ailleurs, qu’il ne faut pas y aller tout de suite mais tourner autour avec la langue…)

« Ecoute, je me suis foutu un miroir pendant que je pissais et je peux te dire que ça sort par ce trou-là. Au-dessus, c’est le clito ! Et c’est pour ça que tu ne sens rien quand tu te touches, tu te trompes d’endroit ! »

Les filles sont allées, chacune de leur côté, vérifier. J’aurais bien voulu aller voir moi aussi, ça m’intrigue maintenant ! Et elles sont revenues totalement étonnées : « T’as raison ! » Ca doit faire bizarre de découvrir son corps si tard… « Je vais pouvoir m’amuser maintenant ! »

Et moi, pendant ce temps-là, j’ai tranquillement dessiné un nu plus ou moins abstrait d’une de mes colocs.

02/05/2005

02/05/05 - 20:00

La Tate dedans



« C’est l’insuffisance de contacts humains qui nous amène à nous tourner vers l’art. »
(William Boyd)


C’est bien la première fois que je peux me balader en T-shirt dans Londres. Il fait un temps radieux ! Pourtant, ce n’est pas du soleil que je profite le plus, mais de la Tate Modern. Après l’audio-guide, j’ai suivi une visite guidée gratuite qui m’a permis de découvrir Rothko. J’avais, jusqu’à présent, été imperméable à ses œuvres. Mais la Tate possède une salle aménagée pour lui seul, et c’est en pénétrant dans cette salle que mes poils se sont hérissés à m’en donner des frissons.

Alors que je me ferme à la littérature, voici que je m’ouvre totalement à l’art moderne. Et, à ma grande surprise, j’apprends extrêmement vite. Après deux visites, je suis totalement à l’aise sur des points dont je n’imaginais même pas l’existence auparavant ! En outre, j’y ai aujourd’hui accompagné une amie à qui j’ai étalé mon peu de savoir avec grand plaisir. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Nous sommes décidément tous pleins de ressources insoupçonnées.

Mes compétences ont une fois de plus été mises à l’épreuve puisqu’il a fallu que je me serve de mon anglais pour aider mon amie à signaler le vol de son portefeuille (et, bien sûr, de sa carte d’identité dont elle a absolument besoin pour reprendre l’Eurostar aujourd’hui même). Quelle merde ! Heureusement que j’étais là pour l’aider car elle aurait eu beaucoup de mal à communiquer autrement.

Je prends donc conscience que mon anglais n’est pas si mal et que mon cerveau switche de plus en plus facilement entre les deux langues, même après cinq semaines passées au bercail. J’ai effectivement pu avoir de longues conversations avec Chris tout en anglais, sans aucun problème…

01/05/2005

01/05/05 - 20:05

Couplications

Après la douce période euphorique qu’entame toute relation survient la deuxième phase, celle des désillusions. Celle où l’on se rend compte que l’autre n’est pas parfait et qu’on l’a peut-être idéalisé sur quelques points. Mais là, deux surprises.

La première, c’est que cette entrée dans la deuxième phase a été progressive. D’abord, un apéritif, puis, une entrée, et récemment le plat principal. Vivement le dessert qu’on quitte la table ! Plus sérieusement, je pensais simplement, et comme d’habitude, avoir une période plus ou moins longue durant laquelle j’en aurais, très grosso modo, marre de mon mec. Eh bah non ! Avec mon Ange, c’est différent. C’est tout le temps bien, sauf les moments où l’on s’engueule. On va me rétorquer que s’engueuler, dans le couple, c’est normal. Sûrement. Mais moi je n’ai pas l’habitude de m’engueuler autant en si peu de temps. Je suis sensible et chaque conflit me blesse, d’autant plus qu’il ne sort jamais du bon de ces altercations. C’est dingue, parce que ce mec a tout ce dont j’ai toujours rêvé chez l’autre, notamment un désir ardu de communiquer, mais au final, on n’y arrive pas ! Alors qu’on est si semblables, c’est comme si on parlait deux langues différentes… Plus étrange encore est le fait qu’avant qu’on soit ensemble, la communication entre nous était parfaite.

Le deuxième surprise, c’est que les désillusions concernent moins mon mec que moi. Je suis en fait déçu par ce que je suis. Ce qui m’a, entre autres, séduit chez Angel, c’est qu’il me montrait une toute autre facette de moi (amour et narcissisme…) Avec lui, je n’étais plus le même. Tout devenait plus facile, il m’ouvrait les portes de son monde en grand et j’y plongeais avec la peur et le désir des novices. Jusqu’à ce que je me ferme à tout ça, par besoin d’affirmation, par peur d’être gobé sec (?). Il a un caractère très fort (et de cochon !) et à son contact le mien prend la même direction. Là où je laisserais les choses couler, au contraire, je rentre à fond dans son jeu au point d’en dépasser les règles. Mon corps s’habituant probablement aux anti-dépresseurs aussi, le vrai Jona a totalement refait surface. C’est alors que, sans être déprimé et en larmes toutes les cinq secondes, je suis souvent de mauvaise humeur. Hypersensible, je ne supporte pas qu’il s’écarte un tant soit peu du droit chemin ou qu’on exprime la moindre différence l’un vis-à-vis de l’autre. Je trouve du négatif de plus en plus facilement dans son discours et ses écrits. Bref, je deviens exactement comme avec Bertrand. Et c’est une grosse claque dans la gueule que je prends. Parce que la période la plus déprimante de l’année arrive (l’été) et avec elle je vais arrêter mon traitement ; ça risque d’être encore moins facile.

De plus, j’ai encore et toujours du mal à faire confiance. Je ne supporte pas le moindre mensonge, et chaque fois que j’en découvre un je sens que ça explose dans ma tête… Peut-être que c’est moi qui me trompe à vouloir être honnête. Peut-être qu’au lieu d’arrêter d’allumer les mecs, je devrais simplement arrêter de lui en parler ? Peut-être que, contrairement à mon idéal, honnêteté et amour ne font pas bon mariage ?

Ainsi, je ne peux pas m’empêcher de douter de la notion de couple. A quoi ça rime, dans le fond ? A quoi ça sert, tout ça ? A quoi bon ? Je comprends que certaines personnes prennent des voies quelque peu transgressives pour éviter toutes ces prises de tête. Peut-être que mon corps essaie de m’avertir : t’es sur la mauvaise pente mon gars ! Suis-je apte à être en couple ?

Il est dur d’affronter ses désillusions, de faire face à ses propres défauts, de gérer les différences. J’ai toujours trop d’attentes alors qu’il faut au contraire accepter le package entier et à moins d’un problème majeur ne pas renvoyer le colis au service après-vente.
Mais tout cela ne change rien au fait que je suis bien avec lui, que je m’attache à lui, qu’il me manque quand je ne le vois pas, et qu’on a vraiment une bonne base pour construire quelque chose de solide et épanouissant ensemble. Il faut juste qu’on s’ouvre et qu’on trouve un langage commun.

I want to believe. Parce qu’il y a quelques semaines, j’ai joué quitte ou double pour m’investir dans cette relation, m’y investir à corps perdu.



« Puisque des filets nous retiennent
Puisque nos raisons nous enchaînent
Que rien ne brille sous nos remparts
Et puisqu'on n'atteint pas le ciel
A moins de s'y brûler les ailes
Et suivre les routes où l'on s'égare
Comme on dresse un étendard

A corps perdu, ivre et sans fard
Pour n'être plus le pantin d'un espoir
Et si la vie n'est qu'une cause perdue
Mon âme est libre d'y avoir enfin cru
A corps perdu

Puisque les destins sont les mêmes
Que tous les chemins nous ramènent
A l'aube d'un nouveau départ
On n'apprend rien de nos erreurs
A moins de s'y brûler le coeur
Je suivrai les routes où l'on s'égare
Comme on dresse un étendard

A corps perdu, ivre et sans fard
Pour n'être plus le pantin d'un espoir
Et si la vie n'est qu'une cause perdue
Mon âme est libre d'y avoir enfin cru
A corps perdu »


(Grégory Lemarchal, A corps perdu)

01/05/05 - 14:48

Impur

Si ça continue, je vais finir biphobe.

J’en ai marre des mecs qui ont construit leur identité sur un monde hétérocentré. Oui, on vit dans un monde hétérocentré, ce qui est normal m’enfin putain, j’espère qu’un jour on recréera une société dans laquelle être homo ne sera plus transgressif.

J’en ai rencontré des tonnes de pédés qui prétendaient être bis ou qui disaient qu’un jour ils finiraient avec une fille. Ils ont la gaule quand ils vous parlent, ils vous sucent avec avidité, ils vous demandent de leur jouir dessus, mais à part ça, bien sûr, ils finiront avec une fille ! Ils ne sont tombés amoureux que de mecs, leurs relations sexuelles ne se sont bien passées qu’avec des hommes, mais à part ça, bien sûr, c’est parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion, ou parce qu’ils n’avaient pas trouvé la bonne fille. Mais réveillez-vous mes cocos, vous êtes pédés, un point c’est tout !

Je crois qu’on a tous été plus ou moins bis à une période de notre vie, et que notre sexualité s’est déterminée un peu plus tard. Le problème, c’est que si le corps et le cœur l’ont bien accepté, la tête, elle, reste bloquée sur ce modèle hétérocentré. Même moi, j’ai eu quelques très vagues rapports avec des filles… J’ai au moins la chance d’avoir totalement déterminé mon identité sexuelle depuis longtemps.

J’ai en effet toujours su que j’étais gay, et bien que j’aie envisagé des milliards de solutions pour « guérir » dans un premier temps, j’ai fini par me résigner et comprendre qui j’étais. Ma bite aime la bite, et c’est tout. Le problème, c’est que j’ai ainsi développé une vision des relations avec les garçons (qu’elle soit amicale ou amoureuse) totalement homocentrée. Pour moi, le couple homo doit être pur en ce sens qu’il n'est pas troublé par l’hétérosexualité. J’ai développé mon identité et mes relations à l’opposé du modèle imposé, et toute intrusion dans la normalité m’oblige à déchirer mon enveloppe pour m’adapter. Ca me soûle d’être comme ça, je préfèrerais que tout soit simple et cool, que tout coule dans ma tête sans buter sur chaque caillou de différence. Malheureusement, je n’ai pas choisi. Et si je veux bien croire en l’existence de la bisexualité et apporter tout mon soutien aux vrais bis qui sont bien trop souvent victimes de discrimination, il n’en reste pas moins qu’après l’hétérosexualité, la bisexualité, à son tour, me fait mal. Je suis sorti avec un bi pendant presque deux ans, et ça n’a vraiment pas été facile pour quelqu’un d’aussi sensible que moi. Je n’y peux rien, je cherche mon double…

Je pense qu’il faut apprendre à se regarder en face sans toute la fioriture étalée par le monde qui nous entoure, et accepter ce qu’on est. Je crois qu’il faut que j’apprenne à regarder les autres tels qu’ils sont sans les idéaliser. Je ne peux pas leur imposer ma vision des choses.

 

Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel. Pour en profiter, contactez-moi !

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.