27/09/2005Karthago Royal Airline Travel
Bienvenue en Tunisie ! Profitez du soleil africain ( quand il n’est pas caché par des nuages), de la mer ( froide) et de la piscine ( dans laquelle on se débarrasse de tout le sable accumulé). N’hésitez pas à goûter toutes nos saveurs ( crêpes et milk-shakes en tous genres pour compenser la viande grasse) et à participer à nos activités ( lever les bras dans une piscine, je n’appelle pas ça de l’aquagym). Tous les soirs, un spectacle gratuit est proposé ( mais est précédé par un bingo coûtant quatre euros où vous pourrez gagner un formidable chameau en peluche). Vous partagerez votre séjour avec d’autres jeunes ( racailles) de votre âge et les animateurs ( les plus lourds du monde) assureront l’ambiance. Bénéficiez d’une chambre très grande avec un lit King Size ( sauf quand on a un mec qui prend toute la place) mais n’oubliez pas de mettre le réveil tous les matins pour prendre le petit déjeuner ( et je dors quand moi ?!) Toutes les consommations sont à prendre au bar ( on veut de la thune !) et vous n’êtes pas autorisés à ramener nourriture et boissons de l’extérieur ( dans mon sac, ça ne se voyait pas du tout). Le taxi pour aller au centre de la ville ne coûte pas cher ( mais on y risque sa vie) et vous pouvez rentrer en marchant le long de la mer, les pieds dans le sable, avec votre amoureux ( pendant deux heures sous un soleil de plomb). Profitez des bons prix de l’artisanat local ( 40 euros pour la moindre merde, payée 10 après marchandage). Vous trouverez tout ce que vous voulez ( et surtout, tout ce que vous ne voulez pas : cigarettes, drogues, putes…) auprès des vendeurs les plus avenants du monde ( tu peux éviter de m’attraper par le bras et de me tirer dans ton souk de merde ?). Discutez avec eux, ça leur fera plaisir ( mais pas à moi, j’aime pas qu’on me parle pour ma thune, alors si on me demande, je suis tchèque et, non, aï donte spik inglish). 18/09/2005Départ imminentDans moins de cinq heures, Angelounet et moi nous lèverons et partirons pour Orly. Enfin, si mon père se réveille vivant. Il vient à l’instant de se péter la gueule dans la cuisine après avoir bu… J’ai dû le ramasser et l’aider à aller se coucher. Great.
Heureusement, je pars dans quelques heures en Tunisie, en amoureux, pour le pire mais surtout pour le meilleur. Donc pas de blog pendant une semaine (en même temps, j’écris tellement peu en ce moment…)
Bon courage les autres ! 17/09/2005Dur dur d'être rédacteur culturel...Je me suis encore battu avec les services de promo de spectacles au boulot. Autant je n'ai aucun problème pour avoir des invitations dans 90 % des théâtres, autant les concerts me raccrochent limite au nez. Adieu Zazie, par exemple, parce que je n'ai pas de carte de presse. Mais bon, Zazie, je ne connais pas des masses, alors c'était pas bien grave. Par contre, celle que je voulais aller voir, c'est Lara Fabian. Et là, j'ai eu le droit à un remake de "la maison qui rend fou" dans 'Les 12 Travaux d'Astérix'.
- Bonjour, je suis rédacteur culturel pour lesite.fr, je voudrais savoir s'il serait possible d'avoir des invitations pour le concert de Lara Fabian s'il vous plaît ?
- C'est pour la presse écrite, radio ou télé ?
- Euh... un site Internet.
- Euh... Ne quittez pas, je vous passe le service concerné.
- Merci.
Bip bip musique
- Allô ?
- Oui, bonjour, je suis rédacteur culturel pour lesite.fr, je voudrais savoir s'il serait possible d'avoir des invitations pour le concert de Lara Fabian s'il vous plaît ?
- Ah non, je ne m'occupe pas des invitations moi, je vous passe Annaëlle Ricci au service promo.
- Merci.
Bip bip musique
- Allô ?
- Oui, bonjour, je suis rédacteur culturel pour lesite.fr, je voudrais savoir s'il serait possible d'avoir des invitations pour le concert de Lara Fabian s'il vous plaît ?
- Ah non, désolée, je ne m'occupe pas des sites Internet, uniquement de la presse écrite.
- Mais euh, il n'y a aucun service promo pour les sites Internet...
- Oui, je sais, mais moi j'ai assez de travail comme ça, je ne peux pas m'occuper de ça. Au revoir.
Elle raccroche et je crie "Salope !" devant mes collègues.
Mais l'une d'elle a une idée : fais-toi passer pour un journaliste du 'Grand Quotidien', me conseille-t-elle. "J'y ai travaillé, je te donne leurs noms ; ça devrait marcher".
Pari lancé. Je suis un peu réticent, mais après tout... Quelques semaines après ce premier contact, je me lance. Je modifie ma voix (je la prends la plus grave possible) et joue la carte de l'assurance.
- Bonjour, pourrais-je parler à Annaëlle Ricci s'il vous plaît ?
- Oui, c'est moi.
- Romain Angel de 'Grand Quotidien'.
- Bonjour Romain !
Gloups.
- Je voulais savoir s'il serait possible d'avoir des places pour le concert de Lara Fabian...
- Alors, pour ça, envoyez-moi un mail. Vous avez mon adresse ?
- Oui, mais je la veux bien à nouveau, on ne sait jamais...
- Alors, c'est annaëlle.ricci@salope.com
- Très bien...
- Et d'ailleurs, pour le mail que vous m'avez envoyé, on aura ça dans quelques temps, donc on en reparlera à ce moment-là...
- Oui oui, d'accord, merci beaucoup, au revoir !
- Au revoir.
J'avais les mains qui tremblaient. Et après, je me suis fait jeter à l'opéra alors que je connais l'un des acteurs (sauf que je n'ai pas couché avec, moi) et que je suis censé l'interviewer.
On verra tout ça à mon retour de vacances. 12/09/2005Pas d'imageCap des six mois en vue. Difficile à passer.
L’appétit me quitte. La fatigue me gagne. J’ai de plus en plus de mal à faire face au monde.
Ce week-end a été décadent, sexuel, lacrymal, déprimant, et laisse en moi un terrible vide. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Ce n’est pas le moment d’arrêter les anti-dépresseurs. I miss him…
Envie de rien.
Rien… 08/09/2005Coiffure et déconfitureCoiffure et déconfiture
« (…) [J]’irai me faire couper les cheveux avant ce soir. » Comment lui avouer le sacrifice que ce sera, non pas d’abandonner quelques poignées de foin blanchi sur le carrelage, mais d’affronter ma frousse des coiffeurs mâles ou femelles, l’appréhension qui me saisit lorsqu’il faut m’asseoir dans un fauteuil de dentiste et qu’un inconnu me dévisage, ciseaux et rasoirs en main, puis, m’ayant passé autour du cou un lacet étrangleur ainsi qu’un lourd carcan de caoutchouc noir, s’adresse à mon reflet dans la glace et demande : « Qu’est-ce qu’on fait ? »
Gilles Leroy, Champsecret
Tout comme Gilles Leroy, j’ai développé au fur et à mesure des années un énorme malaise rien qu’à l’idée d’aller chez le coiffeur. Quand j’étais petit, je n’aimais pas ça parce que ça me faisait perdre du temps et que je n’appréciais pas rester assis sans rien faire ni pouvoir lire parce qu’il faut coller son menton sur la poitrine lorsque le monsieur s’occupe de vous raboter le haut de la nuque. Je me souviens encore de ma mère disant : « bien dégagé derrière les oreilles. » Il me semble avoir été plusieurs fois infect, et quand j’étais sage, c’était un soulagement pour tout le monde.
Jusqu’au jour où le drame arriva. Alors que depuis toujours j’allais chez le coiffeur en face de chez moi, il a fallu en changer pour des raisons financières et sociales : mon père s’est engueulé avec le coiffeur pour une histoire d’argent. Alors ma mère m’a emmené quelques rues plus loin. Si le nouveau coiffeur était gentil (et manifestement très pédé) il avait cette fâcheuse tendance à ne pas vouloir me couper les cheveux. Il se contentait de les raccourcir légèrement, me laissant avec mes mèches à la Roch Voisine (et ma petite queue de travers) dans le cou. Nous lui avons laissé sa chance, mais il n’a jamais fait ce qu’il fallait, nous obligeant à en trouver un autre, d’autres rues plus loin.
Et là, bienvenue dans le salon de coiffure uniquement masculin tenu par trois hommes (un gros, un chauve et un brun) qui n’avaient pas spécialement l’air homos. Les premières coupes ont été très satisfaisantes. C’est aussi arrivé à l’âge où j’ai cessé d’être un enfant et où j’ai alors pris conscience de mon apparence. Parallèlement à ça, j’ai commencé à aller seul aux rendez-vous… et c’est là que me rendre chez le coiffeur est devenu la source de mes angoisses.
Allez savoir pourquoi ; je ne le sais pas moi-même. Pour l’expliquer, on peut tout de même imaginer que c’est, entre autres, parce que je déteste prendre rendez-vous et avoir une heure bloquée dans la semaine pour quelque chose de pas spécialement agréable mais nécessaire, un peu comme un rendez-vous médical. J’ai toujours détesté ça parce que comme pourrait l’énoncer la loi de Murphy, à chaque fois que j’ai ce genre de rendez-vous, on me propose une autre activité mille fois plus intéressante… Ensuite, il y a le fait que je n’aime pas payer pour un service. Je suis mal à l’aise que quelqu’un s’occupe de moi de la sorte et devoir le payer en retour. Enfin, et c’est peut-être là le plus important: j’ai peur qu’on me rate.
En effet, les cheveux représentent à mes yeux une grande partie du capital beauté d’une personne. Si l’on prend quelqu’un de moche, avec une bonne coupe de cheveux cette personne peut devenir moins moche. Et quelqu’un de beau avec un choucroute sur la tête devient plus laid que n’importe qui… Je le confesse : je suis capillo-maniaque. Depuis tout petit je fais une fixation sur les beaux et longs cheveux des filles et fantasme sur telle ou telle coupe des mecs (quand je ne suis pas répugné par les cheveux longs de la gent masculine : il n’y a rien de plus repoussant à mes yeux…)
Un drame capillaire m’est un jour arrivé. L’un des trois coiffeurs de mon salon de coiffure m’a totalement raté : je me suis retrouvé avec les cheveux rasés derrière et sur les côtés et avec une très nette démarcation entre les cheveux du dessus et les autres. Le pire moment a été celui où j’ai dû faire semblant d’être satisfait parce que j’étais bien trop timide pour oser protester. Je voulais en finir au plus vite. Je suis rentré chez moi en larmes. J’étais déjà une drama queen : je me sentais défiguré, dénaturé, privé de mon identité. Et parce que ma vie était une série télé américaine, la photo de classe allait avoir lieu trois jours plus tard. Heureusement pour moi, j’ai été béni par Sainte Jenifer Aniston, et par miracle la démarcation s’est considérablement estompée de sorte que ma laideur disparaisse en un temps record.
Dans mon malheur, j’en ai profité pour changer de coupe. Je me suis laissé pousser les cheveux à la Leonardo Dicaprio (qui venait de devenir une star grâce à Titanic). Ca me plaisait beaucoup d’avoir les cheveux dans les yeux, sauf que j’ai découvert à ce moment-là que j’avais une nature de cheveux assez chiante. Ils gonflent. Certaines femmes (comme ma mère) veulent avoir autant de volume que Mel B. des Spice Girls, mais moi, j’aime qu’ils soient tout plats. Parce qu’à chaque fois que je me les lavais, j’avais une coupe de champignon. J’avais donc tendance à les laisser graisser pendant une semaine et à les enfermer dans du gel pour contenir cette horreur. Jusqu’au jour où je suis revenu à mon ancienne coupe. Et j’en ai profité pour changer de coiffeur.
Et là, j’ai découvert un des éléments qui me gênait : j’avais toujours été coiffé par des hommes. Si me faire brosser la bite m’a toujours plu, je ne supporte pas qu’un homme me coiffe. Allez savoir pourquoi… Nouveau salon de coiffure, nouvelle coiffeuse, et visagiste de surcroît : je ne voulais pas prendre le risque d’être raté de nouveau. Après ça, j’ai donc parfois expérimenté quelques fantaisies : une année, j’ai utilisé le produit ‘Cristal Soleil’, censé blondir progressivement les cheveux. Le résultat m’a bien plu, sauf que c’était plus roux que blond… Une autre année, je me suis fait faire un glaçage : on vous décolore uniquement les pointes des cheveux. J’ai beaucoup aimé aussi et j’ai testé en allant au ‘Queen’ pour la toute première fois.
Depuis, rien. Si j’ai eu tendance ces derniers mois à couper mes cheveux moins courts, j’ai eu du mal à retrouver le courage de leur faire une petite folie. Aidé par la vie épanouissante que je mène en ce moment (un travail qui me plaît, de nouveaux amis, un chéri aimant, un moral plus zen…) je me suis lancé. Je voulais me faire des mèches blondes et cuivre/cacao pour faire un dégradé de couleur avec ma couleur naturelle. Très pédé, mais tellement sympa… Mon chemin a été parsemé d’embûches. Il a d’abord fallu trouver un moment pour aller chez ma coiffeuse : je travaille tard ! Heureusement, le salon est ouvert une soirée par semaine. Ensuite, je me suis aperçu que mon projet capillaire était très onéreux : 80 euros !!! Une telle somme pour des cheveux qui poussent très rapidement, faut pas pousser le bouchon trop loin non plus (Maurice). Après avoir changé mes idées au profit d’un résultat beaucoup plus abordable, je me suis présenté au moment de mon rendez-vous pour m’entendre dire que la coloriste était malade. Je m’étais préparé psychologiquement pendant des jours à ce changement, et j’ai dû abandonner. Je ne pouvais pas reporter ce rendez-vous car je vais être très occupé dans les jours qui viennent vu que je pars dans dix jours en vacances… La déception fut grande, mais tant pis : me voilà à nouveau avec une touffe réglementaire. Parce qu’après trois mois de croissance, je commençais à ressembler à Dave, que je déteste. Et dire que pour la première fois depuis longtemps j’avais réussi à voir ce moment comme l’occasion de me détendre… Je crois que je ne suis pas fait pour me faire coiffer. Mon inconscient essaie peut-être de me dire quelque chose en me rendant anxieux : « Jonathan, tu es pédé, c’est pour une bonne raison. Tu dois être coiffeur. » OK mon coco, demain, je m’inscris en CAP. Et puis quoi encore ? 05/09/2005Dialogues
L’interview avec un auteur très connu a eu lieu et s’est très bien passée. Juste avant, je n’en menais pas large, mais quand elle a pris fin j’ai eu un sentiment de soulagement intense. Le contact avec lui s’est très bien passé, d’autant plus que j’adore ses livres. Il a d’abord été surpris d’être interviewé par quelqu’un qui a lu ses livres (my God…) puis flatté que je l’apprécie autant. Il me l’a bien rendu, puisqu’à la question « quel est votre lecteur idéal ? » il a répondu : « Vous. Vous avez des lunettes, vous êtes intelligent, vous avez préparé votre travail… C’est parfait. » Jona aux anges.
Il a fallu speeder pour que l’article soit prêt, mais je me suis senti extrêmement à l’aise en bossant beaucoup. Il n’y a pas de doute : écrire des critiques culturelles et produire des articles ou des interviews, j’adore ça. A tel point que j’aurais limite envie de rester plus longtemps dans ce stage… Mais bon, il faut que je finisse mon mémoire et que j’aie d’autres expériences professionnelles…
L’autre nuit, Angelounet et moi avons beaucoup parlé. Après une énième grosse dispute la veille, nous avons un peu vidé notre sac et parlé de notre relation. Ca m’a permis de lui expliquer ma conception pessimiste du couple et de l’amour, à son désarroi. Au moins avons nous réussi à nous exprimer calmement, et comme à chaque fois après ce genre de séance je me suis senti plus léger. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous dira, mais pour le moment, c’est ensemble qu’il nous parlera. 01/09/2005ApocalypseCe soir, je déclare, officiellement, la fin de la Communication. Toute ma vie, je me suis évertué à comprendre les autres, à argumenter, à écouter, dialoguer, échanger… Et je fais ce terrible constat : la Communication est une illusion. La Compréhension de l’Autre est une Chimère. On croit être compris, on croit comprendre, mais au final, on est toujours et pour toujours seul avec soi-même. Voilà pourquoi mes relations déclinent. Voilà pourquoi les amitiés qui me satisfont disparaissent de jour en jour. Voilà pourquoi je m’engueule avec Angelounet. Parce que j’ai un Idéal inaccessible. J’ai eu pendant longtemps les yeux voilés, j’ai été maintenu dans l’ignorance qui rend heureux. Les derniers mois, j’ai sombré dans la déprime parce que j’ai découvert la Vérité. Et aujourd’hui, je commence à peine à l’accepter. Il ne me reste plus qu’à trouver une autre raison de vivre.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |