03/01/2005Amour avenir à voir« L’amour, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. » (St – Exupéry)
J’ai déjà cité cette phrase dans le blog, parce qu’elle me fascine. J’ai mis des années avant de la ressentir, avant de pouvoir la comprendre pleinement, avant de la vivre, tout simplement. Il arrive un moment dans un couple où l’on décide qu’on se connaît assez et où on se met à faire des projets sur l’avenir. A mes yeux, la plupart des couples le font bien trop tôt et sans avoir conscience de leurs actes. Je pense que les sentiments amoureux sont extrêmement instables et que vouloir plaquer du Matériel (pour les stabiliser ?) n’est pas nécessairement la meilleure solution. Mais c’est à chacun d’envisager la vitesse de ses engagements et si les autres sont heureux ainsi, cela me comble aussi.
Ce qui m’intrigue aussi dans l’amour, c’est que, avant de regarder dans la même direction, et alors qu’on regarde l’autre, c’est surtout soi-même que l’on voit. J’ai appris en philo que ce qu’on aime chez l’autre est soit un caractère qu’on possède et qu’on retrouve, soit un aspect qu’on n’a pas mais qu’on aimerait avoir. En d’autres mots, on n’aime jamais l’autre pour ce qu’il est en soi, mais pour ce qu’il nous apporte ou nous montre.
Ce dernier point est particulièrement important à mes yeux. Je ne me sens bien qu’avec les mecs qui me montrent une image de moi que j’accepte. J’ai cessé de voir mon meilleur ami hétéro (outre le fait que je l’aimais…) parce qu’il me faisait me sentir moche et mal dans ma peau (il n’en était, bien sûr, pas la cause, mais au final il y contribuait.) J’ai vu de moins en moins mes amis gays au lycée parce qu’ils passaient leur temps à dénigrer ce que j’étais.
Cela fait que j’ai des relations problématiques avec les mecs en général. Quand j’aime, je ne vois plus que l’objet de mon affection. Je ne suis attiré et ne pense plus qu’à lui. Ce n’est pas un effort, ce n’est pas une douleur, c’est comme ça. Mais en fait, en pensant autant à lui, c’est à moi que je pense, et ça me renvoie une image très précise de moi-même.
Ce qu’il est aussi intéressant de noter, c’est que, par conséquent, l’unicité qu’on attribue alors à celui qu’on considère comme sa moitié est illusoire. Si ce que j’aime en l’autre, c’est moi-même, alors je peux m’aimer à travers n’importe qui. On a tous ressenti ça, cette affection pour une personne qu’on s’imagine éternelle parce qu’elle est si brûlante. Le jour où la flamme est éteinte, le froid et l’obscurité nous envahissent, et on pleure encore et toujours le bougeoir qui lui servait de socle. Puis un jour, comme par magie, on retrouve la même flamme sur un autre chandelier.
Cette flamme, en réalité, n’est que le miroir de ce qu’on a dans notre cœur. Il n’y pas qu’une seule personne pour incarner cette chaleur. Le Prince Charmant n’existe pas. Tout le monde est susceptible, un jour, d’être notre autre, celui qui porte notre flamme. Il suffit de projeter son moi en lui. Tout le monde, en fait, peut-être je.  |
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Jonathan, 26 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
03/01/05 - 12:42
Euh, si je suis d'accord pour dire que le prince charmant n'existe pas (ou alors, il est multiple, changeant, imprévisible, non-prédestiné), je ne pense pas que l'amour soit une projection de soi. Je pense qu'il faut aimer l'autre dans ses différences par rapport à soi. Je me trouve trop ennuyeux pour me rechercher chez les autres :)
chapichapo