I want one
J’ai découvert Rufus Wainwright. Au départ, je n’étais pas plus emballé que ça par ce garçon. Quand Bertrand me l’a fait écouter pour la première fois il y a quelques mois, je ne lui ai rien trouvé d’exceptionnel. Par curiosité, j’ai quand même écouté quelques fois son album « Want One » histoire de connaître un peu mieux et de me forger une opinion. Je l’ai trouvé un peu fade et monotone.
Et puis, il s’avère qu’il est sur la bande originale de Moulin Rouge, BO que j’adore particulièrement. A force de l’écouter, et contrairement à mes premières impressions ici aussi, j’ai fini par me laisser gagner par sa reprise de « La Complainte de la Butte » (et non de la pute !)
Sans pour autant bien connaître « Want One », j’ai commencé ces derniers jours à plus apprécier son monde. C’est là que j’ai appris qu’il donnait un concert gratuit au Virgin d’Oxford Street suivi d’une séance de dédicaces pour le lancement de son nouvel album, « Want Two » (c’est original !) Et moi, quand c’est gratuit, c’est dans mes prix !
Rien que l’idée de découvrir un chanteur qui est très ouvertement gay (je ne l’ai su qu’il y a quelques jours !) m’excitait. En même temps, je peux témoigner : il ne peut pas le cacher. Il est très efféminé ce garçon ! Il n’en a pas tant l’air quand on l’écoute chanter, mais quand il parle, c’est une tapette spatiale.
J’ai été épaté par son côté musicien (en plus de ses 12 ans de piano, il sait aussi jouer de la guitare ; ça aide d’avoir une famille de musiciens). Je sais, il m’en faut peu. Ensuite, sa voix est totalement similaire à ce qu’on entend sur ses albums, si ce n’est mieux : il est capable de la pousser haut et fort sans aucune fausse note. Malgré la puissance des instruments autour de lui, on l’entendait parfaitement bien.
Enfin, je me suis laissé envoûter par son univers comme par de l’opium. Je crois qu’il n’est pas facile à pénétrer (son univers…) mais qu’une fois la barrière franchie, il est vraiment plaisant et intéressant. Je dis ça sans avoir eu l’occasion de me pencher sur ses paroles, alors qu’elles sont censées être son point fort.
Il a aussi un côté dérangeant, une ambivalence dans son être que transpire sa voix. C’est probablement ce qui m’a déplu au départ et qui me séduit à présent. Il utilise beaucoup le piano pour son nouvel album, et moi, le piano, y a rien à faire, ça me parle toujours.
Son mini concert était donc très sympa, bien que trop court et qu’il y ait eu trop de gens devant nous (et qui faisaient tous 2m30 !) En outre, cet homme est plein d’humour, entre commentaires caustiques et jeux de mots fantaisistes. Il est surtout très naturel, donne un spectacle de ce qu’il est réellement, avec ses défauts ; ça le rend vrai et proche du public.
Nous avons ensuite eu la chance d’être les premiers à pouvoir avoir un exemplaire de son album dédicacé. Moi qui n’ai jamais été attiré par ce genre de gribouillis, je m’en suis retrouvé tout retourné. J’espérais pouvoir le prendre en photo, mais les vigiles avaient averti d’un « No photographs ! » alors bon… Je me suis retrouvé tout con devant lui. Pas impressionné par lui, mais par toutes les paillettes autour, tous les vigiles, les flashs, la rapidité de l’instant qui vous fait prendre conscience que c’est un moment particulier. Alors que ce n’est qu’un homme que je viens à peine de découvrir ! Je ne pouvais pas lui dire que je l’adorais, alors je me suis contenté d’un « merci », « c’était génial » et « c’ était un plaisir ». Il m’a dit plusieurs fois merci, nous avons échangé de grands sourires, et je n’ai pas pu m’empêcher de penser : pourquoi n’ai-je pas mis mes lentilles ?! Qui sait, j’aurais peut-être fini
dans son lit au resto ou en soirée avec lui… Non pas qu’il soit spécialement beau en fait, mais il ne manque vraiment pas de charisme, et je suis sûr que c’est un garçon qui gagne à être connu. En tout cas, ce que j’ai entrevu de lui me donne envie d’en savoir plus.
C’est dingue comme un concert et quelques articles de magazine changent votre perception d’un artiste. D’un mec qui ne signifiait rien pour moi, me voilà tout à coup en train de songer à écouter ses autres albums et à retourner le voir en concert. C’est une chose que je ne fais pas assez, d’aller en concert. Vu le prix que ça coûte, j’avais toujours considéré que pour aller en voir un, il fallait connaître toutes les chansons de l’« artiste » en question, en bref, d’être fan. Je crois que je vais me laisser tenter plus facilement à l’avenir.
Ahhhh, Rufus… Tu as illuminé ma journée. Merci. :)
"
The mind has so many pictures
Why can’t I sleep with my eyes open
The mind has so many memories
Can you remember what it looks like when I cry"
(Rufus Wainwright, The One You Love)
08/03/05 - 14:35
Bouatamelle, Jona. :)
jeuneparisien1978