Circle of Life
Il est de ces moments qui sont charnières, de ces moments qui marquent la fin d’une vie et le début d’une autre. Ces périodes font partie de celles qui me fascinent le plus et qui engendrent en moi de profonds bouleversements.
Dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie : écrire. Sauf que, ces derniers temps, l’inspiration me fait défaut. Cette fois-ci, j’ai le souffle coupé par tant de souvenirs. J’ai des dizaines d’idées plus ou moins originales pour mettre en scène la littérature des jours passés et à venir. Mais je n’ai pas envie de céder aux caprices de mon imagination élitiste.
Mon Ange est venu une semaine entière à Londres. Le séjour s’est déroulé encore mieux que je ne l’avais imaginé. Notre complicité est grandissante, notre amour naissant, notre désir exponentiel. Je me délecte de son corps et de son âme. Je bénis son cœur. Je jouis de ses yeux glacés que je devine brûlants lorsqu’ils sont fermés et que seule sa voix dévoile leur crépitement.
La seule ombre au tableau de notre relation réside dans les disputes qui éclatent sans prévenir. A chaque fois, tout s’écroule dans ma tête et je remets tout en cause. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que ces différends sont ceux qui nous sépareront dans quelques années. Lui voit plutôt ces tempêtes comme des mises au point qui n’auront plus lieu d’être quand nous nous connaîtrons suffisamment.
Avec lui, je ne suis plus le même. Nous nous sommes levés tôt
presque tous les jours et avons profité de la capitale bien plus que je ne l’avais fait jusqu’à présent. Et, à ma grande surprise, je n’ai aucune frustration mais la drôle d’impression que je pars au bon moment. Alors que ce n’est certainement pas le cas, il me semble que j’ai fait le tour de ce qu’il m’était possible de faire ici. Après quelques clubs et bars avec mes colocs, j’ai marché dans bon nombre de rues, piétiné dans beaucoup de musées, léché pas mal de vitrines, mangé dans différents restos et soupiré dans certains théâtres avec mes amours. Je reste convaincu que pour profiter de cette ville, il faut absolument vivre plus près de centre que je ne
le suis l’étais.
Alors voilà, c’est la fin de cette aventure. Il y a neuf mois, je débarquais bourré d’espoirs et de craintes. Aujourd’hui, je quitte cette île qui aura vu couler beaucoup de mes larmes… Je ne regrette rien. L’expatriation est une expérience plus difficile que je ne pensais, mais elle en valait vraiment la peine. J’ai appris beaucoup plus sur moi-même et sur les autres, j’ai énormément grandi. Il a fallu faire des sacrifices parfois douloureux.
Je n’oublierai rien. J’ai des centaines de mails, de rares cartes, des milliers de photos et vidéos qui figeront à jamais tous ces moments de vie. Mes sacs sont énormes. Ma chambre vide.
La nuit se termine ; j’avais oublié qu’à l’aube le soleil pointe dans ma chambre. Puisque tout est en ordre, il est pour moi l’heure d’aller me coucher. J’ai hâte. Je file vers un nouveau moi, avec un autre sourire que celui que je croyais avoir. Le sien.
13/06/05 - 07:27
Amûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûûr !
(tous mes voeux de bonheur, p'tit con !)
jeuneparisien1978