Technologie vitale
J’ai pris l’habitude de manger dans ma chambre pour ne pas avoir à supporter le vin de mon père, la pâtée de mes chattes et la saleté de mon domicile. Assis en tailleur sur mon lit, un grand plateau sur lequel trône mon assiette (pizza, lasagnes ou pâtes exclusivement), je fais face à mon ordinateur portable posé sur ma table de nuit qui devient le socle de mon mini home cinéma à moi. En 2 m 30 tout est fini ; je débarrasse le plateau pour mettre au plus près de moi l’une de mes séries télé américaines préférées.
Sauf que, l’autre jour, ça ne s’est pas passé comme ça. Je me suis agenouillé sur ma couette pour mieux me relever avec les restes de mon dîner entre les mains. Sans comprendre ce qu’il s’était passé, je me suis retrouvé étalé par terre (mes genoux ont tout pris), l’assiette renversée (et un peu de sauce tomate pour le parquet !), le pain de mie éjecté sur mon bureau (je n’ai pas compris comment il était arrivé là) et, comble de l’horreur, l’ordinateur renversé par terre. Le soir même, il n’y a cependant rien eu à signaler.
Mais depuis, mon ordi chéri montre quelques signes des faiblesses. Mes fameuses séries sautent lorsque je les visionne, programmes et logiciels mettent de longues minutes à se lancer et la gravure est capricieuse.
C’est à l’image de ma vie actuelle. Alors qu’il y a à peine quelques semaines je me sentais relativement heureux, j’ai l’impression d’avoir basculé du confort de ma vie à la dure réalité des choses ; en arrêtant les anti-dépresseurs, non seulement je dois subir à nouveau certains effets secondaires (insomnies violentes, nausées…) mais je dois également faire face à de vieux démons. Il ne se passe plus une journée sans que j’aie les larmes aux yeux. Je me suis ainsi retrouvé au bord des larmes en faisant les magasins puis dans le métro devant une star académicienne (ça m’a calmé, quand même).
Je doute de tout. Mais j’essaie de me battre. Je ne me sens pas adapté au monde, je dois subir des situations qui ne me plaisent pas ? Je prends alors le taureau par la queue et essaie d’en faire mon allié. Ce n’est pas encore gagné ; ma lutte effrénée pour m’intégrer au monde des anniversaires m’a coûté pas mal de déceptions en très peu d’heures ; ma volonté de bosser pour mes études a été difficilement appliquée. Mais une victoire s’est tout de même offerte à moi : pour la première fois (ou presque), je n’ai pas eu peur d’aller chez le coiffeur et j’ai enfin osé plus de choses qu’un simple shampooing - coiffage habituel. Mieux, j’y ai pris du plaisir !
C’est ainsi que quelques mèches blondes viennent illuminer mon visage un peu tendu. Parce que tout n’est pas encore tout gris, il faut bien commencer par rendre une partie de soi meilleure. Ah, et je crois que j’ai maigri ! Je crois… Mais je doute.
05/11/05 - 00:20
j'espère que tu n'as pas fait l'erreur d'arreter du jour au lendemain des antidepresseurs! ca doit etre tres progressifs...de toutes façons ton medecin a du te le dire et il faut impérativement suivre son conseil en la matière..bon courage
claude101141