La Danse des Semaines
Le vent froid cueille tout sur son passage, gèle tout ce qui bouge et mène, lui, le chemin qu’il souhaite à la vitesse qui lui sied. Il laisse sa trace un peu partout, nez qui coule, écharpe qui s’enroule, flocons qui dansent quand la pluie ne bat pas les corps.
Jusqu’à l’heure où le vent s’arrête, bloqué par une porte. A la place, c’est la chaleur qui se dresse, la vapeur qui se forme au-dessus de l’eau et qui opacifie le reflet du miroir. Point n’est besoin d’y voir pour regarder.
Regarder quoi ? Les semaines qui s’écoulent, toutes quasiment identiques et pourtant « atypiques » ( ?) Encore et toujours des critiques, des articles qui plaisent, des propositions de piges pour la suite ; mais les honneurs font des jaloux, et l’on apprend que des « personnes mal intentionnées » se cachent dans les veines…
Des recherches qui avancent, des livres qui sont lus, des notes qui sont prises, des idées qui naissent et qui prennent forme. Etudier à nouveau en devient presque agréable. Sauf quand après plusieurs semaines on n’a plus envie de rien, plus le courage du tout. Pause.
Une relation qui avance de deux pas pour reculer d’un ; les autres s’éloignent, se rapprochent un peu, mais il est difficile de les distinguer dans tout ce brouillard. Cherchons les bouclettes, accrochons-nous à elles, cherchons la chaleur en leur sein.
Des mots qui rentrent, de plus en plus nombreux, des phrases qui sortent, de plus en plus rares. Des individus qui rentrent à l’hôpital, mais qui, à nos yeux, ont disparu depuis longtemps.
Les semaines dansent et emportent avec elles nos âmes ; sucées jusqu’à la moelle, elles glissent le long des briques et s’écrasent, légères, sur les pavés.
25/11/05 - 23:22
C'est beau !
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