Confessions on a Dance Floor
« Bah alors, tu blogues plu ? »
La question m’est souvent posée depuis quelques semaines ; et ma réponse est souvent la même : « J’ai pas le temps/l’inspiration » ou « J’travaille ».
Pourtant le travail ne me prend pas tant de temps. Deux jours par semaine, plus une journée pour lire et critiquer des livres, et parfois des articles à écrire. Le reste du temps est consacré à mon mémoire (qui avance à pas d’escargots) et à voir Angelounet. Ah ! J’allais oublier l’un des rares renouveaux de ma vie : je suis à nouveau inscrit au Club Med Gym. Y en a marre de la boudination (dit-il après n’avoir mangé que des plats à base de bolognaise depuis quatre jours) alors me voilà pseudo-sportif et en tout cas Tapette Volante Forever (ma prof d’aérobic me l’a prouvé en me faisant des compliments sur mon sens du rythme « rare chez un garçon » ; ça aide de sucer).
Quant à l’inspiration, elle existe, mais elle est différente. Je suis de moins en moins intéressé par ce genre d’article dans lesquels on ne fait que raconter avec deux-trois blagues les événements des derniers jours. J’ai des idées de frivolités divertissantes, de pensées juvéniles, de tragédies diabolitesques. Mais voilà, je suis dans une phase de censure énorme. En m’interdisant au maximum d’exprimer mes doutes, mes craintes et mes rares larmes, je n’ai plus le goût d’écrire du tout. Et j’ai de plus envie de produire des articles profonds dans lesquels je me dévoile en me voilant. Bref, le genre d’écriture qui demande, non pas plus de temps, mais d’être assez libre pour écouter les voix des muses. Or, ces connes ont tendance à me parler uniquement quand je suis allongé dans le noir avec mon homme qui ronfle à plein poumons et qui me fout, petit à petit, son oreiller dans la gueule. On a vu meilleure situation pour écrire.
En apparence, je suis donc un jeune homme aux mèches blondes qui est en stage pour un site culturel avec plein de bons plans (dont je n’ai même plus le courage de bénéficier), un mémoire sur un thème chiant au possible, un chéri qui veut donner du bonheur à tout le monde (non, ce n’est pas Chico) et… Et puis c’est tout.
Sous les mèches poussent les racines sombres. Derrière les lunettes ou les lentilles se cache le regard. Sous les paupières sont contenues les larmes. Parce qu’en réalité je me sens, une fois de plus, coincé dans ma vie, inadapté à ce monde. Ce mois, plus que tous les autres, vient me prouver comme chaque année que je n’y ai pas ma place.
Je voudrais récupérer un peu de joie de vivre, ne plus être lassé par les gens, avoir envie de sortir à nouveau, envie de sortir de ma « comfort zone » à nouveau, envie de danser à nouveau. Mais je n’y arrive pas. Je reste enfermé entre quatre murs, incapable de bouger. Seul.
Et dans deux semaines, lorsque mon stage sera fini, je vais faire quoi ? Mourir au pied du feu ?
Si seulement je savais changer de musique.
14/12/05 - 00:07
...triste?
- (visiteur)