...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

30/06/2006

30/06/06 - 01:03

Mémoire – Episode final : soutenance et résultats



Ma soutenance a eu lieu à la mi-juin. J'avais une demi-heure d'avance, ma directrice de recherche une heure de retard. Il faisait très chaud et je suais à très grosses gouttes dans ma chemise à manches longues portée pour l'occasion. C'était intensément stressant, mais je me disais que la torture ne durerait que vingt minutes.

Elle en fait duré plus d'une heure. Mme Frimousse a passé en revue tous mes défauts académiques. C'était horrible de constater à quel point j'avais régressé. Dans les études, on ne stagne pas : soit on apprend, soit on oublie. Deux ans hors du système classique ont laissé des séquelles dans mon apprentissage. Il y avait notamment des moments où elle me posait des questions et je me retrouvais dans le corps de l'élève qu'on a tous été à un moment ou à un autre et où l'on a simplement répondu : "J'sais pas." Ca faisait tellement de temps que ça ne m'était pas arrivé…

Cela m'a confirmé que je veux me professionnaliser et que les études ne me correspondent plus (m'ont-elles correspondu longtemps… ?)

En partant, je lui ai demandé quand j'aurais mes résultats en espérant qu'elle me dirait de suite ma note. Elle a en fait juste répondu : "le jury se réunira début juillet pour délibérer, vous recevrez un courrier dans la foulée". Bon.

Mais tous les autres élèves que je connais ont eu leur note au moment de leur soutenance. Et pas moi. Oh que j'ai été stressé, oh que j'en ai parlé autour de moi. J'étais alarmé à l'idée d'avoir passé deux ans en maîtrise pour des cacahuètes.

Jusqu'à hier. J'ai appris que Cylia, qui était avec moi à Londres, qui était inscrite aux mêmes cours, qui avait la même directrice de recherche, avait passé sa soutenance, que ça avait duré une heure et demi et qu'elle avait de suite eu sa note : 14. Ca m'a redonné espoir.

Cylia, à Londres, elle a séché tous les cours, n'a rendu qu'un devoir sur 4 (littéralement). Mais dans sa grande générosité le bureau des relations internationales de Londres lui a attribué les mêmes notes qu'à moi (moi, qui suis allé à presque tous les cours et qui ai fait tous les devoirs en temps et en heure). Et parce qu'en plus Cylia a beaucoup de chance, notre coordinateur Erasmus a fait une erreur en transcrivant nos notes et elle a ainsi gagné un point supplémentaire ! Elle qui n'avait rien fait a obtenu plus de points que moi au final !

Si seulement ça s'était arrêté là. Mais non ! Son mémoire, elle l'a commencé à peine quelques semaines avant la date butoir, elle l'a bâclé, même pas relu et rendu en retard. Moi, je l'ai commencé il y a des mois, j'ai bossé comme un taré, je l'ai rendu en avance.

Et lorsque j'ai écrit à Mme Frimousse pour avoir les résultats, j'ai appris que j'avais eu 11. Elle a en outre eu la bonne idée de donner les notes à tout le monde dans le même mail, ce qui m'a permis de constater que, non seulement Cylia avait le cul bordé de nouilles, mais que je vomissais les miennes dans les chiottes en ayant la plus mauvaise note de la liste. C'est très agréable…

Et injuste. Si encore Cylia était douée… J'en connais des gens qui bossent au dernier moment et qui cartonnent, j'en ai même fait partie. Mais là, entre les notes de Londres et le fait qu'elle n'ait pas été pénalisée pour son retard, je me sens mis de côté. Sans parler de mon ego qui en prend un sacré coup. Certes, les études ne sont plus faites pour moi, mais à ce point-là…

Je suis amer, mais je relativise : j'ai ma maîtrise. Ces deux dernières années n'auront pas été vaines. Et il ne me reste plus qu'à être accepté en Master 2 Professionnel (ex-DESS). J'ai déjà passé plusieurs épreuves et ce n'est pas trop mal parti. Verdict la semaine prochaine avec le dernier entretien… A moi de prouver que je mérite ma place.

28/06/2006

28/06/06 - 15:19

Je m'en foot !

Cette année, j'avais décidé d'hiberner et d'ignorer l'existence même du ballon rond. Comme je ne regarde pas la télé et que je lis extrêmement peu la presse, ce n'est pas difficile. Il suffit de ne pas parler à son père à chaque fois qu'il y a un match (ce qui ne change pas de d'habitude) et d'avoir une activité prenante à chaque partie.

Non mais c'est vrai quoi, faut arrêter ! Au moment de la coupe du monde, j'ai l'impression qu'il n'y a plus que ça qui compte pour les gens. On fait de longs sujets sur le foot au JT et les joueurs font la une des quotidiens… Comme si le foot était l'événement le plus important du moment. Mais ce n'est qu'un sport, un jeu ! Et après on vient dire que la télé-réalité est ridicule, mais venant de personnes qui aiment mater du sport à la télé, ça me fait rire… (en fait ça m'énerve mais bon).

Et puis, je mets de l'eau dans mon lait fraise. Comme me l'a expliqué un ami, dans le fond, il n'y a rien de bien méchant à ça et ça a un effet positif de "cohésion sociale". Cohésion sociale, c'est sympa comme idée. Tout à coup, je me surprends à vouloir ne plus être en marge et faire partie de ces crétins fans qui s'enthousiasment devant des buts. Se rapprocher des gens, c'est noble.

Ensuite, j'apprends qu'il y a de grosses répercussions économiques en cas de victoire ou de défaite. Si l'équipe de France perd tôt, elle perd des points (je ne sais pas où) et c'est mauvais pour l'économie du pays…

Alors, je suis mitigé. Si je fais des incantations pour que l'équipe de France perde (et ainsi être débarrassé de l'obsession sportive qui a envahi le pays), les gens vont cesser de se rapprocher les uns des autres, il vont errer sans aucun contact avec les autres et en plus tout le monde sera pauvre parce que l'économie du pays aura chuté !? Je ne suis pas aussi diabolique…

Il me faudrait une compensation, me sentir concerné par la victoire des schtroumpfs. Il faudrait sélectionner les joueurs non pas sur leurs capacités, mais sur leur physique ! Oui oui oui ! Prendre les plus beaux mecs de France et, à chaque victoire, retirer un de leurs vêtements. Ainsi, à la finale, ils seraient entièrement nus à courir sur leur gazon. Ils se rouleraient de joie à chaque but, se prendraient dans les bras (nus…) Ahhhh… Et s'ils remportent la coupe, on pourrait assister à la partouze de la victoire dans les douches ! Ce serait porno, mais au moins, ça rendrait le sport intéressant. J'imagine déjà les reportages sur l'équipe, les bonus cachés du DVD… Merveilleux !

Let's go back to reality. A défaut de déshabillage, profitons des soldes pour se rhabiller. Ca, c'est un événement important. ;)

22/06/2006

22/06/06 - 01:15

Soirée en amoureux...



Me voilà seul au milieu de la nuit, seul dans une pièce éclairée par l'ordinateur pendant que le reste de la maisonnée est dans l'obscurité de la télé ou des pleurs. J'ai l'impression d'être Carrie dans 'Sex and the City' ou plutôt Jenny dans 'The L Word'… Je ne résiste pas à l'appel des mots, aussi déstructurés soient-ils, car j'ai besoin de m'épancher, besoin de garder une trace de cette soirée et des réflexions qu'elle a engendrées.

C'est la fête de la musique dehors. Comme à mon habitude, j'ai du mal à me laisser pénétrer par cette ambiance et à partager ce bonheur plus ou moins mélodique. Bien que plusieurs bonnes nouvelles tombent dans ma vie professionnelle, ce soir je me suis laissé gagner par mes problèmes existentiels.

Comme à mon habitude, donc, j'ai fait la gueule. Les contacts avec Angelounet ne m'ont guère aidés à me sentir mieux et c'est donc tout naturellement que je lui ai bien fait sentir le poids de mes états d'âmes. Il faut dire que ce garçon est d'une bonne humeur à toute épreuve et que, depuis qu'il a cru comprendre qu'il ne peut pas me la communiquer, il est heureux dans son coin pendant que je rumine face à lui.

Mais ce soir, c'est ma soif de destruction qui a gagné. Et je réalise un peu comme le fils de Bree dans 'Desperate Housewives' que la victoire a parfois un goût amer.

La soirée tournant au vinaigre, nous sommes vite rentrés à la maison. Nous nous sommes faits des reproches, nous nous sommes engueulés jusqu'à ce qu'on boude. Mais il fallait que ce que j'avais sur le cœur sorte, il fallait que je vide ce sac trop rempli depuis longtemps. On a beau essayer de se voiler la face, essayer d'être heureux, chez moi, la mauvaise humeur, c'est inné.

Je lui ai bien fait comprendre que mes reproches ne sont en fait que les symptômes d'un mal plus profond ; je sais pertinemment qu'avec un minimum de communication claire il fera des efforts pour me convenir. Mais rien n'y fait, rien ne change ; dans mon cœur c'est le vide.

Je l'ai déjà expliqué, mais ce garçon presque parfait, je ne l'aime pas assez. Ca me bouffe, ça me fait mal ; soit ça me déprime, soit ça me révolte. Et comme je ne suis pas d'humeur à me morfondre en ce moment, ce sentiment négatif est sublimé en agressivité tournée vers Angelounet.

Il fait mine de ne pas le prendre trop mal, il envisage une solution. Une solution finale. Faire une pause, une pause draconienne, une pré-rupture durant laquelle nous n'aurons quasiment aucun contact. C'est douloureux, mais j'accepte. Après tout, il a l'air de bien le gérer.

On se met à pleurer. On se laisse aller dans les bras l'un de l'autre. Mais on survit, on avance. On se prépare à aller se coucher, mes larmes sont essuyées, mon nez est mouché… et là je l'entends, derrière moi, qui s'écroule. Il fond littéralement en larmes, impossible d'effectuer un geste quotidien sans être rongé par la douleur. Voir son cœur réduit à presque néant a une forte résonance en moi. C'est comme s'il venait d'avoir un accident, comme s'il venait d'être renversé par une voiture, comme si un être cher était mort. Quelque chose de grave est arrivé. Le vase est tombé. Les souffles ont retenu leur respiration. Le monde a arrêté de tourner.

Je me jette sur lui, me colle à lui, le serre dans mes bras. Voir ce garçon qui m'aime souffrir autant par ma faute me fait mal… et me soulage à la fois. Car si mon cœur est ébranlé, il envoie des litres de sang à mon cerveau. Et je crois que je commence à comprendre.

Si je ne suis pas amoureux du garçon parfait pour moi, c'est parce qu'il incarne trop le bonheur. Je suis attiré par les garçons sombres, névrosés, faibles. Si j'étais amoureux de B., c'est parce que ce mec d'ordinaire si fier me montrait ses faiblesses. Parce que quand je l'ai rencontré, il a sombré dans la dépression, il a pleuré devant moi, il m'a fait partager ses souffrances. Alors qu'Angelounet, il est fort et heureux. Quand ça ne va pas, il prend sur lui, et ça va mieux.

Autre élément important. Mon premier copain était névrosé, pourtant je ne l'aimais pas. Il n'était pas très câlin, ne montrait pas ses sentiments. Alors de mon côté, rien ne s'est développé et quand je l'ai quitté, j'ai appris avec surprise qu'il m'aimait. Angelounet, j'ai beau savoir qu'il m'aime, je ne le ressens pas. Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. J'ai besoin de voir dans les yeux de l'autre qu'il m'aime. Besoin de sentir dans son étreinte qu'il m'aime. Angelounet, il ne l'exprime pas tant que ça… Alors au final, je ne ressens rien.

Ce soir, j'ai donc peut-être compris comment fonctionnait mon cœur. Il se délecte de la souffrance de l'autre. Il a également besoin de distance, besoin de se sentir désiré. Dans cette relation, je me sens étouffé : on s'appelle tous les jours, on passe nos week-ends ensemble, on se voit en plus deux à trois fois dans la semaine. Ma vie, seul, est quasi-inexistante. Mon mec n'a pas le temps de me manquer parce que je le vois tout le temps !

Je ne le blâme pas pour ça. Je fais juste le constat, par rapport à ce que j'ai vécu avant, de ce qui n'a pas l'air de convenir à mon cœur. J'ai besoin de souffrir et de languir, besoin de voir et de sentir l'amour de l'autre, besoin d'avoir accès à ses souffrances pour le protéger. Voilà peut-être la recette de mon cœur… Peut-être…

Le cœur a ses raisons que ma raison apprend.

14/06/2006

14/06/06 - 16:51

Silences



Pas de cris, pas de larmes, pas de rires. Pas de voix, pas de regard, pas d'entente. Chut… On me regarde…

Pas de 6 février.

Pas de mort. Pas de casse. Des racines, mais juste un bonzaï, qui peine à grandir.

Pas de 15. Pas de 14. Pas de 12. Peut-être même pas de 10. Au moins 9 ? C'est l'ultime limite, la dernière formalité car sans elle, pas de Projet 5.

Pas de mots. Pas d'éclaircissements. Juste des gros riens, des vacuités qui font tout.

08/06/2006

08/06/06 - 14:30

Lumière



Vacances. Je ne pensais pas que ce mot trouverait une résonance aussi tôt dans ma tête. Après stage et mémoire, je me dis que je ne les ai pas si mal méritées, mes vacances. Je voulais bosser encore et toujours plus, et puis finalement… Ce n'est pas si mal, d'être en vacances.

C'est l'occasion de se focaliser sur ce qu'on a parfois dû mettre de côté. C'est le moment de durcir un (tout petit) peu le régime. C'est la période idéale pour passer du temps dehors, le moment parfait pour renouer contact.

C'est ainsi que j'ai déjeuné avec mes anciens collègues du site culturel. Ca m'a bien fait plaisir, et je me disais que si les circonstances avaient été différentes (en quoi ?) j'aurais peut-être pu devenir ami avec certains d'entre eux.

Sauf que. Sauf que je suis exigeant, trop exigeant, bien trop exigeant. Susceptible, trop rancunier, bien trop idéaliste. Bref, inadapté au monde et aux gens, en somme. Il suffit donc d'un petit rien pour que cela empêche tout contact dans ma tête. Et tout à coup, à côtoyer à nouveau le monde, je me souviens pourquoi je me suis enfermé dans ma grotte.

J'ai l'incroyable chance de pouvoir lire, gratuitement, un grand nombre de nouveautés littéraires. Il me suffit de passer commande par mes anciens collègues et environ une fois sur deux j'obtiens ce que je souhaite. Dernièrement, j'ai demandé un livre sur une certaine pratique sexuelle. Je trouvais ça intéressant, réellement, pas du tout obscène, certes cru, mais dans le fond, le cul, je préfère qu'il soit abordé de la sorte. Le site culturel ayant une rubrique érotique, je ne voyais pas où était le problème.

Première phrase d'une de mes collègues préférées : "Ton livre de cul, tu te l'achèteras." Elle ne l'a pas dit méchamment, je le sais bien, mais je me suis senti rabaissé. Elle ne voulait pas me blesser, mais elle l'a fait. La sexualité tantrique, le Kama-Sutra, des descriptions osées ou des photos un peu olé-olé, ça ne la gênait pas, mais là, des dessins un peu originaux, tout de suite, c'est porno.

Qu'elle ait eu cette impression, ça peut se comprendre. Ce qui me dérange profondément, ce sont les jugements péremptoires. Je suis venu, elle n'a pas lu, elle m'a vaincu. Juste parce que ça ne correspond pas à son mode de vie, elle a décrété que ce n'était pas adapté. Ce qui me gêne, c'est que je ne pouvais rien répondre. J'aurais pu argumenter, lui prouver qu'elle se faisait de fausses idées, mais je sentais, comme je l'ai senti des centaines de fois au cours de mon stage, que c'était vain. Parce que les gens, dans les métiers culturels (pas uniquement dans ces métiers, bien sûr, mais en tout cas ça y est très présent), les gens qui se sentent un tant soit peu cultivés sont persuadés d'être les gardiens du bon goût, de la raison, de la vérité. Ce sont eux qui décident ce qu'est la culture et ce qui ne l'est pas. Et moi, ça me choque. De nos jours, ce n'est pas la culture qu'on cultive, c'est l'intolérance.

Voilà pourquoi je dis toujours que je ne suis pas cultivé. Parce que savoir qu'on ne sait rien, c'est ne pas considérer comme acquis le peu de connaissances qu'on a ingurgitées, c'est se remettre en cause encore et toujours, mais surtout c'est rester ouvert au monde, au monde entier, à la moindre parcelle d'émotion, de technique innovante, de concept bien caché qui pourrait transiter par l'un de nos sens. Voilà pourquoi je refuse de renoncer aux musiques commerciales et émissions de télé réalité. Parce que me poser en tant que souverain de la culture revient à être le roi de l'arène qui dresse ou abaisse son pouce dans les airs, obligeant ou privant ainsi les autres de ce qui pourrait les toucher ou pas.

Je veux d'un monde qui vit, bouge et nous touche. D'où qu'il vienne.

Le problème, c'est justement qu'à force d'être trop touché par ce genre de micro événement (névrose, quand tu me tiens), si je ne me ferme pas à l'art, je me ferme alors aux gens. Il faut que je trouve un moyen de réconcilier les arts et les cons. Dans les deux cas, ils ne sont pas toujours où l'on croit.

05/06/2006

05/06/06 - 13:58

Gay Fear

Nous étions dans un pays lointain et ô combien étranger, la Belgique. Dans une petite bourgade dont nous n'avions quasiment jamais entendu parler, Bruxelles. Angelounet et moi-même venions de manger les "meilleures frites du monde" dixit le Guide du Routard et le New York Times. Nous venions de nous perdre plusieurs fois, aux alentours de minuit, dans cette ville inconnue, d'abord à la recherche des fameuses frites (très bonnes, il est vrai, mais j'avais mal au cœur à force de me perdre en voiture) puis à la recherche de la nouvelle star de notre hôtel.

Il faisait nuit noire et, à peine arrivés, Angelounet a soulagé sa vessie sur le parking de l'hôtel (oui, ce garçon est une vraie pisseuse). Nous rentrons dans le bel hôtel que nous avions réservé sur Internet. Le gérant nous accueille, prend nos noms pour consulter son ordinateur et… là réalise que notre réservation n'a pas été enregistrée. Bordel de merde ! Toutes ses chambres sont occupées, sauf une, avec de l'eau qui coule (génial). Il s'occupe comme il peut de nous, prend les informations nécessaires afin que nous prenions possession de cette chambre de secours, jusqu'à réaliser qu'elle n'est en fait pas disponible car occupée par le veilleur de nuit…

"Bon, je vous offre à boire, installez-vous, je vais vous trouver une solution" nous lance-t-il. Bouteille de coca à la main, nous prenons place dans les fauteuils spacieux de la pièce. Mister Hôtel se rapproche de nous, téléphone à la main. "Je vais appeler un collègue et tenter de vous trouver une chambre… Oui, Farid, c'est Benoît ! Je suis en présence de deux jeunes hommes, trois petits points, qui…"

"Trois petits points" ? Ca veut dire quoi ça ? Parallèlement à ça, des clients qui ressemblaient fortement à des chrétiens orthodoxes (avec de longues barbes et de grosses croix en or autour du cou) patientent au bar. Alors deux pédés et des religieux dans la même pièce, ça me fait un peu peur moi…

"Bon, tu as encore une chambre, c'est bon ? Parfait. Par contre je vais poser une question à la limite de la diplomatie, attends un instant…" Il se tourne alors vers nous et nous demande : "ce sera une chambre avec lit double ou lits jumeaux ?" Nous sommes bel et bien grillés. Je réponds avec mon plus grand sourire qui feint la cool attitude, "un lit double". "C'est bien ce que je pensais", répond-il dans son combiné.

Au moins il n'est pas homophobe, me dis-je alors. Mais non, c'est même pire, puisque je l'entends dire : "Tu t'occupes bien d'eux, tu leur réserves une belle chambre. Dommage qu'ils ne puissent pas rester dans mon hôtel, je les aurais bien gardés avec moi…" Alors là, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens devenir encore plus blanc que d'habitude et Angelounet se sent tout à coup très très très fatigué. Benoît est très (trop) gentil, mais sentir un désir lubrique venir d'un vieux, gros et moche bruxellois, cela ne fait pas encore partie de nos fantasmes.

Il nous explique le chemin (toutes les routes sont compliquées dans ce pays !) et prend, au cas où, mon numéro de téléphone pour être sûr que nous arrivions bien à destination. Lors du trajet, ça ne loupe pas. Le gentil monsieur m'appelle et me tape la discute. Alors qu'il s'est soudainement mis à me tutoyer, il m'apprend que "Jonathan" est un prénom très symbolique pour lui, chose qu'il souhaite m'expliquer plus en longueur par la suite. Il essaie de sympathiser, me propose qu'on se voie le lendemain car il connaît bien le gay Bruxelles, il veut nous faire visiter… Mais bien sûr, et la marmotte, tu veux l'enculer elle aussi ? Il finit par m'avouer qu'il n'a pas été très intelligent, qu'il aurait dû nous proposer le seul lit gratuit de l'hôtel… Je retiens mon souffle, je sens ma bite rétrécir comme une saucisse au micro-ondes, et mes oreilles accueillent ses paroles comme un trou une verge démesurée : "le mien". Je regrette de ne pouvoir faire profiter Angelounet de cette conversation intime. Je fais comme si ses paroles ne me choquaient pas et je lui réponds que je dors mal et ai besoin de beaucoup de place pour pouvoir m'étaler (ce qui est vrai !). "Mais tu aurais plein de place avec moi, ne t'inquiète pas…" Moi ? M'inquiéter ?

La conversation a pris fin peu après. Je l'ai racontée en détails à mon copain qui n'en revenait pas non plus, puis j'ai pris peur. Il a mon numéro de portable, il va nous harceler demain, on risque de le croiser dans la rue… Sauf que, comme par hasard, je n'avais plus de batterie…

Nous n'avons jamais revu Benoît. Pourtant j'ai pensé à lui toute cette journée, craignant de le rencontrer de nouveau. Sûr que lui a pensé à nous également, mais dans un autre contexte.

Pourquoi est-ce que ce n'est pas le jeune jardinier de 'Desperate Housewives' (voir ci-dessous) qui nous fait une proposition de ce genre, hein ? Et pourquoi cette situation s'est elle présentée à nous deux fois en moins d'une semaine ?

Arrivés à l'hôtel, celui où nous avons dormi, j'avais vraiment envie de vomir. Difficile de savoir à quelle frite c'était dû.

 

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.