...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

27/10/2006

27/10/06 - 19:17

Mon père, ce crado



Avant de partir vivre à Londres, je me sentais très bien chez mes parents. Je ne voyais pas l'intérêt, pour moi, d'être indépendant alors que j'étais encore étudiant. Depuis mon retour, je ne supporte plus la présence de mon père. Outre le fait que, contrairement à ma mère, il est tout le temps là, ses conceptions et ses manières de vivre me gênent au plus haut point. Notamment, il a sa propre définition de la propreté.

Je crois que mon père, en vieillissant, est retombé en enfance. Et il croit, comme un gamin, que l'eau nettoie tout et nettoie bien. Ca commence par son propre corps. Il dégage en permanence une odeur de vieux, une odeur de déchetterie et une odeur de poivrot. Un vrai régal au petit déjeuner. Quand il daigne utiliser la salle de bain, il faut absolument aérer derrière lui pour éviter l'asphyxie. Et je vous passe les détails. Il est persuadé qu'il sent bon puisque les chattes aiment son odeur. Régulièrement, on retrouve Lulu qui se frotte avec hystérie sur sa veste. Ce qu'il n'a pas compris, c'est qu'elle aime ce qui pue.

Lors d'une discussion, j'ai appris qu'il se lavait tous les jours. Quelqu'un de normalement constitué ne peut pas sentir le rat crevé s'il se lave tous les jours. Renseignement pris, il m'a avoué qu'il se lavait tous les jours "à l'eau". Le savon ? "C'est mauvais pour la peau." Bah oui, vous comprenez, dans le temps, on se lavait peu. Et au temps de Louis XIV, on se lavait une fois par trimestre. Sauf qu'à l'époque, ils avaient des grandes pièces pour éviter d'avoir à se sentir les uns les autres. Au secours.

A la limite, son corps, ça ne regarde que lui. Mais la vaisselle, on la partage. D'une part, je ne comprends pas pourquoi il s'obstine à l'entasser dans l'évier alors qu'on a un lave-vaisselle. D'autre part, il arrive régulièrement qu'après avoir traîné dans l'évier, la vaisselle se retrouve rangée alors que point de savon n'a été utilisé. Eh oui, parce que mon cher père considère que rincer la vaisselle suffit à la nettoyer. Une fois, il a fait tremper un bout de pain réchauffé dans l'eau croupie d'un bol qui avait servi douze heures avant. Dorénavant, je prends mon petit déjeuner dans des mugs qu'il n'utilise pas. Pitié.

Parfois je me demande s'il ne le fait pas exprès. Un jour que je devais manger des crêpes salées, je trouvais qu'il régnait une odeur maritime écoeurante au moment de la cuisson. Au moment de manger ma crêpe au jambon et au gruyère, elle avait plus un goût de poisson qu'un aliment que je consomme. Mon vieux père avait fait cuire une truite dans cette poêle et, à son habitude que je ne connaissais pas encore, l'avait simplement rincée. Tuez-le.

En attendant de quitter cet appartement où je me sens envahi par le plus irresponsable des pères, j'ai établi quelques règles : toujours nettoyer les ustensiles de cuisine avant de m'en servir ; dans la mesure du possible, ne pas utiliser les mêmes que lui ; ne pas m'approcher de lui à moins d'un mètre. Mon père, les clochards : même combat.

Je veux vivre seul !

12/10/2006

12/10/06 - 22:49

Immersion




Les cours, les cours, les cours. C'est à peu de choses près ce que constitue l'essentiel de ma vie depuis la rentrée. Logique, me direz-vous !
Au départ, je m'y suis plongé de moi-même avec enthousiasme. Sans vouloir faire de zèle (je ne suis pas friand des élèves trop sérieux qui gaspillent leur énergie à tort et à travers) je me suis attelé à relire mes cours, chercher quelques livres et informations, prévoir exposés et dossiers divers et variés. J'avais cette impression de bien contrôler les trois quarts de ma vie, de ne faire que ce qui me plaisait et m'était utile.

Et puis, les vieux démons m'ont rattrapé. Le stress de ne pas avoir le temps, l'angoisse de ne pas être à la hauteur, la peur d'avoir trop de travail, les questions existentielles et mortifères. On ne se débarrasse pas de la vieille version du Jona comme ça !

D'un côté, je suis donc devenu sociable, je parle à tout le monde dans la classe, je traîne longuement après les cours (j'ai l'impression d'être à nouveau au lycée) et en dehors de cette vie académique je vois pas mal de gens, vais à des expos… A tel point que je suis même obligé de refuser des sorties, non plus par envie, mais juste pour renouer avec le papy qui est en moi !

A trop en faire, je sens qu'avec l'arrivée de l'hiver, je m'essouffle. La créature de la nuit que je suis fatigue de devoir se lever à 7 h 30, de mener de front de nombreux projets, de supporter les angoisses de l'Indécision, d'envisager de tout remettre en cause et de donner la mort… me laisser enivrer par la rose.

Il ne me reste guère de temps volonté pour écrire. Pourtant, certains textes dorment dans ma tête. Raconter sa vie, c'est bien, la sublimer, c'est mieux. A quoi sert-il d'écrire si c'est pour bêtement cracher les menus détails de notre quotidien ?


Dès les premières lueurs d'Octobre
En tout bien tout honneur
Je sombre


(Emilie Simon - Fleur de Saison)

 

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.