31/12/2006Sans finEt quand, après une nuit blanche infâme, vous passez une nuit de douze heures rassérénante, il faut, bien sûr, que la nuit qui suit, vous soyez une fois de plus incapable de vous rendormir. Est-ce à ça que doit ressembler ma vie : des nuits de plus en plus tardives, soldées par une nuit inexistante et la perte d'une journée pour une nuit de repos gagnée et le lendemain être de nouveau déphasé ? Dois-je faire, pour vivre, une nuit blanche sur deux ? Devrai-je toujours être dans la souffrance de mes yeux ouverts malgré moi et en décalage par rapport aux autres ? 29/12/2006Les yeux à côté de la plaqueQuand on a peu dormi une nuit, qu'on se force à se lever "tôt" (tout est relatif, en tout cas moins tard) et qu'on a passé une bonne partie de la journée à étudier et chercher un stage, que les yeux nous brûlent heure après heure nous rappelant le manque de sommeil de la veille, on est en droit de croire qu'on va bien dormir la nuit venue.
C'est sans compter sans ce corps incroyable qu'est le mien. Parce que même en poussant son corps dans ses retranchements et en se couchant tard, même après une bonne partie de jambes en l'air qui nous libère normalement de ce trop plein qui nous travaille, même après s'être relevé pour attendre Morphée en lisant, grignotant et écoutant de la musique, même après toute la bonne volonté du monde, rien à faire – si la fatigue est là, le repos ne se fait pourtant pas.
Et c'est ainsi qu'on fait une nuit blanche deux jours avant le Nouvel An, donc deux jours avant de refaire une nuit blanche.
Diabolito, ou comment niquer la fin et le début de l'année par des problèmes d'insomnie. 28/12/2006Ne pas aimer
Et si ne pas aimer signifiait en fait aimer ?
Je me définis énormément par ce que je n'aime pas, les gens me remarquent à travers ces particularités : Jona n'aime pas les filles, Jona n'aime pas le fromage, Jona n'aime pas untel. Et souvent je me demande comment il est possible que je n'aime pas telle ou telle chose, telle ou telle personne. On est souvent choqué quand on m'entend dire que je n'aime pas mes parents. Que ce soit parce que nos relations sont tendues ou juste parce que nous sommes différents, je suis désolé mais je n'Aime pas mes parents. J'aime bien ma mère, oui, je lui reconnais des qualités certaines, mais l'Amour profond dont j'entends parler à gauche et à droite, moi, je ne le ressens pas.
De même, quand on a le mec presque parfait pour soi ("presque" parce que plus le temps passe et plus on se rend compte que certaines choses chez l'autre sont loin d'être parfaites pour nous) on se regarde en pensant : qu'est-ce qui cloche chez moi ? Et les autres de se demander également : mais comment ne peux-tu pas l'aimer ?
Dans les deux cas, toujours cette même réaction : ce n'est pas possible, tu les aimes, mais tu ne t'en rends pas compte. Eh bah ça me fait une belle jambe. Aimer sans s'en rendre compte, pour moi, ça n'existe que dans les fictions. Quand on aime, on le sait. Si on doute, c'est qu'on n'aime pas.
Et soudainement je prends conscience de l'ambiguïté de mes sentiments. J'avais déjà remarqué que le comportement et les "sentiments" que j'ai envers mon père se rapprochent de plus en plus de ceux que j'ai envers mon mec. Or mes parents, malgré nos différends, ils ont, de par leur statut de parents, un caractère immuable. On sait très bien que même si on venait à se disputer, perdre contact ou mourir, ils existent toujours dans notre esprit en tant que parents. Serait-il alors possible que, dans mon inconscient tordu, cette assurance les rende si accessibles qu'il ne vaille même pas la peine de les aimer ?
J'ai toujours eu tendance (comme beaucoup) à brûler de passion pour les garçons que je ne saisissais pas, pour ceux qui étaient inaccessibles et qui donc me faisaient souffrir. En amitié (masculine) pareil, dès que je savais que j'avais gagné les sentiments du mec, dès qu'il me disait qu'il voulait que je fasse toujours partie de sa vie ou que j'étais son meilleur ami ou n'importe quel autre témoignage d'éternité, je fuyais aussitôt. Comme si l'amour, chez moi, s'apparentait à une conquête et, sitôt la montagne grimpée, il ne reste plus qu'à redescendre.
Alors dans le fond, si je reprends toutes ces pensées, ne pas aimer la personne qui est évidente pour soi revient peut-être à l'Aimer. Sa place devenue si naturelle dans ma vie produit un amour si intense qu'il en devient transparent. Un peu comme le prisme des sept couleurs produit une lumière pure, toutes les expressions de haine, d'agacement, d'énervement ne sont en fait que le témoignage d'un amour ? Un amour infini, si infini qu'il ne fait qu'atteindre le néant ?
Au final, j'ai alors peut-être un cœur fucked-up, mais à part ça, je suis peut-être normal. Peut-être que, à ma manière, et parce que je sais qu'ils ont pris une place réelle et immuable dans ma vie, j'aime mes parents et mon copain comme si je ne les aimais pas du tout. On dit que de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas. Alors peut-être que de l'Amour au non-amour il n'y a rien. 27/12/2006Mayhem
Avoir un sommeil régulé n'aura pas duré très longtemps. Cela fait plusieurs mois que les insomnies ont repris le dessus, avec un pic ces derniers jours. En fait, si je réussissais à dormir cet été c'est parce que j'avais trouvé la paix ; mais après l'accalmie, c'est le désordre qui règne dans mes entrailles.
Je suis au bord d'un précipice que je ne connais que trop bien. Quelques crises de larmes et cauchemars ces dernières semaines m'ont alerté sur mon état. La déprime n'est pas loin, et il s'en faut de peu pour que je chute. Je ne sais pas exactement comment je tiens. En restant actif, en me poussant dans mes propres retranchements, en étudiant, en rêvant sur l'avenir, en côtoyant de nouvelles personnes… Mais tout ce positif est aussi paradoxalement ce qui m'entraîne du côté obscur de la force.
Depuis que je suis rentré de Londres j'ai tenté de reconstruire ma vie. Il fallait gérer quelques échecs sentimentaux, sociaux et académiques. Ce n'était pas facile mais après un an de reconstruction, après la rédaction de mon mémoire infernal, j'ai eu la sensation d'avoir mis une partie du passé derrière moi et d'avoir établi de nouvelles fondations intérieures ("mon corps est mon logis") et extérieures.
C'est justement quand on se rend compte du chemin parcouru que l'on voit également les failles de son évolution. J'ai raté une étape importante de ma construction identitaire et, à l'heure où je dois faire des choix quant à mon avenir professionnel, je réalise que quelque chose cloche en moi. Après tout le travail effectué, il s'avère que pour la millième fois de ma vie je ne me sens pas à ma place. Je ne suis pas dans le bon appart', dans la bonne ville et encore moins avec les bonnes personnes. Quand j'ai dû porter le fardeau d'un adultère qui n'était pas le mien, on m'a imposé une vie que je ne voulais pas vivre. Aujourd'hui, je subis des conséquences que je ne devrais pas avoir à gérer.
Certains aspects de ma vie ne m'appartiennent pas et je n'arrive pas à les rendre au néant. Ils sont en moi et la seule solution qui me vient est la fuite. Mais fuir, cela signifie recommencer ailleurs. Et tout ce que j'ai construit depuis un an et demi sera alors détruit ou, au mieux, mis entre parenthèses. Comment avoir la force de tout recommencer ? Tout plaquer, est-ce une solution ? Si je pars, je prends le risque de rater le décollage et de foncer droit dans le mur. Si je reste, je fais face à une impasse et cela revient donc au même. Cette place qui n'est pas mienne.
Je me souviens qu'étant petit, après avoir vu un dessin animé, je m'étais cru adopté. Ce n'est pas le cas mais, ce qui est sûr, c'est que je me sens orphelin. Orphelin d'une innocence perdue que jamais je ne retrouverai. Mais l'ai-je réellement un jour connue ? 24/12/2006En rouge et noir
Condensé de différences, d'opposés. Envie d'écrire sans y parvenir. Envie de se connecter sans avoir de connexion. Envie d'être ici et ailleurs.
Impossible de savoir comment je me sens vraiment en cette fin d'année. Difficile de répondre à une question aussi simple que "ça va ?".
Depuis quelques mois j'ai fait le pari d'être sociable, de me rapprocher des gens. Ca a pas mal marché sur certains points. J'ai réussi à voir plus souvent certaines amies, j'ai réussi à me rapprocher de nouvelles personnes. Et même quand, rattrapé par mes mauvais démons, je n'y croyais plus, j'ai passé une semaine très amicale en compagnie de ma classe. J'en apprends plus sur eux, j'en apprends plus sur moi. Je perçois de mieux en mieux ce qui me gêne dans l'alcool, j'arrive de nouveau à faire semblant de ne pas être perturbé par leur opium.
Mais ce qui est étrange, c'est qu'en me rapprochant de certains, je m'éloigne d'autres. Les fondamentaux de ma vie sont relégués au second plan. Le fait est que je gère mal certaines différences et réflexions, tout comme j'ai bien du mal à oublier, à pardonner. Je ne sais plus dans quelle équipe je joue. Je ne sais plus ce que je veux ou pas. Je ne sais plus ce dont j'ai besoin ou pas. Je prends des décisions, j'accepte la mort en moi pour au final ne pas agir et devenir un mort-vivant. Mais quand on n'est pas vraiment mort, peut-on ressusciter ? Ou ne fait-on que repousser l'inéluctable trépas ? L'entre-deux mondes peut-il être éternel ? Comment s'épanouir quand on n'est nulle part ?
Ce carrefour de néant est également présent dans mon futur. J'ai une longue liste d'organismes dans lesquels je vais postuler pour mon stage de fin d'études sans parvenir à établir lequel m'attire le plus, sans être capable de savoir quelles tâches je souhaite effectuer. De plus, une part de moi a très envie de fuir en pays étranger mais l'autre part a peur de revivre la nostalgie qu'on ressent à être expatrié, l'impossibilité à s'intégrer, la réalisation d'être seul au monde et étranger à tous.
Que faire ? Je me laisse guider par quelques bourrasques, tremblements, étincelles et vagues en attendant de trouver mon élément.
Comment un petit diable peut-il s'épanouir au mieux ? Comment trouver ailleurs la force d'être soi ?  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |