Grandir
J’ai déjà évoqué plusieurs fois mes problèmes sociaux, dus, entre autre, à mon incapacité à mettre les pieds dans un bar pour y consommer une quelconque boisson. Cette « pathologie » atypique alimente régulièrement le flux de mes réflexions, car il faut admettre que ce n’est guère une antipathie commune. Ainsi, plus les mois passent et plus j’en apprends sur moi et sur ce problème social.
Il suffit qu’on prononce les mots « prendre un verre », « prendre un pot » ou « boire un coup » pour que je me sente immédiatement crispé ; je développe une réelle aversion pour cette habitude qu’ont 99 % des gens. J’ai alors formulé l’hypothèse que j’avais un blocage psychologique (il me semble qu’il y a un terme freudien bien précis pour ce que j’ai) tout simplement dû au fait que mes deux parents sont alcooliques. Pourtant, quand j’étais petit, j’adorais (mais vraiment : J’ADORAIS) rejoindre mon père au café.
J’ai également réalisé que j’étais gêné par le fait d’être servi. Je me suis habitué au restaurant, mais il est vrai que je conserve une appréhension à chaque fois que je m’y rends. Il s’avère ainsi qu’au contraire j’adore aller au Mc Do’ et dans n’importe quel fast-food, et que j’apprécie de plus en plus les chaînes telles que Starbucks et Columbus Café, tout simplement parce que ce sont des endroits où l’on paye en caisse. J’ai longtemps pensé que je préférais ces lieux aux autres cafés parce que la nourriture y est mise en avant (je préfère justement manger à boire) et qu’on y trouve de bons chocolats chauds (boisson dont je raffole). Mais il me semble depuis quelques temps que cela va plus loin.
J’ai finalement relié ce blocage à d’autres dans ma vie, et j’en suis venu à la conclusion que je suis resté bloqué, dans certains domaines, à l’enfance ou à l’adolescence. Je refuse catégoriquement tout ce qui m’obligerait à avoir de trop grandes responsabilités ; des responsabilités d’adultes. J’ai peur de voir ma belle-sœur et mon demi-frère parce que je sais que je verrai par la même occasion mes neveux, des enfants avec qui je suis, par définition (je n’aime pas les enfants) mal à l’aise. La vision d’enfants dans ma famille me rappelle que je ne suis plus le « petit dernier » et que je suis, à mon tour, adulte. Je n’aime pas Noël parce que je ne suis plus le simple enfant qui reçoit des cadeaux ; je me dois d’avoir des relations adultes à table, de recevoir et de faire des cadeaux entre adultes. Je recherche également à ce que mon copain s’occupe de moi, me protège, me prenne en main (hum…) comme un père avec son fils (même si j’aime aussi l’inverse bien sûr). Et j’en oublie probablement !
Il m’a fallu des années avant de comprendre tout ça. Certainement que je découvrirai d’autres éléments dans les tréfonds de mon cerveau névrosé dans les mois à venir. Ce que je me demande à présent, c’est comment progresser, comment évoluer dans le bon sens. Et tout simplement, alors, comment grandir.
Peut-être qu’un jour petit Jona deviendra grand.
27/01/06 - 00:09
Tu vois un psy ? il doit se régaler !
trève de blague, aller au starbuck's c'est vraiment nase. tu peux tjs aller prendre ton café au comptoir!
frank (visiteur)