05/06/2006Gay FearNous étions dans un pays lointain et ô combien étranger, la Belgique. Dans une petite bourgade dont nous n'avions quasiment jamais entendu parler, Bruxelles. Angelounet et moi-même venions de manger les "meilleures frites du monde" dixit le Guide du Routard et le New York Times. Nous venions de nous perdre plusieurs fois, aux alentours de minuit, dans cette ville inconnue, d'abord à la recherche des fameuses frites (très bonnes, il est vrai, mais j'avais mal au cœur à force de me perdre en voiture) puis à la recherche de la nouvelle star de notre hôtel.
Il faisait nuit noire et, à peine arrivés, Angelounet a soulagé sa vessie sur le parking de l'hôtel (oui, ce garçon est une vraie pisseuse). Nous rentrons dans le bel hôtel que nous avions réservé sur Internet. Le gérant nous accueille, prend nos noms pour consulter son ordinateur et… là réalise que notre réservation n'a pas été enregistrée. Bordel de merde ! Toutes ses chambres sont occupées, sauf une, avec de l'eau qui coule (génial). Il s'occupe comme il peut de nous, prend les informations nécessaires afin que nous prenions possession de cette chambre de secours, jusqu'à réaliser qu'elle n'est en fait pas disponible car occupée par le veilleur de nuit…
"Bon, je vous offre à boire, installez-vous, je vais vous trouver une solution" nous lance-t-il. Bouteille de coca à la main, nous prenons place dans les fauteuils spacieux de la pièce. Mister Hôtel se rapproche de nous, téléphone à la main. "Je vais appeler un collègue et tenter de vous trouver une chambre… Oui, Farid, c'est Benoît ! Je suis en présence de deux jeunes hommes, trois petits points, qui…"
"Trois petits points" ? Ca veut dire quoi ça ? Parallèlement à ça, des clients qui ressemblaient fortement à des chrétiens orthodoxes (avec de longues barbes et de grosses croix en or autour du cou) patientent au bar. Alors deux pédés et des religieux dans la même pièce, ça me fait un peu peur moi…
"Bon, tu as encore une chambre, c'est bon ? Parfait. Par contre je vais poser une question à la limite de la diplomatie, attends un instant…" Il se tourne alors vers nous et nous demande : "ce sera une chambre avec lit double ou lits jumeaux ?" Nous sommes bel et bien grillés. Je réponds avec mon plus grand sourire qui feint la cool attitude, "un lit double". "C'est bien ce que je pensais", répond-il dans son combiné.
Au moins il n'est pas homophobe, me dis-je alors. Mais non, c'est même pire, puisque je l'entends dire : "Tu t'occupes bien d'eux, tu leur réserves une belle chambre. Dommage qu'ils ne puissent pas rester dans mon hôtel, je les aurais bien gardés avec moi…" Alors là, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens devenir encore plus blanc que d'habitude et Angelounet se sent tout à coup très très très fatigué. Benoît est très (trop) gentil, mais sentir un désir lubrique venir d'un vieux, gros et moche bruxellois, cela ne fait pas encore partie de nos fantasmes.
Il nous explique le chemin (toutes les routes sont compliquées dans ce pays !) et prend, au cas où, mon numéro de téléphone pour être sûr que nous arrivions bien à destination. Lors du trajet, ça ne loupe pas. Le gentil monsieur m'appelle et me tape la discute. Alors qu'il s'est soudainement mis à me tutoyer, il m'apprend que "Jonathan" est un prénom très symbolique pour lui, chose qu'il souhaite m'expliquer plus en longueur par la suite. Il essaie de sympathiser, me propose qu'on se voie le lendemain car il connaît bien le gay Bruxelles, il veut nous faire visiter… Mais bien sûr, et la marmotte, tu veux l'enculer elle aussi ? Il finit par m'avouer qu'il n'a pas été très intelligent, qu'il aurait dû nous proposer le seul lit gratuit de l'hôtel… Je retiens mon souffle, je sens ma bite rétrécir comme une saucisse au micro-ondes, et mes oreilles accueillent ses paroles comme un trou une verge démesurée : "le mien". Je regrette de ne pouvoir faire profiter Angelounet de cette conversation intime. Je fais comme si ses paroles ne me choquaient pas et je lui réponds que je dors mal et ai besoin de beaucoup de place pour pouvoir m'étaler (ce qui est vrai !). "Mais tu aurais plein de place avec moi, ne t'inquiète pas…" Moi ? M'inquiéter ?
La conversation a pris fin peu après. Je l'ai racontée en détails à mon copain qui n'en revenait pas non plus, puis j'ai pris peur. Il a mon numéro de portable, il va nous harceler demain, on risque de le croiser dans la rue… Sauf que, comme par hasard, je n'avais plus de batterie…
Nous n'avons jamais revu Benoît. Pourtant j'ai pensé à lui toute cette journée, craignant de le rencontrer de nouveau. Sûr que lui a pensé à nous également, mais dans un autre contexte.
Pourquoi est-ce que ce n'est pas le jeune jardinier de 'Desperate Housewives' (voir ci-dessous) qui nous fait une proposition de ce genre, hein ? Et pourquoi cette situation s'est elle présentée à nous deux fois en moins d'une semaine ?
Arrivés à l'hôtel, celui où nous avons dormi, j'avais vraiment envie de vomir. Difficile de savoir à quelle frite c'était dû.
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
05/06/06 - 14:38
L'avantage dans les hotel de luxe, c'est qu'en général ils sont beaux à la réception :)
bip76