Mémoire – Episode final : soutenance et résultats
Ma soutenance a eu lieu à la mi-juin. J'avais une demi-heure d'avance, ma directrice de recherche une heure de retard. Il faisait très chaud et je suais à très grosses gouttes dans ma chemise à manches longues portée pour l'occasion. C'était intensément stressant, mais je me disais que la torture ne durerait que vingt minutes.
Elle en fait duré plus d'une heure. Mme Frimousse a passé en revue tous mes défauts académiques. C'était horrible de constater à quel point j'avais régressé. Dans les études, on ne stagne pas : soit on apprend, soit on oublie. Deux ans hors du système classique ont laissé des séquelles dans mon apprentissage. Il y avait notamment des moments où elle me posait des questions et je me retrouvais dans le corps de l'élève qu'on a tous été à un moment ou à un autre et où l'on a simplement répondu : "J'sais pas." Ca faisait tellement de temps que ça ne m'était pas arrivé…
Cela m'a confirmé que je veux me professionnaliser et que les études ne me correspondent plus (m'ont-elles correspondu longtemps… ?)
En partant, je lui ai demandé quand j'aurais mes résultats en espérant qu'elle me dirait de suite ma note. Elle a en fait juste répondu : "le jury se réunira début juillet pour délibérer, vous recevrez un courrier dans la foulée". Bon.
Mais tous les autres élèves que je connais ont eu leur note au moment de leur soutenance. Et pas moi. Oh que j'ai été stressé, oh que j'en ai parlé autour de moi. J'étais alarmé à l'idée d'avoir passé deux ans en maîtrise pour des cacahuètes.
Jusqu'à hier. J'ai appris que Cylia, qui était avec moi à Londres, qui était inscrite aux mêmes cours, qui avait la même directrice de recherche, avait passé sa soutenance, que ça avait duré une heure et demi et qu'elle avait de suite eu sa note : 14. Ca m'a redonné espoir.
Cylia, à Londres, elle a séché tous les cours, n'a rendu qu'un devoir sur 4 (littéralement). Mais dans sa grande générosité le bureau des relations internationales de Londres lui a attribué les mêmes notes qu'à moi (moi, qui suis allé à presque tous les cours et qui ai fait tous les devoirs en temps et en heure). Et parce qu'en plus Cylia a beaucoup de chance, notre coordinateur Erasmus a fait une erreur en transcrivant nos notes et elle a ainsi gagné un point supplémentaire ! Elle qui n'avait rien fait a obtenu plus de points que moi au final !
Si seulement ça s'était arrêté là. Mais non ! Son mémoire, elle l'a commencé à peine quelques semaines avant la date butoir, elle l'a bâclé, même pas relu et rendu en retard. Moi, je l'ai commencé il y a des mois, j'ai bossé comme un taré, je l'ai rendu en avance.
Et lorsque j'ai écrit à Mme Frimousse pour avoir les résultats, j'ai appris que j'avais eu 11. Elle a en outre eu la bonne idée de donner les notes à tout le monde dans le même mail, ce qui m'a permis de constater que, non seulement Cylia avait le cul bordé de nouilles, mais que je vomissais les miennes dans les chiottes en ayant la plus mauvaise note de la liste. C'est très agréable…
Et injuste. Si encore Cylia était douée… J'en connais des gens qui bossent au dernier moment et qui cartonnent, j'en ai même fait partie. Mais là, entre les notes de Londres et le fait qu'elle n'ait pas été pénalisée pour son retard, je me sens mis de côté. Sans parler de mon ego qui en prend un sacré coup. Certes, les études ne sont plus faites pour moi, mais à ce point-là…
Je suis amer, mais je relativise : j'ai ma maîtrise. Ces deux dernières années n'auront pas été vaines. Et il ne me reste plus qu'à être accepté en Master 2 Professionnel (ex-DESS). J'ai déjà passé plusieurs épreuves et ce n'est pas trop mal parti. Verdict la semaine prochaine avec le dernier entretien… A moi de prouver que je mérite ma place.
30/06/06 - 01:22
allez ! courage p'tit jona ! les notes ne valent rien dire ! l'experience est la plus importante ! et tu en riras ds 10 ans ! (meme si c clair que c dur a avaler maintenant)
philou10eme