Renaissance
Quatre semaines. Presque un mois. Pour un nouveau moi. Depuis que je suis parti en vacances, je dors super bien. Je l'ai déjà vaguement évoqué, mais depuis quatre semaines, je m'endors vraiment rapidement. Insomniaque depuis toujours, que m'arrive-t-il ? Est-ce, comme ça m'est déjà arrivé, une passade ? Ou mon corps a-t-il enfin compris le fonctionnement du sommeil ?
C'est un gain de temps et d'énergie énorme. Il faut comprendre que jusque là, je mettais systématiquement au moins deux heures à m'endormir. Ca veut dire que du moment où, fatigué, je me faufilais sous la couette et laissait ma chambre plonger dans les ténèbres, je restais au moins deux heures à désespérément essayer de m'endormir. Si on n'a pas l'obligation de se lever tôt le lendemain, ce n'est pas si grave sauf qu'on se lève, logiquement, deux heures plus tard et donc, logiquement, on se couche et s'endort encore plus tard… Jusqu'à vivre la nuit ! Si au moins c'était un choix… Lorsque je n'arrive pas à m'endormir et que je dois me lever tôt le lendemain, non seulement je suis explosé toute la journée, mais je ne parviens même pas à m'endormir rapidement le soir suivant. Au fur et à mesure des jours, j'accumule alors la fatigue jusqu'au jour où je peux faire une très grasse matinée.
Depuis toujours, ma vie est rythmée, réglée, dominée par les douloureux caprices de mon sommeil. Il est évident que cela a des répercussions plus que néfastes au quotidien : difficultés de concentration, fatigue permanente, irritabilité, etc. Avoir (provisoirement ?) réglé ce problème me change la vie. Je suis beaucoup plus flexible, agréable, positif… Je suis enfin sur le chemin du bonheur. C'est dingue comme un simple problème peut vous pourrir la vie et sa résolution la rendre bien meilleure.
Je mange bien, je baise bien, je me vide bien, je dors bien et je vois même de amis… Bref, tous mes besoins primaires sont satisfaits. Je deviens quelqu'un d'autre. Je ne déprime plus depuis la fin du mémoire. C'est comme si j'avais cristallisé toutes mes névroses et angoisses existentielles sur sa rédaction. Ca ma bouffé la gueule pendant six mois, je l'ai très mal vécu et à chaque fois que j'y pense je ressens une douleur qui me rappelle à quel point j'ai abhorré ce moment de ma vie. Un peu comme si j'avais vécu une rupture, un adultère, une maladie particulièrement douloureuse. Comme si c'était l'épreuve de l'année à surmonter. Et maintenant que c'est fait, j'ai la sensation que tous mes problèmes se sont envolés. Moi qui pleurais presque quotidiennement il y a quelques mois ou années, je suis incapable de me souvenir de quand date la dernière fois !
Certes, je conserve un aspect destructeur et je ne suis pas devenu parfait. Mais mes névroses se font relativement peu sentir et je me sens libre. Je n'ai pas de gros démon à combattre pour le moment. Le point négatif est donc que je n'ai pas de grand texte à écrire non plus. Mais ce répit est une bénédiction, d'autant plus quand on sait que j'aurai un autre mémoire à écrire dans un an !
Je dois bien avouer qu'en ce moment la vie est belle ! Espérons qu'elle le sera encore quand je reprendrai les cours, dans à peine plus d'un mois.
"I am mysteriously standing on the good side of my soul"
(Lara Fabian - I've Cried Enough)
13/08/06 - 16:44
Ca fait plaisir à lire !
pheel