Mayhem
Avoir un sommeil régulé n'aura pas duré très longtemps. Cela fait plusieurs mois que les insomnies ont repris le dessus, avec un pic ces derniers jours. En fait, si je réussissais à dormir cet été c'est parce que j'avais trouvé la paix ; mais après l'accalmie, c'est le désordre qui règne dans mes entrailles.
Je suis au bord d'un précipice que je ne connais que trop bien. Quelques crises de larmes et cauchemars ces dernières semaines m'ont alerté sur mon état. La déprime n'est pas loin, et il s'en faut de peu pour que je chute. Je ne sais pas exactement comment je tiens. En restant actif, en me poussant dans mes propres retranchements, en étudiant, en rêvant sur l'avenir, en côtoyant de nouvelles personnes… Mais tout ce positif est aussi paradoxalement ce qui m'entraîne du côté obscur de la force.
Depuis que je suis rentré de Londres j'ai tenté de reconstruire ma vie. Il fallait gérer quelques échecs sentimentaux, sociaux et académiques. Ce n'était pas facile mais après un an de reconstruction, après la rédaction de mon mémoire infernal, j'ai eu la sensation d'avoir mis une partie du passé derrière moi et d'avoir établi de nouvelles fondations intérieures ("mon corps est mon logis") et extérieures.
C'est justement quand on se rend compte du chemin parcouru que l'on voit également les failles de son évolution. J'ai raté une étape importante de ma construction identitaire et, à l'heure où je dois faire des choix quant à mon avenir professionnel, je réalise que quelque chose cloche en moi. Après tout le travail effectué, il s'avère que pour la millième fois de ma vie je ne me sens pas à ma place. Je ne suis pas dans le bon appart', dans la bonne ville et encore moins avec les bonnes personnes. Quand j'ai dû porter le fardeau d'un adultère qui n'était pas le mien, on m'a imposé une vie que je ne voulais pas vivre. Aujourd'hui, je subis des conséquences que je ne devrais pas avoir à gérer.
Certains aspects de ma vie ne m'appartiennent pas et je n'arrive pas à les rendre au néant. Ils sont en moi et la seule solution qui me vient est la fuite. Mais fuir, cela signifie recommencer ailleurs. Et tout ce que j'ai construit depuis un an et demi sera alors détruit ou, au mieux, mis entre parenthèses. Comment avoir la force de tout recommencer ? Tout plaquer, est-ce une solution ? Si je pars, je prends le risque de rater le décollage et de foncer droit dans le mur. Si je reste, je fais face à une impasse et cela revient donc au même. Cette place qui n'est pas mienne.
Je me souviens qu'étant petit, après avoir vu un dessin animé, je m'étais cru adopté. Ce n'est pas le cas mais, ce qui est sûr, c'est que je me sens orphelin. Orphelin d'une innocence perdue que jamais je ne retrouverai. Mais l'ai-je réellement un jour connue ?
27/12/06 - 05:07
On peut fuir sans bouger. Recommencer ailleurs mais garder son appart et continuer d'y vivre. Tout plaquer ne nécessite pas un passage à l'acte physique. Ça te laisse de nouvelles possibilités, comme ça, peut-être moins inquiétantes.
Courage en tout cas :-)
cizion