...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

31/05/2007

31/05/07 - 22:59

Choisir de ne plus être conditionné ?



Cela a toujours été difficile pour moi. Tu veux des pâtes ou du riz ? Tu préfères aller ici ou là ? Un peu de couille gauche ou un peu de couille droite ? Devoir prendre une décision s’avère l’une des choses les plus problématiques de ma vie, même dans ses aspects les plus simples et futiles. Alors quand il s’agit de grands moments…

Impossible de me décider dans ma vie amoureuse. Depuis toujours. Je devrais l’embrasser, je devrais l’enculer, je devrais le tromper, je devrais le quitter, je devrais l’oublier, je devrais me marier… Conditionnel qui passe trop rarement à la réalité.
Dans ma vie académique aussi. Je devrais arrêter ça. Je devrais plutôt faire ça. J’aurais dû choisir une autre voie. J’aurais dû.
Logiquement, la vie professionnelle suit le même cours. Je devrais peut-être postuler. Je devrais peut-être accepter. Je devrais peut-être chercher ailleurs. Je devrais peut-être reprendre des études.
Quand tout mène dans l’impasse, on cherche une sortie. Je devrais peut-être partir vivre en Espagne pour mieux parler espagnol. Je devrais peut-être partir dans un pays anglophone pour devenir bilingue. Je devrais peut-être ne pas avoir peur, ne pas rester sur des échecs. Je devrais peut-être rester.

La vérité, c’est peut-être que je n’ai en fait pas trouvé ma voie (mais cette notion est-elle réelle ?). Ou alors que je suis trop perturbé pour mener ma vie comme elle le mériterait. Dans les deux cas, soit c’est le monde qui ne me convient pas, soit c’est moi qui n’y suis pas adapté. Et avec la faible confiance qui m’anime ces derniers temps, ça n’est pas prêt de changer malgré mes désirs.

Mes désirs… Il est là aussi problème. Je n’arrive pas à clairement identifier ce que je veux. Peut-être pour ne pas être déçu de ne pas l’obtenir.

Je regarde les choses défiler sous mon nez. Les propositions, les possibilités. J’approche la main, je touche, je me masturbe l’esprit… mais je ne jouis pas de la vie. J’attends qu’elle me crache dans la main et m’oblige à prendre le premier mouchoir à proximité.

21/05/2007

21/05/07 - 01:03

Il faut sauver Willy



Non, décidemment, je ne suis pas à ma place à la Forteresse. Et ce n’est pas uniquement parce que je participe activement à un système capitaliste, que je ne promeus ni la culture ni œuvre pour le développement durable. C’est surtout parce que j’ai régressé.

Je revis cette époque où personne ne connaissait mon fort penchant pour la bite, où j’étais donc plus souvent considéré comme discret, introverti, calme, gentil, cucul, sérieux, etc. Cette période où il fallait faire semblant, mater les seins de mes copines, deviner leur taille de soutif, caresser des cuisses, me faire croire que je suis amoureux de Machine puis de Cunégonde… Alors bon, je ne mens tout de même pas, mais j’ai tellement ancré en moi cette notion de ne pas faire mon coming-out tant qu’on ne me le demande pas que les « non-dits » sont de plus en plus présents et que chaque jour où je maintiens mes collègues dans l’ignorance m’isole en peu plus.

Car il devient ardu de subir les remarques sur ma potentielle hétérosexualité. Entre le journaliste dont je suis censé n’avoir rien à foutre (alors qu’il ressemble à Tom Cruise !) et tous ces commentaires affichant mon prétendu intérêt pour les gros seins, personne ne semble remarquer que je regarde les filles dans les cheveux et que les grosses bosses de nos prestataires m’obsèdent. Ainsi que leurs mains anguleuses (vous pouvez tenir mon stylo s’il vous plaît ?), leurs culs plus ou moins moulés, leurs lèvres humides… Je suis tellement entouré de femmes qui me prennent pour un coq que le moindre mâle qui passe agite mes spermatozoïdes comme s’ils étaient en discothèque.

Mon hétérosexualité a failli devenir réelle. Une jolie jeune fille (qui doit pourtant avoir la trentaine, quand même), après avoir flirtouillé avec moi il y a un mois et demi (j’avais pris ça pour une plaisanterie tellement je trouvais ça absurde) a remis le couvert en me proposant de déjeuner tous les deux dans un parc. Le contexte et sa manière de formuler les choses ne laissaient que peu de doute face à sa proposition.

Je n’ai qu’une chose à dire : au secours !!! Qu’on ne me laisse pas vieillir seul bouffé par des chattes.

16/05/2007

16/05/07 - 00:23

Quand la vie donne la mort



Les gens que je côtoie sont à peu près à la même étape sociale que moi. Ils finissent leurs études ou ont entamé depuis peu leur vie professionnelle. Sont plus ou moins en couple. Se posent plus ou moins les mêmes questions existentielles. Cette proximité est importante pour se comprendre, pour se soutenir. Quant aux différences, elles permettent évidemment de prendre du recul et d’envisager autre chose pour soi. Se laisser gagner par l’innocence des « plus jeunes », écouter les conseils des « vieux cons ». Ou l’inverse.

Mais à la Forteresse, c’est moi le plus jeune. Et même celle qui n’a qu’un an de plus que moi me paraît à des années lumière parce qu’elle, elle est maman. Et c’est dingue comme ces filles femmes-là, on ne les regarde pas de la même manière que les autres. Celle qui a reçu une grosse graine dans la chatte au point de se faire exploser le ventre se transforme en une sorte de vache laitière, au détriment de la pétasse qu’elle a peut-être été un jour. Pour moi, ce sont toutes les mêmes. Bouffies, obsédées par leur progéniture, elles deviennent des poules bonnes à couver pour l’éternité. Et le coquelet que je suis est bien différent.

Jusqu’à présent, je me suis senti loin de la parentalité. Ma position de sodomite ne me laisse aucun choix, mais le fait est que, même si je l’avais, je ne voudrais pas d’enfant. Je ne me considère pas comme fini en tant qu’être humain, loin d’être assez stable (à tous les niveaux) pour avoir la possibilité de mettre de côté ma vie et la donner à un mini-moi. Bien sûr que si l’un de mes baigneurs donnait lieu à un être, si l’enfant biologique d’un autre atterrissait dans mon foyer, bien sûr que mon cynisme irait se noyer dans sa couche, mais je me sens tellement mal à l’aise avec un gosse près de moi. C’est inutile, ça n’est que l’expression permanente de besoins insatiables qui obligent à ignorer ses propres besoins. On Je ne peux pas parler avec un enfant, je ne vois pas l’intérêt de parler de bisounours ou de petites copines de l’école. Ca m’ennuie. Ca m’indiffère. Ca m’exaspère.

Puis, il y a quelques mois, j’ai réalisé. Mes amis sont en couple, certains depuis longtemps, il est donc légitime que le besoin d’engendrer se fasse de plus en plus présent chez eux. Mais que devient l’amitié après l’arrivée d’un enfant ? Je me souviens des réflexions de mon adolescence qui m’avaient mené à cette conclusion : l’amitié, préliminaire de l’amour ? Quand elle était loin, la parentalité des autres semblait envisageable car si peu probable. Mais elle se fait de plus en plus présente et je ne peux qu’imaginer mes amitiés avec un pied dans la tombe. Comment pourrais-je supporter chez les autres, mes autres, ce que je n’accepte pas chez moi ? Comment accepter que mes amis deviennent des parents avant tout autre statut ? Qu’ils soient amoureux avant d’être mes amis, pourquoi pas (et encore !), mais qu’ils soient parents envers et contre tout.
Ce sera le mioche ou moi.

Moi qui ne suis pas du tout Marais et compagnie, cette perspective me réjouit plus aujourd’hui. Quand les autres auront construit une famille, j’aurai peut-être moi aussi réussi à me construire une famille d’adoption.

Je savais que cela arriverait un jour, mais j’espérais repousser le temps au maximum. Alors que le temps s’arrête pour certains d’entre nous, il s’accélère pour d’autres. Sur le quai, un train passe à toute vitesse et me surprend. Il y a plus rapide qu’un train : un mail. Un message anodin en apparence, pour donner des nouvelles. Mon amie d’enfance (la seule qui me reste) est enceinte. On a fait les quatre cents coups ensemble, elle a été ma meilleure amie, ma sœur spirituelle, et bien que nos chemins aient fortement divergé ces dernières années, cette annonce a bouleversé mes souvenirs : elle et moi, c’est bel et bien fini.

06/05/2007

06/05/07 - 14:45

J'aurais voulu être...



J’ai 24 ans, je finis mes études et je m’apprête à mettre les deux pieds dans la vie active. Après Londres, la com, les stages, mon chemin devrait être tout tracé. J’ai eu un mal fou à finir mon mémoire d’anglais, à choisir ma dernière année d’études, car ce que je voulais, c’était travailler. Et alors qu’à présent le monde professionnel me tend les bras et n’attend plus que moi, je ne sais plus ce que j’attends.

En fait, ce que je suis actuellement au sortir de ma vie d’étudiant ne correspond pas à ce que j’imaginais du futur moi. Je me voyais avec des mèches sur le front, un copain aimant, des amis que je rejoins dans une sorte de cafèt’ pour jeunes… Je me voyais polyglotte, expert en langues, en orthographe, en édition. Aujourd’hui, je me regarde avec un œil un peu trop critique (ou pas ?) Je me rends compte qu’après 5 ans d’études, je ne sais rien faire. Pas même parler anglais aussi bien que je le voudrais. Etudier en anglais, partir là-bas, ça ne suffit pas à être bilingue. Je parle couramment, oui, mais j’en ai marre de ne pas parler aussi bien français qu’anglais, marre de toujours devoir plonger dans le dico pour être sûr de moi. Je me sens con quand on me demande de faire un masque Powerpoint et de ne pas connaître des choses aussi simples. Marre de ne pas être parfait, optimal, opérationnel. J’ai l’impression d’être une pâte à modeler loin d’être sculptée.

Alors après avoir envisagé plusieurs projets professionnels pour l’année prochaine, je me mets à rêver à d’autres études pour ne pas avoir affaire face à l’abîme du monde. J’ai imaginé devenir traducteur, car cela m’aurait demandé une excellence linguistique qui me manque. De la même manière, j’ai imaginé passer l’Agreg, pour m’obliger à être le meilleur. J’ai imaginé étudier l’histoire de l’art, car je ne supporte plus de ne pas tout savoir. J’ai imaginé faire des arts appliqués, pour ne pas connaître l’art que de l’extérieur, mais pouvoir le vivre également de l’intérieur. J’ai imaginé faire un IUT multimédia, pour enfin faire partie d’une filière où l’on apprend des choses concrètes et utiles. J’ai imaginé faire un LEA espagnol-italien, pour combler mes lacunes dans ces langues que j’adore. J’ai imaginé faire de la psycho, filière sérieusement envisagée après le bac, pour mieux comprendre les autres. J’ai même imaginé devenir secrétaire médical, pour me sentir utile et pouvoir travailler de nuit ! J’ai tout imaginé, sauf la réalité.

Je suis imparfait, je ne suis pas fini et tout est possible.


« Quand tout dépend de soi, on est constamment dans l’angoisse des possibles, l’angoisse du choix, l’angoisse du sens. »

(Jacques Arènes, Psychologies n°261 – Mars 2007, p. 164)

03/05/2007

03/05/07 - 22:55

Bending time



La vie quotidienne poursuivait son petit bonhomme de chemin. Je continuais à beaucoup travailler, à sortir presque tout autant, à prévoir mille choses à faire dans tous les domaines. Je participais au vernissage d’une expo à la Grande Arche. Je dînais avec des amies en réalisant que ce moment n’était guère fait de réel partage, plus de voiles de différences. Les mois sans être proches les uns des autres éloignent indubitablement.

Et le temps s’arrêta. Pas brusquement, comme dans les fictions, mais progressivement. C’est d’abord ma peau qui m’a alerté : sensible avec la chair de poule. Puis mon ventre, retourné. Enfin mon front, brûlant. Je continuais donc à travailler malgré les symptômes, je voyais quand même mes amis et quand j’ai retrouvé ma chambre je me suis (presque) écroulé. S’en sont suivis plusieurs jours où je n’ai plus eu de prise ni sur le temps, ni sur la nature. Impossible de retourner travailler, impossible de sortir, j’avais même parfois du mal à me déplacer chez moi tant mes organes tentaient de s’échapper.

J’ai une gastro par an et pourtant à chaque fois je suis surpris par sa violence. J’ai beau me dire que demain je retournerai bosser, que je pourrai de nouveau manger normalement, je ne me souviens jamais que la nature déjoue mes plans en me laissant cloué.

Etrangement, elle a eu quelques effets bénéfiques, cette gastro.
Elle m’a fait maigrir. Je crois que le gourmand goinfre que je suis n’avais jamais aussi peu mangé de sa vie.
Alors que j’étais absent de la Forteresse, mes collègues m’ont envoyé plusieurs traductions à faire. Ah ce n’était pas la joie pour moi, mais ça m’a au moins permis de me rendre compte que, malgré cette absence, j’ai pris ma place dans cette entreprise. Quand je ne suis pas là, on a besoin de moi. Et ça, c’est tout de même très agréable.
Elle m’a permis de me réconcilier avec mon corps. J’ai été obligé d’être à l’écoute du moindre gargouillement pour être capable de savoir quel médicament administrer. Au-delà de ça, je me suis rendu compte que sur certains aspects je négligeais peut-être un peu mon corps, que je forçais dessus (je l’oblige à être en forme quand il est fatigué et je le fatigue quand il est en forme). Peut-être était-ce une manière pour lui de faire sonner l’alarme, de me demander un autre mode de vie.

Je ne peux pas contrôler les autres, ni le temps, ni la nature. Je ne peux que me soumettre à leurs lois. Mais je peux peut-être plus les écouter et tenter de les comprendre afin d’accepter au mieux d’en être prisonnier.

 

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.