...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

31/07/2007

31/07/07 - 21:42

Individualité capillaire



Deux fois déjà m’a-t-on fait la réflexion. « Avec cette coupe de cheveux, on dirait toi quand t’étais petit ». Moi qui déteste les cheveux longs, qui panique dès que mon système capillaire chatouille un peu trop ma nuque, ça fait des mois que je ne suis pas allé chez le coiffeur (pourquoi est-ce que j’utilise toujours le masculin alors que mon coiffeur est une femme ?). Cette soudaine similarité avec ma coupe d’enfant n’est certainement pas anodine.

Je fuis. Je fuis face au monde d’adultes devant moi. Mais cette fuite ne correspond pas à ce que je désirais. Depuis le lycée, j’ai envie de travailler. Mes premières expériences professionnelles ont été si positives que j’ai toujours cru que faire partie du monde du travail serait un plaisir, par opposition aux vacances où je m’ennuie très rapidement. C’est très étrange de vouloir fermement une chose pendant des années et, en l’espace de quelques semaines, désirer tout son contraire.

Je crois aussi que, devenir adulte, au-delà des responsabilités, de l’indépendance et tout et tout, c’est également adhérer à une communauté. Que ce soit au travers d’une passion, d’accointances, d’occupations, après avoir passé sa vie à se préparer au monde, on l’intègre et l’on en fait dès lors pleinement partie. Avant de cotiser au bien de tous, on a le droit en tant qu’enfant plus ou moins grand de profiter du monde, d’acquérir sans cesse, de consommer sans en assumer aucune responsabilité : on prend et on n’a pas besoin de donner en échange. Comme à Noël, où les parents achètent les cadeaux et les enfants les ouvrent, sans que la réciproque soit nécessaire. Arriver sur le monde du travail, c’est passer de celui qui prend à celui qui donne. A ça, je ne m’étais pas préparé.
Etre intégré à une communauté est censé engendrer une meilleure insertion dans la société. Sauf qu’en ce qui me concerne, je ne vois aucune communauté avec laquelle partager quoi que ce soit parce que mes valeurs ont volé en éclat ces dernières années. La patrie, le travail, la famille, le sport, l’amitié, l’amour, la fête, l’alcool, le sexe… Tout ce qui constitue le socle de nos vies ne trouve en moi qu’un écho désabusé et vide de sens. Face à ça, c’est mon individualisme qui s’érige et qui tente d’exister. Je me sens complètement rebelle face à tout, je m’agite pour ne pas me laisser bouffer par le rouleau compresseur de l’entreprise. Vain combat, je le sais, mais je ne peux m’empêcher de crier au scandale.

C’est donc toujours l’indécision qui m’anime, l’immobilisme qui règne sur ma vie. Je râle, je me morfonds, mais jamais je n’agis pour changer les choses. Je me verrais dans un jeu de télé-réalité que je ne me supporterais pas. Surtout avec cette coupe de cheveux.

19/07/2007

19/07/07 - 22:11

Sociabilité du métro

Règle numéro 1 : ne pas ignorer une collègue à quelques mètres de vous… surtout quand elle finit par s’asseoir juste à côté !

Règle numéro 2 : éviter les enfants, d’abord pour le bruit, ensuite pour ne pas patauger dans leur pisse.

17/07/2007

17/07/07 - 22:08

Ordre ?



L’inadaptation est toujours là, les plaintes forcément présentes, mais j’ai comme l’impression que certains éléments commencent à rentrer dans l’ordre. J’aime cette sensation que les choses s’imposent d’elles-mêmes et que la vie trouve des petits moyens de vous surprendre. C’est un peu comme l’encastrement de l’étoile ou du cube quand on est petit : on ne s’attend pas forcément à ce que ça rentre et, pouf, ça marche. (Et non, pour une fois, pas de métaphore sexuelle – alors que j’aurais pu).

Ma démotivation est évidente au boulot, je réduis mes horaires de jour en jour, m’absente de plus en plus souvent (à cause des insomnies, des entretiens…). Alors mes collègues m’ont parlé pendant plus d’une heure. Qu’est-ce qui se passe ? Tu veux arrêter le stage ? Pourquoi t’es démotivé ? Ca m’a fait un bien fou. Je gardais en moi depuis trop longtemps cette frustration. Je leur ai expliqué qu’au-delà de mon aversion grandissante pour la Défense et le travail, je vivais une crise existentielle et que je ne me sentais pas à ma place à la Forteresse. Pas évident, avec un profil culturel, de se retrouver dans une grosse entreprise. Je souffre de ne pas avoir d’autonomie (le poids de la hiérarchie est très fort), de ne pas me sentir compétent, de ne pas plus travailler sur de l’éditorial alors que ma compétence, justement, se situe-là. Un recadrage qui m’a permis de vider mon sac et de le remplir de choses à faire. Parce que j’en suis reparti avec du boulot jusqu’à la fin du stage.
Je regrette de ne pas avoir provoqué plus tôt cette discussion. Je me suis laissé noyer par ma crise et vu que je ne me confie pas à mes collègues, qu’elles ne savent pas que je suis gay, j’ai fait passer le reste de ma vie à la trappe aussi. C’est très con, mais je suis persuadé que si j’avais été outté, je me sentirais mille fois mieux. Il ne me reste plus que six semaines de stage, donc ça ne sert plus à rien, mais maintenant je sais que ça fait partie de mon épanouissement.
Je suis donc soulagé, mais je vis quand même tout ça comme un échec. Un stage longue durée, selon moi, permet normalement de prendre totalement possession d’un environnement de travail et je croyais vraiment qu’au bout de cinq mois je serais opérationnel… Il faut accepter que non ; j’essaie de me consoler en me disant que ce n’est pas que ma faute, c’est aussi parce que c’est la Forteresse en soi. C’est une question de rencontre. A moi d’être capable, dans le temps qui reste, de faire mieux.

A côté de ça, on me laisse quand même entendre que si je le souhaite je peux être embauché par la suite. Je ne compte pas accepter, mais c’est agréable de savoir qu’on nous veut. J’avais également un mail de Gérard Gontran qui me proposait de postuler chez lui. Une ancienne collègue d’il y a deux ans, sachant que j’entame des recherches, m’a conseillé de candidater dans sa nouvelle boîte. Et sur l’une des trois candidatures envoyées il y a peu, j’ai déjà eu un entretien pour un autre site très connu… De ce point de vue-là, j’ai de la chance d’avoir autant de propositions (même si aucune n’est à la hauteur de mes prétentions…).

J’ai refusé une offre intéressante pour le site pour lequel j’écris de temps en temps. Autant le poste correspond à ce que je veux, on me proposait un contrat d’auteur (donc moins avantageux qu’un CDD ou CDI) et bien en deçà du salaire que je mérite. Me considérant, malgré mes doutes, en position de force (vivant chez mes parents, je n’ai pas à me précipiter sur le premier boulot précaire venu), je prends le temps de choisir le meilleur poste au meilleur prix. J’ai beau vivre en crise existentielle, autant en voir les bons côtés : j’ai le droit de prendre quelques mois pour chercher ce que je veux faire de ma vie, les sacrifices que je suis prêt à effectuer, et ensuite prendre ma décision.

Entre la passion et la raison, j’ai donc fini par choisir la déraison. J’ai tout refusé, mis en stand by la possibilité de partir à l’étranger. Ca aussi, ça attendra que je sois plus sûr de moi. J’ai quelques mois devant moi.

Et parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul, mon père est parti en vacances pour deux semaines (c’est le paradis, je n’ai jamais vécu dans un lieu aussi propre) et mes cheveux, après seulement deux mois de traitement, commencent à repousser ! Je devrais peut-être jouer au loto.


« Soyons réalistes, exigeons l’impossible. »

16/07/2007

16/07/07 - 20:58

Le prix de l'âme

Les somnifères font moins effet. Je perçois tout à coup ce que chaque nuit il me fait alors que j’avais été anesthésié.

Il attend que je me mette sur le ventre, pour que je ne le voie pas. Quand la drogue fait effet, que le calme me gagne, que je me dilate, que je frôle le bonheur, il baisse mon caleçon, soulève mon croupion et m’encule bien profond. D’un coup. Pas de va-et-vient. Il rentre, d’un coup sec, aérien. Mais ce n’est pas sa bite que je sens. Il y a un goût de fer, un goût de sang. Il ne s’arrête pas aux limites de mes organes. Il pousse plus loin, me traverse de bas en haut. Mon ventre, mes poumons, mon cœur. Il l’arrache et sort sa main. Je n’aurais jamais imaginé me transformer en vache dont on fait chier le cœur. Je suis vide. Il me retourne. Je vois Satan, blanc, me regardant qui se délecte du sang de mon cœur. Il aspire tout, le vide de toute substance. Une fois flétri, collant, il le jette au pied du lit comme une simple capote usagée. Puis il s’agenouille sur moi. Les genoux sur ma poitrine vide. Me donne un baiser nauséabond de sang. Il me fait toucher sa vulve. Son petit trou à lui. J’y sens tous ses organes et tous ses déchets. Mais depuis que je lui ai vendu mon âme, je me dois de lui payer. Alors je le baise. D’une pénétration douloureuse car son orifice est sec comme de la pierre. Je le baise lentement, mécaniquement, au rythme de la douleur. Puis, bestialement, au rythme du dégoût. Plus je suis en lui, plus nous sommes des chiens. Et quand enfin je jouis, je lui redonne ma vie. Et quand c’est lui qui jouit, il éjacule mon sang.

Il est temps pour mon stylo de quitter Satan. Plus de gouttes pour aujourd’hui. Il s’écroule de son côté, moi du mien.
Demain matin, plus rien. Juste un cahier près du lit, des mouchoirs de sang dans un coin et un mal au cul habituel : un trou sec. Et plein.

13/07/2007

13/07/07 - 21:11

Trithérapie



Tentons d’apporter quelques réflexions pour compenser les émotions négatives du moment. Toujours ce besoin de tout placer dans des petites cases et que chaque pensée, chaque lettre, chaque objet soit bien rangé à sa place.

Ma vie actuelle repose sur trois socles, trois piliers qui composent mon sentiment d’enfermement. Le premier, c’est le couple. Ca fait bien longtemps que je veux être célibataire, incapable de rompre. Le deuxième, c’est de vivre chez mes parents. Depuis mon retour de Londres, mon plus grand désir est de vivre seul et de prendre mon indépendance, mais pour cela il me faut un travail et un salaire conséquent. Le travail, justement, c’est le troisième point : j’en ai marre du stage, de la Forteresse, de la Défense, du métro, de travailler en soi. Dans les trois cas, j’ai en fait la possibilité de partir, rien ne m’oblige à rester en couple, chez mes parents, au boulot. Je peux tout quitter si je le veux. Mais supprimer un seul des ces piliers c’est encore plus subir les deux autres.

Imaginons que je me casse du stage. Que vais-je faire des semaines qui viennent ? Mon mémoire, seul chez moi, à déprimer devant la centaine de pages que je dois une fois de plus écrire dans la douleur. Au moins, à la Forteresse, je suis payé et j’ai toutes les informations nécessaires pour achever cette formalité académique.
Si je romps, je me retrouverai tout seul à caresser mes chats et à regarder la télé lors de mon temps libre, trop déprimé pour oser sortir et oublier. Dans ces deux cas, je subis l’appartement parental (et surtout la saleté, la suffisance, l’orgueil et l’alcoolisme de mon père) en mettant en danger mon esprit déjà bien torturé.
Partir de chez moi, cela implique de trouver rapidement un boulot, ne pas pouvoir faire la fine bouche comme actuellement et donc subir un quotidien professionnel bien pesant.

Une solution de secours s’impose alors à mon esprit : partir en Espagne (ou ailleurs). Tout plaquer, tout recommencer, me croire dans un film. Mais à voir la fragilité qui m’envahit depuis quelques temps, comment puis-je même imaginer m’aventurer ailleurs, m’imposer un déracinement, me confronter de plein fouet à l’inconnu ?

Mon seul « soutien » actuel, ce sont mes somnifères et mon Lexomil… Ca me shoote, ça me permet de divaguer, de me libérer du reste du monde. Un vrai drogué. A défaut de détruire ce qui m’entoure, c’est moi-même que j’anesthésie.

Il va falloir que cette crise existentielle prenne fin. Il y a bien pire que de ne pas aimer son mec, ses parents et son boulot. J’ai au moins la liberté de remettre ma vie en cause.

10/07/2007

10/07/07 - 06:31

A l'aube d'une vie pourrie ?

Je crois que je suis maniaco-dépressif. En même temps, qui suis-je pour établir moi-même mon propre diagnostic ? Ce qui est sûr, c’est que je suis atteint, de plein fouet, par la déprime du début de la vie active.

Samedi soir, je me suis mis à danser tout seul comme un taré dans ma chambre, sur de vieilles chansons de mon adolescence. Je ressentais comme une euphorie, un besoin d’évacuer quelque chose, de l’énergie, des pensées… On aurait pu y voir une joie naturelle, c’était plutôt pour masquer la déprime.

Je suis au bout du rouleau et mon corps me le fait cruellement sentir. Mes insomnies, virulentes, torturent mon corps comme mon esprit me prend la tête. Je suis épuisé à tous les niveaux. Je ne supporte plus mon état sans pouvoir le changer. C’est le drame habituel de ma vie : j’ai tout pour être heureux en apparence, mais ça ne me convient pas. Je ne supporte plus d’être en couple avec un garçon que je n’aime plus depuis trop longtemps mais ma phobie des ruptures me maintient prisonnier de cette morte relation. Je perpétue le schéma de mes parents, ensemble depuis toujours, seulement unis par le souvenir d’un trop faible amour et par simple formalité conventionnelle.

Professionnellement, j’essaie de garder la tête haute et d’avoir confiance en moi, mais cette assurance masque en réalité des doutes qui m’empêchent d’avancer. Surtout, les insomnies étant un réel problème de santé, je ne vois pas comment je peux travailler si je ne dors jamais assez. Mois après mois, la fatigue augmente d’un cran, les somnifères perdent leurs effets, soit je m’endors au bout de plusieurs heures, soit je me réveille trop tôt dans la nuit. Voir le jour se lever quand on ne s’est pas assez couché est l’un des spectacles les plus déprimants qui soit : j’y vois la force de la nature, la fuite inexorable du temps, et mon incapacité à gérer des nuits qui pour tous les autres sont si faciles. Les clichés font si mal.

Comment puis-je décemment m’insérer dans la société, prendre une décision posée sur mon avenir, quand on a un esprit aussi merdique que le mien ?

01/07/2007

01/07/07 - 20:19

Athéement

Ma conception du couple, c’est avant tout de s’aimer. Inconditionnellement. De n’en plus pouvoir quand on est ensemble, d’avoir le cœur qui se serre et la bite qui mouille dès qu’on pense l’un à l’autre. De ne voir que lui, être aveugle aux autres. De n’avoir que lui pour religion. De baiser tous les jours pour rendre hommage à notre amour. De parler beaucoup, de tout, de nos blessures, de nos entrailles. De tout partager, de ne plus avoir de secret l’un pour l’autre. De fusionner. Physiquement, mentalement, intimement. Absolument. De faire croître, ensemble, le jardin de nos âmes.

Lorsqu’on ne peut être ensemble, de penser souvent à l’autre. Le lui dire. Bien que séparés, communiquer tous les jours. Inlassablement. Peu importe que ce soit long ou court. Il faut qu’on sente sans cesse la présence de l’autre dans nos vies.

Ma conception du couple, c’est d’avoir à la base beaucoup de points communs. Accepter les différences, s’en enrichir, s’y convertir. Rire beaucoup ensemble. Pleurer encore plus. S’aider, s’épancher, se soigner, avec dévouement. Devenir l’un pour l’autre le pilier tant attendu. Se connaître infiniment.

Peu importe que la relation dure un jour ou une vie tant qu’une seconde équivaut à un pas en avant. On regarde dans la même direction et on se regarde l’un l’autre. On grandit ensemble de nos conseils réciproques. Avec des larmes d’amour plein les lunettes, des tâches de sperme plein les draps. Tellement.

Amen.

 

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.