Mon « pote » de l’accueil
Je suis arrivé un
matin après-midi, prêt à dégainer ma carte de Chevalier pour pénétrer dans la
Forteresse. Comme d’hab, je dis bonjour aux personnes de l’accueil, quand le grand black me répond : « Bonjour, M. Diabolito ». Etant à la Forteresse depuis peu et ayant peu de contacts avec l’accueil, je m’étonne : « Bah… Comment vous connaissez mon nom ? » - « Mais parce que vous êtes célèbre M. Diabolito ! ». Je suis surpris, je commence à flipper que, durant mon absence de ce matin, une tornade se soit abattue sur mon bureau.
« Mais pourquoi je suis
célèbre ? » (C’est bizarre comme qualificatif).
« Ahhhh c’est la célébrité » répond-t-il, évasivement.
Une fois au bureau, non, il ne s’était rien passé, on ne m’avait pas viré entre temps et le mystère de l’accueil restait entier.
Tous les jours suivants, à chaque fois que j’ai croisé le grand black, il me disait : « bonjour M. Diabolito » en insistant bien sur mon nom de famille. Mais il a quoi mon nom ? J’ai fait quoi pour qu’il me remarque comme ça ? Est-ce parce que je suis le seul mec de la boîte à ne pas mettre de costard, à oser les T-shirts roses et les chemises à fleurs ?
Est venu le jour où, enfin, on a livré un pli à mon nom (consécration !). C’est le grand black de l’accueil qui m’a appelé pour me dire de venir le chercher. Quand je suis arrivé, il en a profité pour me taper la discute et passer au tutoiement. Ce que je faisais à la
Forteresse, mes études… Je lui annonce donc que je quitte la boîte quelques jours plus tard. « Oh bah non, c’est pas vrai, quel dommage ! Je suis tout émotionné ! ». Impossible de savoir si c’est du lard ou du cochon. Il y a comme une part de vrai dans ce qu’il dit, comme s’il m’aimait vraiment bien, tout en jouant un peu l’humour en exagérant.
Dernier jour, alors que j’ai déjà les yeux rouges et gonflés, il me redit qu’il est tout « émotionné », qu’il me souhaite bonne chance pour la suite, que je ferai « une grande carrière » (ça, je n’y crois pas trop, mais je ne le contredis pas) et qu’il a apprécié mon passage quotidien… « Tu es quelqu’un de bien, ça se voit ». Euh… ouais.
Et je suis parti, laissant derrière moi cet « ange gardien ».