...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

31/10/2007

31/10/07 - 14:23

Postuler ?

Il suffirait d’un mail. Quelques clics pour lancer un processus incertain. Car il faudrait que ma candidature, parmi des centaines d’autres, soit retenue. Que je passe tests et entretiens avec succès. Puis, qu’on se mette d’accord sur les conditions salariales. Et pourtant, envoyer un simple mail de candidature est sujet à des jours et des jours de réflexion car j’ai dès lors l’impression que l’enjeu est énorme, que ma vie, à cause de ce simple mail, peut prendre un tout autre tournant.

Il faut le prendre comme un entraînement, c’est toujours bon de passer quelques tests et de se familiariser avec les questions d’un éventuel recruteur. Mais comme j’ai peur d’être sélectionné et d’avoir ensuite à dire non, je ne postule qu’à ce qui me plaît vraiment. C’est peut-être là le problème, je ne sais pas exactement ce que je veux non plus… Alors me voilà à reluquer des postes de chef de projet éditorial pour lesquels j’ai le profil adéquat, sans sauter le pas, parce que les clients sont des compagnies médiévales comme la Forteresse et que je détesterais faire partie d’une agence qui se prostitue lors d’appels d’offres.

Les grosses boîtes : j’en ai trop mangé.
La culture : je n’en ai pas assez.
La fonction publique : je ne veux plus réviser.
Les agences de com’ : ça m’angoisse.
La presse : inaccessible.

Je ne suis pas dans la merde. Je vais encore rester quelque temps chez mes parents.

26/10/2007

26/10/07 - 18:25

Trésor



Amitiés éternelles. On se découvre et on aime en apprendre sur les autres autant que sur nous-mêmes. On sort de plus en plus, c’est excitant, presque transgressif. Le monde s’ouvre à nous. On sait qu’on va aimer, qu’on va baiser. Incertain, le futur est écrit, rythmé par nos quotidiens lycéens.

Indépendance. Je fais ce que je veux avec qui je veux. Premier été de sexe, de découvertes, de vacances lointaines. Les chrysalides se transforment en papillons. Les seins et les jambes se dénudent, les piercings scellent nos juvénilités. Nos vies sont différentes mais sans cesse nous les relions dans nos sorties privées, délires ou fashion. Nous sommes grands.

Notre élan est freiné. Ruptures, tromperies, départs, déceptions. Qui sont nos amis ? Que sommes-nous devenus ? C’est quoi ce monde ? On ne peut plus s’amuser à refaire ce qui se révèle méprisant. De loin, c’est chouette le monde adulte.

De près, c’est dégueulasse. On a beau l’attendre, il n’est que désillusions, exploitation, aliénation. On nous promettait l’indépendance ; c’est la solitude qui gagne. Ils travaillent, se mettent en couple, emménagent, se marient, font des enfants, avec ou sans amour peu importe, mais ils poursuivent ce chemin tout tracé. Ils se referment sur leurs projets. Et les autres, indécis, deviennent de plus en plus de marginaux incompris, dont la seule issue est de faire semblant. Collaborer en apparence à ce monde de chimères, toucher du doigt les paillettes qu’on n’a plus dans les yeux et quitter chaque personne de son entourage, chaque inconnu révélé, avec le goût amer de ce qu’on a perdu.

Les trésors étaient sous nos yeux. Nous regardions ailleurs.

21/10/2007

21/10/07 - 16:47

Distance, grandeur et décadence



Houston. L’avion arrive, un autre doit partir pour nous emmener à bon port. Nous avons une heure devant nous, attends c’est bon, on a largement le temps de passer la douane et de prendre notre correspondance. Une hôtesse fait pourtant une moue peu rassurante. Ca va être juste, nous dit-elle en nous tendant de nouveaux billets, « juste au cas où ». Génial.

Et effectivement, une heure, c’était juste. Non pas à cause de leurs formalités à la con (il faut enlever ses chaussures, c’est quoi ce binz ?) qui me permettent de me sentir un minimum en sécurité (ils n’ont pas vu que j’avais un liquide étrange dans mon sac…), mais à cause de la grandeur de l’aéroport ! Ce truc qu’on pensait traverser en un quart d’heure nous a pris un temps fou. Alors c’est ça, les Etats-Unis ? Tout est aussi grand ? Il a fallu courir à m’en faire cracher les poumons pour arriver à temps, pour le plus grand plaisir de mes voisins qui ont eu un petit diable dégoulinant de sueur. Yummy.

C’était notre tout premier contact avec Oncle Sam. Tout est grand. On peut résumer les Etats-Unis à cette simple évidence. Et le rapport aux distances n’est pas le même non plus. Quand on me dit « ce n’est pas loin, juste à quelques blocks d’ici », je pense que c’est à quelques bâtiments, donc à cinq minutes à pied. En réalité, un block, c’est un ensemble de bâtiments ! Et les cinq minutes se sont transformées en une demi-heure de bus.

Ah les pauvres Français dans l’Ouest américain, ils n’étaient pas au bout de leurs surprises ! Je pense que si j’avais écouté Angelounet, je serais mort au fond du Grand Canyon. Parce que le jeune homme, quand il voit écrit les distances qu’il faut descendre et REMONTER (c’est comme avec des escaliers, c’est plus facile dans un sens), il se dit : cinq kilomètres ? Faciiiiiile ! Dix kilomètres ? A l’aise ! Genre. Je ne sais plus combien on en a fait, ça devait être moins de quatre, mais, déjà, je n’en pouvais plus. Heureusement qu’il est écrit partout : ne pensez pas tout descendre et remonter en une seule journée, beaucoup ont péri !

En fait, si je me suis méfié, c’est à cause de notre tout premier jour à Yosemite. Ce parc, c’est vraiment l’union de la roche et de la verdure, avec des lacs, des cascades, du vent, des écureuils, des ours… et beaucoup de monde. Alors nous, on grimpe. Pendant une heure. Deux heures. Et c’est déjà la fin de l’après-midi ; et je ne vois plus personne monter avec nous, seulement des gens redescendre. Et je commence à me dire que quelque chose cloche.

- Sylvain, dis-je entre deux souffles courts, mes lacets défaits et une gorgée d’eau pour me donner du courage, tu crois pas qu’on devrait redescendre parce que, là, j’en peux plus !!!
- Non, on va jusqu’au bout ! C’est pas loin, on y est presque, regarde, j’suis sûr que c’est juste derrière.

Moi, je voulais m’arrêter au bord de la clairière, en plein soleil, profiter du doux bruit de cette cascade minuscule, ici et maintenant selon mon gros trip « vivons l’instant présent » du moment. Parce que, bon, quand je transpire et que je fatigue, je ne profite pas. Angelounet, lui, c’est plutôt : allons au bout des choses, voyons-en un maximum, je ne veux pas en rater une miette. Et puis, il y avait des Espagnols qui « gueulaient » dans la clairière… Vale.

On finit par demander à un Américain qui passe (putain c’est un Américain, un vrai de vrai, qui parle anglais et tout !) si c’est encore loin. Un mile ou deux. Ca fait quoi ça déjà ? Faut combien de temps pour monter ? Sous la pression de l’ange qui veut grimper aux cieux, on continue. Mais je n’en mène vraiment pas large, et croiser des Amish alors que je ne vois plus le soleil ne me rassure pas.

Le soleil n’est plus là. Il ne fait pas encore nuit, mais le soleil est caché derrière l’une des grosses roches de Yosemite, et par conséquent le temps devient plus froid et plus sombre. Si ça continue je vais paniquer, Sylvain on rentre merde !!! On demande une nouvelle fois si l’étape suivante est loin. A peu près une heure d’ici ! Ah bah oui, et puis on va camper là aussi ?!

Deux heures et demi que nous grimpons, nous entreprenons de redescendre. Et bien sûr il fait de plus en plus sombre, j’ai des chaussures Zara qui ne sont pas du tout faites pour la randonnée (qui pensait que j’allais marcher ?) avec des lacets qui se défont sans cesse… Un bellâtre typique du pays m’arrête d’une voix grave et m’alerte justement sur mes lacets défaits. Je suis tellement stressé de ne pas être arrivé à destination avant la tombée de la nuit que je lui réponds juste : « Je sais, je vais le faire ! » sans prendre le temps de lui faire un sourire, un clin d’œil, un bisou, une ptite pipe et une bonne sodo. Pourtant, j’y penserai en le recroisant plus tard, une fois sain et sauf. Pour l’heure, il me répond juste : « you’re scaring me, man ! » quand je réalise que, oui, bogosse a raison, je pourrais me prendre les pieds dans le tapis et m’écraser comme une vieille capote usagée au pied de la montagne.

Enfin nous sommes en bas. Il ne nous reste plus qu’à marcher jusqu’au bus… mais déjà il fait nuit, de plus en plus, et il fait même vraiment crès crès sombre ici. Je me surprends à penser : « mais y a pas de lumière artificielle, ici, le soir ? » Bah non, ducon. Les Américains, malgré leur manie de commercialiser tout et n’importe quoi, d’améliorer le confort de (presque) tous en dénichant sans cesse une idée incroyable, prennent également un grand soin de leurs réserves naturelles. Ainsi, ils tentent de garder intact des zones de leur territoire pour faire comme si jamais personne n’était venu avant. C’est réussi, parce que plusieurs fois je me suis senti comme un vulgaire insecte face à la nature qui m’entourait, et jamais je n’avais vécu ça avant (ce ne sont pas les « ridicules » falaises d’Etretat qui me contrediront !).

On se retrouve donc à marcher, seuls, dans une sorte de forêt bien sombre, sans savoir comment on va bien faire pour retrouver la navette. J’ai froid, j’ai peur et… tout à coup, je vois une grosse masse sombre, ronde, à ma gauche. Un ours ! Pas le temps de vraiment craindre pour ma vie, c’était juste un bosquet. J’ai moins froid.

A quelques dizaines de mètres de là, la navette passe. J’ai la même sensation que si j’avais échoué sur une île déserte et que je voyais un bateau s’approcher du rivage. SAUVEZ-MOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !

Le plus dur est passé. Même si, bien sûr, on a encore du mal avec les distances. Parce que, même le parking n’est pas éclairé, et il est, à l’image du pays, gigantesque, on a bien du mal à s’y retrouver. On comprend mieux à quoi sert le petit bouton qui fait sonner Titine dans la nuit. Et pour finir la journée, perdons-nous sur le chemin de l’hôtel en craignant que Big Foot ne nous saute dessus !

Heureusement que nous avions le GPS. Je ne comprends pas comment faisaient les Américains (et surtout les touristes) avant. Je pense que c’est Christophe Colomb qui en a eu l’idée.


20/10/2007

20/10/07 - 00:26

Liberté retrouvée ?



Après avoir passé ma soutenance, et alors que je ne m’y attendais pas parce que je n’y avais pas du tout pensé, c’est un vent de liberté qui m’a soufflé dans le cerveau. Ca m’a rappelé les sauts dans les escaliers, la course dans le hall du collège pour rejoindre le soleil de juin alors que la sonnerie retentit pour la dernière fois de l’année scolaire. Point de clochettes pour le grand départ, juste des copines de classe avec qui joyeusement babiner.

J’ai l’impression d’être de nouveau ado. Je me lève, j’ai la journée devant moi. A vrai dire, j’ai la semaine, le mois, je ne sais pas combien de temps, mais j’en ai autant que je veux pour faire ce que je veux. Ca donnerait presque le vertige. Mais, euh, justement, qu’est-ce que je veux ?

Les réflexions sur l’avenir sont moins douloureuses parce que j’ai pris conscience que je ne serai (enfin j’espère !) jamais à la rue, que j’aurai toujours des ressources pour joindre les deux bouts. Je n’ai pas d’idée évidente de métier, mais cette instabilité doit au contraire être une force et servir ma curiosité pour trouver le meilleur poste au meilleur salaire (avec le moins de contraintes et d’horaires possibles bien entendu ! Le beurre, l’argent du beurre, le crémier, vous savez). Et j’ai plus d’une idée dans mon sac.

D’ici-là, je glande. Et je fais l’ado à fond. Y compris quand je vais faire les magasins et que j’essaye, en l’espace de vingt minutes, des T-shirts de tecktonikeur chez Delaveine et des chemises élégantes chez Zara. A la base, je n’aimais ni l’un ni l’autre, mais je suis en pleine crise identitaire, il faut bien y trouver son compte (sans le ruiner). J’ai acheté l’un des deux articles cités, lequel ? ;)

Prenons garde que le vent ne souffle pas trop dans la tête non plus. Car s’il se fait trop présent, le vide trop grand, il va vite être saoulant. Un peu c’est plaisir, beaucoup c’est déplaisir. Et si je ne peux plus m’en débarrasser, je vais en venir à me demander ce que je préfère vraiment : la cage ou le vent ?

18/10/2007

18/10/07 - 15:59

Au-delà de l’espace-temps



J’avais une vision assez précise des Etats-Unis. Enfin, « précise » n’est peut-être pas le mot. Parce qu’elle était assez floue aussi, cette vision, et vous conviendrez qu’une vision ne peut être précise et floue à la fois. Paradoxe, quand tu nous tiens.
En fait, de par les films, les séries, les livres, les études, les invasions commerciales, les Etats-Unis me paraissaient juste à côté. C’est un pays occidental, moderne, le modèle tant détesté, le leader tant convoité, la star du J.T. Bref, c’est un pays qu’on connaît. Qu’on croit connaître mieux que l’Inde ou l’Australie. C’est fascinant la façon dont on projette certains clichés sur les pays qu’on va visiter. On imagine les rues, les gens, les couleurs… comme si on y était déjà allé, juste parce qu’on a vu une photo du Taj Mahal ou qu’on connaît Friends par cœur. A chaque fois que je vais quelque part, je suis surpris de constater à quel point je peux être dépaysé par ce qui n’est pas si différent.

Du début à la fin, ce voyage aura été irréel. Un peu comme dans ma vie, mais de manière plus prononcée, je me suis senti en décalage par rapport au monde. La brume dans ma tête, ce sont les nuages sous l’avion, la pollution dans le Grand Canyon, le brouillard de San Francisco.
Rien que l’avion, c’était quelque chose. Ca m’énerve un peu ces gens qui, avant de vous raconter leurs vacances, vous parlent de leurs bagages et du trajet. Mais c’est parce que ça fait partie des vacances, nom de dieu, et que 14 heures dans le ciel, ça laisse des traces ! Je passerai donc rapidement sur la prévoyance d'Angelounet qui avait créé un dossier relié avec tous les papiers, les trajets, les informations dont nous avions besoin pour notre road-trip mais qui, à côté de ça, a fait sa valise une heure avant de partir… Par contre je ne peux pas ignorer l’avion. Je n’aime pas trop ça parce que, à chaque fois que je le prends, je me dis que je vais peut-être mourir. Je ne ressens pas une peur panique qui me ferait pleurer, non ; c’est une peur froide, consciente de la petitesse de mon être si jamais on devait atteindre le sol un peu trop vite. C’est surtout au décollage (et à l’atterrissage), lorsque la machine est pleine de kérosène, que j’imagine qu’il y a un débris métallique sur la piste, qu’une aile se détache ou qu’un missile nous éclate la gueule. Pendant une minute, je sens la violence de la modernité, je serre les dents autant que les fesses et je me dis que, si je meurs, ce n’est pas grave, j’ai eu le temps d’en vivre des choses quand même. Mais si je pouvais mourir au retour, ça m’arrangerait, l’hôtel est payé, autant profiter des vacances, c’est pas mal comme fin, non ?
En philosophant de la sorte, je dédramatise la situation et une fois que les roues sont rangées, je pète un coup et je me sens plus léger. Voyager, c’est long, mais ce n’est pas si chiant ! Parce que de nos jours, non seulement on vole, mais en plus nous avons tous un écran individuel face à nous avec plusieurs chaînes, films, séries… diffusés en boucle qui permettent de s’occuper autant qu’on veut. Et en plus, Continental Airlines (très bonne compagnie) vous gave régulièrement de bons repas. Le luxe.

Par contre, j’ai vraiment eu l’impression de voyager dans le temps. Nous partions vendredi matin, nous arrivions tôt dans la soirée à San Francisco, et pourtant il se passait quelque chose comme vingt heures entre ces deux moments. Dans l’avion, je ne me voyais donc pas dans un simple engin volant, mais dans une machine à remonter le temps. Et moi qui suis un vrai lapin blanc, j’ai adoré.

Le temps, ensuite, reprend normalement son cours. C’est l’espace, l’ambiance qui est perturbante. Ce que tout le monde un peu enthousiaste se dit lorsqu’il arrive c’est : « putain, je suis aux Etats-Unis ». Nous sommes à l’aéroport de Houston, nous avons moins d’une heure pour le traverser, il n’y a rien à voir et en courant pour ne pas rater notre correspondance, en refaisant les lacets de mes chaussures je me dis : « putain, je suis aux Etats-Unis !!! ». Comme en plus nous changions de destination tous les jours, c’était un renouveau quotidien, un enthousiasme toujours présent.

Mais cette nouveauté, souvent, empêche d’être réellement là. Puisque ce qu’on voit donne le sentiment d’être déjà connu tout en étant en inadéquation avec l’idée qu’on s’en faisait, on se sent déconnecté. En plus, je me suis rendu étrangement compte que, pour profiter des choses pleinement, j’ai besoin d’être seul. En compagnie, je me « branche » à l’autre, j’ai conscience de sa présence et je m’inhibe, je regarde à travers ses yeux. Je grimpe les roches du parc de Yosemite, je suis fasciné par la beauté du lieu, mais je n’arrive pas à croire que je suis là. Je traverse les hôtels de Las Vegas, j’entends les « bling-bling » assourdissants des machines à sous, putain je suis aux Etats-Unis, mais je ne le réalise pas. J’assiste à un coucher de soleil, face au Grand Canyon, mais je me sens loin de ce lieu mythique, c’est irréel, c’est une carte postale que j’ai vue des centaines de fois, c’en est presque banal ; en tout cas, ce n’est pas mystique. C’est beau, mais c’est trop, et c’est tout.

Et il y a eu tous ces moments où, au contraire, je me suis senti vraiment ancré dans le pays. Quand nous mangions des hamburgers aussi gros que nos têtes, de la musique country à fond, un drapeau ricain flottant au-dessus de la route. Quand, après plusieurs jours passés à 30 degrés, on se retrouve entourés des plus gros séquoias du monde, enterrés par plusieurs centimètres de neige. Quand nous sommes seuls à profiter, de nuit, d’une piscine au milieu du désert. Quand je marche sur le Golden Gate Bridge, ce pont qui ne m’a jamais fait rêver, mais qui est symbolique de San Francisco, et que je suis frappé par le gigantisme du lieu qui offre une vue imprenable sur la ville. Quand je passe la soirée à parler anglais avec mon ancienne coloc’ de Londres et ses amies, qu’on se remémore tant de souvenirs et que je revis alors les meilleurs moments de cette année-là. Quand je laisse Angelounet s’éloigner et que je marche seul, au bord d’une falaise surplombant le désert. Je fais alors ce qui me permet de me connecter au monde ces derniers mois, cet exercice un peu idiot qui consiste à se concentrer sur chaque sens, un par un, pour les ressentir pleinement. Et là, facilement, je suis en éveil, pleinement vivant. Je suis là, ici et maintenant, je marche aux Etats-Unis, au milieu du désert, tout seul dans ma tête, et je sais que l’émotion mystique que je rêvais de vivre, le vide de pensée dont j’avais besoin, c’est maintenant que je le ressens, pour quelques secondes seulement, instants emportés par le vent dont je me souviendrai comme la clef de voûte de onze jours de dépaysement.

Hic et nunc. J’entends encore le souffle du vent.

16/10/2007

16/10/07 - 08:32

Graduated



Depuis que je suis rentré, il y a quelques jours, de mes formidâbles vacances aux Staaaates, tout s’est un peu accéléré autour de moi, dans un tourbillon de décalage horaire brumeux. Appétit capricieux, fatigue permanente, délires nocturnes, les journées sont parfois très longues (quand je me réveille à 5 h) ou très courtes (quand je me réveille à 17 h). Et puis, maintenant que j’ai tout ce temps libre en attendant de trouver du crâvail, va falloir que je m’occupe la nouille. Les études, c’est fini, mes profs sont contents de moi, après des années de régularité académique (mention assez bien tous les ans) j’accède enfin à la mention bien. C’est accessoire, totalement superflu et pourtant, ça me comble de joie. Surtout après la débandade du mémoire de l’année dernière, savoir que j’ai été capable de produire quelque chose de bon et de finir sur une bonne note est accomplissant. Des compliments bien placés (« continuez dans la rédaction, c’est vraiment là qu’est votre force, votre mémoire est agréable à lire, votre style est frais, vous avez un très bon relationnel également, je ne me fais pas de souci pour vous »), des mois de doutes semblent être balayés. Mes parents sont fiers, moi je me sens moins con, c’est limite si je ne mettrais pas un chapeau rectangulaire avec une pampille sur la tête. Une page de mémoire est tournée, il ne me reste plus qu’à avancer, à pas de petit adulte.

 

Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.