Moments de solitude professionnelle
Il y a ceux qui entrent dans une pièce avec une telle assurance qu’ils inspirent le respect à quiconque croise leur regard. Et il y a les autres, fragiles, timides, blonds, voire eve-angéliques, qui doivent se battre plusieurs
semaines mois avant de faire leur place. Quand ils y arrivent.
Passer une journée à plus ou moins bosser quand on est plein de Lexomil et de somnifère, quand on est mal à l’aise dans la nouveauté, ce n’est pas toujours aisé, mais ça fait des anecdotes à raconter. Heureusement que le ridicule ne tue pas.
Il y a le comique de situation. Premier jour de stage, je me trompe d’étage pendant que ma chef m’attend à la sortie de l’ascenseur. Deuxième jour de stage, elle me propose de manger avec elle et d’autres. L’heure passe, mon ventre hurle en silence, elle me dit qu’on ne va pas tarder à y aller. Chouette. Puis elle me demande si j’ai faim. Je m’exclame avec un grand OUI qui vient de l’estomac avant de me rendre compte qu’elle parlait avec quelqu’un d’autre au téléphone.
Il y a aussi ces moments déjà bien connus en classe : grand silence, intense, concentration, jusqu’à ce que votre ventre fasse savoir qu’il veut que quelque chose rentre ou que quelque chose sorte. C’était déjà gênant en cours, quand on est en réunion avec la top manager du service et que ce même bruit se fait entendre, il ne reste plus qu’à tousser régulièrement pour faire diversion.
Puis viennent les moments où il faut parler. Tenter de faire entendre sa voix en réunion auprès de ceux qui ne vous regardent même pas puisque vous êtes « stagiaire ». Difficile à faire avec une voix fluette qui ne veut pas sortir au moment où l'on veut prendre la parole.
Raclement de gorge. Cela fait des heures que je cherche les pays où est implantée la
Forteresse. Je n’ai pas encore Internet et je n’arrive pas à me souvenir à quels pays appartiennent certaines villes de l’Europe de l’Est. C’est con la géographie, on croit tout connaître, mais si on ne s’en sert pas tous les jours, on oublie certaines données de base. Oui, oui, je sais, je suis un cas… Et quand on pose des questions con, on se demande si on a bien fait de me recruter.
Toujours rire de la situation. Se mettre à nu, se dévaloriser soi-même avant que l’autre ne le fasse. Je suis désolé, je suis un peu bête en ce moment mais… Sauf qu’il y a des jours où l’on ne sait même pas qu’on est bête. Et c’est là le pire.
02/04/07 - 01:49
Ohhhhhh ^-^
Eve Angeli Power !
nova