Athanor
Appolon s’est mué en un monstre incroyable, ses cheveux ont pris feu et le reste de son corps s’est embrasé comme une traînée de poudre. En m’embras(s)ant, il fait peser tout son poids sur moi. Et alors que j’acceptais cette étreinte fatale, que je jouissais de cette chaleur soudaine, elle m’a brûlé comme un insecte qui fonce vers la lune.
Athanor s’est assis sur moi. Il a laissé en moi le goût de son sperme acide. Un goût que je croyais connaître, un goût assez similaire, et pourtant. Cette fois, une chaleur s’en dégage, un mélange de sucré et de salé, un parfum de nouveauté, de renfermé, de diversité. Il écarte ses cuisses et laisse couler sur moi le fruit de ses entraille. Il chie sur mon ventre un poids lourd qui m’étouffe et m’envahit. Je suis cloué au lit, condamné à subir sa pestilence. J’ignore ces moments. Je fais comme s’ils n’existaient pas, mais son regard de glace derrière les flammes ne trahit pas. L’odeur de ses excréments atteint mes narines. Ils sont composés de vin et de sperme, un mélange de vie et de mort, de pureté et de corruption. Mon lit en est recouvert et malgré ma fenêtre ouverte, cette substance argileuse continue de se répandre et de me maintenir prisonnier. Cloué au bûcher. Je ne me noie pas dedans. Je n’en suis pas totalement recouvert. Je crois même que je pourrais simplement me relever, me laver et tout évacuer. Mais non, car quelque part, toucher les tréfonds de l’humanité, côtoyer les démons les plus invraisemblables, me pencher au-dessus du précipice de la ville, je m’y complais. Attendre cette angoisse sourde, réclamer ma dose quotidienne, sentir l’aiguille qui s’enfonce en un long et doux orgasme, un râle intérieur qui fait enfin taire mon autre. C’est ma raison d’être, c’est ma façon de vivre, d’appréhender les choses. Goûter à ce qu’il y a de plus vil pour avoir une raison de me relever la nuit et ne pas me laisser mourir. Tuer ce qui m’entoure pour survivre.
M’endormir au milieu de mon propre vomi, pour me réveiller avec la gueule de bois, très vite remplacée par une gueule de joie. Dans quelle mesure cette vie ne m’appartient-elle pas ?
18/04/07 - 11:16
Merci, je n'ai pas pu finir le pain au chocolat que je dégustais à l'instant...
:D
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