Diabolito président ?
Il est de bon ton de parler de politique. Quand il y a un événement en France, que ce soit le beau temps, la coupe du monde, la ‘Nouvelle Star’, une élection présidentielle, cela se répercute sur les blogs et les discussions de la vie réelle.
Mes plus anciens lecteurs, les gens qui me connaissent un minimum, savent que la politique et moi, ça fait deux. J’ai longtemps été fermé à la vie de citoyen car je ne pouvais supporter l’intolérance de ce milieu et l’impression qu’aucune élection n’aurait de répercussion sur ma vie.
Petit à petit, j’ai évolué. Appris à gérer l’intolérance des uns, écouter les arguments des autres. J’ai appris que si ma vie à moi ne changeait pas, celle des autres le pouvait. Je me suis rendu compte que j’avais peut-être une pierre à apporter à cet édifice public. Plutôt que de le prendre comme un devoir, je le prends comme un jeu, m’amuse à comprendre les coulisses plus que le devant de la scène. Comprendre comment ça marche, ne plus rougir de ne pas savoir et être avide des autres.
Ces derniers mois ont accéléré mon intérêt. Peut-être à cause de deux micro-événements. Le premier a eu lieu la première semaine de cours. J’étais flatté de faire partie de cette Com’ Academy. Mais j’étais, je crois, le seul à ne pas rire lors d’une référence politique d’un prof. Là, je me suis dit qu’il fallait que je rattrape mon retard.
L’autre événement a eu lieu lors d’un dîner avec
Andrew, à la même époque. Lui qui, lors de notre rencontre, m’avait dit qu’il aimerait que je m’intéresse à la politique car mon esprit lui semblait enrichissant dans ce domaine (un compliment que j’avais adoré) m’a finalement dit : « Je pense que tu ne devrais pas voter. Quand on ne connaît pas assez bien la politique, on devrait s’abstenir. » En fait, c’était moi qui avais manifesté mon droit de ne pas voter quelques années plus tôt parce que je trouvais qu’aucun effort n’était jamais fait pour initier ceux qui n’y connaissent rien.
Quand j’étais petit, je ne supportais pas qu’on me dise « tu ne peux pas comprendre, tu es trop jeune ». Encore maintenant, je déteste qu’on m’interdise quelque chose parce que je ne suis pas du même monde. Ce soir-là, j’ai détesté qu’on m’interdise quelque chose. Et j’ai décidé de grandir, tout seul, pour avoir la même place d’adulte que les autres.
Je ne voulais pas écrire sur la politique, je ne voulais pas écrire quelque chose de creux. Mais après quelques mois de lectures et de visionnages divers sur la politique, je me suis forgé un avis : quel que soit le blog que je lis, quel que soit l’avis que j’entends, quel que soit le degré d’implication politique de mon auteur ou interlocuteur, son discours reste vide de sens. J’ai beau être de gauche, je trouve que les « bouh… Sarkozy est méchant » sont puériles et ne provoquent aucun débat, les « Ségolène est notre déesse » sont illusoires, les « Bayrou est l’amour » exagérés. Les militants & co sont tellement impliqués et sûrs d’eux qu’ils en deviennent trop souvent incapables de démontrer leur opinion. On s’échange trop de valeurs et peu de faits. Bref, à croire que peu de gens savent réellement discuter et avancer des arguments pertinents. A moi alors de me construire un esprit pour pouvoir m’impliquer et parler à la place de tous ceux qui croient savoir le faire.
Ce soir, je ne rougis plus d’avoir une connaissance limitée de la politique. Car contrairement aux autres, je sais que je ne peux que progresser, et, surtout, pouvoir changer d’avis, évoluer, m’adapter, questionner réellement, aller au fond des choses, être tolérant, apprendre à adhérer à l’avis des autres ou tenter de les convaincre. En politique, je suis peut-être vierge, mais ce n’est pas comme si je ne m’étais pas masturbé le cerveau. Après tout, sucer, ça s’apprend vite.
23/04/07 - 01:06
Euh, camarade, si tu veux t'initier à la politique, il y a du boulot... Comme personne ne vient de nulle part, il est utile de comprendre de quelles familles les uns et les autres sont les enfants.
Je te propose de commencer à sucer ça:
http://
Ne soit pas trop goulu, et prends ton temps.
Bonne lecture.
céléos (visiteur)