J'aurais voulu être...
J’ai 24 ans, je finis mes études et je m’apprête à mettre les deux pieds dans la vie active. Après Londres, la com, les stages, mon chemin devrait être tout tracé. J’ai eu un mal fou à finir mon mémoire d’anglais, à choisir ma dernière année d’études, car ce que je voulais, c’était travailler. Et alors qu’à présent le monde professionnel me tend les bras et n’attend plus que moi, je ne sais plus ce que j’attends.
En fait, ce que je suis actuellement au sortir de ma vie d’étudiant ne correspond pas à ce que j’imaginais du futur moi. Je me voyais avec des mèches sur le front, un copain aimant, des amis que je rejoins dans une sorte de cafèt’ pour jeunes… Je me voyais polyglotte, expert en langues, en orthographe, en édition. Aujourd’hui, je me regarde avec un œil un peu trop critique (ou pas ?) Je me rends compte qu’après 5 ans d’études, je ne sais rien faire. Pas même parler anglais aussi bien que je le voudrais. Etudier en anglais, partir là-bas, ça ne suffit pas à être bilingue. Je parle couramment, oui, mais j’en ai marre de ne pas parler aussi bien français qu’anglais, marre de toujours devoir plonger dans le dico pour être sûr de moi. Je me sens con quand on me demande de faire un masque Powerpoint et de ne pas connaître des choses aussi simples. Marre de ne pas être parfait, optimal, opérationnel. J’ai l’impression d’être une pâte à modeler loin d’être sculptée.
Alors après avoir envisagé plusieurs projets professionnels pour l’année prochaine, je me mets à rêver à d’autres études pour ne pas avoir affaire face à l’abîme du monde. J’ai imaginé devenir traducteur, car cela m’aurait demandé une excellence linguistique qui me manque. De la même manière, j’ai imaginé passer l’Agreg, pour m’obliger à être le meilleur. J’ai imaginé étudier l’histoire de l’art, car je ne supporte plus de ne pas tout savoir. J’ai imaginé faire des arts appliqués, pour ne pas connaître l’art que de l’extérieur, mais pouvoir le vivre également de l’intérieur. J’ai imaginé faire un IUT multimédia, pour enfin faire partie d’une filière où l’on apprend des choses concrètes et utiles. J’ai imaginé faire un LEA espagnol-italien, pour combler mes lacunes dans ces langues que j’adore. J’ai imaginé faire de la psycho, filière sérieusement envisagée après le bac, pour mieux comprendre les autres. J’ai même imaginé devenir secrétaire médical, pour me sentir utile et pouvoir travailler de nuit ! J’ai tout imaginé, sauf la réalité.
Je suis imparfait, je ne suis pas fini et tout est possible.
« Quand tout dépend de soi, on est constamment dans l’angoisse des possibles, l’angoisse du choix, l’angoisse du sens. »
(Jacques Arènes,
Psychologies n°261 – Mars 2007, p. 164)
06/05/07 - 17:59
Heureusement que tu es insatisfait ! Mais tu ne peux pas non plus passer ton temps à regarder tout ce que tu pourrais faire d'autre. Je crois que suffisamment de personnes t'aiment tel que tu es pour avoir envie de continuer à suivre ton parcours et à te soutenir quels que soient tes choix, quelles que soient tes hésitations.
Bises de ton géant vert
fanougreenboy