...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

06/05/2007

06/05/07 - 14:45

J'aurais voulu être...



J’ai 24 ans, je finis mes études et je m’apprête à mettre les deux pieds dans la vie active. Après Londres, la com, les stages, mon chemin devrait être tout tracé. J’ai eu un mal fou à finir mon mémoire d’anglais, à choisir ma dernière année d’études, car ce que je voulais, c’était travailler. Et alors qu’à présent le monde professionnel me tend les bras et n’attend plus que moi, je ne sais plus ce que j’attends.

En fait, ce que je suis actuellement au sortir de ma vie d’étudiant ne correspond pas à ce que j’imaginais du futur moi. Je me voyais avec des mèches sur le front, un copain aimant, des amis que je rejoins dans une sorte de cafèt’ pour jeunes… Je me voyais polyglotte, expert en langues, en orthographe, en édition. Aujourd’hui, je me regarde avec un œil un peu trop critique (ou pas ?) Je me rends compte qu’après 5 ans d’études, je ne sais rien faire. Pas même parler anglais aussi bien que je le voudrais. Etudier en anglais, partir là-bas, ça ne suffit pas à être bilingue. Je parle couramment, oui, mais j’en ai marre de ne pas parler aussi bien français qu’anglais, marre de toujours devoir plonger dans le dico pour être sûr de moi. Je me sens con quand on me demande de faire un masque Powerpoint et de ne pas connaître des choses aussi simples. Marre de ne pas être parfait, optimal, opérationnel. J’ai l’impression d’être une pâte à modeler loin d’être sculptée.

Alors après avoir envisagé plusieurs projets professionnels pour l’année prochaine, je me mets à rêver à d’autres études pour ne pas avoir affaire face à l’abîme du monde. J’ai imaginé devenir traducteur, car cela m’aurait demandé une excellence linguistique qui me manque. De la même manière, j’ai imaginé passer l’Agreg, pour m’obliger à être le meilleur. J’ai imaginé étudier l’histoire de l’art, car je ne supporte plus de ne pas tout savoir. J’ai imaginé faire des arts appliqués, pour ne pas connaître l’art que de l’extérieur, mais pouvoir le vivre également de l’intérieur. J’ai imaginé faire un IUT multimédia, pour enfin faire partie d’une filière où l’on apprend des choses concrètes et utiles. J’ai imaginé faire un LEA espagnol-italien, pour combler mes lacunes dans ces langues que j’adore. J’ai imaginé faire de la psycho, filière sérieusement envisagée après le bac, pour mieux comprendre les autres. J’ai même imaginé devenir secrétaire médical, pour me sentir utile et pouvoir travailler de nuit ! J’ai tout imaginé, sauf la réalité.

Je suis imparfait, je ne suis pas fini et tout est possible.


« Quand tout dépend de soi, on est constamment dans l’angoisse des possibles, l’angoisse du choix, l’angoisse du sens. »

(Jacques Arènes, Psychologies n°261 – Mars 2007, p. 164)

commentaires

06/05/07 - 17:59

Heureusement que tu es insatisfait ! Mais tu ne peux pas non plus passer ton temps à regarder tout ce que tu pourrais faire d'autre. Je crois que suffisamment de personnes t'aiment tel que tu es pour avoir envie de continuer à suivre ton parcours et à te soutenir quels que soient tes choix, quelles que soient tes hésitations.

Bises de ton géant vert

06/05/07 - 23:48

Soit, mais n'importe comment, à un moment, il faut se décider.

Pour réellement atteindre le top il ne faut pas se disperser. C'est par la pratique d'un métier que tu sublîmeras tes connaissances. Les compétences passent obligatoirement par l'expérience. :)

08/05/07 - 00:05

gloups...je crois que je vais renoncer à passer mon bac dans un mois, ne pas tenter sciences po (j'y arriverais pas de toute facon), et partir elever des chevres....ca m'évitera tout ca!

08/05/07 - 10:30

Heureusement que tu n'as pas voulu être viril ;o)

02/06/07 - 20:25

tes textes: superbes et bien écrits. Enfin, du français.Une distraction: tu espère manier l'anglais aussi bien que le français et non l'inverse.
Si tu as voulu faire des études de psychologie , ce n'est vraisemblablement pas pour connaître les autres, mais pour te connaître.Tu voulais peut-être faire tout simplement et sans te l'avouer une psychanalyse. J'ai eu les mêmes envies et j'attendrai, hélas,l'âge de 55 ans avant de m'y mettre. Celà ne réussit pas à tout le monde, il faut essayer, pas insister.Mais celà me permets de sortir de ces hésitations sans fin (premiers articles) à tout sujet qui auront duré une vie. Ne gâche pas la tienne.
Le besoin d'excellence et de culture universelle que j'ai eu, est un bien en général, mais c'est un leurre (ne pas choisir), une arrogance (je suis tellement "bien"), un refuge ("je pourrais...". Il faut avoir le courage de s'engager dans un "désir" et s'il ne se vérifie pas, en changer jusqu'au moment où l'on trouve. On a le droit à l'erreur, toute la vie est là; le courage d'essayer, d'avancer, la modestie d'accepter qu'on s'est trompé, de nouveau le courage d'essayer.Et puis avec un peu d'humour, assieds-toi sur un nuage et regardes en rigolant le fêtu de paille que tu es.Le rire et l'humour (se moquer de soi) sont souverains s'ils ne mènent pas au cynisme.
encore bravo pour tes "Pensées".
Un vieux con.

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.