...Blog à ne pas lire...

16/05/2007

16/05/07 - 00:23

Quand la vie donne la mort



Les gens que je côtoie sont à peu près à la même étape sociale que moi. Ils finissent leurs études ou ont entamé depuis peu leur vie professionnelle. Sont plus ou moins en couple. Se posent plus ou moins les mêmes questions existentielles. Cette proximité est importante pour se comprendre, pour se soutenir. Quant aux différences, elles permettent évidemment de prendre du recul et d’envisager autre chose pour soi. Se laisser gagner par l’innocence des « plus jeunes », écouter les conseils des « vieux cons ». Ou l’inverse.

Mais à la Forteresse, c’est moi le plus jeune. Et même celle qui n’a qu’un an de plus que moi me paraît à des années lumière parce qu’elle, elle est maman. Et c’est dingue comme ces filles femmes-là, on ne les regarde pas de la même manière que les autres. Celle qui a reçu une grosse graine dans la chatte au point de se faire exploser le ventre se transforme en une sorte de vache laitière, au détriment de la pétasse qu’elle a peut-être été un jour. Pour moi, ce sont toutes les mêmes. Bouffies, obsédées par leur progéniture, elles deviennent des poules bonnes à couver pour l’éternité. Et le coquelet que je suis est bien différent.

Jusqu’à présent, je me suis senti loin de la parentalité. Ma position de sodomite ne me laisse aucun choix, mais le fait est que, même si je l’avais, je ne voudrais pas d’enfant. Je ne me considère pas comme fini en tant qu’être humain, loin d’être assez stable (à tous les niveaux) pour avoir la possibilité de mettre de côté ma vie et la donner à un mini-moi. Bien sûr que si l’un de mes baigneurs donnait lieu à un être, si l’enfant biologique d’un autre atterrissait dans mon foyer, bien sûr que mon cynisme irait se noyer dans sa couche, mais je me sens tellement mal à l’aise avec un gosse près de moi. C’est inutile, ça n’est que l’expression permanente de besoins insatiables qui obligent à ignorer ses propres besoins. On Je ne peux pas parler avec un enfant, je ne vois pas l’intérêt de parler de bisounours ou de petites copines de l’école. Ca m’ennuie. Ca m’indiffère. Ca m’exaspère.

Puis, il y a quelques mois, j’ai réalisé. Mes amis sont en couple, certains depuis longtemps, il est donc légitime que le besoin d’engendrer se fasse de plus en plus présent chez eux. Mais que devient l’amitié après l’arrivée d’un enfant ? Je me souviens des réflexions de mon adolescence qui m’avaient mené à cette conclusion : l’amitié, préliminaire de l’amour ? Quand elle était loin, la parentalité des autres semblait envisageable car si peu probable. Mais elle se fait de plus en plus présente et je ne peux qu’imaginer mes amitiés avec un pied dans la tombe. Comment pourrais-je supporter chez les autres, mes autres, ce que je n’accepte pas chez moi ? Comment accepter que mes amis deviennent des parents avant tout autre statut ? Qu’ils soient amoureux avant d’être mes amis, pourquoi pas (et encore !), mais qu’ils soient parents envers et contre tout.
Ce sera le mioche ou moi.

Moi qui ne suis pas du tout Marais et compagnie, cette perspective me réjouit plus aujourd’hui. Quand les autres auront construit une famille, j’aurai peut-être moi aussi réussi à me construire une famille d’adoption.

Je savais que cela arriverait un jour, mais j’espérais repousser le temps au maximum. Alors que le temps s’arrête pour certains d’entre nous, il s’accélère pour d’autres. Sur le quai, un train passe à toute vitesse et me surprend. Il y a plus rapide qu’un train : un mail. Un message anodin en apparence, pour donner des nouvelles. Mon amie d’enfance (la seule qui me reste) est enceinte. On a fait les quatre cents coups ensemble, elle a été ma meilleure amie, ma sœur spirituelle, et bien que nos chemins aient fortement divergé ces dernières années, cette annonce a bouleversé mes souvenirs : elle et moi, c’est bel et bien fini.

commentaires

16/05/07 - 00:31

Arf, je te comprends, mon amie d'enfance m'a fait le même coup à 22 ans....je ne l'ai pas revue depuis.

16/05/07 - 07:33

Bonne analyse, je partage cet avis et ces observations...

16/05/07 - 08:11

Jusqu'au jour où l'on te demandera d'être la parrain du petit et là tu comprendras ... ;)

16/05/07 - 09:03

Les enfants des autres ne sont acceptables (s'ils sont bien éduqués) qu'à partir de l'âge de 4 ans et jusque l'âge de 6 ans.
Bienvenue dans ce monde d'hétérosexuels !

16/05/07 - 11:18

Si c'est de l'humour, c'est de très mauvais goût...

16/05/07 - 16:21

Pas d'accord avec toi. Les enfants c'est comme certaines initiations, cela se vit mais ne s'explique pas. Le besoin viendra peut être ou bien le parrainage en effet ! A chaque heure son emploi...

16/05/07 - 20:54

Ben c'est sûr, à ce train-là, tu vas te faire des copines! :))

Ce qui est certain, c'est que si les mecs ne changent pas trop, la maternité tourneboule souvent plus les femmes.

Et les mômes, s'ils sont malappris et te prennent la tête ou ne font que des conneries, faut pas hésiter à les engueuler, nan mais!

17/05/07 - 00:24

J'ai oublié de le préciser mais je suis parrain depuis plus de 10 ans, sans réussite...

17/05/07 - 12:28

Elle est enceinte ?!! Ca me fait toujours un choc quand j'apprends que quelqu'un dans nos âges va avoir un enfant... Mais comme tu le dis si bien, on s'approche de plus en plus de la période où les gens en couple y pensent... (rassure-toi, en ce qui nous concerne Annou et moi tu as le temps de t'en inquiéter... ^^)

Je pense tout de même que le fait de passer au statut parent ne ruine pas forcément toute amitié.

J'ai observé ça parmis les amis de Jérôme, certains ont des enfants, et continuent à voir leurs amis, à rigoler et parler "comme des jeunes" ;-) Bien sûr de temps en temps vient le thème de l'enfant, mais sommes-toutes ça reste un élément de leur vie important mais qui n'envahit pas pour autant leur vie sociale.

J'espère ne pas devenir une "poule laitière" un jour (lointain) et ne pas oublier qu'il y a d'autres relations aussi importantes dans la vie que celles avec son mari et son mioche... Trop de gens ont tendance à se laisser bouffer par leur petite vie de famille et le ressentent comme un contre-coup douloureux quelques années plus tard... Je ne veux pas être comme ça !!!

Donc si d'ici 10 ans tu me vois me transformer, tape-moi, engueule-moi, dis-le moi quoi, et si je n'ai pas complètement perdu la boule par ma maternité toute fraiche, je pourrai te prouver qu'on peut être à la fois amoureuse, mère et bonne amie ! :-)

Besitos Kiki

17/05/07 - 15:41

je comprends tes sentiments. à force de se dire qu'on n'aura pas d'enfants, on se forge une certaine indifférence, voire même une dureté à leur égard. cela passera parce que notre société est plus libérale et plus ouverte.

19/05/07 - 05:52

alwala> Pas vrai, regarde un gamin évoluer et il te renverra à tes propres lacunes; ta position d'adulte. :))

Jonathan et Manu> Un môme n'appartient à personne, ce qui revient à dire qu'il est possédé par tout individu adulte et responsable. Rien ne justifie les envolées lyriques d'un papa ou d'une maman, sinon pour lui. Ah, le choix des maux! :))

20/05/07 - 22:22

Quand vous m'avez dis hier au resto que l'article n'allait pas me plaire, je ne pensais pas à ce point là lol !

Bon je ne l'ai lu qu'une fois et je crois qu'une seconde lecture serait plus utile mais certaines phrases m'ont vraiment chamboulée donc j'ai pas envie de relire. :-p

Que dire... Comme Manu. On devient parent mais c'est presque comme un métier quelque part. Ca s'apprend mais ça ne prend pas tout son temps. A côté de ça on a la vie "active" et les amis.

Je t'accorde que certains parents ne font plus que ça. Tout est tourné autour de bébé. Mais une minorité subsiste... Si si !

Personnellement, le désir d'être maman ne m'empêchera pas d'oublier "qui" je suis et d'où je viens. Avant la maternité il y a eu mon enfance, mon adolescence et le début de ma vie d'adulte. C'est important de se rappeler de ça pour ne pas renier ce qu'on a été "avant".
J'ai envie de rester un peu égoiste malgré tout. Voir mes amis, rire de tout et de rien, passer une soirée au resto... Bref, on verra. Mais peu importe les principes que tu as, si je continue à te tendre la main quand je serai maman, ne la refuse pas. ;-)

21/05/07 - 20:59

Tu dis de manière cinglante ce que j'ose à peine penser sur les gosses. Avant l'âge de 7 ans ce n'est pas la peine, je n'ai rien à dire ou alors pour être poli. Au-delà c'est différent. Je n'ai pas la fibre paternelle, même si Monsieur Ex me trouve paternaliste.

Pour faire partie de ta famille d'adoption, je maintiens ma candidature.

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.