Il faut sauver Willy
Non, décidemment, je ne suis pas à ma place à la
Forteresse. Et ce n’est pas uniquement parce que je participe activement à un système capitaliste, que je ne promeus ni la culture ni œuvre pour le développement durable. C’est surtout parce que j’ai régressé.
Je revis cette époque où personne ne connaissait mon fort penchant pour la bite, où j’étais donc plus souvent considéré comme discret, introverti, calme, gentil, cucul, sérieux, etc. Cette période où il fallait faire semblant, mater les seins de mes copines, deviner leur taille de soutif, caresser des cuisses, me faire croire que je suis amoureux de Machine puis de Cunégonde… Alors bon, je ne mens tout de même pas, mais j’ai tellement ancré en moi cette notion de ne pas faire mon coming-out tant qu’on ne me le demande pas que les « non-dits » sont de plus en plus présents et que chaque jour où je maintiens mes collègues dans l’ignorance m’isole en peu plus.
Car il devient ardu de subir les remarques sur ma potentielle hétérosexualité. Entre le journaliste dont je suis censé n’avoir rien à foutre (alors qu’il ressemble à Tom Cruise !) et tous ces commentaires affichant mon prétendu intérêt pour les gros seins, personne ne semble remarquer que je regarde les filles dans les cheveux et que les grosses bosses de nos prestataires m’obsèdent. Ainsi que leurs mains anguleuses (vous pouvez tenir mon stylo s’il vous plaît ?), leurs culs plus ou moins moulés, leurs lèvres humides… Je suis tellement entouré de femmes qui me prennent pour un coq que le moindre mâle qui passe agite mes spermatozoïdes comme s’ils étaient en discothèque.
Mon hétérosexualité a failli devenir réelle. Une jolie jeune fille (qui doit pourtant avoir la trentaine, quand même), après avoir flirtouillé avec moi il y a un mois et demi (j’avais pris ça pour une plaisanterie tellement je trouvais ça absurde) a remis le couvert en me proposant de déjeuner tous les deux dans un parc. Le contexte et sa manière de formuler les choses ne laissaient que peu de doute face à sa proposition.
Je n’ai qu’une chose à dire : au secours !!! Qu’on ne me laisse pas vieillir seul bouffé par des chattes.
21/05/07 - 01:42
Bon, ben, visiblement les conversations(allusions) entre collègues mâles n'ont pas beaucoup changées en vingt ans. Mais bon, si tu commences à leur parler de leur bite, tu risques fort de faire désordre. :))
Pourtant, si c'est une condition pour que tu te sentes mieux, faudra peut-être leur dire à un moment ou à un autre; avant d'être agacé au point de ne plus être capable de le leur dire gentiment.
Didier (visiteur - site web)