Les gays au travail
Je ne travaille pas à Disneyland, et pourtant, je suis entouré de spécimens à la sexualité douteuse. A croire que les RH, en plus des morues, attirent les tapettes.
Le tout premier spécimen m’a littéralement fait flipper dès les premières minutes. Grand, brun, lunettes subtilement design, costumechemisecravate impeccable, chaussures de marque, un stylo plume dans une main, un cahier, un mac et un portable dans l’autre… Gérard Gontran est entré dans la salle de réunion sans un sourire pour qui que ce soit et sans un regard pour le nouveau stagiaire. A chaque fois qu’il a pris la parole, c’était pour se montrer sûr de lui et rabaisser les autres. Mais son timbre ne laissait aucune équivoque.
Quand, un mois après, j’ai appris que je devais passer une heure seul avec lui pour travailler, je me suis chié dessus. Moi, seul avec un pédé ? Moi, seul avec un mec qui n’a probablement aucune pitié pour un débutant ? Il ne faut pas se fier à sa première impression, ne pas juger le moine sur son habit, etc. Car il s’est avéré très gentil, qualité par la suite confirmée et couplée d’un sens de l’humour qui m’a séduit. Depuis, je ne peux m’empêcher de le regarder différemment, un peu comme une possible évolution pour moi. D’autant plus qu’un CDI correspondant parfaitement à mon profil est créé dans son service.
J’ai ensuite fait la connaissance de Puppy Dinche. Homme plus âgé, maniéré, costume trop large et dépareillé, particulièrement gentil avec moi. Tellement bavard que quand je le croise aux toilettes, il déblatère sur le boulot pendant que j’essaie désespérément d’égoutter ma nouille que, bien sûr, je suis incapable de presser sans une bonne dose d’intimité et de concentration. Son orientation sexuelle ne faisait pas l’ombre d’un doute avant d’apprendre, non seulement qu’il était marié, mais en plus qu’il était parent ! J’avais bien vu l’anneau à son doigt, je le pensais en couple avec un homme, mais quand j’imagine son extension génitale pénétrant une fouffe poilue, je débande pour lui. Bon, je sais que ça existe de ne pas s’assumer, de se convertir à la norme sociale, tout ça, tout ça, mais de là à en croiser en vrai de nos jours… Je pensais qu’on ne les voyait que chez Delarue ces gens-là. Ou alors, c’est que mon gaydar est totalement déréglé.
Fil Hounet, j’ai eu l’occasion de le voir un peu plus ces derniers temps. Avant, je n’avais pu remarquer que sa voix de Porcinet (c’est l’hôpital qui se fout de la charité, je sais) et surtout son incroyable grosse bite. Non pas que j’aie pu la voir en vrai, mais quel que soit le jean qu’il porte, il y a toujours cette bosse énorme qui attire mon attention. Sérieux, c’est très difficile de se concentrer dans ces conditions. Quand il nous parle de budget, signalétique, invitations, moi, je me dis qu’il doit porter un caleçon large pour être si mal contenu, mais en même temps je ne parviens pas à savoir si elle penche du côté gauche ou du côté droit (ce qui laisse donc penser slip ou boxer) avant d’envisager que ce n’est pas sa bite qui est si grosse, mais ses couilles. Non, quand on a d’aussi grosses couilles, on ne les met pas en valeur de la sorte. Grosse bite dans caleçon large.
Ce n’est que quand je l’ai au téléphone (et donc qu’il a toute mon attention) que je réalise qu’il me vouvoie. Bonjour M. Diabolito, c’est M. Hounet, vous allez bien ? Euh… oui, merci et… vous ? VOUS ? Nous avons participé ensemble à un déjeuner-test durant lequel nous nous sommes goinfrés comme des cochons, et lui me vouvoie ? C’est quoi ces gens ? C’est quoi ces pédés qui, sous prétexte d’instaurer une distance parce qu’on regarde trop leur entrejambe, nous vouvoient ?
Le dernier, c’est le stagiaire. Jamais de costume, souvent un haut coloré d’ailleurs, une voix douce et nasillarde, une coupe entre Peter Petrelli et Dave, une cicatrice de piercing à l’arcade vaguement masquée par une paire de lunettes. Il est très discret, ne parle jamais de lui et cela joue probablement en sa défaveur puisqu’il a ainsi bien du mal à s’intégrer. Tout ça parce qu’il n’avoue pas son homosexualité. De plus, il passe ses journées à faire des allers-retours aux chiottes, boit et mange sans arrêt, arrive le dernier le matin mais n’est pas le dernier le soir, manque cruellement de confiance en lui et en devient donc empoté et incompétent. Du genre, je me trompe de destinataire de mail, j’oublie systématiquement la pièce jointe, je ne sais jamais répondre aux questions sur les projets en cours et je cours à l’autre bout du bâtiment pour rejoindre une collègue qui était dans le bureau d’à côté. Des moments de solitude qui ne font qu’empirer. Si j’étais lui, je songerais à changer de job. Ah bah ça tombe bien, parce que c’est moi.
Le comble du pédé, c’est d’en être entouré, sans l’avouer soi-même.
06/06/07 - 01:15
vouvoient ....
E. (visiteur)