Trithérapie
Tentons d’apporter quelques réflexions pour compenser les émotions négatives du moment. Toujours ce besoin de tout placer dans des petites cases et que chaque pensée, chaque lettre, chaque objet soit bien rangé à sa place.
Ma vie actuelle repose sur trois socles, trois piliers qui composent mon sentiment d’enfermement. Le premier, c’est le couple. Ca fait bien longtemps que je veux être célibataire, incapable de rompre. Le deuxième, c’est de vivre chez mes parents. Depuis mon retour de Londres, mon plus grand désir est de vivre seul et de prendre mon indépendance, mais pour cela il me faut un travail et un salaire conséquent. Le travail, justement, c’est le troisième point : j’en ai marre du stage, de la
Forteresse, de la Défense, du métro, de travailler en soi. Dans les trois cas, j’ai en fait la possibilité de partir, rien ne m’oblige à rester en couple, chez mes parents, au boulot. Je peux tout quitter si je le veux. Mais supprimer un seul des ces piliers c’est encore plus subir les deux autres.
Imaginons que je me casse du stage. Que vais-je faire des semaines qui viennent ? Mon mémoire, seul chez moi, à déprimer devant la centaine de pages que je dois une fois de plus écrire dans la douleur. Au moins, à la
Forteresse, je suis payé et j’ai toutes les informations nécessaires pour achever cette formalité académique.
Si je romps, je me retrouverai tout seul à caresser mes chats et à regarder la télé lors de mon temps libre, trop déprimé pour oser sortir et oublier. Dans ces deux cas, je subis l’appartement parental (et surtout la saleté, la suffisance, l’orgueil et l’alcoolisme de mon père) en mettant en danger mon esprit déjà bien torturé.
Partir de chez moi, cela implique de trouver rapidement un boulot, ne pas pouvoir faire la fine bouche comme actuellement et donc subir un quotidien professionnel bien pesant.
Une solution de secours s’impose alors à mon esprit : partir en Espagne (ou ailleurs). Tout plaquer, tout recommencer, me croire dans un film. Mais à voir la fragilité qui m’envahit depuis quelques temps, comment puis-je même imaginer m’aventurer ailleurs, m’imposer un déracinement, me confronter de plein fouet à l’inconnu ?
Mon seul « soutien » actuel, ce sont mes somnifères et mon Lexomil… Ca me shoote, ça me permet de divaguer, de me libérer du reste du monde. Un vrai drogué. A défaut de détruire ce qui m’entoure, c’est moi-même que j’anesthésie.
Il va falloir que cette crise existentielle prenne fin. Il y a bien pire que de ne pas aimer son mec, ses parents et son boulot. J’ai au moins la liberté de remettre ma vie en cause.
14/07/07 - 00:04
Es-tu seulement sûr de ne pas l'aimer ? Es-tu capable d'imaginer le quotidien sans lui ? De t'imaginer heureux loin de lui...
Enfin je comprends le commentaire de "Sismo" qui se disait choqué d'être le témoin (un peu) involontaire du mécanisme de cette rupture... annoncée.
Ne devrais-tu pas en tout premier lieu prendre ton courage à deux mains et parler de tout ceci avec Sylvain ?
Pardon si je te semble un peu dur et... courage cher Jonathan. :-)
alberic7