Roulette
C’est fini. Depuis un peu plus de deux semaines, je me suis échappé de la
Forteresse. Enfin, je suis simplement parti, le contrat nous liant arrivé à échéance après six mois. Ce serait pratique si les relations amoureuses avaient une date de péremption claire, ça éviterait de tergiverser pendant des heures à savoir si on va, oui ou non, le baiser une semaine de plus.
Libération. Je n’imaginais pas à quel point je me sentirais libre après ce stage. Les dernières semaines s’étaient mieux déroulées, j’avais pris mon mal en patience et réussi à ne garder que le positif. Des collègues sympas et qui essaient de vous caser avec leurs copines, je n’en rencontre pas tous les jours.
En fait, j’en rencontre même moins que je ne croyais. Parce que, le dernier jour, j’ai appris avec délectation que certaines d’entre elles étaient hypocrites. Depuis des mois, elles faisaient les gentilles devant moi alors que, derrière, elles me descendaient (au cas où personne ne connaîtrait la définition de l’hypocrisie). Oh j’avais bien perçu la manipulation, les tentatives pour me faire faire ce qu’elles voulaient, mais je ne pensais pas que leur fausseté avait une telle ampleur.
J’ai résisté à l’envie de leur envoyer un mail bien ironique pour leur faire savoir que j’avais compris leur manège. Ne pas réagir comme un ado, faire semblant d’être adulte. Faire semblant tout court. Souriant, heureux, je vous aime, merci pour tout, vous êtes formidâble. Soyons adulte, soyons hypocrite, ça peut toujours servir.
Je suis sorti du carcan que représentait, encore plus que je ne croyais, ce stage. Une expérience pas tellement positive, qui m’a fait perdre toute confiance en moi et qui a plombé mes nuits, provoquant des insomnies encore plus fortes qu’avant. Ca me fait culpabiliser de mal le vivre parce que, dans le fond, ce n’était pas si horrible : objectivement, j’avais tout pour être heureux. Mais j’étais en telle inadéquation avec ce mode de vie professionnel que je l’ai mal vécu.
Je m’en remets, tout doucement. J’essaie de garder la tête haute, de sortir du loft dignement, de faire des projets, tout ça. Ah les projets, c’est important ça. C’est faire croire qu’on sera encore vivant dans six mois et capable de soulever des montagnes. Alors, le soir, après avoir écrit mes six pages quotidiennes de « Mémoire de Merde : le Retour », je suis pris d’une euphorie qui me pousse à envisager tous les métiers possibles. Vraiment, chaque jour, je suis capable de m’inventer une nouvelle vie pour compenser ce que je n’aime pas dans la mienne. La semaine dernière, j’ai décidé de monter une association contre les insomnies, à la fois pour identifier toutes les techniques pour dormir, aussi pour faire connaître cette maladie du public (et lutter contre l’intolérance !). Avant-hier, je me voyais bien décorateur d’intérieur. Après tout, mon père est dans le bâtiment, si je mélange ses gênes, ma gayttitude, ma connaissance de D&CO et mon obsession du logement, ça devrait marcher, non ? Hier, je voulais travailler dans un hôtel. Comme ça, je pourrais y vivre, avoir des horaires décalés et parler d’autres langues.
Et à côté de ça, les nombreuses annonces de journaliste ou chargé de communication, je les regarde, les relis, les copie-colle dans un fichier word qui trône sur mon bureau, et j’attends qu’elles disparaissent des sites emploi pour pouvoir dire « oh bah zut, l’offre doit être pourvue ».
D’abord, le mémoire (projet imposé – très court terme). Ensuite, les vacances aux Etats-Unis (projet désiré – court terme). Après, on verra (projet vide – long terme). Chaque chose en son temps.
12/09/07 - 14:26
Ouaissss j'ai compris ton article ! :-) (Euh enfin je crois... lol)
Sérieusement, les stages râtés ça me connait, le manque de confiance en soi également... Mais je n'ai pas de réponse, pas de solution à ça. Je ne l'ai pas trouvée moi-même aujourd'hui. J'avance parce qu'il "faut" bien et ruminer sur un échec ça ne fait pas avancer. A mon avis tu vis le même genre de remise en question que j'ai vécu il y a 6 mois. (Déjà !) Peut être en moins fort ou alors c'est camouflé...
Le soucis c'est que les autres auront beau te dire tout ce que tu veux entendre, il n'y a que toi qui puisse décider de ton avenir. Tout ce qu'on peut faire c'est être une épaule pour t'écouter, te remonter le moral et crois-moi c'est déjà pas mal. Mais après, ça se passera comme tu me l'as dis une fois : naturellement. On croit qu'on décide mais finalement peut être pas... Ca se fera tout seul. Est-ce que ça sera le bon chemin ? Peut être pas. Mais qui sait...
Pour tes collègues, je me rends compte que même quand on est marié avec des enfants, l'hypocrisie existe. Ce qui signifie que les gens s'ennuient encore ! Incroyable non ? Au moins tu as égayé leurs journées. ^^
Pour les offres d'emploi, je fais la même chose avec les apparts' lol.
Cindy (visiteur)