...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

12/09/2007

12/09/07 - 01:31

Roulette



C’est fini. Depuis un peu plus de deux semaines, je me suis échappé de la Forteresse. Enfin, je suis simplement parti, le contrat nous liant arrivé à échéance après six mois. Ce serait pratique si les relations amoureuses avaient une date de péremption claire, ça éviterait de tergiverser pendant des heures à savoir si on va, oui ou non, le baiser une semaine de plus.

Libération. Je n’imaginais pas à quel point je me sentirais libre après ce stage. Les dernières semaines s’étaient mieux déroulées, j’avais pris mon mal en patience et réussi à ne garder que le positif. Des collègues sympas et qui essaient de vous caser avec leurs copines, je n’en rencontre pas tous les jours.

En fait, j’en rencontre même moins que je ne croyais. Parce que, le dernier jour, j’ai appris avec délectation que certaines d’entre elles étaient hypocrites. Depuis des mois, elles faisaient les gentilles devant moi alors que, derrière, elles me descendaient (au cas où personne ne connaîtrait la définition de l’hypocrisie). Oh j’avais bien perçu la manipulation, les tentatives pour me faire faire ce qu’elles voulaient, mais je ne pensais pas que leur fausseté avait une telle ampleur.

J’ai résisté à l’envie de leur envoyer un mail bien ironique pour leur faire savoir que j’avais compris leur manège. Ne pas réagir comme un ado, faire semblant d’être adulte. Faire semblant tout court. Souriant, heureux, je vous aime, merci pour tout, vous êtes formidâble. Soyons adulte, soyons hypocrite, ça peut toujours servir.

Je suis sorti du carcan que représentait, encore plus que je ne croyais, ce stage. Une expérience pas tellement positive, qui m’a fait perdre toute confiance en moi et qui a plombé mes nuits, provoquant des insomnies encore plus fortes qu’avant. Ca me fait culpabiliser de mal le vivre parce que, dans le fond, ce n’était pas si horrible : objectivement, j’avais tout pour être heureux. Mais j’étais en telle inadéquation avec ce mode de vie professionnel que je l’ai mal vécu.

Je m’en remets, tout doucement. J’essaie de garder la tête haute, de sortir du loft dignement, de faire des projets, tout ça. Ah les projets, c’est important ça. C’est faire croire qu’on sera encore vivant dans six mois et capable de soulever des montagnes. Alors, le soir, après avoir écrit mes six pages quotidiennes de « Mémoire de Merde : le Retour », je suis pris d’une euphorie qui me pousse à envisager tous les métiers possibles. Vraiment, chaque jour, je suis capable de m’inventer une nouvelle vie pour compenser ce que je n’aime pas dans la mienne. La semaine dernière, j’ai décidé de monter une association contre les insomnies, à la fois pour identifier toutes les techniques pour dormir, aussi pour faire connaître cette maladie du public (et lutter contre l’intolérance !). Avant-hier, je me voyais bien décorateur d’intérieur. Après tout, mon père est dans le bâtiment, si je mélange ses gênes, ma gayttitude, ma connaissance de D&CO et mon obsession du logement, ça devrait marcher, non ? Hier, je voulais travailler dans un hôtel. Comme ça, je pourrais y vivre, avoir des horaires décalés et parler d’autres langues.

Et à côté de ça, les nombreuses annonces de journaliste ou chargé de communication, je les regarde, les relis, les copie-colle dans un fichier word qui trône sur mon bureau, et j’attends qu’elles disparaissent des sites emploi pour pouvoir dire « oh bah zut, l’offre doit être pourvue ».

D’abord, le mémoire (projet imposé – très court terme). Ensuite, les vacances aux Etats-Unis (projet désiré – court terme). Après, on verra (projet vide – long terme). Chaque chose en son temps.

commentaires

12/09/07 - 14:26

Ouaissss j'ai compris ton article ! :-) (Euh enfin je crois... lol)
Sérieusement, les stages râtés ça me connait, le manque de confiance en soi également... Mais je n'ai pas de réponse, pas de solution à ça. Je ne l'ai pas trouvée moi-même aujourd'hui. J'avance parce qu'il "faut" bien et ruminer sur un échec ça ne fait pas avancer. A mon avis tu vis le même genre de remise en question que j'ai vécu il y a 6 mois. (Déjà !) Peut être en moins fort ou alors c'est camouflé...
Le soucis c'est que les autres auront beau te dire tout ce que tu veux entendre, il n'y a que toi qui puisse décider de ton avenir. Tout ce qu'on peut faire c'est être une épaule pour t'écouter, te remonter le moral et crois-moi c'est déjà pas mal. Mais après, ça se passera comme tu me l'as dis une fois : naturellement. On croit qu'on décide mais finalement peut être pas... Ca se fera tout seul. Est-ce que ça sera le bon chemin ? Peut être pas. Mais qui sait...

Pour tes collègues, je me rends compte que même quand on est marié avec des enfants, l'hypocrisie existe. Ce qui signifie que les gens s'ennuient encore ! Incroyable non ? Au moins tu as égayé leurs journées. ^^

Pour les offres d'emploi, je fais la même chose avec les apparts' lol.

12/09/07 - 14:46

En même temps celui-là n'est pas écrit dans le délire du somnifère, il n'a donc pas de double sens. ;)
Je suis bien d'accord, je vis le même genre de chose que toi... Et je le savais déjà à l'époque, je voyais bien que pointait en moi la même remise en cause et le même échec que toi. La différence, c'est que je suis peut-être tombé de moins haut que toi parce que les connasses qui m'entouraient étaient moins démoniaques que la tienne. Et puis, moi c'est un ensemble de choses dans le stage qui fait que j'en tire moins de positif que je pourrais, toi c'est une personne en particulier.

C'est vrai, on s'en remet naturellement, mais ce qui me fait peur c'est de ne pas réussir à repartir de l'avant comme j'ai vu certaines personnes le faire. C'est comme le vélo (ou le cheval, je ne sais plus), faut remonter en selle malgré les craintes, y a des chances que ça se passe mieux ! Je m'accroche à ça pour reprendre confiance.

Mais bien sûr qu'on s'ennuie avec des gosses, je crois que c'est même pire ! ^_^ Parce que ce n'est pas l'ennui de ne rien faire, c'est l'ennui de ne plus avoir de temps pour soi, il faut se donner entièrement aux enfants. Alors pour compenser, certaines pétasses d'école de commerce utilisent leur ambition au boulot pour avoir un semblant de vie en écrasant les autres.

12/09/07 - 18:55

Expérience intéressante car au moins tu as compris ce que tu ne veux pas faire...et dans quel type de monde du travail tu ne veux surtout pas attérrir !

Choisis-toi un job où tu seras indépendant, je pense que tu n'as pas le profil à rentrer dans un moule...et à faire semblant toute ta vie.

Je ne sais pas si ton chéri lit ton blog mais c'est plutôt méchant la comparaison avec les relations amoureuses...

12/09/07 - 21:57

Je crois que son chéri est habitué ainsi que les gens qui le lisent lol.

Je ne peux pas te dire si remonter en selle donne plus de chances que ça se passe mieux... Pour le moment j'ai du mal à tirer le positif de tout ça. Il parait qu'il y en a. Que quand on tombe, c'est pour mieux se relever.

Mais tu peux déjà être fier d'avoir tenu jusqu'au bout. Et ce, malgré des propositions de vacances alléchantes lol, une grosse envie d'arrêter, des insomnies, des connasses au travail, un boulot pas top... Bref beaucoup auraient lâché bien avant. Tu as plus de courage et de tenacité que tu ne le penses. ;-)

12/09/07 - 22:16

Dans le fond, je suis sûr que tu sais ce que tu veux, c'est au niveau de la forme que ça coince. :)

Tu sembles avoir gagné en assurance, c'est déjà un bon début. La confiance en soi, faute de ne pouvoir trop compter en celle des autres, est une condition non négligeable à son propre bonheur.

13/09/07 - 00:50

Hyperion : oui c'est méchant mais pour une fois ce n'est pas contre lui ! C'est plus une mise en bouche cynique pour mettre au même plan le travail et l'amour, deux désillusions. Donc en réalité c'est bien moins pire que ce que j'ai écrit jusqu'alors...

Cindy : c'est vrai que c'est le point que j'ai appris sur moi-même. Je vais toujours au bout des expériences, même quand ça ne va pas, je ne romps pas le contrat, c'est pareil dans tous les aspects de ma vie en fait.

Didier : étonnant, j'ai l'impression d'avoir perdu confiance en moi et tu me dis le contraire... Peut-être ai-je gagné quelque part ce que j'ai perdu ailleurs ?

13/09/07 - 17:55

à ce rytme du va finir vendeur chez happy time comme un certain P. ;o)

14/09/07 - 02:38

Jonathan>Ben justement, quand on quitte ses rails, quand on s'abandonne à l'imprévisible, c'est que l'on se sait prêt pour parer à nombre d'éventualités. C'est peut-être flippant mais certainement plus constructif.

Tout le boulot abattu jusqu'à présent n'était que solide fondation, un lèg durement assimilé, c'est maintenant à toi de bâtir, d'adapter, de voir ce qui t'es faisable là-dessus. :)

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.