071107
Endormi à 22h, réveillé à 1h. Foutues insomnies ! J’espérais que ce soit le matin, malgré la nuit, un matin très tôt et très froid, pour être enfin aujourd’hui, cette journée que je redoute depuis des mois, la même chaque année.
Je me suis réveillé en pensant au Goncourt, me félicitant d’avoir connu et apprécié l’écriture de Gilles Leroy avant qu’il ne soit connu. Je n’ai pas été touché par toutes ses œuvres, mais j’ai toujours été bouleversé par la qualité de sa plume. Je me souviens quand, en entretien, on me demandait de parler un peu plus de mes goûts littéraires, les visages face à moi étaient peu réceptifs à l’évocation de cet homme. Maintenant, je pourrai justifier par un « vous savez, le Goncourt 2007 » et on hochera la tête avec un peu plus de connaissance (pas celle de l’auteur, mais du prix, assurément).
J’ai bien évidemment pensé à mon avenir toujours aussi branlant, erreur fatale vu que c’est le sujet numéro un à la source de mes troubles nocturnes de ces derniers mois. Non, je ne ferai pas fortune en lançant un blog ou un site culturel thématique de mon cru. Dois-je postuler à ces annonces de chef de projet éditorial en agence que je reluque depuis des semaines ? Et si, tout simplement, je faisais secrétaire bilingue ? Et si je partais, à défaut de l’étranger, en province ? Quoique, avec mon diplôme, j’aurais peut-être plus d’opportunités à Londres. Non, décidément, je ne veux pas être rédacteur ou journaliste. Et si, tout simplement, je retournais aux origines de ma « vocation » pour la communication en tentant de devenir chargé de com dans un organisme culturel ?
J’ai alors visualisé ce tout nouveau morceau de papier, acquis hier matin, symbole de ma relation actuelle à la société : je suis officiellement à la recherche d’un emploi, d’après l’ANPE. Il y a quelques semaines, alors que je disais à une dame qui tapotait mon dossier pour la mutuelle que je n’étais « rien » (pas étudiant, pas salarié et encore glandeur en vacances) elle avait alors écrit, sans me le demander, que mon statut était « à la recherche d’un emploi ». J’ai été frappé par le fait que nous n’avions pas le droit d’être « rien ». Pourtant cette vacuité me convient car elle appelle nécessairement une future définition possible et, surtout, elle traduit l’incroyable liberté quant à la suite. Mais non, si je ne suis « rien », c’est forcément que je recherche un emploi. Finalement, ce n’est pas déplaisant, il y a plein d’avantages avec ce bout de papier vert (gratuité des musées notamment, je ne sais pas si ça va m’encourager à chercher du boulot…)
Voilà, aujourd’hui est un jour comme les autres, rempli d’insomnies quotidiennes, comblées par de vaines réflexions et tentatives de définitions. J’ai juste 25 ans.
07/11/07 - 03:15
Ca passera, t'inquiètes pas.
furyo