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Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

01/12/2007

01/12/07 - 10:45

Souffle de vie



Le temps libre. Les gens le fuient plus qu’ils ne l’avouent. Tout nous pousse d’ailleurs à croire que ce n’est pas bien, qu’il faut travailler, encore et toujours, de plus en plus. Ils brassent de l’air. Moi qui n’aimais pas les vacances, finalement, ce temps libre, je le trouve plus que plaisant : ressourçant. A défaut de grand air provincial, j’en prends un grand bol intérieur et je m’envole.

Depuis quelques mois, je pense beaucoup à la place du corps dans nos vies, ce corps devenu objet, qu’on ne fait que regarder de l’extérieur même quand c’est le nôtre. J’ai pris conscience de la barrière que nous transportons depuis des siècles entre notre mental et notre corps. Et j’ai eu envie, j’ai senti, que rééquilibrer ma vie passerait par une rééducation à l’écoute de ce corps.

Phénomène important de notre vie mais qu’on néglige trop souvent : la respiration. Je travaille dessus grâce aux cours de sophrologie proposés par le centre du sommeil. Ca ne me fait malheureusement pas mieux dormir, mais ça m’apporte un bien-être quotidien. En respirant mieux, on prend conscience de tout ce qui se passe en nous, de tout ce qui y vit, mais aussi de tout ce qui est en tension, tout ce qui nous empêche d’avancer.

J’ai découvert il y a environ un an que, en plus des allergies, j’avais un problème de souffle. En gros, j’ai des poumons trop petits et si je n’étais pas traité je pourrais devenir asthmatique. Moi qui ne faisais jamais attention à la fumée de cigarette de ma mère, depuis que j’ai commencé à l’éviter, je ne la supporte plus : de suite, ma poitrine se comprime et j’étouffe.
Tout petit, déjà, je savais que j’avais un problème. En sport, surtout à la piscine et en athlétisme, je sentais que j’avais le souffle court, que ça me faisait vite mal. J’avais beau le dire aux profs, on ne m’a jamais cru, parce qu’on ne croit jamais un enfant qui n’est déjà pas sportif à la base.

Quand j’ai parlé de mes problèmes de souffle à ma psy, elle s’est écriée : « ce n’est pas étonnant. Le souffle court, c’est le souffle de celui qui tente très vite de reprendre son souffle après une grosse peur, qui sort à peine la tête de l’eau, qui tente de survive. Vous ne vivez pas. Vous survivez. »
Cette thérapie devient alors l’un des outils de ma libération. Que ce soit par la discussion ou par des exercices simples mais qui font intervenir le corps, je le rétablis dans mon quotidien. Le cérébral hypersensible que je suis apprend alors à composer avec lui. Je ne veux plus être un corps et un esprit, je veux être un tout, trouver la paix intérieure, la présence à moi-même et au monde.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je me suis mis, avec grand plaisir (et c’est là que c’est nouveau, le plaisir) au sport. Certes, j’avais fait deux ans de Club Med Gym, mais pas pour l’envie de me dépenser physiquement, pour l’amusement provoqué par les cours de fitness. Il m’aura fallu atteindre 25 ans pour comprendre qu’il y avait, non seulement une philosophie dans les sports, mais aussi un véritable bien-être. Avant, je voyais ça comme un gaspillage d’énergie. Déjà qu’on a des vies de cons en passant des heures dans les transports et au bureau, alors si on doit en plus se faire suer pour nos loisirs, où va le monde ? J’avais tort. Ce n’est en aucun cas un gaspillage d’énergie : le sport est un recyclage d’énergie. Quand on ne fait rien, la vie qui est nous stagne et pourrit. Dans le monde professionnel, on utilise un peu de cette énergie, mais on ne fait que l’évacuer sans réellement en tirer tous les bénéfices. Le sport permet un roulement intérieur incroyable. C’est un peu comme faire du rangement dans ses affaires : on trie, on jette, on redécouvre ce qu’on possède et on réarrange pour un meilleur fonctionnement et plus de plaisir. Le sport a le même effet au niveau interne.

Faut qu’j’travaille, comme disait l’autre mais… Mais je tiens à ce nouveau souffle de vie parce qu’il m’aide considérablement à m’épanouir. Que je danse ou que je fasse du fitness tout seul chez moi (merci Gym Direct !), que je marche dans le froid ou dans des musées, que je nage ou emprunte un Vélib’, que je souffle entouré des vingt autres insomniaques du cours de sophrologie ou que je descende, tel un spéléologue de la psyché, dans les méandres de mon âme avec ma psy, c’est toujours dans le même mouvement : celui de l’avant, celui de la vie qui est en moi et qui veut se réaliser à travers moi.

commentaires

01/12/07 - 10:57

Il semble que tu sois sur la bonne voie...c'est beaucoup de combats que tu mènes là de front ! Mais si tu es comme moi, tu verras que pour toi le changement s’obtient sans doute plus facilement par big-bang que par lentes itérations.
Bon courage et poursuit dans cette voie !

01/12/07 - 17:59

"le changement s’obtient sans doute plus facilement par big-bang que par lentes itérations."

Joli ! Je fonctionne peut-être comme ça en effet.

01/12/07 - 22:18

C'est ce que l'on appelle une prise de conscience.

Il ne faut pas confondre performance et exercice physique. Tout le monde a besoin d'exercice physique, pas d'obligation à devenir sportif de haut niveau. :)

Bon boulot, continue!

02/12/07 - 11:05

la vie est une course, écrivait Saint Paul

02/12/07 - 11:53

Une bonne estime de soi facilite l’actualisation de notre potentiel comme être humain.
Celui qui s’estime a tendance à mettre ses aspirations de l’avant et à se développer.

bon souffle et bonnne continuation

even

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.