La dernière goutte
La scène est banale. Nous l’avons tous vécue, pour certains c’est un cataclysme plusieurs fois par jour : après avoir déroulé son pénis pour uriner, l’homme range son outil et macule irrémédiablement son sous-vêtement.
Mais le mâle peut adopter quelques solutions pour lutter contre ce fléau.
Il y a les adeptes du secouage. On le remarque notamment dans les pissotières où ces messieurs perdent tout crédit social et sont rappelés à l’égalité face à la nature. Qu’ils portent un costume, un jean ou un survet’, on les voit agiter leur bras énergiquement presque comme s’ils se donnaient du plaisir. Ont-ils une technique précise ? Un balancement de gauche à droite ? Un secouage vertical ? Préfèrent-ils le hasard qui risque de faire valser la demoiselle sur son voisin ? Je suis sûr que certains sont des experts : en un seul coup, sec, assuré, ils vident la dernière substance du tuyau comme on fait tomber la cendre de sa cigarette.
D’autres préfèrent une technique considérée comme moins virile parce que les femmes font de même : l’essuyage. Un peu de papier toilette et hop, le support absorbe l’excédent d’urine qui finit dans les égouts. C’est moins écologique mais peut-être plus efficace.
Il y a, enfin, le pressage de tuyau. De la base du sexe jusqu’à son extrémité, les doigts exercent une pression qui permet d’évacuer les dernières gouttes.
Je fais partie d’une dernière catégorie, celle des utilisateurs des trois premières. Dans un premier temps, je secoue mon zizi en alternance avec des pressions comme si je lui redonnais vie : secouage, pression, secouage, pression. Mais je trouve que l’humidité reste collée. Alors, avant d’avoir commencé mon affaire, j’ai déjà pris deux feuilles de papier toilettes (une seule n’est guère assez épaisse) que je plie et qui, après le secouage/pressage, se laisse embrasser par mon prépuce. D’où l’expression « bisou mouillé ».
Sauf que, quoique je fasse, il y a toujours une dernière goutte de pipi pour me faire chier ! Au mieux, c’est très léger et l’humidité imposée par mon anatomie reste à peu près supportable (surtout en été). Pour peu que j’aie rangé ma zigounette sur le côté, c’est la cuisse qui prend et comme le vêtement est nécessairement proche de la peau, c’est particulièrement gênant de sentir cette dose froide sur moi. Au pire, et ça m’arrive très souvent, je réalise, trop tard, qu’il reste du liquide dans le tuyau. Et là, c’est le drame. Au lieu d’une petite goutte, c’est une petite flaque qui envahit mon caleçon. Ca arrive dès que je me rhabille, avec la pression des vêtements qui éjecte le restant d’urine. Encore plus chiant, ça arrive quelques secondes plus tard, une fois que je suis sorti des toilettes et que je m’assois. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais ce mouvement inonde inexorablement ce que j’essaie tant bien que mal de maintenir propre.
Oh, pourquoi pourquoi tout ça n’arrive qu’à moi ? Est-ce parce je ne tiens mon engin qu’entre deux doigts, l’index et le majeur, comme un cigare ? J’ai en effet l’impression de pisser en dilettante en n’y mettant pas une poignée de main de virile, je ne m’investis pas entièrement dans l’action. Avant, je pissais même uniquement par la braguette, sans défaire le bouton du pantalon, jusqu’à ce que je réalise que les mecs des toilettes publiques se mettaient plus à leur aise.
Ce qui est drôle, c’est que non seulement j’ai des réserves d’urine, mais aussi… de sperme. Même topo. Certains hommes, comme moi, mouillent avant (c’est le
precum), bah moi, après avoir joui, j’ai nécessairement du
postcum. Entrée, plat, dessert, je fais la totale ! Ma bite est réellement un tuyau qu’il est difficile de vider complètement. J’en garde toujours un petit peu pour plus tard. C’est comme un bon repas, j’aime bien y revenir après.
Mais j’ai trouvé une solution, inspirée des bébés, qui a toujours surpris mes mecs. Contre le pipi, qui est en fait surtout gênant la nuit (retourner au lit avec cette petite goutte de fraîcheur est insupportable), je mets simplement un mouchoir, assez négligemment, entre mon caleçon et moi pour faire tampon. Protection rapide, vite faite, vite jetée. Contre le sperme envahissant, il m’a fallu plus d’ingéniosité car mes derniers baigneurs peuvent survenir en plusieurs fois et après la chute du mouchoir en équilibre. J’ai donc inventé une technique qui consiste à se créer une couche pour bite ! Dès que popaul a craché, j’enroule un mouchoir que je noue et coince qui peut tenir toute la nuit. Avec ça, plus aucune fuite, c’est comme une capote en tissu. Très efficace ! Emballé, c’est pesé.
Non, je n’ai pas de photo pour témoigner, il faudra se contenter de mes mots. Ces mots pour faire comprendre à quel point ce combat quotidien est une lutte de chaque instant pour rester digne et ne pas se noyer dans l’incontinence de la vieillesse et de la prime jeunesse.
Soyons des hommes propres et secs !
Luttons contre la dernière goutte de pipi !
03/12/07 - 11:56
bah!! t'es pas tout seul, on a tous ses ptits problèmes! lol
daff