30/03/2008Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel
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On s’imagine toujours qu’en partant loin de chez soi, on va oublier son quotidien. En réalité on ne fait que fuir, et ce qui nous hantait à Paris nous poursuit plus ou moins à l’étranger. Difficile, malgré la bonne humeur, les découvertes, les amis, l’espagnol, de ne pas penser au boulot (est-ce qu’il s’en sortent ? Est-ce qu’ils s’en sortent trop bien, au point de penser que je ne sers à rien ? Est-ce que j’ai laissé plein de merdes sans m’en rendre compte ?), à l’autre (ça y est, il se l’est tapé si ça se trouve). Une nuit, j’ai même fait plein de cauchemars, vraiment angoissants, où un coup je ratais mon avion, un coup il m’annonçait qu’il sortait avec le futur nouveau. Je savais qu’en renouant avec le célibat, j’allais me confronter à ce que j’avais fui il y a trois ans – mais je ne m’attendais pas à pleinement ressentir de nouveau les angoisses de l’adultère, surtout quand techniquement il n’y a pas adultère. L’esprit humain est vraiment tordu parfois.
Tellement tordu que je parle de couple alors que je voulais parler boulot. Car j’ai officiellement atteint la moitié de mon contrat qui est censé se finir en juin. Avec, à la clé, un deuxième contrat d’auteur de six mois pour finir 2008 dans les mêmes conditions précaires et avec le même salaire. Youhou. Alors forcément, après les vacances à Grenade, l’idée de partir vivre quelques temps en Espagne pour un voyage linguistique a refait son chemin. Mais un tout petit chemin, il manque encore pléthore de cailloux avant que je ne me décide vraiment à traverser la frontière.
Il m’aura fallu trois mois pour vraiment prendre mon poste et enfin ne plus me sentir dans l’urgence. J’ai choisi pile ce moment pour mes vacances, comme ça lundi à mon retour j’aurai à nouveau des urgences et du stress. C’est sans fin.
Pendant cette première partie de boulot, j’ai compris pas mal de choses sur moi et la raison de ma présence à la Ruche (j’ai enfin trouvé un surnom à donner à ce site). Il y a un mois, juste après ma rupture, une soirée a été organisée chez une collègue. C’était très sympa, on a dansé, papoté et tout et tout. Tout le monde me disait que je n’avais pas l’air bien, ce qui était à la fois agréable dans le sens où j’appréciais la sollicitude de chacun mais en même temps j’avais envie de leur dire que, forcément, je ne pouvais pas être aussi gogol que d’habitude dans la mesure où je venais de me couper un bras. Et puis, de fil en aiguille, je me suis mis à discuter avec un mec du Marketing, à qui je n’avais jamais parlé. Pourtant il m’a tapé la discute comme s’il me connaissait bien, au point de me faire une tonne de compliments. J’ai halluciné. Peut-être était-ce pour me remonter un peu le moral ou je ne sais quoi, mais des premières discussions comme celle-là, j’en voudrais bien tous les jours. Déjà, j’ai appris qu’on avait beaucoup parlé de moi en amont, avant mon arrivée. Que la rédac chef faisait beaucoup référence à moi depuis longtemps et donc que tous m’avaient regardé comme une star. Qu’en plus j’avais, dès le jour de mon retour en janvier, été présenté comme quelqu’un d’important (ça, je l’avais remarqué et j’avais grave adoré sa race). Et là, le mec du Marketing d’ajouter à tout ça que je suis à la hauteur de ma réputation. Mais comment un mec qui ne fait pas partie de mon service et que je ne fais que croiser en est arrivé là ? Parce que, tous les matins, quand j’arrive, je lance un bonjour franc et enjoué. Moi qui suis facilement grincheux, en plus de la bise à chaque personne de la rédaction, j’aime bien dire bonjour aux gens que je croise, ça ne coûte rien, c’est cordial, mais lui ça l’a marqué. En plus, il est vrai que jusqu’à il y a quelques semaines, je recevais les candidats aux stages sous ses yeux ; il a apprécié la manière dont je parle aux gens dans ces moments-là. Bon. Et, surtout, il m’a dit que l’ambiance avait changé depuis que j’étais arrivé, que j’avais apporté un nouveau souffle à l’équipe, que j’avais une personnalité vraiment intéressante et que j’étais de compagnie agréable. Bref, le mec, que je ne connaissais quasiment pas, en quelques minutes, il m’a dressé un portrait comme jamais je n’aurais osé en rêver. J’ai compris que le temps de l’ado timide et complexé était loin et que l’alliance physique de jeune premier / parole crue avait un effet positif sur les gens, d’autant plus dans le milieu du travail où on ne va pas toujours oser parler de sexe autant que moi (après, tout dépend du contexte aussi bien évidemment).
Ca m’a mis de très bonne humeur, c’est pas tous les jours qu’on a le droit à autant de compliments et qu’on comprend pourquoi les gens nous apprécient ; un mystère en moins à élucider. Sauf que, après avoir vu le verre à moitié plein, je me suis noyé dans le vide. Et comme dans un film policier où l’on revoit toutes les scènes ambiguës se recouper à la lumière de la révélation finale, j’ai compris que si la Ruche m’aimait, c’était pour ma personnalité. Et uniquement pour ça. J’en ai donc déduit que du point de vue des compétences, c’était pas top. Je ne suis pas celui qui écrit le mieux, ni celui qui a le plus de connaissances, loin de là. J’aimerais être le mieux organisé, mais c’est encore loin d’être le cas (sur ce point, je pense que j’avais besoin des premiers mois pour tout mettre à plat et j’ai bon espoir que ma maniaquerie me pousse à la hauteur de mes ambitions). Alors c’est donc pour ça, pour ce savoir-être, ce bon positionnement naturel que j’ai face aux gens que ma rédac chef m’a proposé de revenir depuis deux ans. Pas parce que mon boulot était excellent, mais parce qu’un tempérament qui s’accorde bien avec la boîte associé à quelqu’un qui essaye de faire de son mieux, c’est bien. Mais moi, du coup, je doute. Comme en plus j’ai trois fois trop de boulot, je ne peux pas être à 100 % dans chacun de mes « postes » et donc ce que je fais n’est pas aussi bien que je le voudrais. L’une de mes fonctions est de recruter les stagiaires, mais je n’en ai trouvé que sept en trois mois au lieu d’une quinzaine. Les chaises vides, c’est forcément l’une des choses qui se voit le plus et qui me rappelle quotidiennement que mon boulot n’est pas parfait.
Mais bon, après ces angoisses existentielles de travail, j’ai remis les choses à leur place dans ma tête et me suis dit que c’était normal de ne pas réussir à tout faire parfaitement tout de suite. Je manque cruellement de confiance en moi et si j’évitais de me poser trop de questions je gagnerais pas mal d’énergie mentale. Surtout, il faut éviter de penser à la suite et me concentrer sur mon boulot maintenant, qui me plaît beaucoup. Le moment présent me rend heureux, alors pourquoi se prendre la tête ?
Ne pas penser à la suite, ne pas penser à la suite…
Se concentrer sur ses beaux collègues. Et sur les stagiaires. Dont un qui n’est pas dégueulasse et que je ne suis pas peu fier d’avoir recruté. Mais ai-je le droit de violer les stagiaires ? 18/03/2008Au non du coeur
L’idée de notre rupture était qu’elle devait se faire pour le meilleur. Je me suis mis en couple avec Angelounet pour fuir le pire : B. et notre relation destructrice. Alors autant rompre pour enfin mettre en valeur toutes les qualités que mérite notre ancien couple.
Ah il y en a eu (et il y en a encore parfois) des larmes. Voir un ange ultra optimiste déprimé par ma faute, ça me brise le cœur. Puis le voir sortir du malheur, ça me rend heureux et libre d’assumer mon choix de célibat : je veux me reconstruire par et pour moi-même. Alors restons aussi proches qu’avant, voyons-nous souvent et imaginons quels projets nous pourrions faire dans le futur.
Mais je n’avais pas prévu de me sentir mal à l’aise en sa présence. Moi qui refusais tout contact amoureux puisque je n’assumais pas notre statut de couple, j’ai à présent l’envie de lui manifester mon affection nouvelle. Sauf que ce ne serait pas cohérent face à notre passé.
A cela s’ajoute ma métamorphose en ado de 15 ans. Je croyais le sexe révolu, genre « j’ai tout fait, tout vu, tout sucé ». Alors que je ne le voyais plus que comme un bon éclair au chocolat à prendre de temps en temps, je suis maintenant excité comme une puce avec l’envie de me boulotter toute la boulangerie. Sauf que, comme j’ai un esprit féminin, j’ai tendance à vouloir parler des heures avec la boulangère avant d’oser effleurer ses chouquettes. Pour peu que le délicieux gâteau au chocolat qui me tend les bras ait déjà été emporté par un client, il ne me reste plus que mon crémeux gland.
Pour achever de me retourner le cerveau, il a fallu qu’un mec mette déjà le grappin sur Angelounet. Au départ, je me suis dit : « pourquoi pas ? ». Tout ce que j’espérais, c’était qu’il sorte de la déprime. Manque de pot pour moi, il est carrément devenu heureux et on sait très bien qu’en matière de rupture, une bataille universelle fait rage : plus l’un est épanoui, plus l’autre se morfond dans son lit.
Moi qui rêvais d’un quotidien entre anciens amis-amants nouveaux amis, je me retrouve à supporter les jérémiades de mon ex qui sont d’autant plus douloureuses qu’ils se tournaient autour depuis des années. A mon sens, c’est limite adultérin. Je n’aime pas non plus la réaction de mon remplaçant qui, à peine ayant eu vent de notre rupture, a sauté sur la viande fraîche alors qu’il ne le calculait même pas avant. Si Angelounet m’avait séduit, c’est qu’il m’avait montré un intérêt amical bien avant ma rupture avec B.
De plus, j’en ai marre de tous ces gens qui me disent que devenir amis juste après une rupture, ce n’est pas possible ; j’ai tendance à leur dire que lui et moi n’étions pas comme les autres, on voulait être les plus forts, les plus fous… mais je me demande s’ils n’ont pas un peu raison. L’amitié qui suit le couple est en réalité ambiguë tant qu’aucun autre amant n’est entré en jeu. C’est une période transitoire, probablement agréable pour certains (le beurre, l’argent du beurre…). Mais dès qu’un nouveau beau mec entre en scène, c’est la fin des haricots. L’autre prend conscience du fossé qui sépare alors les nouveaux amis. Car je n’ai pas franchement envie qu’il me parle de lui. Je comprends qu’il ait besoin de ça pour avancer, je préfère ça que de le savoir en larmes sous la couette, mais je n’approuve pas la rapidité de la chose.
Lorsqu’on déprimait sur notre rupture, qu’on se demandait ce qu’il allait advenir de nous, de nos amis (l’idée de leur annoncer à eux aussi était très déprimante), on a décidé d’agir en fonction de ce qui nous faisait du bien. Rompre, sur le long terme, c’est pour le mieux. Fantasmer, à court terme, c’est agréable. Désirer quelqu’un d’inaccessible, amusant puis douloureux. Voir son ex en passe de se recaser après à peine trois semaines et m’en donner tous les détails ou presque, c’est perturbant et déprimant.
Rien ne se passe jamais comme prévu. Finalement, quand je ne le vois pas, je crois que je me sens mieux. Quelle conclusion en tirer ? Faut-il nécessairement une pause pour digérer cette affreuse syllabe, EX, coincée dans la gorge ? Faut-il se taper le premier mec mignon qui frappe à notre slip ?
Je ne sais pas ce que je veux faire, ce qu’il va se passer ensuite. Ma seule certitude, c’est qu’agir de manière binaire est peut-être plus épanouissant. Ca va, je continue ; ça ne va pas, j’arrête tout.
Et là, ma vie va vraiment se retrouver réduite à mon boulot. Heureusement que je pars en vacances en Espagne pour me ressourcer. Si la nuit m’apporte des conseils étranges et me fait écrire des textes comme celui-ci, les pauses me permettent de trouver des solutions. Loin de tout, et surtout, loin de lui. 10/03/2008No lifeCette semaine est consacrée à M6. Lundi : D&CO. Mardi : Pékin Express. Mercredi : Recherche appartement ou maison. Jeudi : Nouvelle Star. Il faut bien compenser le fait de ne plus avoir de vie : je bosse trop et angoisse pour mon avenir professionnel, je suis coincé chez mon alcoolique de père, et je n’ai plus de mec.
A part ça, étrangement, je me sens plutôt bien. Peut-être est-ce grâce au Stilnox et au Lexomil ?  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |