Au non du coeur
L’idée de notre rupture était qu’elle devait se faire pour le meilleur. Je me suis mis en couple avec
Angelounet pour fuir le pire : B. et notre relation destructrice. Alors autant rompre pour enfin mettre en valeur toutes les qualités que mérite notre ancien couple.
Ah il y en a eu (et il y en a encore parfois) des larmes. Voir un ange ultra optimiste déprimé par ma faute, ça me brise le cœur. Puis le voir sortir du malheur, ça me rend heureux et libre d’assumer mon choix de célibat : je veux me reconstruire par et pour moi-même. Alors restons aussi proches qu’avant, voyons-nous souvent et imaginons quels projets nous pourrions faire dans le futur.
Mais je n’avais pas prévu de me sentir mal à l’aise en sa présence. Moi qui refusais tout contact amoureux puisque je n’assumais pas notre statut de couple, j’ai à présent l’envie de lui manifester mon affection nouvelle. Sauf que ce ne serait pas cohérent face à notre passé.
A cela s’ajoute ma métamorphose en ado de 15 ans. Je croyais le sexe révolu, genre « j’ai tout fait, tout vu, tout sucé ». Alors que je ne le voyais plus que comme un bon éclair au chocolat à prendre de temps en temps, je suis maintenant excité comme une puce avec l’envie de me boulotter toute la boulangerie. Sauf que, comme j’ai un esprit féminin, j’ai tendance à vouloir parler des heures avec la boulangère avant d’oser effleurer ses chouquettes. Pour peu que le délicieux gâteau au chocolat qui me tend les bras ait déjà été emporté par un client, il ne me reste plus que mon crémeux gland.
Pour achever de me retourner le cerveau, il a fallu qu’un mec mette déjà le grappin sur Angelounet. Au départ, je me suis dit : « pourquoi pas ? ». Tout ce que j’espérais, c’était qu’il sorte de la déprime. Manque de pot pour moi, il est carrément devenu heureux et on sait très bien qu’en matière de rupture, une bataille universelle fait rage : plus l’un est épanoui, plus l’autre se morfond dans son lit.
Moi qui rêvais d’un quotidien entre anciens amis-amants nouveaux amis, je me retrouve à supporter les
jérémiades de mon ex qui sont d’autant plus douloureuses qu’ils se tournaient autour depuis des années. A mon sens, c’est limite adultérin. Je n’aime pas non plus la réaction de mon remplaçant qui, à peine ayant eu vent de notre rupture, a sauté sur la viande fraîche alors qu’il ne le calculait même pas avant. Si Angelounet m’avait séduit, c’est qu’il m’avait montré un intérêt amical bien avant ma rupture avec B.
De plus, j’en ai marre de tous ces gens qui me disent que devenir amis juste après une rupture, ce n’est pas possible ; j’ai tendance à leur dire que lui et moi n’étions pas comme les autres, on voulait être les plus forts, les plus fous… mais je me demande s’ils n’ont pas un peu raison. L’amitié qui suit le couple est en réalité ambiguë tant qu’aucun autre amant n’est entré en jeu. C’est une période transitoire, probablement agréable pour certains (le beurre, l’argent du beurre…). Mais dès qu’un nouveau beau mec entre en scène, c’est la fin des haricots. L’autre prend conscience du fossé qui sépare alors les nouveaux amis. Car je n’ai pas franchement envie qu’il me parle de lui. Je comprends qu’il ait besoin de ça pour avancer, je préfère ça que de le savoir en larmes sous la couette, mais je n’approuve pas la rapidité de la chose.
Lorsqu’on déprimait sur notre rupture, qu’on se demandait ce qu’il allait advenir de nous, de nos amis (l’idée de leur annoncer à eux aussi était très déprimante), on a décidé d’agir en fonction de ce qui nous faisait du bien. Rompre, sur le long terme, c’est pour le mieux. Fantasmer, à court terme, c’est agréable. Désirer quelqu’un d’inaccessible, amusant puis douloureux. Voir son ex en passe de se recaser après à peine trois semaines et m’en donner tous les détails ou presque, c’est perturbant et déprimant.
Rien ne se passe jamais comme prévu. Finalement, quand je ne le vois pas, je crois que je me sens mieux. Quelle conclusion en tirer ? Faut-il nécessairement une pause pour digérer cette affreuse syllabe, EX, coincée dans la gorge ? Faut-il se taper le premier mec mignon qui frappe à notre slip ?
Je ne sais pas ce que je veux faire, ce qu’il va se passer ensuite. Ma seule certitude, c’est qu’agir de manière binaire est peut-être plus épanouissant. Ca va, je continue ; ça ne va pas, j’arrête tout.
Et là, ma vie va vraiment se retrouver réduite à mon boulot. Heureusement que je pars en vacances en Espagne pour me ressourcer. Si la nuit m’apporte des conseils étranges et me fait écrire des textes comme celui-ci, les pauses me permettent de trouver des solutions. Loin de tout, et surtout, loin de lui.
18/03/08 - 23:36
Et si tu tournais juste la page ...pour te permettre de t'approcher du bohneur ?
Il est toujours mieux de finir un livre completement avant d'en entamer un autre... pour eviter la confusion ...juste..
Allez, courage....même s'il faut du beurre pour les haricots ...ils n'arrivent pas tout cuits tous seuls...Rome ne s'est pas fait en un jour...
scott (visiteur)