...Blog à ne pas lire...

Je cite : "Je refuse de choisir entre l'intelligence et les paillettes" (Thierry Ardisson)
(mis à jour mercredi 22 novembre 2006 à 15:34)

30/03/2008

30/03/08 - 16:28

Frontera



On s’imagine toujours qu’en partant loin de chez soi, on va oublier son quotidien. En réalité on ne fait que fuir, et ce qui nous hantait à Paris nous poursuit plus ou moins à l’étranger. Difficile, malgré la bonne humeur, les découvertes, les amis, l’espagnol, de ne pas penser au boulot (est-ce qu’il s’en sortent ? Est-ce qu’ils s’en sortent trop bien, au point de penser que je ne sers à rien ? Est-ce que j’ai laissé plein de merdes sans m’en rendre compte ?), à l’autre (ça y est, il se l’est tapé si ça se trouve). Une nuit, j’ai même fait plein de cauchemars, vraiment angoissants, où un coup je ratais mon avion, un coup il m’annonçait qu’il sortait avec le futur nouveau. Je savais qu’en renouant avec le célibat, j’allais me confronter à ce que j’avais fui il y a trois ans – mais je ne m’attendais pas à pleinement ressentir de nouveau les angoisses de l’adultère, surtout quand techniquement il n’y a pas adultère. L’esprit humain est vraiment tordu parfois.

Tellement tordu que je parle de couple alors que je voulais parler boulot. Car j’ai officiellement atteint la moitié de mon contrat qui est censé se finir en juin. Avec, à la clé, un deuxième contrat d’auteur de six mois pour finir 2008 dans les mêmes conditions précaires et avec le même salaire. Youhou. Alors forcément, après les vacances à Grenade, l’idée de partir vivre quelques temps en Espagne pour un voyage linguistique a refait son chemin. Mais un tout petit chemin, il manque encore pléthore de cailloux avant que je ne me décide vraiment à traverser la frontière.

Il m’aura fallu trois mois pour vraiment prendre mon poste et enfin ne plus me sentir dans l’urgence. J’ai choisi pile ce moment pour mes vacances, comme ça lundi à mon retour j’aurai à nouveau des urgences et du stress. C’est sans fin.
Pendant cette première partie de boulot, j’ai compris pas mal de choses sur moi et la raison de ma présence à la Ruche (j’ai enfin trouvé un surnom à donner à ce site). Il y a un mois, juste après ma rupture, une soirée a été organisée chez une collègue. C’était très sympa, on a dansé, papoté et tout et tout. Tout le monde me disait que je n’avais pas l’air bien, ce qui était à la fois agréable dans le sens où j’appréciais la sollicitude de chacun mais en même temps j’avais envie de leur dire que, forcément, je ne pouvais pas être aussi gogol que d’habitude dans la mesure où je venais de me couper un bras. Et puis, de fil en aiguille, je me suis mis à discuter avec un mec du Marketing, à qui je n’avais jamais parlé. Pourtant il m’a tapé la discute comme s’il me connaissait bien, au point de me faire une tonne de compliments. J’ai halluciné. Peut-être était-ce pour me remonter un peu le moral ou je ne sais quoi, mais des premières discussions comme celle-là, j’en voudrais bien tous les jours. Déjà, j’ai appris qu’on avait beaucoup parlé de moi en amont, avant mon arrivée. Que la rédac chef faisait beaucoup référence à moi depuis longtemps et donc que tous m’avaient regardé comme une star. Qu’en plus j’avais, dès le jour de mon retour en janvier, été présenté comme quelqu’un d’important (ça, je l’avais remarqué et j’avais grave adoré sa race). Et là, le mec du Marketing d’ajouter à tout ça que je suis à la hauteur de ma réputation. Mais comment un mec qui ne fait pas partie de mon service et que je ne fais que croiser en est arrivé là ? Parce que, tous les matins, quand j’arrive, je lance un bonjour franc et enjoué. Moi qui suis facilement grincheux, en plus de la bise à chaque personne de la rédaction, j’aime bien dire bonjour aux gens que je croise, ça ne coûte rien, c’est cordial, mais lui ça l’a marqué. En plus, il est vrai que jusqu’à il y a quelques semaines, je recevais les candidats aux stages sous ses yeux ; il a apprécié la manière dont je parle aux gens dans ces moments-là. Bon. Et, surtout, il m’a dit que l’ambiance avait changé depuis que j’étais arrivé, que j’avais apporté un nouveau souffle à l’équipe, que j’avais une personnalité vraiment intéressante et que j’étais de compagnie agréable. Bref, le mec, que je ne connaissais quasiment pas, en quelques minutes, il m’a dressé un portrait comme jamais je n’aurais osé en rêver. J’ai compris que le temps de l’ado timide et complexé était loin et que l’alliance physique de jeune premier / parole crue avait un effet positif sur les gens, d’autant plus dans le milieu du travail où on ne va pas toujours oser parler de sexe autant que moi (après, tout dépend du contexte aussi bien évidemment).

Ca m’a mis de très bonne humeur, c’est pas tous les jours qu’on a le droit à autant de compliments et qu’on comprend pourquoi les gens nous apprécient ; un mystère en moins à élucider. Sauf que, après avoir vu le verre à moitié plein, je me suis noyé dans le vide. Et comme dans un film policier où l’on revoit toutes les scènes ambiguës se recouper à la lumière de la révélation finale, j’ai compris que si la Ruche m’aimait, c’était pour ma personnalité. Et uniquement pour ça. J’en ai donc déduit que du point de vue des compétences, c’était pas top. Je ne suis pas celui qui écrit le mieux, ni celui qui a le plus de connaissances, loin de là. J’aimerais être le mieux organisé, mais c’est encore loin d’être le cas (sur ce point, je pense que j’avais besoin des premiers mois pour tout mettre à plat et j’ai bon espoir que ma maniaquerie me pousse à la hauteur de mes ambitions). Alors c’est donc pour ça, pour ce savoir-être, ce bon positionnement naturel que j’ai face aux gens que ma rédac chef m’a proposé de revenir depuis deux ans. Pas parce que mon boulot était excellent, mais parce qu’un tempérament qui s’accorde bien avec la boîte associé à quelqu’un qui essaye de faire de son mieux, c’est bien. Mais moi, du coup, je doute. Comme en plus j’ai trois fois trop de boulot, je ne peux pas être à 100 % dans chacun de mes « postes » et donc ce que je fais n’est pas aussi bien que je le voudrais. L’une de mes fonctions est de recruter les stagiaires, mais je n’en ai trouvé que sept en trois mois au lieu d’une quinzaine. Les chaises vides, c’est forcément l’une des choses qui se voit le plus et qui me rappelle quotidiennement que mon boulot n’est pas parfait.

Mais bon, après ces angoisses existentielles de travail, j’ai remis les choses à leur place dans ma tête et me suis dit que c’était normal de ne pas réussir à tout faire parfaitement tout de suite. Je manque cruellement de confiance en moi et si j’évitais de me poser trop de questions je gagnerais pas mal d’énergie mentale. Surtout, il faut éviter de penser à la suite et me concentrer sur mon boulot maintenant, qui me plaît beaucoup. Le moment présent me rend heureux, alors pourquoi se prendre la tête ?

Ne pas penser à la suite, ne pas penser à la suite…

Se concentrer sur ses beaux collègues. Et sur les stagiaires. Dont un qui n’est pas dégueulasse et que je ne suis pas peu fier d’avoir recruté. Mais ai-je le droit de violer les stagiaires ?

commentaires

30/03/08 - 16:44

OUI! Viole-les ^^ ça te fera du bien héhé

30/03/08 - 18:04

Beaucoup de questions et de doutes pour rien mais tu donnes toi même la solution à tout cela à la fin de ta réflexion !

Quant à l'idée de rester célibataire...c'est bien trop bête !

30/03/08 - 20:57

Bon alors tu couches quand avec lui ?

31/03/08 - 01:18

Et plus tu avanceras en âge, moins tu auras à te projeter dans l'avenir, plus tu seras performant. Mais attention, moins tu auras d'alternatives, plus tes choix repousseront les échéances. Il n'y a qu'au loto que l'on peut rejouer toutes les semaines. :)

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.